Note d'auteur : Je voulais publier la suite de Des saisons... que je compte renommer Contes des Saisons (parce que je semble être parti sur une bonne série), le plus tôt possible, mais finalement, je suis parti autre part. Bon, c'est écrit, c'est juste que je voudrais prendre le temps de le relire avant de publier.

Contes de la Mer I


Il était une fois une ville aux allures envoûtantes qui se dressait le long des côtes. Le jour, on pouvait la voir depuis n'importe quel point du golfe, et la nuit, elle illuminait les eaux de la mer inhospitalière.

Les gens qui la peuplaient vivaient dans un monde ridiculement petit. Ils ne connaissaient que leur Royaume Perdu, rien d'autre que cette immense île sur laquelle ils vivaient et les quelques archipels alentours, et pour ainsi dire, ils ignoraient jusqu'au fait que leur Royaume était Perdu. Le monde leur suffisait ainsi, il n'avait pas besoin d'être plus grand.

Les rues de la ville n'avaient souvent rien de subjuguant. On y voyait comme dans n'importe quelle ville du monde des bourgeois excentrique, des mendiants, des jeunes couples se promenant et des bandes d'enfants désœuvrés, et, en somme, des gens qui faisaient de leur mieux pour vivre simplement. Bond avait un jour, un jour si lointain qu'il n'y avait plus que lui et la vieille M pour s'en souvenir, il avait un jour était l'un de ces gamins.

Son regard ne parvenait plus à percevoir l'aura mystérieuse de la cité, elle avait perdu son charme comme un amant qui n'aurait plus le moindre secret, et de sa magnificence. Un jour peut-être, les hautes tours de l'Université de Magie l'avaient fait rêvés. Aujourd'hui, il n'y voyait plus qu'une production de l'égo démesuré des mages, il n'y voyait plus qu'une flèche monstrueuse qui perçait le ciel, et la mer de son reflet, qui venait jeter une ombre sur la ville à la manière d'un cadran solaire. Le dôme qui la recouvrait et qui semblait être fait d'or dans les premiers rayons de soleils de l'aube ne représentaient plus rien pour lui, pas plus que la hauteur qui permettait de dominer le golfe d'un seul regard, ou les lumières qu'elle arborait en plein cœur de la nuit et qui étaient si semblables à celles projetées par les étoiles…

Non, ce n'était plus que la démesure et la corruption à ses yeux. L'œil d'or des élites qui regardaient de haut le peuple qui grouillait sur la terre. Seuls les ignorants pouvaient être aveugles à ces évidences.

Un soir, la ville sembla se parer d'elle-même de ses plus beaux atours. Le crépuscule tombait sur le monde, et elle brillait autant qu'un miroir de bordel, sur ce ciel de dentelle qui semblait indécis, entre les mystères bleutés et sombres de la nuit, et la chaleur torride et rougie de l'astre qui s'écrasait sur l'horizon.

C'était un soir calme, où la mer était d'huile, comme ils en connaissaient tant. Un soir où une anomalie apparaissait pourtant sur la ligne d'horizon.

Un navire.

Un navire là où il ne devait y en avoir aucun, sans commune mesure avec ce qu'ils connaissaient, et qui venait tout droit du néant. Il était plus large que ceux qu'utilisaient les pêcheurs, plus magnifiques que les vedettes qui reliaient les deux extrémités du golfe et les archipels, et encore plus robustes de ceux de la flotte.

Un navire étranger dans leur terre inconnue.

Un navire plus sublime, tout à coup, que la moindre magie, qui avait déjà usé les habitants du Royaume depuis une éternité.

James ne participait pas à la curiosité qui animait soudainement les habitants. Il en avait vu d'autres…. Il était malgré tout monté discrètement sur les toits des entrepôts quand le navire avait pris mouillage à l'entrée du port. Son équipage était prudent et restait éloignée des côtes.

James savait que toute information avait sa valeur, même s'il ne doutait pas qu'il y avait pléthore de mages agglutinés dans les sommets de la tour pour observer le moindre geste de ces étrangers, ni que des officiels courraient sûrement dans toutes les rues pour affluer sur les quais.

Un canot fut déposé à la surface de l'eau et une dizaine d'homme glissèrent parmi les reflets lumineux de la ville. Les marins aux bras puissants et aux carrures intimidantes tenaient les rames, des hommes aux habits complexes se donnaient des airs importants à la proue, et James dut attendre longtemps avant de pouvoir discerner les traits d'un jeune homme en retrait, assis à la poupe.

À SUIVRE.


Ce texte est une participation aux défis de la Gazette des bonbons aux citrons :

- Thème [668] Il était une fois pour le Challenge « Si tu l'oses ».

Ainsi qu'à la 106è nuit du FoF :

- Thème 3 Crépuscule