Bonsoir bonsoir ! Voici le deuxième chapitre de la Boutique du Samedi, dans lequel Ron, Hermione et Harry débarquent à la boutique.

Je vous rappelle que : deux ans après la guerre, Fred (toujours en vie, oui !) et George tiennent toujours leur magasin de Farces et Attrapes. Le samedi, la boutique ferme et laisse place à la Boutique du Samedi, dans laquelle seule une personne majeure peut entrer.

La fic comptera cinq chapitres, à raison d'un chapitre/semaine :

- chapitres 1 & 2 : Une journée ordinaire dans la Boutique du Samedi. POV de George.

- chapitres 3, 4 & 5 : Trois clients/couples passent à la boutique et font des achats. J'ai quelques idées... mais je vous écoute quand même :)

Note : 1 gallion = 7,25 €

Sans plus tarder, bonne lecture ! On se retrouve en bas.


LA BOUTIQUE DU SAMEDI

chapitre 2 : Une journée ordinaire – Après-midi

– 1H15 –

Après avoir acheté, sans aucune hésitation, un kit de capteurs incaptables, nos deux habitués sortent de la boutique. Ou du moins, ils essayent : mais quand ils poussent la porte, cette dernière leur revient dans la figure. Ils se retrouvent alors nez à nez avec trois tronches qui ne me sont pas inconnues. Et pour cause : l'une d'entre elles est celle du type le plus célèbre de la communauté magique... et une autre celle du plus insupportable des petits frères de la planète : le mien.

- Bonjour et au revoir, monsieur Potter, roucoule notre cliente, en le reconnaissant.

Ses ongles longs font mine de caresser le visage du Survivant, sans pour autant le toucher. Harry – et c'est compréhensible – a un mouvement de recul, mais il salue le couple avec maladresse.

La femme tire alors son compagnon (le terme « soumis » serait bien plus exact) dans la rue. Elle se retourne un instant, sûrement pour immortaliser la vision de l'Elu entrant dans un sexshop, en plein jour.

Nul doute que si un de ses journalistes passait dans le coin, la Gazette pourrait peut-être redevenir, l'espace de quelques jours, le quotidien n°1 de l'Angleterre, après deux ans à essayer de reconstruire son image, sans grand succès.

Un travail acharné, mais perdu d'avance : après la Guerre, plus personne ne voulait entendre parler de la Gazette du Sorcier. Le nom évoquait trop le temps honteux de la collaboration avec Vous-savez-qui et l'opposition à Harry Potter. Aujourd'hui, le Chicaneur, longtemps considéré comme le vilain petit canard, est le journal national. On considère d'ailleurs, après des années de moqueries, Xenophilius Lovegood avec un grand respect, et même avec dévotion.

Il semblerait même que le Ministère ait dépêché une expédition sur les traces du Ronflak Cornu. Mais je ne suis pas tout à fait certain de la véracité de l'info : l'article qui en parlait provenait justement du Chicaneur...

- Saluuuuut, chantonne Fred, ravi de voir enfin arriver nos invités.

- Sa...lut, répond notre petit frère, en dévisageant le sextoy que Fred tient dans la main, l'air d'avoir vu Rusard et Pince s'adonnant à des jeux saiksuals.

Il jette des coups d'œil tout autour de lui avec un mélange de gêne et de méfiance.

- Salut, dit Harry, en nous serrant la main chaleureusement.

- Bonjour, dit distraitement Hermione. Ho, vous avez des livres ?


– 1H30 –

Mon jumeau se tourne vers moi et me sourit sournoisement. Hermione n'a rien vu, la malheureuse.

- Viens, je vais te montrer, fait-il en prenant l'innocente jeune fille par le bras.

Il l'amène jusqu'aux étagères du fond, où, effectivement, s'entassent de nombreux rouleaux de parchemin, des grimoires, des livres, aussi. Il farfouille rapidement dedans et lui tend finalement une revue, l'air bien trop réjoui pour ne pas être suspect.

- Venez, je fais aux deux autres, en les éloignant le plus possible de Fred et Hermione.

J'appréhende un peu la réaction de la jeune fille. Elle ne tarde pas : quand Ron tend la main pour étudier de plus près une de nos plantes Volupté « Promis : je ne serai pas la seule belle plante dans votre chambre », sa copine pousse un glapissement indigné.

- Vous osez vendre ça ?! elle s'exclame, en agitant furieusement le livre dans les airs.

On dirait qu'elle chasse des insectes invisibles. Heureusement qu'il n'y a aucun client. Un scandale comme ça, ça nuit carrément aux affaires.

Fred lève les mains en signe de non-agression mais la brune ne décolère pas.

- Hermione, c'est ça le commerce ! Ça se vend comme des petites tartes à la mélasse ! Si ça peut te rassurer, c'est pas nous qui les écrivons, on a pas le temps ni l'inspiration pour ça... On se contente de les lire et de les publier, pas vrai George ?

Ce traître de Fred ! Il tient tant que ça à me voir quitter le monde des vivants, ou quoi ? Peut-être... oui... c'est ça !

- Freddie ! Tu as toujours détesté avoir un jumeau, c'est ça ? Oui, tu me désignes comme bouc émissaire ! Depuis toujours, tu veux être un exemplaire unique... je l'accuse, la voix agitée de faux sanglots. Si tu m'avais demandé... je t'aurais dit que tu étais déjà unique à mes yeux !

