Cet OS a été écrit lors de la 17° Nuit organisée par le Forum Francophone (lien sur mon profil et dans mes favoris), sur le thème « inspiration ».
Bien sûr, les personnages et l'univers sont à JKR.
Kaléidoscope
Inspire.
Bill a connu la guerre, lors de ses toutes premières années. Bien sûr, il était petit, et les souvenirs sont flous. Mais il se souvient de ses deux oncles, qui ne sont plus venus, et de sa mère qui pleurait. Et cachait ses larmes quand il arrivait, rapidement suivit par Charlie. Il se souvient de dîner où elle oubliait de les servir, les yeux fixés sur l'horloge magique, jusqu'à ce que Papa rentre. Il se souvient des conversations des adultes et parfois des cris.
Inspire.
La fin de la guerre a presque coïncidé avec son entrée à Poudlard. Il se souvient des cris de joie dans la Grande Salle, il se souvient ne pas trop avoir compris ce que disaient les grands autour de lui. Il se souvient du sourire de sa mère. Il se souvient des silences, encore, quand Ginny a demandé qui étaient ces messieurs qui souriaient dans l'album photo de la famille.
Inspire.
Il se souvient de son arrivée en Egypte, des adieux de sa mère, et du sable et de la chaleur et de la poussière. Il se souvient du sourire de ce gamin qu'il croisait tous les jours, et qui lui demandait en riant pourquoi il pouvait bien avoir besoin d'une baguette pour faire de la magie. Avant de claquer des doigts pour créer une flamme, les yeux illuminés.
Inspire.
Il se souvient avec acuité de la main de Kripsec dans la sienne, au sommet de cette pyramide. Le chausse-trappe, le dernier chausse-trappe, celui qu'il n'a pas vu. Le dernier, évidemment. Du moins, ça l'aurait été sans Kripsec qui l'avait rattrapé, lui, et hissé lentement à l'abri, en sécurité, avant de marmonner que décidément, les humains n'étaient bons à rien. Le cœur battant, Bill s'était contenté d'acquiescer.
Inspire.
Il se souvient de leurs sourires à tous, l'été où ils sont venus le voir. Fred et George et leurs bêtises, leurs poursuites à travers les couloirs de la pyramide de Keops. Percy, sentencieux, l'interrogeant sur l'approche de la magie des arabes. Ron, toujours silencieux, le regardant avec admiration – et parlant de Poudlard et de son grand ami Harry Potter. Ginny, excitée, suivant les jumeaux, posant mille questions, voulant tout savoir sur tout. Et les parents, souriants, rouges, heureux…
Inspire.
Il se souvient de la marque des Ténèbres dans le ciel, de la main glacée qui lui a broyé les entrailles quand il a compris ce qu'il regardait alors qu'il venait de passer une journée si sympathique avec sa famille. Il se souvient des rires des Mangemorts et du bruit de leurs capes sur le sol. Il se souvient des sorts qui fusaient dans la nuit, éclairant des scènes parfois tragiques, parfois comiques, presque, dans l'absurdité de leur réalité. Il se souvient avoir pensé que ça ne pouvait être vrai. Qu'il rêvait forcément.
Inspire.
Il se souvient de ses retrouvailles avec Poudlard, tant d'années après l'avoir quitté. Pourtant le château est demeuré inchangé, à la pierre près. Il se souvient de l'inquiétude d'Harry qu'il a trouvé si touchante, il se souvient de la jolie blonde dans la salle, il se souvient des remarques soucieuses de sa mère, il se souvient de la voix de Dumbledore qui annonce que la troisième et dernière épreuve du Tournoi a commencé.
Inspire.
Il se souvient de ses parents qui lui ont dit que Tu-Sais-Qui était revenu. Il se souvient de son choix, immédiat, de rentrer en Angleterre et de s'impliquer. Il se souvient du regard de sa mère, de sa terreur apparente. Il se souvient de Ron qui veut savoir ce qui se passe. Il se souvient des jumeaux qui réclament une place, un rôle dans l'action. Il se souvient des journaux qui annoncent que Dumbledore est fou, qu'Harry est déséquilibré, et que sa famille est aveugle. Il se souvient de Percy.
Inspire.
Il se souvient de l'accent de la jolie blonde, de son faux air timide, et des premiers cours d'anglais qu'il lui a donné devant une bière. Il se souvient de son rire de gorge et de ses mouvements de ses cheveux. Il se souvient du goût alcoolisé de ses lèvres et de son sourire. Il se souvient de son corps dans ses bras, de ses baisers sur son torse, son cou, son visage, ses lèvres. Il se souvient de ses murmures dans une langue étrange – et qu'il se fichait bien de comprendre.
Inspire.
Il se souvient de sa première mission pour l'ordre, de son cœur battant dans sa poitrine en suivant ce Mangemort dans la rue. Il se souvient de sa première garde devant le département des Mystères. Il se souvient des réunions qui n'en finissent plus et de la certitude que Dumbledore ne leur dit pas tout. A aucun d'eux il ne dit tout. Il se souvient avoir pensé que le vieux directeur à probablement raison – et qu'ils ont de la chance qu'il soit dans leur camp.
Inspire.
Il se souvient de la lassitude, de ses soirs où il rentrait et se demandait si tout ça en valait la peine. Il se souvient du sourire de Fleur quand il lui demande de l'épouser malgré la guerre, malgré la peur, malgré les morts. Il se souvient de son rire et du visage de sa mère. Il se souvient qu'il s'en fiche.
Inspire.
Il se souvient de la demande de Dumbledore de venir s'occuper du château, ce soir-là. Il doit partir en mission mais n'a donné aucun détail. Il se souvient avoir souhaité que Fleur ne vienne pas – sans oser le lui demander, sachant qu'elle aurait refusé. Il se souvient des rondes dans les couloirs. Il se souvient qu'elle parlait du mariage et du nombre d'invités et des plats qu'elle souhaitait manger.
Inspire.
Il se souvient du cri à sa gauche, de s'être retourné – trop tard.
Inspire.
Je t'interdis de me laisser.
Voilàààà ! C'est un peu plus long, et j'espère que ça vous a plu. Les commentaires sont toujours les bienvenus !
