[Edit du 18/09/2018 : Chapitre entièrement réécrit !]

Oh là là je n'imaginais pas avoir autant de review pour mon 1er chapitre alors un gros merci à vous toutes ! *cœur sur vous* J'espère vraiment que la suite vous plaira tout autant !

Dramione Love : Merci beaucoup de ta review ! J'aime aussi particulièrement toutes les histoires avec Hermione et Harry à Serpentard, je suis heureuse que la mienne te plaise :)

Haunting-HTD : Merci beaucoup pour "L'Heure du Thé", j'avais adoré l'écrire ! Merci beaucoup de ta review en tout cas :) je vais poster toutes les semaines à tous les 10 jours à peu près. Et bien sûr que je réponds aux reviews anonymes aussi, je trouve très gentil qu'on prenne le temps de poster une review alors la moindre des choses pour moi c'est d'y répondre :)

A présent, voilà la suite et bonne lecture !


Chapitre 02

Le reste des vacances passa rapidement et amena avec lui le premier match de Quidditch de la saison : Serpentard contre Gryffondor. Ce que tout le monde attendait avec énormément d'impatience.

Malgré son appréhension, les entraînements se passèrent relativement bien pour Harry même si les joueurs restaient froids avec lui – excepté Urquhart, leur capitaine, et Blaise qui lui répétait ne pas y prêter attention.

Le samedi matin, jour du match, le temps était plutôt frais et de gros et épais nuages gris avaient envahis le ciel. Malgré tout, il ne pleuvait pas et il n'y avait pas de vent. C'était donc le temps idéal pour gagner, ainsi que l'avait fait remarquer Blaise, au petit-déjeuner, en fixant ses œufs au bacon avec un teint verdâtre.
A onze heures, Hermione souhaita bonne chance à Harry et Blaise et partit voir Ron et Ginny pour les encourager également. Elle grimpa ensuite dans les gradins des supporters de Serpentard et ignora le regard dédaigneux que Pansy lui lança, installée quelques rangées plus loin en compagnie des sœurs Greengrass.
Hermione se fraya un passage jusqu'à la première rangée, posa ses bras sur les rambardes et tenta d'apercevoir les joueurs encore au sol.

– Harry a intérêt à gagner, dit une voix traînante derrière elle.

Hermione se retourna et vit Drago et Theodore s'installer de part et d'autre d'elle. Elle fronça les sourcils et toisa son ami.

– Tu n'es pas le remplaçant de Harry ? questionna-t-elle. Tu devrais être en bas, non ?

– D'habitude oui, mais aujourd'hui je suis malade, affirma-t-il avec un sourire qui n'avait rien de maladif.

– Arrêtes ton cinéma, tu n'es pas malade, répliqua Hermione.

Malgré tout, il était toujours bien plus pâle et mince que d'habitude. Drago la regarda sans comprendre.

– Que j'arrête mon quoi ? demanda-t-il incrédule. C'est quoi ça le cinéma ?

– Tu n'es pas malade, reprit-elle en estimant qu'elle avait mieux à faire que lui expliquer un mot moldu.

– Ce n'est pas ça qui compte, répondit-il en haussant les épaules.

« GRYFFONDOR MARQUE! »

– Quoi ? s'exclama Drago avec mauvaise humeur. Qui a marqué ?

– Weaslette, répondit Theodore qui suivait le match à l'aide d'une paire de jumelle.

– Elle s'appelle Ginny, rétorqua Hermione.

Avant que Theodore n'ait pu répliquer, Ginny marqua un autre but et Goyle donna un coup de batte à Demelza Robins. Madame Bibine siffla un penalty en faveur de Gryffondor et Katie Bell marqua de nouveau.

– Mais quel crétin, grinça Drago. C'est à se demander comment il peut tenir sur un balai celui-là.

– Vous étiez où hier soir ? demanda abruptement Hermione.

– Pardon ? demanda Theodore qui ne l'écoutait qu'à moitié.

– Je sais que vous étiez tous les deux quelque part, j'aimerais savoir où ? insista-t-elle.

Une pluie fine se mit à tomber et Hermione resserra un peu plus son écharpe en laine verte autour de son cou.

– Je n'ai jamais vu quelqu'un mettre autant d'obstination à se mêler de la vie des autres, et toi, Theo ? railla Drago.

– Non, en effet, approuva-t-il.

Hermione détourna le regard et se concentra sur le match. D'étranges rumeurs courraient à propos de Drago dans la salle commune de Serpentard. Drago s'était bien assez vanté d'avoir une importante mission à effectuer pour Voldemort mais Hermione n'avait jamais réussit à savoir si c'était réellement pour le Seigneur des Ténèbres ou s'il se contentait de se vanter comme il le faisait habituellement. Toujours est-il que son comportement inquiétant de ces dernières semaines ne plaidaient pas forcément en sa faveur. Et ça la terrifiait.

– Tu boudes ? susurra Drago à son oreille.

