Bonjour, alors voila la suite de L'histoire d'une folle. Ceci est la première fanfic que je publie, donc je vous encourage à laisser votre avis, quel qu'il soit. Je n'ai pas trouvé (et pas excessivement cherché non plus) comment répondre au review alors je vais le faire ici :
Swangranger : Merci beaucoup ! Je ne sais pas encore exactement comment évoluerons les personnages dans leur relation, ils sont tellement vivant qu'ils font un peu se qu'ils veulent, ils ont leur caractère ^^, alors j'espère que la suite continuera de te plaire !
Bananacrco : Merci à toi aussi, ça me fait vraiment plaisir ! J'espère que ce chapitre te plaira autant que l'autre, je te laisse le découvrir !
Je suis en période de concours donc je ne sais pas encore trop a quelle régularité je posterais de nouveaux chapitres, mais je vous tiendrais au courant dans les prochaines publications.
Quand il se réveilla il n'ouvrit pas les yeux tout de suite, il se disant qu'il venait de faire le rêve le plus bizarre de sa vie. Puis il senti sous son corps un matelas mou, confortable, sa tête reposant sur un coussin tout aussi moelleux, une douce couverture à l'odeur de miel remontée jusque sous son nez. Ce n'était donc pas un rêve. Hermione Granger, l'avait, lui, Drago Malefoy, sorti de la cellule dans laquelle il croupissait depuis des années, alors que personne d'autre ne l'avait fait. Il ne voulait pas ouvrir les yeux. Il avait peur, peur de la voir, peur que le lit dans lequel il se trouvait n'était pas réel, juste un produit de son imagination, ou plutôt de sa folie. Et puis il se demanda : pourquoi Granger ? Par Merlin, par Mogan, par Serpentard, pourquoi elle ? Pourquoi parmi tous les sorciers, parmi tous les nés moldus sorciers, pourquoi elle ? N'avait-il pas été déjà suffisamment puni pour tout le mal qu'il avait pu faire ? Ces à peu près trois années de cellule n'avaient-elles pas été suffisantes ? Ne pouvait-il pas avoir la paix ? Mais après tout, elle l'avait sauvé, non ? Donc il n'avait pas été si malchanceux que cela. Quand même, Granger… L'une des personnes à qui il avait le plus pourri la vie. Pourquoi elle ? Il devait arrêter de penser alors son instinct de survie pris le dessus, il devait savoir où il était.
S'armant du peu de courage qu'il avait encore en lui après ces années d'enfermement il ouvrit doucement les yeux. Pour la première fois depuis très longtemps, il n'eut pas mal quand il bougea. D'abord les bras pour retirer la couverture, Puis il se redressa pour s'assoir. Il était dans une petite chambre, allongé sur un lit double il observa la pièce. Quatre murs bordeaux, une moquette beige. En face de lui une fenêtre donnait sur un grand ciel bleu, trop bleu, en avait-il oublié la couleur du ciel ? A sa gauche une porte en bois clair, fermée. La pièce était meublée, en plus du lit, d'une commode beige aux nombreux tiroirs sous la fenêtre, d'une table de nuit de la même couleur et de chaque côtés de la porte de s'étalait deux bibliothèques qui semblaient sur le point de s'effondrer tant elles étaient remplis. Il était définitivement bien dans la maison de Granger. Par Merlin, mais p.o.u.r.q.u.o.i elle ?
Cependant, après des années passé entre trois murs gris et des barreaux de métal, ce décor l'effrayait plus qu'il ne le rassurait. Il s'était presque habitué à sa cellule, non pas qu'il la regrettait. Il voulut se rouler en boule sous la couette, il voulut fuir par la fenêtre, ou pourquoi pas se donner la mort, mais avant d'avoir pu faire quoi que ce soit, un bruit précipité le fit sursauter. Drago senti alors son corps se mettre à trembler, incontrôlable. Il perdait souvent le contrôle de lui-même ces derniers temps dû à sa sous-nutrition, son isolement, l'humidité, le froid, le début de folie, les remords, les maladies mais cette fois, malgré les tremblements il décida de ne pas les laisser gagner, il était sorti de l'enfer, et il se leva. Il avait rêvé toutes les nuits de sortir de cette cellule, il se le devait à lui-même. Il constata seulement alors qu'il était habillé d'un pyjama bleu, semblable à celui que fournissait madame Pomfresh aux malades de l'infirmerie du collège. Il souhaita avoir de vrais vêtements et quand il tourna la tête, il vit un pantalon et un pull à manches longues noir avec des sous-vêtements propres, posé sur la commode. Est-ce qu'ils étaient là avant ? Il aurait juré que non, pourtant il tenta de se persuader qu'il n'avait pas dû faire assez attention. Ils s'habilla, les habits étaient chauds et dégageaient la même odeur de miel que les couvertures. Puis il enfila la paire de chaussures qui reposait au pied du lit, cette fois sans se poser de questions. Doucement, sans un bruit, dans une posture un peu bestiale, il avança vers la porte derrière laquelle il entendait de plus en plus de bruit, et au moment où il tourna la poignée, il entendit un hurlement qui lui déchira le cœur et coupa la respiration. Par sécurité ou par peur, il entrouvrit seulement la porte pour voir ce qu'il se passait, son pou battant la chamade.
