Yuri on Ice – Roman

Voici l'épisode 2. J'ai dû le diviser en deux parties, car il y avait beaucoup de choses à traiter. Et la relation entre Viktor et Yûri en est à ses débuts, alors je ne voulais pas passer trop vite là-dessus, c'est important. Myriel

Épisode 2 – Partie 1

L'installation de Viktor

Le voyage, le décalage horaire, les horaires bousculés, le très relaxant onsen et l'excellent repas que lui servit la mère de Yûri – aussi sympathique que son mari, remarqua Viktor – finirent par avoir raison de lui. Il regardait Yûri, mais il n'entendait plus ce que le jeune homme lui disait. Il tenta de se concentrer, mais il était trop étourdi.

- Pardonne-moi Yûri. Je crois que je suis trop fatigué... Tu permets que je m'étende un peu, en attendant qu'on me trouve une chambre?

- Oui, oui, bien sûr.

Viktor n'attendit pas plus longtemps et il s'étendit sur les tatamis. Makkachin, épuisé lui aussi, vint le rejoindre et se colla contre lui. La bête plaça ses pattes sur son torse et ferma les yeux. La chaleur du chien et sa respiration isolèrent Viktor qui se sentit aussi bien que chez lui et il s'endormit. Il n'entendit même pas la porte s'ouvrir en coup de vent.

Il se réveilla quand il éternua. À cause d'une désapprobation venue de Russie, peut-être? Un peu sonné, Viktor regarda autour de lui pour tenter de comprendre où il était.

Le Japon.

- Ah, il se réveille, dit une voix.

Yûri, le patineur sexy.

Coach, lui.

Ses idées étaient encore mélangées, mais une sensation prit bientôt toute la place.

- Je suis affamé…, dit Viktor.

Le yukata glissa de son épaule et il ne prit même pas la peine de le remettre correctement. Il se sentait trop faible. Combien de temps avait-il dormi? Trop peu, c'était certain… Pourtant, il avait tellement faim!

- Euh… Qu'est-ce que… Viktor… Tu voudrais manger quoi?, lui demanda Yûri, avec gentillesse.

Viktor regarda le patineur et il se concentra sur ses pupilles noires. Ils étaient vraiment magnétiques, ces yeux-là.

- Mmm… Étant donné que je suis ton coach, j'aimerais découvrir ce que tu préfères, Yûri.

- Oh…

Yûri rougit, content. Il demanda quelque chose à sa mère, que Viktor ne comprit pas bien : « Ka-quelque chose ». Pendant l'attente, Yûri lui présenta l'autre personne dans la pièce : sa professeure de ballet, Minako. Viktor lui sourit, se souvenant de tous les mouvements que Yûri avait utilisés pendant ses danses improvisées au banquet :

- C'est un plaisir de faire votre connaissance. Yûri est chanceux d'avoir une telle personne telle que vous. Il a beaucoup de souplesse grâce à votre travail.

Minako rougit devant ce compliment, et Yûri sourit. Il était souple, lui? Il avait encore du mal à croire que Viktor, le vrai Viktor qu'il admirait tant, se tenait devant lui. Et qu'il admirait sa souplesse en plus!

Viktor n'eut pas à attendre longtemps. La mère de Yûri déposa un grand plat devant lui. Il y avait du porc pané, un œuf à demi cuit, des échalotes, tout cela déposés sur du riz. Il en prit une bonne bouchée, curieux. C'était absolument délicieux! À la fois réconfortant et équilibré dans les goûts.

- Wow! Amazing!, s'exclama-t-il.

- C'est notre spécialité, le katsudon en bol, extralarge, expliqua la mère de Yûri.

Viktor en reprit une bouchée. Il n'avait pas rêvé : c'était toujours aussi bon.

- Vkusno! C'est délicieux! Je ne trouve pas les mots! Est-ce que c'est ce que Dieu mange?

- Je suis content que tu aimes ça, approuva Yûri.

Minako regarda Yûri, taquine. Elle précisa :

- Yûri gagne du poids facilement, alors il est autorisé à en manger seulement s'il gagne une compétition. Hein, Yûri?

- Oh? Et tu as mangé du katsudon dernièrement, Yûri?, dit Viktor qui dévorait son plat.

- Yes, yes! J'en ai mangé beaucoup, confirma Yûri.

