- Elle ne sera pas prête tout de suite.
House se gratta la tête en regardant sa voiture partir remorquée par le camion de dépannage.
- Dans combien de temps ? demanda-t-il au garagiste.
- Deux semaines…
House écarquilla les yeux.
- …Minimum, c'est une vieille voiture, le temps que je trouve les pièces détachées… Vous savez, vous ferez mieux d'en acheter une autre…
- Non, c'est bon, réparez là.
Le garagiste parut étonné, et regarda House bizarrement.
- Je vous enverrai un devis, répondit le garagiste en montant dans le camion.
- C'est pas la peine, je vous dis…
- Les réparations vont vous coûter une fortune, termina-t-il en mettant le contact.
Il ne répondit pas et regarda sa voiture s'éloigner en prenant de la vicodin. Il va devoir se débrouiller tout seul pour rentrer ce soir.
- Vous êtes matinal aujourd'hui, Dr. House, déclara l'infirmière en lui tendant le dossier médical d'un patient.
- Vous rigolez, j'ai toujours été du matin, s'indigna House en lui arrachant le dossier des mains.
- Salle de consultation numéro 2, dit l'infirmière.
House entra dans la salle, le nez dans le dossier de la patiente.
- Il est là depuis huit heures trente ? s'étonna Cuddy.
L'infirmière hochât la tête.
- Quel est son prochain patient ? demanda Lisa.
La jeune femme pris le prochain dossier et dit :
- M. Meyer, en salle numéro 1.
- Faites comme d'habitude, sauf que vous ne faites pas entrer M. Meyer dans la salle de consultation.
- D'accord, répondit-elle lentement en fronçant les sourcils.
La porte s'ouvrit brutalement et House fit son entrée, toujours son nez dans le dossier.
- Alors…dit-il en relevant la tête.
Cuddy était assise sur la table d'auscultation. House ferma violement le dossier en soupirant.
- Je vous enlève dix heures de consultation si vous écoutez ce que j'ai à vous dire, dit-elle avant même que House n'ait réussi à ouvrir la bouche.
Cruel dilemme.
Il ouvrit la porte et sortit.
- Monsieur… il regarda dans le dossier… Meyer, dit-il à l'attention de la salle d'attente.
Un petit homme chauve et bedonnant se leva.
- Je vous prie de m'excuser, dit House au patient, une hystérique n'a pas voulu attendre son tour… dit-il à Cuddy quand elle sortait de la salle.
Elle lui jeta un regard noir et lui dit :
- Vous venez de gagner dix heures plus.
House regarda sa montre : dix huit heures. Putain de bus, il était en retard. Il était assis sur le banc devant l'hôpital. Il regarda une deuxième fois sa montre énervé. Il savait que Cuddy finissait vers cette heure là et qu'il allait forcément la croiser. Il aurait bien voulu aller à l'autre station de bus, mais sa jambe lui faisait mal et l'empêchait d'aller plus loin. Il faisait rebondir sa canne nerveusement en espérant que le bus ne soit pas trop en retard. Il posa son regard sur l'ancienne place de parking de Wilson. Le nom était effacé mais elle restait inoccupée, comme son bureau. Il avait l'impression qu'il était toujours dans Prinston. Il hantait ses rêves, le plus souvent, Wilson ne disait rien, il le regardait fixement, de la même façon dont il l'avait regardé quand House s'était réveillé des soins intensifs. C'était la dernière fois qu'il l'avait vu. Enfin, pas réellement. House était allé à l'enterrement de Amber, mais en faisant attention de ne pas être vu de Wilson. Il était au dernier rang dans l'église, dans un coin sombre. Il arriva discrètement lorsque tout le monde était assis et en repartit avant la fin de la cérémonie. Il voyait Wilson uniquement de dos. House laissa son esprit vagabonder et sans qu'il ne s'en rende compte, quelqu'un s'assit à côté de lui. Il savait déjà qui c'était.
- Vous ne voulez pas que je vous remmène ? demanda Cuddy.
- J'attends le bus... qui est en retard d'ailleurs.
Cuddy se mit à rire. House la dévisagea.
- Il n'y a pas de bus aujourd'hui, ils sont en grève !
Décidemment, le sort s'acharne sur lui. Et Cuddy continuait à rire.
- Je suis sûr que vous êtes de mèche avec les conducteurs de bus…dit House.
- Oh bien sûr ! Je n'ai que ça à faire, manipuler les conducteurs pour qu'ils fassent grève et que je vous ramène.
- Ok, dit-il en se levant. Vous me ramenez et vous m'enlever les heures de consult' que vous m'avez ajouté.
- Certainement pas, dit Lisa en riant, c'est moi qui fait des propositions, pas vous.
House s'approcha d'elle et dit :
- Je suis sûr que vous bluffer sur la grève.
Cuddy posa sa main sur sa hanche et lui lança un regard qui le mettait au défi.
- C'est sur que maintenant que vous faites les heures de consult' sans en passer la moitié à regarder la télé…
Elle avait raison, il se rendit compte qu'il n'avait pas lu le journal ou écouté les infos. De plus quelques patients n'étaient pas venus à leur rendez vous.
- On ne sait pas vraiment ce qui se passe dehors, continua Cuddy. Qu'est-ce que vous faites ? demanda-t-elle en voyant s'approcher House encore plus.
- Je cherche un signe qui me montre que vous bluffez. J'aurai forcement entendu le mot grève quelque part si il y avait effectivement grève.
Les yeux de House bougeaient rapidement, à l'affût du moindre petit signe. Ils étaient très proches et Lisa faisait tout son possible pour rester de marbre. Les situations étaient inversées par rapport à hier soir, c'était House qui mettait la pression et qui s'approchait dangereusement d'elle. Elle savait qu'elle y arriverait, après tout House n'avait jamais su qui avait appelé pour annuler le rendez-vous d'embauche de Foreman il y a six mois de cela. Au bout de quelques instants, House s'écarta d'elle, perplexe.
- Deux heures en moins et vous pouvez me raccompagner, dit House.
- Le marchandage des heures ne se fait pas en dehors de l'hôpital, répondit Lisa.
- Bon très bien, déclara-t-il en se levant du banc, je n'ai plus qu'à y rentrer, et peut être bien que je vais y dormir une nuit de plus.
- Bon très bien ! s'empressa Cuddy. Deux heures en moins.
House esquissa un sourire, assez satisfait de lui et suivit Cuddy. Dès que Lisa eut démarré sa voiture, House s'écria :
- Hé ! Mais c'est mon bus ! Vous n'êtes qu'une…
- Manipulatrice ?