Elle était là, au milieu d'une grande pièce qui faisait office de salon, cuisine, salle à manger, et surtout bureau au vu de la montagne de parchemins et livres qui recouvraient chaques meubles et même par endroits de grandes parties du sol la pièce. Elle lui tournait bizarrement le dos, penchée légèrement en avant dans une étrange position, les cheveux tirés en arrière elle était concentrée sur quelque chose qu'il ne voyait pas. Evaluant qu'il n'y avait aucun danger, il attendit que son cœur se calme, il franchit la porte et se dirigea vers elle, toujours silencieux comme un animal, apeuré. La brune ne l'avait toujours pas remarqué, absorbé par autre chose. Alors il fit exprès de buter contre une pile de livres pour signaler sa présence. Elle ne réagit pas, n'eut pas le moindre mouvement, toujours contorsionnée elle l'ignora superbement, marmonnant quelque chose sa baguette dans une main.
Un peu vexé par ce manque d'attention, il contourna le tas de livre pour se trouver devant elle. Puis il vit la source de la concentration de la jeune fille. L'arrière de sa jambe droite était ouvert de presque tout son long et saignait abondamment. Une large tâche de sang s'écoulait sur le parquet autour de ses pieds, grandissant à vue d'œil. Alors il ne dit rien, ne bougea pas et l'observa les yeux ronds, tétanisé. Il ne se savait d'aucune utilité, de plus son cœur et ses poumons le trahissaient à nouveau, parti dans une course effrénée. Il luttait pour garder une expression neutre. Elle avalait potions sur potions, comme des shoots d'alcool. Puis elle arrêta de marmonner, redressa la tête, et dans un sort d'attraction informulée, fit venir à elle de nombreux bandages et petits pots fermés ainsi qu'un kit de couture.
-Tu sais coudre ? Le questionna Hermione d'une voix faible en lançant quelques sorts de plus sur sa jambe, se contorsionnant pour voir ce qu'elle faisait.
-Pardon ? S'étonna Drago, plus sèchement qu'il l'aurait voulu son sang lui battant dans les tempes, résonnant dans ses oreilles. Non, bien sûr que…
-Alors tu vas me tenir le miroir. Coupa la brune tout aussi sèchement.
Un grand miroir vola jusqu'à lui, quand il le saisit avant qu'il ne touche le sol, il s'étonna de ne pas le trouver lourd et surtout d'avoir la force de le tenir. Il ne comprenait rien à ce qui lui arrivait. Depuis la seconde où elle avait repris connaissance de la cellule, il ne comprenait plus rien. Comme un automate, il obéi. Pendant plusieurs seconde il se demanda si il était encore sous impérium, mais constatant qu'il pouvait parfaitement partir, il en déduit qu'il était libre de ses mouvements. De plus il se sentait beaucoup moins faible, fatigué, même si la faim commençait à lui ronger l'estomac. Mais il ne bougea pas pour autant. Il l'observa, suspicieux, intrigué, les yeux plissés à la manière d'un chat. Hermione se pencha pour déchirer le morceau de tissu imbibé de sang qui pendait sur sa jambe puis il la vit enchanter une aiguille dans laquelle un fil se glissa. Observant à tour de rôle sa jambe et le miroir, la jeune fille faisait des mouvements dans le vide avec sa baguette, et l'aiguille les reproduisait à la perfection. Ses yeux s'agrandir d'horreur quand il comprit : elle était en train de se coudre la peau, cette fille était folle, complètement atteinte ! Bonne à enfermé ! On ne cousait pas sur les humains ! Mais sur les vêtements ! De grosses larmes coulaient sur ses joues et elle contractait tellement fort la mâchoire qu'il se demanda si elle n'allait pas exploser devant lui. Son cœur était revenu à allure normale, mais lui remontait maintenant dans la gorge avec son estomac et surement le reste de ses organes, il arriva quand même à s'écrier :
- Non mais Granger ça ne va pas la tête ! Qu'est-ce que tu fabriques ?!