Du riz était resté collé sur le visage de Viktor quand il demanda, souriant :

- Et pourquoi? Tu n'as rien gagné.

Le visage de Yûri perdit toute expression. Viktor précisa :

- Avec un corps aussi lourd que celui d'un porcelet, les leçons deviennent inutiles. Tu devras retourner à ta taille d'avant le Grand Prix ISU sinon je ne pourrai pas devenir ton coach. Jusqu'à ce moment, tu n'as plus le droit de manger du katsudon! C'est d'accord, petit porcelet?

La voix était toujours aussi souriante, mais le propos était sans appel. Yûri recula, étourdi de se faire dire ainsi ses quatre vérités.

La sœur de Yûri – Mari, si Viktor se souvenait bien – entra :

- Euh… Plein de boites viennent d'arriver, Viktor. Je ne voudrais pas vous offenser, mais elles embarrassent et il faudra les ranger.

- Pouvez-vous les amener dans la chambre où je logerai?

- Loger?, demanda Yûri.

- Bien sûr! Je suis ton coach, je resterai ici.

Yûri leva et rejoignit sa sœur. Elle lui expliqua quelque chose en japonais. Viktor ne comprit rien, mais il vit l'air découragé de Yûri quand elle pointa les boites. Le jeune homme commença à les transporter dans l'escalier. Viktor en profita pour terminer son plat dont il ne laissa pas une miette.

Avant de prendre la dernière boite, Yûri revint dans la pièce.

- Euh… Ta chambre est prête, Viktor.

- Excellent! Je vais aller faire un gros dodo!

Il salua Minako, puis se leva et il suivit Yûri, Makkachin sur les talons. Ce dernier déposa la dernière boite dans une toute petite pièce, devenue minuscule avec toutes les boites que Viktor avait fait envoyer de Russie.

- Wow! Quelle jolie petite chambre classique! Est-ce qu'il y a un sofa?, s'informa Viktor.

- Non, il n'y en a pas. Désolé que ce soit si petit… C'est la seule pièce disponible. En fait, c'est une salle à manger inutilisée.

Viktor regarda Yûri, toujours accroupi au sol.

- Tu as l'air nerveux. Tu pourras me payer mon salaire de coach lorsque tu auras atteint le succès! Je te ferai une facture!

- Mer… Merci.

Viktor s'approcha et s'agenouilla pour être à la hauteur de Yûri.

- Yûri, dis-moi tout à propos de toi.

Il glissa sa main sous le menton du patineur japonais pour mieux voir ses yeux. Dans son décor familial, avec ses lunettes, ce n'était plus le danseur sexy du banquet qu'il voyait, c'était plutôt un jeune homme très mignon. Il voulait tout savoir sur lui. Il lui demanda :

- Où patines-tu? Qu'y a-t-il à voir dans cette ville? Y a-t-il une fille que tu aimes?

Yûri écarta les yeux et rougit. Viktor déposa son autre main sur la sienne. Et il approcha son visage un peu plus près.

L'odeur de Yûri. C'était la première fois qu'il était assez près pour la sentir. Le Japonais avait un parfum un peu sucré, avec une touche d'épice. Doux et puissant. Comme le katsudon.

- Avant de commencer à s'entraîner, il faut bâtir la confiance entre nous, lui expliqua Viktor.

Le visage de Yûri rougit brusquement et il recula.

- Eh? Pourquoi tu t'enfuis?, s'informa Viktor

- Non, non, je ne m'enfuis pas.

Yûri se leva, et il pointa le bout du couloir.

- Euh… Ma mère va t'apporter ton futon bientôt. Ma chambre est au bout du corridor si tu as besoin de quoi que ce soit. Bonne nuit Viktor!

Viktor vit bel et bien le Japonais s'enfuir et s'enfermer dans sa chambre. Il regarda Makkachin, surpris. Mmm… Yûri était beaucoup moins accessible quand il n'était pas sous l'influence de l'alcool. Il était encore trop intimidé de le rencontrer peut-être? Ils allaient devoir s'apprivoiser. Et quoi de mieux pour se connaître que de passer la nuit à parler de tout et de rien? Il avait fait ça avec tous ses meilleurs amis quand il était petit. Jaser jusqu'aux petites heures du matin! Viktor se dirigea vers la chambre, insistant. Il cogna à la porte, proposant :

- Yûri, laisse-moi dormir avec toi! Je dois apprendre tant de choses sur toi pour devenir un bon coach!

