C'est vrai que ça fait un petit moment que j'avais posté le prologue, sans rien rajouter, mais aujourd'hui, voici le chapitre 1. Merci aux deux personnes qui m'ont mis un commentaire, c'est toujours encourageant =)
Bonne Lecture
Chapitre 1 : Malédiction
Musique d'Ambiance : Vampire Knight - Destined Twins
Quand Oz a appris quelle était la véritable nature des sentiments de son père, et qu'il en fut si chamboulé, je fus le premier blessé. Peut-être simplement parce-que je sentais une émotion étrange en observant la situation. Mon maître qui a perdu tôt sa mère et dont le père hait sa simple existence, ne connaît pas plus que moi ce qu'est l'amour des parents. J'ai cru longtemps que si il s'agissait de quelque chose dont j'ignorais tout, c'était du à ma perte de mémoire, et comme je considérais le manoir Vessalius comme ma famille, et avant tout, comme ma raison de vivre, je ne m'en suis jamais préoccupé.
Maintenant, la vérité explique un peu mieux le sentiment de haine que j'éprouve envers le Duc Vessalius, et je me sens détestable. Moi qui croyais que je le haïssais juste parce-qu'il avait blessé Oz plus que celui-ci ne le fut jamais, finalement, c'était aussi par pur égoïsme, tout simplement parce-que les personnes que j'aurais du appelés « parents » était comme ce Duc.
Au fond, au départ, je n'avais pas de famille. Si j'avais été seul avec ces « parents », peut-être les choses auraient-elles été différente, mais l'œil rouge de mon cadet était comme une interdiction pour eux de témoigner la moindre gentillesse envers cet enfant que la coutume appelait maudit. Et puis, pour ne courir aucun risque, je ne fus pas traiter différemment.
Je crois que la seule famille que j'ai eut dans mon enfance, c'était mon petit frère sur qui je dut veiller sans cesse, faible aussi bien physiquement que moralement, sans cesse inquiet comme il l'est aujourd'hui en voyant la blessure de la balle que je me suis faite en m'interposant entre le tir et lui. Le petit frère que je devais toujours protéger. Et j'étais également sa seule famille. Je sais parfaitement qu'il avait peur plus de nos « parents » que de quiconque d'autres.
- Grand frère …
L'image de Vincent, à l'âge d'à peine quatre année, les court cheveux blonds qui cachaient ses yeux vairons, tremblant de peur et de froid, accroché à mon bras de ses deux mains, tenant fermement la mienne comme un naufragé, de peur que je le laisse. J'avais bien conscience que si je le laissais tomber, il ne survivrait pas. Mais de toute façon, je n'en avais pas l'intention. Pas à ce moment là, en tout cas.
- Nous ne pouvons plus garder ces démons ici, c'est de plus en plus insupportable.
C'est quelques heures plus tard que notre vie misérable d'enfants méprisés de leurs propres parents prit fin. A cet instant, c'était la femme qui nous avait donné la vie qui parlait. Aussi loin que remonte mes souvenirs, je ne crois pas l'avoir jamais vu sourire, ou même adresser de regards bienveillants à qui que ce soit. En revanche, elle nous méprisait, nous haïssais. Ce n'est pas comme si elle se fichait de notre existence, elle voulait vraiment que nous disparaissions.
Cinq ans sont suffisants pour savoir que c'est d'elle que je tiens mes yeux dorés, et d'elle que Vincent tient ses cheveux d'or qui, malgré notre lien du sang, sont tout le contraire des miens.
- Il devient indispensable de nous débarrasser d'eux, et de la malédiction qui les accompagne avec !
- J'ai peut-être un moyen, répondit un homme de grande taille, au regard froids.
Cet homme était pour moi l'équivalent de Zai Vessalius pour Oz : distant, détestable, nous haïssant, moi et Vince, et puis, c'était celui qu'on devrait appelé, notre « père » malgré l'aspect faux de ce mot. C'est de lui que je tenais la couleur de mes cheveux d'ébènes.