-Tu permets qu'on remette l'interrogatoire à plus tard ? Grogna-t-elle entre ses dents la mâchoire tout aussi serrée que si elle n'avait pas parlé.
Quelque seconde après, elle avait fini avec l'aiguille. Alors elle attrapa deux des petits pots, quand elle les ouvrit, une horrible odeur saisit le nez de Drago qui grimaça de dégout. Tenant toujours le miroir, il se cacha légèrement derrière pour qu'elle ne puisse pas voir qu'il était sur le point de vomir. S'en était trop pour lui. Quand il osa la regarder après avoir ravalé ses organes vitaux, elle finissait d'appliquer les deux ongues par-dessus la plaie qu'elle avait refermée comme un morceau de tissu. Une fois encore, ses yeux s'agrandirent quand il vit que la plaie se refermait à vue d'œil dessous le fil. Enfin, elle lâcha un soupir de soulagement et se laissa tomber sur le sol poisseux de son propre sang, haletante, puis regarda Drago qui retrouva un visage impassible à la seconde où leurs regards se croisèrent. Elle esquissa un mouvement de la baguette et le miroir s'envola de ses mains.
-Pour répondre à ta question, c'était des points de sutures, j'associe les méthodes médecines moldus et sorcières, ça m'étonne que personne n'y ait pensé avant, on guérit bien plus vite. Et dans mon cas, quelque minutes de plus et j'aurais perdu tout mon sang, malgré la potion de régénération sanguine… Mais sans me dénigré, je pense que tu as de nombreuses question à me poser, celle-ci n'étant pas la plus importante à tes yeux. Cependant, je vais te demander de manger quelque chose, je t'ai nourri de potions et par intraveineuse, un truc moldu, mais je pense qu'un vrai repas te fera du bien.
Elle lui sourit. Drago resta de marbre mais il était complètement déboussoler. Associer la magie à des techniques moldus ? Et elle s'étonnait que personne ne l'ai fait avant ? Non, elle ne pouvait pas avoir dit ça ? Folle, elle était folle se répéta-t-il. Il ne comprenait pas tout ce qu'elle disait, des points de quoi ? Et surtout il ne comprenait pas sa gentillesse, son attention, sa compassion et son inquiétude qui se reflétaient sur son visage. S'il n'avait pas profondément changé depuis Poudlard, il l'aurait surement pris de haut et insulté les méthodes moldus, puis les moldus eux même pour finir par elle, il se serait moqué de ses méthodes et de la compassion qui brillait dans ses yeux avant de partir sans même la remercier. Mais sa solitude l'avait forcé à affronter ses propre démons, plusieurs fois il s'était détesté pour l'avoir harcelé d'insulte pendant des années, pour lui avoir jeté des sorts, l'avoir bousculé dans les couloirs… Il avait regretté. Il ne la connaissait pas, il ne savait rien d'elle en dehors de ses origines et il l'avait jugé dessus. Pourtant, elle et ses amis lui avait sauvé la vie dans la salle sur demande, et dix minutes après au cœur même de la bataille. Si à l'époque il trouvait cela normal de se considérer au-dessus d'elle, après avoir subi la guerre, Voldemort chez lui, et surtout après avoir subi le sort qu'il pensait réserver au Sang de Bourbe, il ne souhaitait ça à personne. Pas même ses bourreaux, non, eux, il méritait la mort.
Cependant, malgré son changement d'opinion sur ses origines, malgré qu'elle lui ait sauvé la vie, maintenant trois fois, il ne pouvait lui faire confiance. Et sa sympathie n'arrangeait rien. Au contraire, Drago était mal à l'aise, méfiant. Comment et pourquoi cette fille, à qui il avait fait tant de mal pouvait l'avoir sorti de l'enfer, en risquant sa vie, en s'humiliant ? Qu'avait-elle à y gagner ? Car c'était la seule explication qu'il trouvait : elle n'avait pas fait ça pour lui.