Ron verdit tandis que Fred se jette enfin dans mes bras tendus, en me murmurant « Jamais. Nous combattrons Hermione tous les deux, comme un seul ». Mais la jeune fille ne se laisse pas démonter par de si tendres manifestations d'amour fraternelle. Elle marche lentement vers nous.

Instinctivement, Ron et Harry font un pas en arrière, mais elle ne les voit même pas. Son regard furieux est seulement destiné à Fred et à moi. Charmant.

- George ! Est-ce que tu peux m'expliquer ça ? elle fulmine.

Je peux presque voir des gouttelettes de morve s'échapper de son nez, tellement ses narines sont dilatées, sous l'effet de la colère.

Ron penche la tête pour lire le titre du livret qu'elle a dans les mains et il devient encore plus vert qu'il ne l'était auparavant. Il ressemble désormais à s'y méprendre aux choux de Bruxelles que Maman fait et que personne n'aime, mais que tout le monde mange. Ou pas : quand on était gosses, avec Fred, on les donnait à manger à Croûtard, pour emmerder Percy. Avant, j'avais un peu de peine pour ce pauvre rat, maintenant que je sais qu'il était ce répugnant Pettigrow, tout remord a disparu dans mon cœur. On aurait du lui en donner bien plus, des trucs dégueus à bouffer.

Notre petit frère chuchote le titre de la revue à Harry qui, lui, éclate de rire, s'attirant les regards venimeux de sa meilleure amie.

- Ce n'est absolument pas drôle ! elle crie. Vous employez mon nom et mon identité pour écrire des histoires pornographiques !

- Voyons, Hermione, ce n'est pas si grave que ça ! Puis, je te l'ai dit, nous ne les écrivons pas. Des auteurs nous envoient leurs manuscrits par hibou, nous en sélectionnant certains. Et, à raison de deux mornilles et cinq noises par semaine, nous les multiplions et les vendons pour eux. C'est eux qui fixent les prix, on prend seulement une commission dessus. C'est une façon comme une autre pour eux de se faire connaître ! Et toi qui défends toutes les causes perdues, tu devrais apprécier le concept, non ? fait Fred.


– 1H45 –

Je soupire. Franchement, souvent je me dis qu'il de la chance que ce soit moi qui soit son jumeau et pas Percy ou Ron. Je me jette à sa rescousse, avant que ses bijoux de famille ne disparaissent sous les coups de pied rageurs de Hermione.

- Fred n'a pas tort, tu sais. Déjà, nous ne sommes que des intermédiaires, pas la peine de s'énerver sur nous. Et puis, imagine le plaisir d'un auteur de voir son bouquin publié et vendu ! Par exemple, celui que tu as dans les mains (elle lance un regard dédaigneux à La lionne et le serpent : une romance entre H.G et D.M) a déjà été vendu à...

Je réfléchis. On publie cette histoire depuis deux semaines et elle rencontre un succès fou. Un tel succès qu'on a reçu des précommandes pour la suite, alors qu'aucune suite n'est encore prévue. Étant donné que la Boutique n'est ouverte que le samedi, nous en vendons la majorité par courrier postal, avec envoi discret, bien entendu.

- Je dirais plus ou moins cent cinquante, voire deux cents.

- Deux cents ? Fred, George, vous êtes en train de me dire que deux cents personnes ont lu cette phrase, je cite : « Sa longue chevelure brune caressait le beau visage du blond en face d'elle et lui chatouillait le bout du nez, et pourtant, il n'avait jamais connu un baiser aussi langoureux et délicieux que celui qu'ils partageaient en ce moment-même ». Et en plus, c'est mal écrit !

Hermione se fige soudain. J'ai très peur qu'elle sorte un énorme Code Civil de son minuscule sac de perles et qu'elle se mette à lire un article concernant l'exploitation du nom d'un personnage public sans autorisation préalable. On peut, en ce cas, déjà commencer à ranger nos affaires. En effet, la copine de Ron fait des études de Droit, et elle n'hésiterait pas une seconde à nous poursuivre en justice.

- Mais pourquoi les auteurs passent-ils par vous ? Ils pourraient tout aussi bien multiplier et envoyer eux-mêmes leurs nouvelles aux lecteurs. Vous ne faites que leur soutirer de l'argent, au final, renifle-t-elle.

- Mais qui gérerait les commandes ? Qui ferait la pub ? Et non, un auteur ne peut pas faire sa pub tout seul, c'est triste. Avec Fred et Verity, on a créé un label qualité, le label rose. Toutes les histoires érotiques qu'on distribue sont garanties sans faute d'orthographe et avec happy end. On s'occupe aussi de les classer par genre, d'en faire des résumés et des critiques dans notre catalogue... C'est tout un travail, tu sais.

Je lui prends le livre des mains, feuillette les pages à vive allure, pour arriver au point culminant de l'action.

- Observe quand même le talent de l'auteur : « Une lueur sauvage dansait dans les yeux acier, comme du métal en fusion. Le Serpentard lui maintenait fermement les bras au sol. Elle ne pouvait plus bouger, prise au piège. Alors, lentement, il enfonça son... »

- Ça suffit ! cria Ron, mal-à-l'aise.

Fred lui sourit avec tendresse.