Tremblant, Vincent me tenait toujours la main et se cachait derrière moi, accroché à mes vêtements. Je ne me souviens pas l'avoir jamais vu lever les yeux vers eux. Comme quoi, ce n'est pas forcément parce-qu'il n'avait que quatre ans à cette époque qu'il ne se souvenait plus de leur visage. Quand à moi, en tant qu'aîné, et sachant parfaitement que c'était plus vers mon cadet qu'était redirigée leur haine, je parvenais à leur parler malgré ma peur des réprimandes. J'étais peut-être plus courageux à cet époque … Ou plus stupide.
- Qu'est-ce que vous faîtes ici, tous les deux ? s'énervait la femme à qui nous devions le doré de nos iris.
- Pardonnez-moi, mère, répondis-je de façon à éviter les coups, nous venions vous demander l'autorisation d'aller dormir.
Normalement, même le sommeil nous était interdit sans permission. Mais même en respectant ce règlement, même en suivant cette logique, ni moi, ni Vincent n'échappions aux coups. Ce soir là, c'est avec un gifle chacun que nous eûmes la possibilité de dormir. Alors nous retournions dans notre chambre. Bien sûr, nous n'étions pas d'origines nobles, même si aujourd'hui, nous sommes tous les deux membres de la grande famille des Nightray.
D'ailleurs, maintenant que mes souvenirs sont de nouveaux présents dans mon esprit, je serais peut-être plus enclin à pardonner à Fred, Claude, et Ernest Nightray le comportement qu'ils ont eut envers les enfants adoptés que nous étions. De tout temps, j'ai l'impression que je n'ai jamais eut de chance à ce niveau là.
Quoiqu'il en soit, notre niveau social était de loin l'un des plus bas, et nous ignorions encore que celui-ci baisserai des le lendemain, où nous ne serions même plus considérés comme humains. Ce soir là, comme toujours, Vincent pleurait en silence. Moi, j'avais pris l'habitude de cette vie, et au fond de moi, j'avais du m'y résoudre. Mais mon petit frère était sans doute encore trop jeune, il pleurait chaque soir. Et je ne pouvais que le réconforter.
- Vince …
- Pardon, grand frère, je voulais pas pleurer encore.
Je soupirais. Après tout, j'étais habitué. Vincent était bien différent de celui qu'il est aujourd'hui devenu. Celui qui a aujourd'hui toute confiance en ses stratégies pour la plupart imparables, et qui semble si invulnérable, était véritablement faible moralement, et n'arrivait qu'à s'excuser de ses larmes. Alors, inévitablement, je devenais le grand frère à qui il faisait entièrement confiance, et à qui il s'accrochait pour survivre.
- Excuse-moi, Gil, pleurnichait-il encore.
- C'est pas grave, Vince, ne t'inquiète pas pour si peu.
Il avait beau être haut comme trois pommes à cet âge là, il comprenait déjà très vite les choses. C'est peut-être la raison pour laquelle il est devenu un si brillant stratège. Il avait déjà compris que nos « parents » le haïssait lui, et non moi, et que c'était sa présence qui faisait que je subissais le même traitement, donc inévitablement, il s'est mis à se détester lui-même et à s'excuser tout le temps.
De mon côté, j'étais bien incapable de lui en tenir rigueur. Après tout, je ne savais pas encore la raison pour laquelle Vincent était à ce point haït, et même quand je compris la su, je ne l'ai pas comprise. Alors, je le réconfortais. Je le prenais dans mes bras pour qu'il n'y pense pas, et le berçait jusqu'à ce qu'il s'endorme, ce qui mettait parfois du temps. Lui, il s'accrochait sans cesse à mon vêtements, et cachais son visage dans mon cou.
C'était comme ça tous les soirs. Maintenant je sais d'où il tenait sa manie de poser son front sur mes épaules qu'il avait gardé jusqu'à il y a quelques années, au manoir Nightray. Et je ne peux même plus lui en tenir une quelconque rigueur. Mais cette journée, maintenant que mes souvenirs sont de nouveaux là, je m'en souviens désormais très bien.
Après tout, c'est le lendemain que notre vie avec mon cadet, prit un tout autre chemin. Un peu comme le déclenchement de la fatalité, car déjà j'avais su que nos existences ne seraient que misères et souffrances. Mais passé ce cap, j'ignorais totalement si cette journée était finalement une malédiction, ou peut-être la bénédiction qui nous permettrait de remonter à la lumière. Les quelques années qui suivirent ne me laissèrent pas envisager cette seconde possibilité. J'avais finis par m'endormir avec mon petit frère.