En revanche, ils s'accordaient sur un point : il mourrait de faim. Hermione se mit sur ses pieds, nettoya le sol, la chaise qui se trouvait derrière elle, tachée de sang aussi, tout comme les instruments qu'elle avait utilisé pour se soigner d'un coup de baguette et elle partit dans le coin du bureau géant dédié à la cuisine. Lui, n'avait pas bougé, toujours impassible, maintenant planté face à une chaise vide, il sentait son estomac se contracter. Son esprit fusait de question, il voulait lui demander pourquoi surtout. Pourquoi était-elle venue ? Pourquoi pour lui ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi se comportait-elle comme s'ils étaient amis depuis toujours ? Pourquoi ne lui en voulait-elle pas ? Pourquoi était-elle si gentille ? Pourquoi lui souriait-elle comme ça ? Et sans raisons apparentes ? Pourquoi l'accueillir chez elle ? Pourquoi, avoir pris, et continuer à prendre soin de lui ? Pourquoi voulait-elle l'aider ? Pourquoi avaient-ils pu s'en sortir aussi facilement ? Pourquoi était-il ici ? Et enfin, une question à laquelle il ne s'attendait pas : pourquoi était-elle blessée ?
Attiré par une odeur de bacon et d'œuf il se dirigea à son tour vers la cuisine. Il voulut se faire discret, mais son estomac poussa un hurlement de désespoir. Elle ne leva pas la tête de sa poêle mais il l'entendit distinctement rigoler. La cuisine était située dans un angle et un bar dessinait une séparation avec le reste de la pièce. Il s'assit sur l'un des tabourets hauts pour la regarder cuisiner. Quand le pain sauta d'un étrange objet noir, elle les plaça dans une large assiette avec plusieurs tranches de bacons, trois œufs et des mini saucisses qu'elle déposa devant le jeune homme. Elle lui donna aussi deux couverts, des pots de confitures, et sans plus attendre, il se jeta sur la nourriture, remplissant sa bouche le plus possible. Il croisa son regard et avec surprise il y lu une certaine tristesse, non c'était de… la nostalgie ? Nostalgique ? De quoi ? Ah mais oui, elle était folle. Elle lui tourna le dos, cherchant quelque chose dans un étrange placard qui faisait de la lumière, puis elle se retourna, fit le tour du bar et donna à Drago un grand verre de jus de citrouille. Puis elle s'assit à côté de lui, attrapa un gros livre au sommet d'une pile à la portée de son bras, l'ouvrit, et plongea dans sa lecture. Sans vraiment savoir pourquoi, il voulut la remercier de lui laisser cette petite intimité, mais il ne dit rien. Quand il eut avalé la dernière miette de son assiette et la dernière goutte de son verre il se tourna vers elle. Il attendit quelque minute qu'elle lève la tête de son bouquin, mais puisque cela ne semblait pas être possible, il débarrassa sa vaisselle. Il allait allumer l'eau quand le robinet le fit de lui-même et qu'une brosse se mit à laver tout ce qu'il y avait dans l'évier.
Surpris, mais le visage toujours aussi fermé, il la regarda. Elle avait posé son livre ouvert sur le bar et le regardait, la baguette tendu dans sa direction.
-Oh pardon, tu dois te sentir menacé avec ce truc pointé sur toi ! S'écria-t-elle dans une voix incroyablement aigue.
Il ne répondit pas. C'était en partie vrai, mais il ne voulait pas qu'elle le sache. Il s'était déjà montré suffisamment faible devant elle. Elle rangea sa baguette dans sa poche et se leva.
-Viens, on va se mettre dans le canapé et je répondrais à toutes tes questions. Mais avant…
Elle contorsionna son dos pour voir l'arrière de jambe et lança un sort sur le fil qui dépassait de sa blessure. Ce dernier disparut. Tout comme sa blessure, qui n'était plus qu'une fine cicatrice plus claire que le reste de sa peau.
-Comme neuf ! Lui sourit Hermione.
Une fois de plus, il la trouva folle. Mais une fois de plus, il ne dit rien, et docilement, et en pinçant les lèvres il marcha derrière elle pour rejoindre le canapé. Il s'assit le plus loin possible de cette malade, ce qui lui décrocha un autre sourire.
-Du thé ? Moi j'en veux.
D'un coup de baguette une théière bouillante et deux tasses arrivèrent de la cuisine.
-Merci. Marmonna Drago.
-Ah je l'attendais lui ! S'esclaffa la brune en servant le thé.
-Quoi ? Il ne la comprenait toujours pas, et la trouvait de plus en plus dingue.
-Je t'avais dit de me remercier que lorsque je t'aurais sortis de ta prison, c'est chose faite ! Dit Hermione en écartant les bras pour montrer la pièce.
-Je te remerciais pour le thé. Marmonna de nouveau le blond.
-Je sais, je faisais juste un peu d'humour avant la tempête.