- Non!

- Yûri! Yûri! Yûri?

Aucune réponse. Il entendit le Japonais bouger dans sa chambre. Des sons venant des murs et des froissements de papiers retentirent, puis plus rien. La mère de Yûri montait l'escalier, avec le futon et les couvertures. Bon. Il ne servait d'effrayer le jeune homme. Ils avaient du temps devant eux.

Quand il revint dans la petite chambre, la mère de Yûri terminait déjà d'installer le futon. Viktor la remercia. Elle referma la porte en sortant. Il enleva son yukata et se blottit dans les couvertures avec Makkachin, trop fatigué pour se soucier plus longtemps d'un Japonais caché dans sa chambre.

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Le décalage horaire jouant avec Viktor, le patineur russe se réveilla bien avant Yûri. Il se leva et s'habilla. Mais avant de sortir avec Makkachin, il décida de commencer tout de suite l'entraînement avec Yûri. Il se dirigea vers la chambre du jeune homme et ne prit même pas la peine de cogner. Il ouvrit la porte et Makkachin se chargea de réveiller le dormeur en sautant sur son lit. Yûri se mit à rire, heureux de ce réveil canin. Il enfouit son visage dans la fourrure du chien, ses mains sur le dos de l'animal, avant de réaliser que le maître de Makkachin devait être là aussi. Yûri se leva aussitôt, nerveux. Mais Viktor le regardait avec une expression attendrie.

- Makkachin a besoin de sortir et j'ai pensé que nous pourrions commencer l'entraînement tout de suite. On s'habille, jeune homme! C'est un départ!, dit Viktor en levant le bras, enthousiaste.

Yûri soupira. Il n'avait même pas mangé. Mais il obéit. Viktor le vit les rejoindre presque immédiatement. Il enfila ses souliers de course dans le portique.

- Tu pourras jogger pendant que je te guiderai en vélo. Ta mère m'a dit que je pouvais emprunter ta bicyclette. J'amène mes patins, je veux voir la patinoire aussi.

Le patineur japonais soupira. Suivre Viktor à vélo en courant. Ça promettait d'être exigeant…

Ce le fut. Viktor ne le ménagea pas, se dirigeant vers le pont, tout heureux de découvrir la ville sous le soleil. La neige tombée la veille avait pratiquement disparu. La température était parfaite, autour de 15 degrés. Les cerisiers étaient partout, les fleurs lourdes sur leurs branches. C'était magnifique. Yûri peinait à le suivre, mais il était déterminé et ne le perdait pas de vue. Parfait. Le Japonais était motivé, malgré les difficultés.

- Konnichiwa!, dit Viktor au vieux pêcheur sur le pont.

- Konnichiwa, lui répondit le monsieur en souriant.

Il devrait améliorer son japonais aussi. Il pourrait demander à Yûri de lui enseigner. En échange, il pourrait déduire cela de son salaire de coach. Viktor avait toujours adoré les langues. Il passerait beaucoup de temps au Japon et l'immersion l'aiderait à saisir vite.

Yûri le rattrapa. Quand il arriva à sa hauteur, à bout de souffle. Viktor ralentit un peu pour laisser le patineur lui parler :

- La patinoire… Où je pratique… Est juste là-bas…

- Parfait! Allons-y!

Il suivit le chemin désigné par Yûri et ils arrivèrent bientôt au bâtiment. Le regard de Viktor s'attendrit. Les patinoires. Dans tous les pays, il avait l'impression de retrouver sa maison à chaque fois qu'il arrivait devant l'une d'elle. Il entra et croisa le regard d'une jolie petite famille.

- Hi! Je suis Viktor Nikiforov, le nouveau coach de Yûri.

Toute la famille était sous le choc. Jusqu'à ce que la jeune dame, de l'âge de Yûri certainement, lui dise :

- Quoi? Quoi? C'est vraiment vrai? Viktor sera le coach de Yûri?

- Bien sûr! Enchanté!

- Euh… Moi aussi, quel honneur! Je suis Yuko Nishigori, voici mon mari Takeshi et nos triplées Axel, Lutz et Loop.

- Oh des fans de patinage!

- Oui, nous patinions avec Yûri quand il était petit!