- Tu as raison. On devrait plutôt mettre en avant les histoires dont tu es le héros...

- Je ne veux pas savoir ! Explique-moi plutôt comment fonctionne tes plantes, là.


– 2H00 –

Le frérot tient toujours à la main un pot qui contient une fleur violette, une Volupté à l'air particulièrement narquois. Elle lui fait un clin d'œil. Ron la dévisage de façon presque insultante, mais la fleur ne se vexe pas. Au contraire, une de ses feuilles caresse paresseusement ses doigts. S'il n'avait pas eu peur de devoir nous le rembourser, Ron aurait certainement lâché le pot.

- C'est très simple ! dit Fred, avec sa voix d'expert.

Quand il a ce ton-là, il imite Verity à la perfection. Je la cherche des yeux. Elle s'occupe d'un jeune homme encapuchonné, visiblement mal-à-l'aise. Je ne l'ai même pas entendu rentrer.

- Tu mets une Volupté sur ta table de nuit. Pendant ton sommeil, elle t'envoie des ondes bienfaitrices qui stimulent ton pouvoir de séduction et ta production de phéromones. Le lendemain matin, tu te réveilles frais et dispo, et ton potentiel attractif a été multiplié par mille. Le point fort de ce produit, c'est qu'il s'auto-entretient. Volupté te rend attirant. En conséquent, tu ramènes de jolies conquêtes chez toi. Vous couchez ensemble et Volupté se nourrit de ça, et peut continuer à stimuler ton sex-appeal. Et ainsi de suite. C'est une de nos plus belles créations.

- Attends, si j'ai bien compris, cette... plante (la Volupté fait un nouveau clin d'œil à Ron, qui repose vite le pot sur son étagère) s'alimente de sexe ? fait Ron, effaré.

Hermione, qui s'est légèrement calmée depuis, demande aussitôt :

- Comment faites-vous pour les entretenir, alors ? Elles devraient dépérir, dans le magasin !

Je prends Fred par la taille et réponds pour nous deux :

- Ça, ma jolie, je suis certain que tu ne veux pas le savoir.

Ron manque de dégueuler par les oreilles, tellement il est pâle. Il sort prendre l'air, suivi par Harry, qui lui tapote gentiment l'épaule à intervalles réguliers.


– 2H15 –

- Tu sais, on pourrait peut-être donner un petit frère à Volupté, me dit Fred.

- De quel genre ? demande Harry, qui jusque-là s'était fait plutôt discret.

Il a passé quelques minutes avec Ron dehors, mais le vent de Novembre l'a vite ramené à l'intérieur de la boutique. Depuis, il regarde les vitrines, en souriant parfois. Je le dévisage et estime qu'il est assez digne de confiance. Ce n'est pas lui qui me volerait l'idée, n'est-ce pas ?

- Une plante qui... je sais pas... qui murmure des mots coquins... ouais grave !

Fred est déjà en train de griffonner. Souvent, c'est lui qui s'occupe du design et du packaging, moi je me charge des slogans et de la pub. Il marmonne si fort que Harry fait mine de se rapprocher mais je le retiens.

- Ne dérange jamais Fred quand il est dans cet état-là... Viens, on va demander à Hermione si elle n'a pas une idée de slogan.

Au passage, je souffle des mots doux à Verity, qui me lance un regard plein de pitié. Texto, ses yeux me disent : « George, je t'aime bien, vieux. Mais tu sais que même si vous avez la même trombine, c'est de ton frère que je suis amoureuse ». C'est une plaisanterie récurrente entre nous, bien entendu : aucune ambiguïté. On s'amuse et occasionnellement, on amuse les clients. C'est toujours sympa pour eux de se rendre compte qu'on est humains.

- Hermione ! Qu'est-ce que tu lis ?

La brune nous montre A la croisée des mondes, il y a nous : une romance entre H.G et D.M (1).

- Ça t'intéresse, au final, je la charrie.

- Pas du tout, je prends des notes sur l'ennemi. Je connais déjà son pseudo, son âge et les tournures de phrases qu'il emploie le plus souvent. Qu'est-ce que vous voulez, en fait ?

Je préfère ne pas lui révéler le nom de notre auteur le plus prolifique, elle en mourrait.

- Quels sont les mots coquins que tu préfères ? Pour les filles, j'ai en tête : « Mon petit pot de miel, viens-là que je t'enfonce ma cuillère » et pour les gars : « Tu sais quoi, beau gosse ? Ton kiki est exquis ». Qu'est-ce que t'en penses ?

Le silence et un regard blasé sont sa seule réponse.


– 2H30 –

- Viens par là Harry, je vais te montrer un truc marrant, je lui dis, en m'éloignant de Hermione.

Il me suit, sans se douter de rien. Je monte sur une échelle et lui lance un objet rangé tout en haut d'une étagère. Harry se demande sûrement pourquoi le produit est si difficile d'accès, mais la réponse s'impose d'elle-même.

- Ne me dis pas que c'est ce que je pense que c'est !

Je souris seulement, et cours vite rejoindre Ron, avant que notre brun préféré n'explose. Mon frère est toujours dehors, occupé à regarder la vitrine. De bonne grâce, je réponds à ses questions. Mais très vite, bien trop vite à mon goût, la porte claque à côté de nous, et un Harry Potter furieux me balance un déguisement à la gueule.