La tempête ? Finalement il n'était plus sur de vouloir lui poser ses questions. Cette fille était dingue et elle lui répondrait surement n'importe quoi. Elle du voir l'incompréhension sur son visage car elle rajouta :
-On va aborder un sujet difficile, tu…
-Pourquoi tu es venu me chercher ? Comment tu savais que j'étais là-bas ? La coupa-t-il ces questions lui brûlant la langue autant que le thé.
-Je répondrais à la première question en dernier, c'est la plus longue, et il vaut mieux que je réponde aux autre avant. Je savais que tu étais là-bas car quelqu'un me l'a dit. Hm… légèrement contre son gré. Répondit-elle mal à l'aise la tasse au niveau des lèvres stoppé dans son geste.
-Combien de temps j'ai été enfermé ? Répliqua le blond.
-Si je me base sur l'annonce de ta « mission » paru dans les journaux, tu as été enlevé il y a cinq ans. Dit doucement Hermione, sachant l'impact de sa réponse.
Cinq ans. Ces mots eurent le même effet qu'un coup de poing dans la tête, il eut envie de rendre son repas, mais la boule qui s'était formée dans sa gorge l'en empêcha. Il resta immobile, droit comme un i pendant plusieurs minutes, oubliant même de respirer. Il n'entendit pas sa tasse lui échapper des mains et s'écraser par terre. Hermione se rapprocha un peu de lui après avoir rapidement posé la sienne.
-Hé, respire, ça va aller, tu t'en es sorti. Tu es ici, tu vas bien, tu es en sécurité. Ça ne sert à rien de ruminer le passé, on ne peut pas le changer. En revanche, tu peux enfin choisir ton futur, vivre enfin ta vie comme tu en as envie, comme tu penses que tu dois la vivre.
Toujours immobile et en apnée, il entendait à peine ce qu'elle lui disait, comme s'il avait la tête sous l'eau. Sa tête tournait, son cœur battait à toute vitesse. Cinq ans qu'il avait disparu. Il pensait trois, et il trouvait déjà cela trop long. Il avait vingt-quatre ans. Vingt-quatre… Personne ne s'était inquiété de ne pas le voir, de ne pas avoir de nouvelle pendant cinq ans ? Pas même ses parents ? Il ne pouvait pas y croire. Elle lui mentait. Après tout, elle était folle. Mais pourquoi lui mentirait-elle sur une question d'années ? Cinq ans. Ces deux petits mots se répétaient dans sa tête, en boucle, comme un disque rayé. Il ne voulait pas y croire. Cinq ans.
Alors elle prit le visage de Drago entre ses mains et le força à tourner la tête pour la regarder. Le contact de leur peau fut pour lui comme une douche froide. Il reprit brusquement sa respiration. Il était toujours tétanisé, cependant, il l'était par quelque chose de plus maintenant. Par ce visage harmonieux, doux qui lui souriait cette fois timidement. Ses deux yeux marron clairs étincelaient toujours d'intelligence, ainsi que de compassion, de douceur, d'encouragement… Il était figé, uniquement parce qu'elle le regardait et qu'elle le touchait. Soudain il sentit comme une décharge électrique brûlante dans son cœur. Elle ressentit la même chose car elle laissa échapper un hoquet de surprise et lâcha brusquement son visage. Ses yeux caramel tremblaient. Il n'avait jamais vu des yeux trembler. Alors qu'il allait ouvrir la bouche, elle les ferma et les rouvrit pour le fixer bien plus intensément.
-Tu as d'autres questions ?
-Pourquoi tu es comme ça avec moi ? Pourquoi venir me sauver ? Après tout ce que je t'ai… hm, fais subir ? Demanda-t-il après plusieurs secondes de réflexion.
-Comme je te l'ai dit cela ne sert à rien de remuer le passé. De plus, tu as été enfermé. Et un proverbe moldu dit : l'ennemi de mon ennemi est mon ami. Donc aujourd'hui, je pense que nos querelles de collège ne valent rien d'autre que ce qu'elles sont : des chamailleries d'ados. Et dans mon souvenir, tu as gouté à ma main droite. Ajoute-t-elle avec un clin d'œil. Je me comporte avec toi comme je me comporterais avec n'importe qui d'autre que j'aurais sauvé et à qui j'accorde m'a confiance.
Confiance ? Le mot fit tilt, mais il ne se demanda même pas pourquoi, elle était folle.
-Comment, par Merlin, comment a-t-on pu s'en sortir si facilement ? Je veux dire, on était dans le QG des Suprêmes !