- Vous pourrez tout me dire sur ses secrets d'enfance, alors!

- Oui, oui!

Le groupe se mit à rire, pendant que Yûri pâlissait, appuyé contre une poutre, tentant de reprendre son souffle. Viktor sortit ses patins aux lames dorées.

- Je peux voir la patinoire?

- Absolument, venez!

Yuko, suivie de près par les fillettes, le mena à la patinoire déserte. Yûri aussi les suivit. Viktor entra sur la glace. C'était chez lui, ici. Son domaine. Son univers. Là où il se sentait bien.

Il nota les regards du petit public et il précisa à Yûri :

- Le petit porcelet ne pourra entrer sur la glace avant d'avoir perdu son gras en trop.

Yûri eut encore cet air estomaqué, vite remplacé par la détermination. Bien, bien…

Ils rentrèrent bientôt à l'auberge pour manger, puis ils sortirent encore ensemble dans l'après-midi. Yûri l'amena vers la montagne et il fit de nombreux exercices dans les marches. Ils se reposèrent au sommet, près d'un énorme cerisier. Viktor admira encore une fois le paysage.

- Les fleurs sont vraiment magnifiques.

Le Japonais confirma :

- Oui, mais à cause de la neige… Le o-hanami sera court cette année.

Le o-hanami. C'était le même mot que le père de Yûri avait employé la veille.

- Le o-hanami? Qu'est-ce que c'est?

- C'est l'admiration des fleurs. On fait de grands pique-niques sous les fleurs. Les gens mangent et boivent.

- C'est la fête, quoi!

- Oui, on peut dire ça. On en a vu en passant…

- Oh… J'aimerais y aller!

Yûri se gratta la tête, cherchant un moment.

- Eh bien… Ce soir, je rencontre Minako au studio de ballet… Demain soir, ça te va? On pourrait aller manger dans les petites échoppes près du temple.

- Oh oui!

Viktor en profita pour enchaîner avec une question plus personnelle.

- Est-ce que tu es amoureux de Minako?

- Quoi? Non, jamais!

- Tu as une petite amie?

- Non.

- Une ex-petite amie?

- No comment.

- Parlons de moi, alors! Ma première petite amie était…

- Stop! Stop!

- Oh…

Viktor était déçu. Il n'était facile d'établir le contact avec Yûri. Le jappement de Makkachin le força à revenir sur terre. Il regarda le château qui domina la montagne.

- Yûri… Quel est ce château?

- C'est le Château de Hasetsu. À l'intérieur, c'est une maison de ninjas.

- Really? Ninjas?

La motivation était revenue et Yûri amena Viktor jusqu'au bâtiment. Il prit une photo-souvenir du patineur russe et de Makkachin devant le château, que Viktor posta sur Instagram. Puis ils visitèrent l'endroit. Viktor était enthousiaste, c'était vraiment très intéressant d'être au Japon!

Quand ils retournèrent à l'auberge, ils mangèrent le repas du soir ensemble, puis Yûri partit vers le studio de Minako. La sœur de Yûri vint annoncer à Viktor qu'une véritable chambre était prête pour lui. Il prit toute la soirée pour s'y installer, transférant et ouvrant les boites pour y mettre ses livres, ses photos, ses décorations… C'était une très belle chambre. Grande, avec un lit occidental immense, un sofa et un fauteuil. C'était parfait. Quand il termina l'installation, Viktor était fatigué, mais content. Il chercha Mari pour la remercier. Il la trouva dans une pièce retirée, près d'un petit autel.

- Je suis bien installé. C'est parfait. Merci Mari.

Elle lui sourit, contente. Il n'avait pas été facile de faire une place à ce visiteur imprévu qui s'installerait pour longtemps. Mais si ça suffisait à redonner confiance à son petit frère, elle était prête à faire ces efforts.

Viktor s'était avancé et il regarda la photo. C'était le jeune Yûri avec son chien.

- C'est Vicchan?

Mari leva un sourcil, surprise que Viktor connaisse le nom du chien. Elle précisa :

- C'était son surnom. En fait, il s'appelait Viktor, en ton honneur. Yûri a eu son chien à peu près en même temps que tu as eu le tien.

- Oh… Viktor…

Viktor était ému. Yûri l'admirait donc depuis tout ce temps. Et à ce point-là… Il y eut un bruit de pas derrière eux.