- Qu'est-ce que... demande Ron.

Mais, tout comme Harry, il devine rapidement de quoi il s'agit. Je replie la combinaison « En un éclair, revêtez sa peau », mais déjà quelques curieux ont aperçu le tissu couleur chair, une touffe de cheveux noirs et hirsutes, des sourcils épais et un éclair sur le front.

Étrangement, cet épisode, qui pourrait être désastreux pour Fred et moi, s'avère une occasion rêvée de faire notre pub.

- Vous faites une démonstration publique, c'est cela ? demande un passant.

En effet, la présence de Harry Potter et de la combinaison seconde-peau Harry Potter portent à confusion.

- Sorcières et sorciers ! Depuis quelques mois, tous les samedis, notre boutique de Farces et Attrapes se métamorphose en magasin polisson ! Qui d'entre vous a eu la curiosité ou l'audace de franchir ses portes, je ne le sais pas. Mais aujourd'hui, nous descendons dans la rue pour vous convaincre de l'efficacité de nos produits !

Je marque une pause.

- A ma gauche, Harry Potter !

Les passants, amassés en un arc-de-cercle compact, applaudissent et saluent le petit brun. Je sens son regard meurtrier, mais je me laisse pas démonter.

- A ma droite, Ron Weasley, son meilleur ami, et accessoirement, mon petit frère adoré !

Les applaudissements sont plus modestes, mais présents. Ron rougit jusqu'aux oreilles.

- Ron, dans quelques instants, va revêtir la combinaison Harry Potter « En un éclair, revêtez sa peau ». Vous pourrez alors comparer l'original et sa copie parfaite !

Ron me murmure « Tu me le paieras au centuple » mais il s'exécute, sûrement oppressé par le regard des badauds. Il enfile la seconde-peau par dessus ses vêtements, l'air dubitatif. Mais dès que la combinaison se referme sur son visage, elle ondule et module son corps. En quelques secondes, mon petit frère pataud s'est transformé, du moins en apparence, en brun gringalet, pâle, assez poilu et... entièrement nu.

Les spectateurs applaudissent, une vieille femme réclame même le strip-tease du véritable Harry Potter, pour comparer. Je distribue des cartes de visite ; la foule se dissout. Ron se débarrasse, mort de honte, de sa combinaison. Harry la ramasse et en fait une boule, qu'il cale sous son bras.

Mais il n'est pas aussi énervé qu'il en a l'air. En passant à côté de moi, il me chuchote :

- Il faudra les modifier : la mienne est plus grosse que ça.


– 2H45 –

Hermione, malgré son mépris pour nos nouvelles pornographiques, fouine toujours dans la bibliothèque. Elle caresse les tranches, feuillette un livre, le repose, le rouge aux joues, avant d'en reprendre un autre. A un moment, elle fronce les sourcils puis interpelle Verity. Il semble qu'elle nous en veut toujours un peu.

- Verity, s'il-vous-plaît, dites-moi... D'où vient cet ouvrage ?

La brune tient à la main un gros grimoire vert foncé, aux coins dorés et usés. Notre employée s'illumine aussitôt.

- C'est un très ancien recueil médical traitant de la sexualité des Moldus. Bien sûr, il est rempli de fables : nous avons reconnu depuis longtemps que leur sexualité et la nôtre sont plutôt similaires et qu'ils ne s'accouplent pas comme des chèvres. Cependant, toute sa valeur est historique. Et puis, la plupart des constatations et des illustrations sont à mourir de rire.

Hermione a l'air terriblement intéressée. Elle ouvre le bouquin, presque religieusement. Ses yeux dansent à toute vitesse dans leurs orbites alors qu'elle lit en diagonale. Parfois, son regard se fige quelques secondes : elle regarde une image, et puis reprend de plus belle.

- Je le prends ! Combien vaut-il ?

Verity se tourne vers Fred. Effectivement, quand on a acheté ce bouquin à Mondingus, c'était plus pour son côté pittoresque que dans l'idée de le revendre un jour. On avait même pas fixé de prix, persuadés qu'il servirait longtemps de déco.

- Hum... laisse-moi réfléchir... Prendrais-tu un autre produit avec ? demande mon jumeau.

Hermione regarde autour d'elle, et fait lentement « non » de la tête.

- Alors ça te coûtera quatre gallions et quinze mornilles.

Je sais qu'elle fait mentalement la conversion en argent moldu, mais je n'ai aucun idée du résultat. Je n'ai jamais rien compris à leur système monétaire. Nous, au moins, il est logique. Alors que le leur est terriblement compliqué !

- Pour ce prix-là, tu peux bien lui jeter un petit Reparo, non ? demande-t-elle.

Fred lance le sort sur le livre, qui se met à briller faiblement. Il n'a pas vraiment l'air d'avoir changé d'état. Je suis sûr que Hermione relancera le sort de réparation chez elle, avec un résultat bien plus satisfaisant. Mais bon, elle devait estimer que le prix était un peu exagéré.


– 3H00 –

Harry s'est retiré dans un recoin de la boutique. Je ne peux pas trop lui en vouloir. Il est vrai que, même s'il était déjà outrageusement célèbre dans son enfance et son adolescence, c'était rien comparé à aujourd'hui. Dès qu'il apparaît quelque part, il semble que, par un très étrange enchantement, toutes les personnes à dix kilomètres à la ronde sont au courant.