Lorsque nous fûmes lever le lendemain, Vince avait les yeux un peu rougis par les larmes, comme c'était le cas tous les matins. Il n'avait pas quitter mes bras de la nuit, toujours apeuré, et avait finis par s'y endormir, une couverture légère sur le dos. Je l'avais réveillé en lui ébouriffant les cheveux, et il levait les yeux sur moi.
- Grand frère …
- Allez, debout Vince, désolé de te réveiller.
Au même moment, la femme qui nous avait donné la vie venait d'entrer dans la minuscule pièce qui nous servait de chambre, sans délicatesse, se fichant de nous réveiller ou non, et avec un regard froid des yeux que nous lui avions volé, elle nous adressa ces mots sans la moindre délicatesse :
- Dépêchez-vous de vous changer.
Nous ne firent pas prier, et lorsqu'elle sortit aussitôt, Vince baissa la tête, et en tant que grand frère, j'ai prit sur moi pour le rassurer en lui tendant ses vêtements.
- Allez, Vince, lui dis-je d'un sourire certainement peu sincère, mieux vaux faire ce qu'elle dit.
- Dis, grand frère, est-ce que tu sais de quoi elle parlait hier ? me demanda-t-il en hésitant.
Bien sûr, je ne savais pas quoi lui répondre. J'ignorais tout autant ce que nos « parents » avaient l'intention de faire de nous, et je crois bien que j'aurais voulu ne pas m'en souvenir tant c'est un fait humiliant. Mais je n'avais certainement pas envie d'effrayer mon petit frère, autrefois si facilement perturbable, bien qu'aujourd'hui presque intouchable.
- Aucune idée, Vince, prononçais-je d'un air aussi hésitant. Mais de toute façon, tu sais bien que ça ne peut pas être pire que d'habitude, repris-je avec une certitude et un optimisme qui ne me ressemble pas.
Je parvenais enfin à le faire sourire, bien qu'il s'agissait d'un sourire forcé et peu encourageant, c'était un sourire malgré tout, car autrefois, même en se forçant, Vincent avait le plus grand mal à sourire. Quand je pense qu'aujourd'hui, il donne si facilement une expression enjouée et optimiste, je me dis qu'il a fait d'énormes progrès sur le mensonge. Peut-être est-ce la solution qu'il a trouvé pour survivre lorsqu'il ne fut plus dans la possibilité de s'accrocher à moi.
- Dépêchez-vous !
Nous nous changeâmes vite, et rejoignirent nos géniteurs. Notre « père » ne nous adressa pas un regard, mais notre « mère » semblait de meilleure humeur que la veille. Maintenant, je sais que c'était du au fait qu'elle allait enfin se débarrasser de nous. Sans une parole, ils sortirent, et nous ordonnèrent du regard de les suivre.
- Grand frère …
Suivant son habitude, il s'était accroché à ma manche déchiré, et se cachait derrière moi. J'entendais l'homme qui nous servait de père soupirer, et je rassurais mon cadet en lui ébouriffant les cheveux comme toujours. Il releva les yeux derrière moi, et me fixa, reprenant confiance, tant que j'étais près de lui. Nos géniteurs nous marcher, les pieds dans de vieilles chaussures déchirés, blessés. Je crois qu'un peu de sang coulait du pied gauche de Vincent, mais je n'en suis pas tout à fait sûr. Ce qui était certain, c'est que l'on arrivait sur un terrain accidenté, le gravier était blessant.
- Ah !
Une pierre avait fait trébuché mon cadet, il s'était écorché le genoux.
- Vince !
Je m'étais écrié de manière à ce que les adultes à côté ralentissent le pas, puis, je me précipita près de Vincent. Je l'aidait à se relever, tandis qu'il ne cessait de se confondre en excuse diverses et incompréhensibles. Il ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'il était un fardeau pour moi. Et au fond, peut-être que je pensais ça aussi … Mais la douleur de supporter la vie de grand frère d'un enfant maudit est bien moindre que celle de penser que personne, absolument personne n'a besoin de moi. Alors, je le rassurai en disant que ce n'était pas ça faute, et lui sourit comme je le faisait toujours pour le rassurer.