Elle sursauta, lui lança un regard noir et reporta son attention sur le match qu'elle n'avait, de toute façon, absolument pas suivi. Serpentard avait égalisé et les deux équipes étaient à présent au coude à coude avec un score de cent vingt.
Alors qu'elle cherchait Ron du regard pour le soutenir d'un sourire, quelque chose lui chatouilla le cou. Elle donna une tape impatiente sur la main de Drago qui avait visiblement trouvé plus intéressant à faire que suivre le match.

– Tu veux bien arrêter ? finit-elle par dire quand il eut attrapé son bonnet. Tu n'as rien de mieux à faire ?

A cause de l'électricité statique, ses cheveux étaient électriques et encore plus ébouriffés et elle détestait ça.

– Le match est couru d'avance, répondit-il avec un sourire en coin, Weasley va encore tomber de son balai en faisant de grand moulinet avec ses bras pour que tout le monde puisse voir à quel point il est doué, ensuite McLaggen va dire deux ou trois bêtises et enfin Harry attrapera le vif d'or.

– Ron est un bon joueur de Quidditch, répliqua-t-elle d'une voix mal assurée.

Drago ricana et Theodore eut le plus grand mal à ne pas sourire.

– Oh pitié, Hermione, soit un peu…

Mais Hermione ne sut pas ce qu'elle devait être puisqu'une bagarre éclata entre Crabbe, Goyle, Ginny et un des batteurs de Gryffondor. Des huées montèrent du stade tandis que Madame Bibine s'époumonait dans son sifflet.

– Weaslette va tous se les faire à mains nues ? demanda Theodore.

Ginny attrapa la batte de Crabbe et lui abattit sur la tête, elle semblait sur le point de recommencer quand Blaise tenta de s'interposer et se prit la batte sur l'épaule droite. Il grimaça de douleur et le reste des joueurs arriva dans une mêlée indescriptible.

– Il faut que le professeur McGonagall fasse quelque chose, s'écria Hermione d'une voix aiguë.

– C'est bien partit pour, commenta Theodore en montrant le professeur McGonagall se diriger d'un pas si furieux vers le terrain qu'il était étonnant que l'herbe n'est pas encore pris feu.

– C'est fou ce qu'ils sont mauvais joueurs, ricana Drago.

Hermione se tourna vers lui, le regard sévère.

– C'est Goyle qui a commenc…

Drago avait passé un bras autour de ses épaules et une main sur sa bouche.

– Tu parles beaucoup trop, Hermione, commenta Drago.

Elle se dégagea d'un coup d'épaule et tourna la tête vers le terrain. Tous les joueurs étaient en train de se crier dessus tout en tentant d'expliquer la situation au professeur McGonagall qui s'époumonait à son tour. Finalement, elle siffla la victoire de Serpentard et des hurlements de joie explosèrent dans les gradins.


Après une victoire de deux cents soixante-dix points contre cent-soixante en faveur de Serpentard – et après que Harry ait attrapé le vif d'or de façon particulièrement spectaculaire – Hermione retrouva son ami dans la salle commune de Serpentard. Les tables croulaient sous les friandises et les bouteilles de Bièraubeurre flottaient toutes seules dans les airs en attendant que quelqu'un les attrape.

Comme Blaise l'avait prévu, Harry avait retrouvé sa popularité auprès des autres Serpentards et des joueurs de l'équipe. Il tentait maladroitement de s'extirper d'un groupe de fille qui lui proposait un verre avec un peu trop d'insistance et renversa sa Bièraubeurre sur Milicent Bulstrode.
Blaise avait le bras en écharpe après que Ginny – qui avait écopé d'une retenue – lui ait accidentellement cassée l'épaule mais il semblait heureux comme si son anniversaire venait d'être avancé. Même Drago avait reparlé à Harry en concédant que c'était un beau match.

C'était tellement bête ! Hermione voyait bien qu'ils souffraient tous les deux de ne plus être proche comme avant mais ni l'un, ni l'autre ne semblaient disposés à mettre leurs orgueils de côté. Cependant, c'était tout de même bien plus profond qu'un simple conflit. C'était une amitié sur le point d'être rompu parce que l'un et l'autre appartenaient tous les deux à deux camps totalement opposés d'une même guerre. Ceci, Hermione s'efforçait de ne pas y penser. C'était plus simple de se concentrer sur les devoirs et les cours plutôt que sur la guerre qui flottait au-dessus de leurs têtes comme un orage près à éclater.

Dans la soirée, la pluie fine qui s'était mise à tomber dans l'après-midi se transforma en véritable déluge. Par chance, les Serpentard n'entendaient absolument rien. La salle commune se situait sous le Lac et la lumière qui traversait l'eau pour passer à travers les fenêtres baignait la pièce et les dortoirs d'une lumière verdâtre. Tout était parfaitement silencieux, ni la pluie, ni le vent, ni les orages ne troublaient le sommeil des élèves. Hermione aimait beaucoup cet endroit même si elle avait eu du mal à s'y sentir la bienvenue au début.
Il était presque minuit et la fête battait encore son plein. Hermione s'installa dans un fauteuil moelleux, près d'une grande fenêtre, une bouteille de Bièraubeurre dans les mains et un paquet de Patacitrouille posé sur le dossier à côté d'elle. Harry vint s'asseoir à côté d'elle.