Déjà, le simple fait qu'il soit, avec Ron et Hermione, sur le Chemin de Traverse un samedi après-midi relève de l'exploit. Il a sûrement utilisé un puissant sort de dissimulation, pour passer incognito parmi tous les promeneurs. En ce moment-même, il se cache des clients derrière le rayon « érotico-exotique ».

Je l'observe d'un œil. De l'autre, je surveille des jeunes à peine majeurs qui ont l'air d'avoir rien d'autre à faire aujourd'hui que de tripoter tous nos produits les uns après les autres.

- Messieurs, s'il-vous-plaît, je les interpelle. Je vous demanderai de ne pas trop manipuler les produits. Par contre, si vous le désirez, je peux vous renseigner.

L'un d'eux me regarde, s'arrête sur le badge sur ma poitrine, « George – Directeur ».

- Vous inquiétez pas, m'sieur. On fait que regarder, juré. On touchera plus.

Mais dès que je m'éloigne un peu, je les vois se saisir de quelques-uns de nos fourreaux pour pénis : « ma queue serait grande, puissante et jolie » (2). Exaspéré, je laisse à Verity le soin de les tenir à l'œil et je m'approche de Fred et Harry, en pleine discussion.

- Je t'assure !

- Sérieusement ?

- Oui, vraiment !

- Mais pour de vrai ?

- Oui, je te le jure !

- Oh, par les bijoux de famille de Papa ! s'écrit mon répugnant jumeau, alors que Harry et moi faisons mine de vomir. George ! Harry Potter, devant moi, vient de nous donner une idée en or !

Et voilà que Harry est obligé de raconter, pour la deuxième fois en cinq minutes, qu'il a un jour eu en sa possession des boucles d'oreilles faites en gingembre nain, dont l'odeur attirait et excitait tous les êtres humains aux alentours (3).

- Et du coup, l'effet... je questionne.

- En gros, le porteur des boucles devient un aimant sur pattes.

- Ça pourrait être un produit merveilleux ! J'imagine déjà le slogan « Depuis que tu portes ça, je suis gingembre de toi ». Ou bien en faire simplement un parfum, ce serait plus facile. Mais comment s'en procurer ? On devrait refaire appel à Mondingus...

- Pour plus de précision, je pense que vous pouvez contacter Luna, c'est elle qui me les avait confectionnées. Je crois qu'elle en fait pousser dans son jardin.

Je brûle de lui demander qui les a portées et dans quelles circonstances il s'est vu offert un tel cadeau, mais je me tais. Il n'a pas l'air d'avoir envie d'en parler.


– 3H15 –

- Mademoiselle ! appelle un des garçons de tout-à-l'heure.

- Oui, je suis à vous dans trente secondes, répond Verity, en train d'encaisser une très vieille femme.

Si je l'avais croisée dans la rue, j'aurais pu jurer qu'elle n'avait plus de vie sexuelle depuis au moins cinquante ans. Mais elle est présentement en train d'acheter des œufs de dragon vibrants « Si vous tremblez... ce n'est pas de peur ». Étonnante, l'espèce humaine, parfois.

- Laisse, cocotte, je vais prendre la caisse. Vas-y.

Verity me remercie d'un sourire et part renseigner les jeunes. Leurs regards accrochent à son badge « Verity Employée ».

- Ça, là, c'est efficace ?

Le client lui tend un plumeau coquin « Des frissons... et pas seulement dans le dos ».

- Ce plumeau est décliné en quatre coloris : noir, rose, violet et blanc. Les plumes sont sélectionnées avec soin pour une douceur et une légèreté optimales. Son utilisation et son entretien sont très faciles. Il est adapté pour toutes les parties du corps et pour les deux sexes...

- Je veux pas vous offenser, mademoiselle, mais moi je veux juste savoir si ça marche. Le reste, on s'en fout.

- Bien sûr, chaque objet de cette boutique est testé avant sa vente, répond vaillamment notre employée.

- Par qui ? Vous avez testé ? Vous avez pris votre pied avec ? Chacun des deux patrons, là, ils l'ont testé sur vous ? Si ça marche pas, j'en veux pas.

Je suis en train de compter la monnaie à rendre à mon client, sinon je me serais déjà levé pour venir en aide à Verity. Mais Fred m'a devancé, comme toujours. Le voilà qui fait sortir les trois jeunes du magasin.

- Franchement, certaines personnes n'ont aucun respect ! Comment allez-vous, mademoiselle ? demande gentiment un vieil homme, venu acheter une boîte de caphro, notre café aphrodisiaque.


– 3H30 –

Ron s'amuse avec un de nos gadgets qui a beaucoup de succès auprès des couples un peu timides : une toupie à fantasmes. « Laissez-vous guider là où vous n'osez pas aller ». Le principe est simple. La personne qui la lance voit quatre de ses fantasmes s'écrire sur les quatre faces de la toupie. Après, libre au partenaire d'accepter ou de ne pas accepter celui sur lequel elle s'arrête. Il suffit de la relancer pour en faire apparaître d'autres.

Je le vois froncer les sourcils, alors je m'approche discrètement, dans l'espoir de surprendre un désir très secret.

- « L'amour sous les étoiles » ? Wouah, je savais pas qu'il était si romantique, le petit Ronald !