- Ne t'en fais pas, ce n'est pas grave.
- Vous vous dépêchez, un peu !
Notre « mère » s'énervait. Elle ne voulait pas savoir que Vince était épuisé par la marche, ni qu'il avait les genoux écorchés. Elle était décidément bien pressée de se débarrasser de nous. Je crois que c'est mon attitude de ce jour-là qui avait décidé de mon avenir. Mais à cet instant, réconforter Vincent, inconsciemment pour penser que mon existence avait un sens, était la seule chose à laquelle je pensais. Alors, je lui souriais, ignorant ce qu'elle pouvait dire, ignorant la punition qui pourrait tomber. J'avais accompli un exploit, car Vincent me gratifia d'un rare sourire sincère.
- On y va ! s'énerva-t-elle.
Et nous la rejoignîmes. Mon petit frère faisait un effort pour ne rien dire concernant la douleur de ses genoux, il avait appris à endurer en silence, sans se plaindre. Aujourd'hui, il parle bien plus, mais ne dit toujours rien. Les apparences sont différentes, mais je crois qu'il n'a pas tant changé qu'on pourrait le croire. Je lui tenait la main, en demandant si ça allait, et il acquiessait, même si c'était faux. Ça se voyait.
- C'est eux, les enfants maudits ? Demanda une voix derrière.
En entendant parler d'enfants maudits, Vincent se mit à trembler. Il avait compris qu'il étai premier concerné dans la discussion, et que ce n'était pas à son avantage. Je passais un bras dans son dos pour le rassurer, et notre « père » pris la parole.
- Oui, vous acceptez de les prendre à la charge, c'est bien ce que j'ai entendu ?
- Vous avez bien compris, répondit un homme qui sortit de derrière un mur, aux cheveux rendu gris par l'âge, et au regard dont on ne pouvait cerné l'expression et la pensée. Aussi étonnant que cela puisse paraître, même des enfants maudits peuvent se révéler être utile.
- La façon dont vous vous en servirez m'importe peu, si vous acceptez ce fardeau, c'est tout ce que je peux espérer.
Nous étions habitué à entendre notre père nous appelé « fardeaux » ou « boulets » ou encore, le pire, « erreur de la nature ». Finalement, nous n'en étions plus blessé. Ça faisait bien longtemps qu'on avait abandonné l'idée de recevoir un jour un quelconque amour de nos géniteurs. Ce qui attira plus l'attention du l'enfant d'environ cinq ans que j'étais, c'est ce dont parlait cet homme étrange. Des enfants maudits auraient eux aussi une raison de vivre ? Le droit à l'existence ? Ce n'était finalement pas un crime pour nous de respirer le même air qu'eux ? J'étais assailli de doutes malgré mon jeune âge. J'espérais. Mais je ne me faisais pas faux espoirs, j'ai trop souvent été déçu.
- Alors, vous êtes d'accord pour me donnez ces deux enfants ?
Il n'avait même pas dit « confier », mais bien « donner ». Ça aurait du me faire comprendre que je ne devais pas faire confiance à cet homme, mais c'est la première fois qu'on nous accorder le droit de vivre, je ne pouvais que lui faire confiance.
- L'aîné aussi ? Il n'a pas les yeux rouge de la misère et de la mauvaise fortune, ça ne vous dérange pas de me le donner aussi ?
- Si son frère n'est pas avec lui, le maudit ne survivra pas plus de quelques jours, rétorqua ma mère désirant se débarrasser autant de moi que de Vincent.
Après que les adultes se soient mis d'accord, nos « parents » commencèrent à s'éloigner, et tandis qu'on allait les suivre la tête basse pour Vincent, et le regard plein de ressentiment pour moi, comme toujours, l'homme aux cheveux gris me pris par le bras.
- Désolé, les enfants, commença-t-il d'un air peu rassurant au contraire des mots qu'il prononçait. Désormais, vous m'appartenez. Ne vous attendez pas à revoir vos parents.