-Ce n'est plus leur QG depuis longtemps, il y a trois ans ils ont aménagé dans le manoir des Jedusor. Ce sont vraiment des débiles profonds si tu veux mon avis. Le père de Voldemort était un moldu, ils se battent contre les nés moldus, pourtant ils ont élu domicile dans la maison la moins magique de l'histoire de la magie ! Elle commença à rigoler mais s'arrêta directement devant le visage froid du garçon. Mais bien sûr, ça tu t'en fou… Hm. J'avais pris du Felix Felicis, la potion de chance. J'ai mis six mois à la fabriquer, trois à trouver les ingrédients. Et ça a marché.
-Comment tu as fait ?
-Ben j'ai cherché la recette dans un liv…
-Non. Comment tu as fait pour rentrer ?
-Juste après avoir bu la potion, j'ai croisé un groupe de rebelle qui allait mettre la pagaille en ville, ils étaient habillés comme les Suprêmes pour se glisser dans la foule, alors je leur ai dit que j'allais les aider. Ils m'ont donné une robe et on est allé sur la place, non loin du manoir où tu étais. La majeure partie du groupe de rebelle ont fait exploser des trucs avant de s'enfuir. Je me suis cachée et j'ai entendu un des gardes dire que les rebelles vivants stupéfixés allaient être emmené au manoir d'à côté pour interrogatoire. Alors je me suis glissé au milieu des corps et je me suis lancée un sort légèrement semblable au stupéfix, son action est juste plus courte et permet de bouger uniquement la tête. C'est comme ça que j'ai pu repérer le chemin de sortie, car j'ai pu observer tout ce qu'il y avait autour de moi, et eux n'ont pas fait attention, me croyant incapable de tout mouvement. La seule chose que j'espérais, c'est t'apercevoir dans une cellule pour savoir où te trouver. Mais la chance, on peut le dire, a fait que je me suis retrouvée directement auprès de toi. La suite tu la connais. Ah oui puis je m'étais ensorcelé pour que tu sois le seul à pouvoir me reconnaitre, je suis disons… Elle toussa. Aussi recherchée qu'Harry Potter quand le ministère est tombé… Articula-t-elle tout bas, comme si ces mots lui coutaient.
Drago ne répondit pas tout de suite, impressionné par les risques qu'elle avait pris. L'intelligence pourtant simple et efficace de ce plan. Il réfléchit un moment ne savant pas comment formuler sa phrase.
-Et pas un instant tu as doutée de la potion ? Je veux dire, pas une fois tu t'es dit que peut être, tu ne sortirais jamais de ces cachots ? Tu ne pouvais pas en être sûre, ce n'est pas possible.
-Je ne rate jamais une potion Malefoy ! Dit Hermione d'une voix forte. Bien sûr que j'avais peur, mais une fois que je l'ai bu, je savais exactement quoi faire, de plus j'avais déjà pensé à toute les éventualités. Alors non, pas une fois je ne me suis dit que j'allais rester enfermée là-bas. En plus j'avais oubliée de nourrir Patenrond alors il fallait vraiment que je rentre.
Elle avait dit la dernière phrase avec bien plus d'aplomb que les autres, comme si elle était la réponse à toutes interrogations. Et là encore, il pensa qu'elle était atteinte mentalement pour penser à son vieux chat roux et moche, un peu comme Weasley se dit-il, plutôt que de penser à sa vie.
-Bon, est ce que tu veux prendre une douche avant que je te réponde à pourquoi je suis venu te chercher et comment j'ai su que tu n'étais pas en mission ? Parce que je t'ai jeté des sorts de nettoyage, seulement je n'ai pas osé faire ta toilette, vraiment jusqu'au bout, alors peut être que…
-Parce que je suis resté combien de temps dans ce lit ? La coupa-t-il froidement ne voulant pas l'entendre dire qu'elle s'était occupée de lui.
-Presque une semaine. Elle ne sembla pas se formaliser sur l'attitude de l'ancien serpentard après tout, il avait toutes ces informations à digérer.
-J'ai vécu… cinq ans… sans une seule douche, je pense que je survivrais encore quelques heures. Répondit le blond toujours aussi sèchement.
- Bien, dans ce cas suis-moi.