- Hey ! il fait, en essayant de cacher les autres faces de la toupie.

Mais par un malencontreux hasard, il la fait tomber par terre et elle s'immobilise sur « être considéré comme une chaise ». Vite, je remets la main dessus : les quatre cases s'effacent, en attente d'un nouveau lancer.

- Tu as vu, George ? Dis-moi, tu as vu ce qui était marqué ? Ron me demande, les yeux fous.

Il a l'air si effrayé, je veux pas lui faire de peine. De toute façon, on juge pas les clients, ici.

- Non, non, t'inquiète pas, frangin. J'ai posé la main dessus trop tôt. Pourquoi, tu as des choses à cacher ?

- Tout le monde a son petit jardin secret, déclare Hermione, qui vient sortir son copain de l'embarras.

- Sauf George et moi, on se dit tout, fait mon jumeau, me prenant la toupie des mains pour la remettre sur son présentoir. Quand on a testé les premiers prototypes, c'était terrible : la toupie jouait à la beuglante et elle gueulait nos fantasmes à tue-tête... Ce type (il me désigne de la tête) est trop hard pour moi. J'ai vomi au moins dix fois en deux jours.

Quel imbécile. Moi j'ai vomi vingt fois en deux jours.


– 3H45 –

- Bonjour ! s'exclame une cliente, la quarantaine.

Elle porte de grosses bagues aux doigts.

- J'ai vu dans votre catalogue que vous faisiez des jouets fantaisie pour homme...

Verity étant de nouveau en caisse, Fred à ses côtés, c'est à moi qu'elle s'adresse.

- Parfaitement ! Je vous laisse me suivre s'il-vous-plaît.

On fait quelques pas dans les rayons, puis je m'arrête devant celui qui l'intéresse.

- Voici tous nos produits solo pour homme.

Tout de suite, elle se penche, examine les étiquettes et les descriptions, les boîtes. Au moins une cliente qui sait se prendre en charge. Bien sûr, il est naturel que les clients sollicitent nos conseils pour notre marchandise, plutôt spécialisée, mais la plupart ne prennent même pas la peine de regarder et juger par eux-mêmes. Soit ils ont une très faible estime d'eux-mêmes, ce que je ne leur souhaite pas, soit ils sont fainéants. Je vous laisse trancher, moi, je retourne vers la cliente qui, finalement, a besoin de moi.

- Jeune homme, je voulais savoir s'il était possible de personnaliser vos engins.

- Bien s...

- En effet, je souhaite offrir ce merveilleux... pied à mon concubin. Cependant, je suis per-su-a-dée qu'il l'apprécierait bien plus s'il était serti de quelques pierres. Nu, sans même un peu de vernis sur les ongles, il est un peu glauque, tout de même. Je ne remets pas en question la finition de vos articles, loin de là, je souhaitais simplement offrir quelque chose d'unique et qui porte, comme qui dirait, ma marque personnelle.

Tout en parlant, elle tient le modèle d'exposition et fait briller ses nombreux bijoux.

On a conçu de nombreux masturbateurs « Être en solo, c'est rigolo » pour homme, mais celui-ci est certainement le plus grotesque. Entre les bouches, vagins et anus de toutes sortes, parmi les fantasques extraterrestres, chimères et autres bêtises, il y a « Le pied ». De tous nos produits, c'est un des seuls qui ne possède pas de slogan propre (« Prenez votre pied » étant bien trop facile).

Je ne pensais pas en vendre un de sitôt, et encore moins à une femme très sérieuse et très riche. En effet, j'imaginais plutôt ça comme un de ces cadeaux d'anniversaire idiots qu'on offre parfois à ses potes, quand on a vingt ans. Comme nous.

- Oui, oui c'est poss...

- Alors, c'est arrangé. Je vous ai tout noté sur ce parchemin. Je viendrai le chercher la semaine prochaine. Il me faudra aussi un paquet cadeau assorti. Bonne après-midi, monsieur.

Après m'avoir fourré sa feuille dans la main, elle sort de la boutique en trombe.

Je jette un coup d'œil à ce qu'elle a marqué, et manque de défaillir.

- Verity, je te remplace en caisse. Prends-ça et va chez le Bijoutier d'urgence, s'il-te-plaît.


– 4H00 –

La journée est plutôt bonne, en fait. Ron, Hermione et Harry sont sortis se poser à une terrasse, tant que le climat le permet encore. J'aimerais bien les rejoindre, sérieusement, mais il paraît que la caisse ne va pas se tenir toute seule. Depuis ce matin, Verity a fait sept prélèvements. Contrairement aux Moldus qui, il paraît, paient leurs achats à l'aide d'une carte – une carte ! –, nous, sorciers, nous préférons voir la transaction se faire physiquement, avec des pièces. Mais qui dit pièces, dit montagne d'or dans la caisse, qui, au bout d'un moment, manque de déborder.

On ne peut donc pas garder éternellement dans la caisse tout l'argent qu'on nous refile. Dès qu'il y a plus de cent gallions dedans, on en sort soixante-dix, qu'on met dans une bourse, puis on range tout ça au coffre. Et quand on a le temps, on passe à Gringotts pour tout déposer dans la chambre forte du magasin.

Sept prélèvements, c'est-à-dire presque cinq cents gallions de chiffre d'affaire. C'est pas mal, pour un petit magasin comme le nôtre. (4)

- Ça vous fait un gallion et trois noises, s'il-vous-plaît, j'énonce, presque automatiquement.

