Bonjouuur !
Voila donc un épisode quelque peu…chiant, pour tout avouer. J'ai eu beaucoup de mal à l'écrire, mais c'était passage obligé, histoire de poser les bases. Et j'ai conscience qu'elles sont certes…bancales, compte tenu du fait que j'ai cherché à dégrossir de peur d'ennuyer.
Et puis, pour tout avouer, je ne suis pas une pro des dialogues, qui me semblent systématiquement stéréotypés et pas très réalistes.
On en apprend donc ici vite fait sur le passé et l'avenir de l'héroïne. Bref, un chapitre pas très amusant, mais qui va permettre de lancer la suite.
Bonne lecture (enfin, j'espère) !
Chapitre II
Crusoe ou la vie magique
« Morgane Crusoe. Je me suis enfuie de ma campagne pour…étudier à l'Ecole de Sorcellerie. »
Ce fut ce que je prétendis. Parce que j'étais complètement paumée et que c'était ce que disait un petit papier coincé dans…mon soutien-gorge.
C'était mes premiers mots à Dumbledore depuis qu'il m'avait trouvée, gisant lamentablement dans le lac. C'était aussi un terrible mensonge, parce que je n'étais qu'une simple moldue atterrie dans…dans…
Soyons clairs. Toute personne normalement constituée serait sous le choc de se retrouver soudainement plongée dans un nouvel univers, qui plus est magique. Et davantage encore s'il se révélait qu'il s'agissait d'un monde bien connu dont on a déjà lu les livres.
J'en étais restée muette de stupeur. Pendant des jours.
Je m'étais accusée de folie, avais cherché des caméras cachées, et même le fil invisible lorsque, d'un coup de baguette, le directeur avait fait léviter une potion de soin jusqu'à moi.
J'avais cessé de chercher lorsqu'une fois, m'accusant de démence avec colère, j'avais fait exploser les fenêtres de l'infirmerie. Ma raison fut vaincue une fois pour toutes la nuit suivante, lorsque j'avais rêvé de ma rencontre avec l'être de l'eau, inondant de ce fait la salle des soins.
Je m'étais donc rattachée à ce petit bout de papier, précisant une identité imaginaire. Le but ? Aucune idée. L'auteur ? Encore moins. La seule chose sûre était qu'il constituait mon billet d'entrée pour Hogwarts. Et surtout un billet de sortie pour l'hôpital psychiatrique.
A ces mots, je jaugeai donc le regard de Dumbledore, priant pour qu'il se satisfasse de cette maigre explication. J'avais déjà croisé son regard plusieurs fois…et s'il avait déjà usé de Legilimancie ?
- Ravi d'entendre votre voix, mademoiselle Crusoe, me déclara gentiment le directeur. Si je comprends bien, et arrêtez-moi si je me trompe, vous faites donc partie des conservateurs qui refusent toute pratique magique ?
Je jubilais. Il me donnait une histoire toute faite et m'épargnait le tracas de l'invention d'un mensonge, qui ne pouvait être que bancal de ma part.
- C'est exact. Je n'ai même pas le droit à une baguette, fis-je d'un air faussement indigné.
- Je comprends, je comprends…vous n'avez donc aucune base en matière de sorcellerie ?
Je marquai une pause de réflexion. Connaître la formule de quelques sorts ne pouvait pas être considéré comme une véritable base. Je lui en donnai toutefois quelques unes, histoire de le détourner de ma véritable identité moldue. Il s'en satisfit et me proposa –généreusement- un deal :
- Je vous propose, compte tenu de votre âge, de passer en cinquième année…
Je me figeai d'effroi. Malade, il était malade !
- …qui se clôt par l'examen des B.U.S.E.S.
Je me corrigeai avec tout le vocabulaire qui me venait. Doublement malade.
- Si vous y obtenez des résultats convaincants, je vous autorise à poursuivre vos études ici. Il va de soi que vous aurez tous les cours de rattrapage que vous jugerez nécessaires.
Il avait prononcé sa dernière phrase avec un petit air amusé, certainement parce que j'avais ouvert ma bouche d'effarement et de manière on ne peut plus ridicule. Dans l'incapacité d'objecter quoi que ce soit, parce que je le jugeais déjà bien gentil de m'accepter, je hochai la tête.
- Monsieur le directeur, j'aurais une dernière requête, demandai-je timidement.
Il hocha la tête dans un signe m'encourageant à poursuivre.
- Si je me rappelle bien, il y a une cérémonie de répartition. Et…je ne voudrais pas me faire remarquer…enfin, vous savez, mon âge…
- Souhaitez-vous que nous y remédions maintenant ?
- Si cela ne vous dérange pas…
Le bureau du directeur regorgeait de merveilles. Je voulais tout voir mais je n'avais apparemment pas assez d'yeux. Fumseck semblait dormir profondément sur son promontoire, et le Choipeaux lui-même reposait dans un coin, ensomeillé. Lorsque Dumbledore le saisit délicatement, celui-ci s'étonna :
- Déjà la rentrée ?
- N'ayez crainte, pas encore. Vous avez tout le temps de concevoir votre nouvelle chansonnette.
L'objet rapiécé poussa un soupir réjoui et vint se poser sur ma tête. J'eus alors le désagréable sentiment d'un intrus trifouillant dans ma cervelle déjà bien amochée. Dans un réflexe de défense, je choisis de cloîtrer fermement mes pensées. Une petite voix, alors, m'intima : « Détendez-vous. Laissez-vous faire. Je ne pourrai vous envoyer nulle part si vous me restez ainsi fermée. »
Oui, mais était-il de confiance ? Fouillait-il les souvenir ? Malgré mes suspicions à l'égard du morceau de tissu qui reposait sur ma tête, je le laissai faire son travail.
« Par pitié, Gryffondor, par pitié… »
Mais l'étoffe consultait surtout mes émotions et mes capacités.
« Vous êtes plutôt intelligente…vous vous sentiriez mieux à Serdaigle. Je vous vois aussi pleine de la ruse du Serpent…mais le courage… »
Je ne pouvais pas réellement m'indigner. Il était vrai que je préférais régler les problèmes, non en fonçant dans le tas, mais avec force de réflexion et de stratégie. Mais je ne pouvais pas aller ailleurs. Alors avec toute la force que je pus, bouillonnante de volonté, je lui criai mentalement :
« C'est Gryffondor, ou c'est rien ! »
Puis, gênée de ma propre verve, et pour répondre à la surprise du Choixpeau, je rajoutai :
« Je dois impérativement veiller sur quelqu'un, vous comprenez ? »
Le bout de tissu émit un grognement et déclara, sans grand enthousiasme, « Gryffondor ». Je ne souris pas, je ne rejoignis pas de table, je ne fus pas applaudie.
En fait, je me sentis…complètement seule. Cependant, j'en étais consciente, je devais m'en satisfaire. Pendant toutes les années à venir.
Parce que dans mon esprit avait germé un projet ambitieux. Il demandait un profil bas, une extrême rigueur, et la nécessité de ne troubler en aucun cas l'histoire. Je voulais sauver le monde sorcier. Pas seulement ceux qui allaient perdre dans la bataille. Tout le monde.