Il la regarda se lever et se diriger vers une porte-fenêtre qu'il n'avait pas vue avant, elle se trouvait derrière le canapé. Elle ouvrit la porte et se retourna pour le regarder jusqu'à ce qu'il se lève à son tour en grognant et daigne la suivre. Il n'en avait pas la moindre envie et l'extérieur l'effrayait, mais il ne voulait pas qu'elle le sache. La vue qui s'étendit devant lui, lui coupa le souffle. Ils étaient sur une terrasse en pierre noire, à un moins vingt mètres du sol. Il s'approcha de la barrière taillée dans la pierre pour mieux voir ce qui se présentait à lui. Deux grandes falaises se dressaient de chaque côté de la terrasse, le tout formant un cercle presque parfait, à l'exception d'une ouverture, enfin plutôt une fissure dans le roc, en face de lui, de la largeur de la terrasse sur laquelle il était. Vingt mètres au-dessous, un grand lac trop bleu, reflétant de ciel continuait son chemin en une rivière serpentant au milieu d'un champ d'un vert presque surnaturel, avant de disparaitre dans un virage après l'ouverture. Sur l'un des côtés du lac une petite forêt recouvrait le sol jusqu'au mur de pierre derrière et continuait en direction de la fissure du mur. Il ne pouvait détacher son regard de ce qu'il voyait. Cela ressemblait plus à une peinture qu'à la réalité. Puis Hermione s'avança pour se retrouver à côté de lui, contre la barrière, un vague sourire sur les lèvres.
-Ici, c'est la cascade.
-Pardon ? Dit-il en tournant brusquement la tête vers elle.
-Viens, on va descendre.
-Pardon ? Répéta-t-il.
Elle était dingue, comment descendre ces vingt mètre ? En sautant et priant pour atterrir dans l'eau ? Non, même avec toute la potion de chance du monde, le choc serait bien trop violent, même dans l'eau. Il la regardait comme on regarde une folle dans un asile. Contre toute attente, elle lui sourit franchement. Et comme si elle avait lu dans sa tête elle lui répondit :
-Il y a des escaliers Drago.
-Ah ce n'est plus Malefoy ? Ricana le blond avec toute la provocation dont il était capable, ne sachant même pas pourquoi il réagissait ainsi, peut être une habitude qui le rassurait, pour cacher ses sentiments.
-Ca dépend de la situation je dirais. Calma Hermione son sourire de plus en plus grand. Allez suis moi, c'est un peu long de descendre alors je vais commencer à te raconter pourquoi je suis venu te chercher. Par contre, le début de l'histoire me concerne personnellement, alors même si tu trouves cela ennuyeux, sache que c'est important pour la partie qui te concerne.
Il haussa les épaules pour signifier qu'il ne lui couperait pas la parole même s'il se foutait de sa vie. Quoi qu'une pointe de curiosité commençait à naitre en lui, et elle en était la cause. Elle tourna les talons et se dirigea vers l'angle de la terrasse, où un gros pot de fleur vide retourné se trouvait. D'un coup de baguette sur le pot, celui-ci se transforma en un long escalier qui se déroula comme un tapis jusqu'au sol des mètres en dessous. Drago était impressionné par la magie qu'elle utilisait depuis le matin mais ne dit rien, se concentrant pour garder un visage impassible, masque qu'il avait laissé tomber durant ces cinq ans d'enfermement. Il devait lui cacher sa peur. L'escalier était assez large pour passer à deux alors ils commencèrent la descente côte à côte.
-Il y a quatre ans, mes parents ont été enlevés par les Suprêmes. Ils voulaient des informations sur moi et mes amis. J'ai mis un an à les retrouver, ils étaient traité de la même manière que tu l'as été, sauf que pour les sortir de là-bas, je n'avais pas de potion de chance. Ils ne pouvaient pas se battre, car comme tu le sais, ce sont des moldus, qui ont été affamés, torturé et battu pendant un an. J'aidais ma mère à marcher et mon père inconscient, lévitait derrière nous. Bien sûr, ils n'étaient pas aussi bien gardé que toi, ni même dans un manoir aussi protégé. Cependant, il y avait au moins une trentaine d'hommes armés qui géraient les lieux. J'en avais tué la moitié pour entrer, alors évidemment, l'autre moitié était à ma recherche. On allait presque réussir… Puis elle s'arrêta.
Drago attendit quelque minute, toujours impassible. Il attendait la partie qui le concernait.
-Ce que je vais te dire risque de te blesser …
- Viens-en aux faits. Trancha-t-il brusquement.