- Trois noises ? Attendez, j'ai peut-être la monnaie.

Le client renverse ses poches sur le comptoir : un bout de plume, un morceau de parchemin, des miettes de biscuit et une capsule de bièraubeurre, des pièces non identifiables et même, si je n'm'abuse, un ticket de métro moldu. Mais trois noises, point du tout.

- Heu, en fait, je les ai pas. Attendez, je récupère mon bazar...

Parfois, c'est fou comme certains sorciers ont des petits airs de Cracmols. Ce client, par exemple, aurait tout aussi bien pu donner un petit coup de baguette et mon comptoir était niquel. Mais non, il faut qu'il utilise ses doigts, qui sont pas très dégourdis, en plus.

Je vois que Fred aussi a son client encombrant de la journée. Il y a toujours un ou deux, voire même trois ou quatre, qui sont exaspérants.

- Vous ne proposez pas de carte de fidélité, monsieur... monsieur Fred ? Vous devriez, pourtant.

Il commence à faire non de la tête mais se ravise aussitôt.

- Mais si, évidemment qu'on en propose. George, tu m'envoies les formulaires de carte, s'il-te-plaît ?

Je demande à mon couple de clients de patienter une petite seconde. Ce satané jumeau ! Non, nous ne faisons pas de cartes de fidélité. Enfin, avant maintenant. Je sors un parchemin et écrit rapidement « Formulaire d'adhésion au programme de fidélité » en dessous de l'entête :

« Fred et George Weasley

93, Chemin de Traverse – Londres

La Boutique de la semaine : Farces pour sorciers facétieux

ou

La Boutique du Samedi : Polissonneries pour sorciers polissons »

Puis je lui envoie le papier, et retourne vite à mes clients, qui commencent à s'impatienter. La plupart ne souhaitent pas s'éterniser dans notre magasin. Peut-être ont-ils peur que plus ils y passent de temps, plus leur perversion augmente.

- Voilà monsieur. Il vous suffit d'inscrire notre nom et prénom ici... Là, une petite signature... un coup de votre baguette et c'est tout bon ! dit Fred.

Puis, il rajoute, à la cantonade :

- A chaque parchemin de fidélité ouvert, nous offrons un bon de un gallion, valable quatre semaines. Et si vous le dépensez la semaine suivant l'ouverture du parchemin, nous vous offrons une bougie éternelle dont l'intensité, la couleur et la forme s'adapte à votre activité « Vous êtes plutôt diurne ou nocturne ? », un produit qui vaut un gallion et quatre mornilles !


– 4H15 –

Verity revient, à première vue, les mains vides. Mais elle se dirige vers l'arrière-boutique, avec un regard dans ma direction. J'abandonne la caisse à Fred et la rejoins. En temps ordinaire, elle aurait appelé mon jumeau, plutôt que moi. Mais c'est moi qui ai eu la cliente au Pied, alors c'est avec moi qu'elle doit traiter.

- George, elle a demandé une quantité phénoménale de pierres ! Je me suis arrangée avec le bijoutier pour qu'il me fasse un prix, étant donné qu'on a déjà fait une petite commande chez lui la semaine dernière... elle me dit, en sortant un minuscule coffret de sa poche.

Effectivement, on fabrique quelques bijoux, aux effets divers. Mon petit chouchou c'est le collier-câlin « Être deux, sans les inconvénients ». C'est un collier en velours noir, tout simple en apparence mais qui, porté, procure du réconfort et une sensation d'enveloppement. Du moins, c'était l'idée de départ de Verity, mais selon Fred, c'était un peu trop tendre. Du coup, il a rajouté trois petites pierres, qui correspondent à trois sensations différentes : la rose, c'est le câlin ; la rouge, le câlin coquin et la violette, l'apogée du coquin câlin.

- Regarde. Il y a une pierre précieuse pour chaque orteil et toute une série qui fait le tour de la cheville.

- Combien ça t'a coûté ?

- Il y a huit petites pierres de moins d'un carat et cinq de deux carats. Je les ai eues à cent gallions.

Je crise presque. C'est cher ! Tout en étant pas si cher, il s'agit tout de même de pierres. Heureusement que Verity, tout-à-l'heure, a reconnu la cliente : il s'agit de la propriétaire d'une grande partie du Chemin de Traverse. Elle est à la tête d'une très riche et très vieille famille. Comme quoi, même eux ont des fantasmes bizarres.

- Bon, il ne reste plus qu'à monter ces cailloux brillants sur le Pied et à confectionner une boîte et un paquet assortis. Ah, et à déterminer à quel prix on va pouvoir lui vendre cette petite merveille...


– 4H30 –

Ron, Hermione et Harry regardent à travers la vitrine s'il n'y a pas trop de monde, avant de revenir dans la boutique. En fait, c'est plutôt inattendu mais finalement, Hermione est la seule à nous avoir acheté quelque chose pour l'instant...

- Vous ne faites que squatter, finalement ! leur lance joyeusement Fred en équilibre sur une échelle.

Il est en train de remplir une étagère de Chouettes. On se croirait dans une animalerie.

- Mais que veux-tu qu'on achète ici ? s'exclame Ron.