- Oh, salut Yûri. Je retourne au travail, moi alors.

Et Mari quitta la pièce. Yûri entra et jeta un coup d'œil à Viktor, un regard à mi-chemin entre la gêne et la colère, d'après ce qu'en déduisant le coach. Mais il ne se laissa pas intimider. Très sérieusement, il lui dit d'une voix douce :

- Vicchan était un beau chien.

Yûri ne dit rien. Mais il s'avança près de Viktor et regarda la photo installée sur l'autel. Viktor poursuivit :

- Il est mort en décembre, n'est-ce pas?

Le Japonais acquiesça, sans un mot. Viktor n'avait pas besoin de le regarder pour comprendre qu'il se retenait de pleurer. En décembre. C'était la première fois que le patineur japonais se rendait aussi loin, se qualifiant pour la finale mondiale. Les six meilleurs patineurs du monde. Yûri allait rencontrer Viktor, son idole, pour la première fois. La pression était énorme. Et son chien mourrait pendant son absence. Le cœur de Viktor se serra et il posa la main sur l'épaule de son collègue, regardant la photo du chien, lui aussi.

- Ça a dû être terrible.

Yûri brisa le silence pour préciser :

- Je l'ai abandonné cinq ans pour m'entraîner à Détroit. Je n'ai même pas pu être là pour ses derniers moments.

Sa voix était très basse, Viktor eut du mal à l'entendre. Yûri se sentait coupable. Viktor jeta un coup d'œil à son propre chien, étendu dans un coin de la pièce. Il hésita un instant, puis, le regard sur l'autel, il serra un peu plus fort l'épaule du patineur pour lui dire, d'une voix hésitante :

- C'est ma plus grande crainte. Makkachin se fait vieux et je sais bien que ça s'en vient. J'ai tellement peur qu'il me quitte pendant que je suis ailleurs.

Viktor ne bougea pas, paralysé de s'être confié ainsi. Il n'aimait pas parler de ses peurs. Encore moins de la fin de Makkachin, son chien adoré. Ses yeux se mouillèrent, troublé de l'avoir évoqué à haute voix. Il conclut :

- Si ça arrive en pleine compétition, je sais que je vais m'effondrer.

La voix de Viktor se brisa sur les derniers mots. Le corps de Yûri se mit à trembler. Viktor se tourna vers lui : les larmes coulaient silencieusement sur les joues du Japonais. Il l'amena dans ses bras et Yûri se blottit contre lui. Il comprenait tellement. Jamais il n'aurait pu patiner convenablement si Makkachin était mort pendant le Grand Prix. Il comprenait tellement.

L'odeur, encore. Réconfortante. Enivrante. Il serra Yûri un peu plus fort et les bras de l'autre répondirent avec la même force. Makkachin se leva et vint les retrouver. Il grimpa sur eux en jappant. Viktor et Yûri quittèrent leur étreinte pour s'agenouiller près du chien et le caresser, en souriant au milieu de l'émotion.

- Ah! Makkachin! Tu comprends tout, hein? Combien on peut vous aimer, petites bêtes adorables!

Makkachin sauta sur Viktor et il ne put s'empêcher de se mettre à rire quand le chien se mit à lui lécher le cou. Il croisa le regard mouillé de Yûri, attendri et souriant devant l'image. Viktor se rassit, en tenant Makkachin.

C'est à ce moment-là que Yûri s'avança et lui prit la main. Il la serra fort. Yûri le regarda et lui dit, le plus sérieusement du monde :

- Viktor, je suis vraiment content que tu sois là. Tu es encore plus extraordinaire en vrai. Merci.

Et le Japonais inclina la tête. Viktor était ému. Et il ne savait pas trop comment réagir. Il était extraordinaire…

Makkachin ne laissa pas Yûri penché longtemps, il sauta sur lui et se mit à lui lécher le visage. Yûri se retrouva couché sur le dos, le chien sur lui, riant de bonheur.

Pendant que Viktor restait silencieux, sous le choc.

Il venait d'apprendre qu'il n'était pas le seul à pouvoir créer la surprise.

Dans la deuxième partie, Yuri Plisetsky viendra brouiller le portrait. Et Yûri recommencera à patiner. Ce sera la suite de leurs aventures… Myriel