-Soit, mais je t'aurais prévenu. On allait s'en sortir quand un groupe de quatre personnes nous est tombé dessus. J'ai déposé ma mère au sol et je lui ai confié mon père. J'ai commencé à me battre, mais j'étais déjà épuisée alors j'avais beaucoup de mal. J'en ai tué un. Puis un deuxième. Mais j'étais vraiment très mal en point et les deux personnes que j'affrontais étaient en pleine forme. L'un d'entre eux m'a jeté un sortilège de mort. Juste avant mon père avait repris connaissance, alors il s'est jeté sur moi, et il a reçu le sort qui m'était destinée. Ma mère hurlait, elle hurlait le nom de mon père, le mien… Et elle m'a crié de m'enfuir, elle m'a dit (elle prit une grande inspiration) « Aucune mère ne devrait survivre à son enfant, vas t'en ! Laisse-moi ici ! Sauve la vie que je t'ai donné, elle vaut bien plus que la mienne. Peu importe ce que tu en penses je t'aime et je t'aimerais toujours. Une mère doit protéger son enfant. ». Des larmes roulaient sur les joues de la brune mais Drago resta froid même s'il ressentait une certaine gêne d'entendre quelque chose de si personnel. Elle essuya ces larmes et souris tristement au blond qui ne comprit pas pourquoi tout de suite.
« Et là, elle s'est jeté sur celui qui avait tué mon père, elle a fait tomber sa baguette et le martelait de coup de poing. Elle était comme folle, elle criait que personne ne toucherais à son enfant… Et le masque qui avait est tombé… Drago… C'était ton père… Il lui a brisée la nuque… J'étais presque morte aussi, au sol, j'allais être capturée, j'étais incapable de me défendre, et avoir vu mes parents mourir devant moi n'avait fait qu'augmenter ma léthargie… C'est là qu'elle a enlevé sa capuche et m'a tendu la main. Ta mère. L'autre personne, c'était elle, elle pleurait. Elle eut juste le temps de me dire qu'en tant que mère, elle ne pouvait pas me laisser mourir ici, pas comme ça, pas maintenant… Juste le temps… Avant que ton père ne lui jette un sort.
Drago s'arrêta de descendre l'escalier et la fixa. La colère, la rage, la tristesse commençait à le prendre par les tripes et petit à petit il perdait son masque d'impassibilité. Il avait envie de l'étrangler pour ne plus l'entendre. Alors comme ça ces parents étaient des Suprêmes ? Ils savaient donc où il était durant tout ce temps ? Non. Elle mentait. Elle se moquait de lui. Elle était folle à lier. Menteuse. Mais son corps ne répondait pas. Il la fixait, et ne savait pas quoi faire, emporté par une vague de sentiments différents, méléangés. Alors elle lui saisit le bras et le tira vers le bas. Il résista quelque seconde, mais quand elle mit toute sa force il se retrouva deux marche plus bas qu'elle. Il avait beau avoir récupéré une certaine forme depuis sa sortie de prison, il restait beaucoup plus faible qu'elle, moins musclé, moins bien nourrit. Il bouillionait. Avant d'avoir pu émettre la moindre protestation elle avait repris la parole, gardant dans sa main le bras du garçon tétanisé pour le trainer vers le bas de l'escalier.
-Quand elle s'est effondré sur moi, j'ai entendu ton père hurler qu'elle n'était pas digne de lui, qu'elle n'avait pas à me protéger où me toucher, bref tout un tas d'insultes de raciste. Mais ce qu'elle m'avait dit m'avait rebousté. Alors avec un accio j'ai fait venir les trois corps à moi et j'ai transplané.
Ils étaient maintenant en bas des escaliers, dans une espèce de petit jardin. Le tenant toujours par le bras, elle le tira vers une haie au fond.
-Ta maman n'est pas morte tout de suite… Ton père lui a jeté un sort de magie noir, je ne le connaissais pas. Je suis restée quelques semaines avec elle, à tenter tous les sorts, potions que je connaissais, j'ai cherché dans tous les livres que j'avais et connaissais, et comme tu as pu le voir, j'en ai beaucoup. Mais je n'ai pas trouvé quel sort elle avait reçu car c'était un sort informulé. Et durant ces deux semaines, j'ai appris à connaitre ta mère, et elle a appris à me connaitre. Elle me parlait toujours de toi tu sais… Tu étais son sujet de conversation favori… Elle sourit à ce souvenir les yeux dans la vague, c'était l'occasion de l'étrangler. Là. Maintenant. Elle tourna la tête vers lui. Trop tard. Et je ne dis pas ça pour te mettre du baume au cœur, c'était vraiment le cas. Ils approchaient maintenant de la haie et Drago sentait les ongles d'Hermione rentrer dans son pull là où elle le tenait. Et le dernier jour, elle m'a avoué quelque chose…
Elle prit une grande inspiration et contourna la haie trainant Drago avec elle.