- Qu'est-ce que tu sous-entends, Ronald ? je demande. Nos produits ne sont pas assez bien pour toi, c'est ça ?

- Mais non, c'est juste que...

- Bon, moi je vais vous prendre ça, dit Harry, en désignant un article.

- Monsieur Potter, excellent choix ! il s'agit d'un compas magique ! Je vais vous montrer.

Verity se met sur la pointe des pieds, puis sautille de façon ridicule sans atteindre la boîte. Harry qui n'est pas bien grand, ne sait pas trop comment réagir. Ron n'a visiblement pas capté qu'on pourrait avoir besoin de sa grande taille : il est trop halluciné que son meilleur ami achète quelque chose chez nous. Il n'y a, en fin de compte, que Fred qui réagit : il fait glisser son échelle vers notre employée et lui remet un écrin métallique, avant de repartir à ses affaires.

- Le compas du rêve : « A ne pas prendre dans l'œil mais en prendre plein les yeux » ! C'est une de mes idées. Vous positionnez le compas sur votre main... ne vous inquiétez pas, la pointe ne pique pas.

Harry observe, enchanté, le compas prendre les mesures de sa main. L'outil se déplace, calcule et jauge. Quand il a fini, il se met à s'agiter.

- Voilà, quand il a pris vos mesures, vous pouvez le poser sur un morceau de parchemin. Oui, il faut que ce soit vous qui le posiez. Okay. Maintenant, regardez-le, vous n'avez rien d'autre à faire.

Dès qu'il est en contact avec la feuille, le compas se met à danser. Il glisse, trace, se courbe, saute, esquissant des traits sans appuyer, comme s'il hésitait. Il ralentit, puis reprend à toute vitesse. Arc de cercle après arc de cercle, un corps se dessine. Les mains, les coudes, le cou, les fesses se précisent.

En tout, il faut un quart d'heure précis au compas pour qu'il réalise le portrait rêvé du corps-frère de Harry.

- Voilà ! je ne peux m'empêcher de m'exclamer. Selon tes mesures et les lignes de ta main, un corps avec les proportions et les lignes de celui-ci formerait un très bon écho avec le tien. Mais tout comme ton corps, ton corps-frère change : l'intérêt du compas du rêve est qu'il s'adapte. Si tu l'avais essayé ce matin, il aurait peut-être donné un résultat différent.

Le brun hoche de la tête, plie soigneusement le dessin et le glisse dans sa poche.

- Combien je te dois, Fred ? fait Harry, en s'approchant du comptoir, derrière lequel mon jumeau se tient.

Fred a la capacité à être partout à la fois. C'est presque terrifiant.

- C'est gratuit pour toi.

- Encore cette histoire ? Ça remonte à... quatre ans ! Combien ça coûte, Verity, s'il-vous-plaît ?

- Heu, c'est-à-dire que si Fred vous l'offre...

- Bon, tiens, voilà cinq gallions et maintenant, débrouille-toi.


– 4H45 –

Harry sort de la boutique, manifestement troublé, laissant ses deux meilleurs amis derrière lui. Il n'a même pas pris de sac discret. Son désarroi est tel qu'il n'a pas non plus pensé à s'appliquer un sort de dissimulation. Résultat : les gamins le pointent du doigt en criant et les parents, qui voient bien de quel genre de magasin il sort, s'indignent et rouspètent. Quel mauvais exemple il donne, le héros national !

- Combien, ça coûtait, en vrai ? me demande Ron.

- Trois gallions. Il m'en a laissé beaucoup trop !

- Parfait !

Et Ron file à l'autre bout de la boutique. Il revient vite avec plusieurs boîtes de capotes magiques.

- Tu es si prude, mon enfant, je lui fais. Ca te fera un gallion et cinq mornilles, s'il-te-plaît.

- Comment ça ?

- Et bien Harry a laissé deux gallions et tes trois articles en valent trois et cinq mornilles. Un gallion et cinq mornilles, s'il-te-plaît.

Ron grommelle, me tend la monnaie et marmonne quelque chose comme « Ne surtout pas en parler à Maman ». Puis, Hermione lui prend la main, et ils quittent la boutique.

Après eux, tout est calme.


(1) A la croisée des mondes, il y a nous : une romance entre H.G et D.M : Petite référence à une saga grandiose, que je relis en ce moment.

(2) "ma queue serait grande, puissante et jolie" : Extrait de la chanson de Darby "je veux une queue" (Winnie l'Ourson). Si tu ne connais pas, checkes de suite, c'est épique.

(3) Les boucles d'oreilles en gingembre nain : Pour en savoir plus sur cet étrange épisode de la vie de Harry Potter, se référer à l'épilogue des Enchaînés, qui peut être lu comme un O.S.

(4) Les prélèvements : C'est une procédure de caisse, je n'invente rien.

Voilà, héhé. J'espère que cette après-midi dans un sexshop vous a plu ! C'est vraiment épuisant d'inventer toutes ces bêtises :)

Au prochain chapitre, des clients... passent à la boutique ! Pour ceux-là, c'est décidé, mais pour les deux chapitres suivants, pas encore. Alors si t'as un bébé que t'imagines bien pervers, n'hésite pas à m'en parler.

Si tu pouvais me laisser un petit mot, marque de ton passage et de ta lecture, avec ce que tu en as pensé, ce serait vraiment choupinet-trognon.