– Il va falloir aller réconforter Ron, fit remarquer Hermione.

– Il était un peu déprimé quand je suis allé le voir à l'infirmerie, admit Harry avec une grimace.

– J'ai essayé d'empêcher les autres de chanter la chanson mais tu les connais… soupira Hermione.

– Drago te reparle, marmonna son ami en jetant un coup d'œil vers Drago qui discutait avec Crabbe, Goyle et Pansy.

– Oui, admit-t-elle, mais je ne sais pas exactement s'il y a une bonne raison parce qu'il n'a rien voulu me dire.

Harry soupira mais ne répondit rien pendant de longues minutes. Quand il reprit la parole, ce fut d'une voix pleine de gravité. Comme s'il avait attendu des semaines avant d'oser lui poser cette question.

– Qu'est-ce qu'il va se passer quand on devra choisir notre camp ? demanda-t-il finalement, le regard fixé sur le feu qui crépitait dans la cheminée.

– Harry… commença Hermione.

– Tu y penses aussi bien que moi, Hermione, coupa Harry en se tournant vers elle.

Il semblait soudain abattu et le bonheur de sa victoire contre Gryffondor lui sembla tout à coup bien loin et bien futile. Il attrapa un Patacitrouille et le fourra dans sa bouche mais la saveur sucrée lui parut tout à coup bien amère.

– Harry, dit Hermione d'une voix autoritaire, ce n'est pas le moment de penser à ça. Tu as tes devoirs – en retard soit dit en passant –, le Quidditch et les cours avec Dumbledore. Concernant… Drago – elle lui jeta un coup d'œil – on s'en préoccupera au moment voulu. D'ailleurs, ajouta-t-elle, ce n'est pas en le laissant s'éloigner de nous que ça le dissuadera de faire le mauvais choix. Bien au contraire. On doit rester soudé.

Harry hocha la tête et prit un autre Patacitrouille tout en laissant l'emballage brillant à Pattenrond qui se mit à jouer avec. À mesure que la soirée avançait, les élèves montèrent se coucher petit à petit en baillant, épuisés mais heureux. Hermione et Harry restèrent près du feu une bonne heure encore, somnolant, mais appréciant de pouvoir parler de sujets un peu léger, pour une fois. Il était près d'une heure du matin quand Pansy et Daphné montèrent se coucher.

– Bonne nuit, dit Pansy d'un ton un peu pincé mais avec un semblant de sourire.

Harry la salua en souriant et Hermione lui souhaita bonne nuit à son tour. C'était triste de songer que Pansy n'arrivait pas à agir selon ses seules envies. Hermione supposait que c'était probablement son éducation qui était ainsi mais elle ne pouvait s'empêcher de penser que c'était terriblement dommage, après tout Pansy pouvait être très gentille quand elle le voulait. Et surtout quand il n'y avait personne pour le constater.

Finalement, Harry bailla à s'en décrocher la mâchoire et se leva. Il souhaita bonne nuit à Hermione et monta se coucher d'un pas un peu traînant. Hermione tentait de trouver la force de se lever pour aller s'effondrer quelque part dans son lit quand quelqu'un se glissa derrière elle et posa brusquement ses mains sur ses épaules en la faisant sursauter. Elle poussa un cri et se leva d'un bond.

– Idiot ! s'exclama-t-elle, le cœur battant à tout rompre.

C'est qu'il avait l'air fier de lui en plus ! Drago se laissa tomber sur le fauteuil que Harry venait de quitter et Pattenrond se désintérssa de l'emballage du Patacitrouille et sauta sur ses genoux. Hermione le toisa d'un air furieux et évalua la possibilité de se servir de la Marque des Ténèbres Comestible que Fred et George lui avaient offert pour son anniversaire cet été.

– Si on ne peut même plus s'amuser… commença-t-il en caressant l'épais pelage de Pattenrond. Je t'ai déjà dit que ton chat avait le même pelage que toi ? En plus beau, ajouta-t-il.

– Au moins une fois par jour depuis que j'ai Pattenrond, répondit Hermione en se rasseyant.

Son gros chat orange la toisa de ses yeux jaunes et se mit à ronronner quand Drago le gratta derrière les oreilles.

–Tu ne vas pas te balader ce soir ? demanda Hermione d'un ton désinvolte.

Drago ricana et s'installa plus confortablement dans le fauteuil en posant ses pieds sur la table basse.

– Tu peux mieux faire, commenta-t-il.

– Ce n'est pas la première fois que tu t'éclipses, n'est-ce pas ? questionna-t-elle plus directement cette fois-ci.

– Qu'est-ce que ça peut te faire ? soupira-t-il. Pourquoi tu t'obstines à te mêler de mes affaires ?

– J'espère juste que tu ne fais rien de…

Hermione laissa sa phrase en suspens. Drago la fixait d'un air indéfinissable, à mi-chemin entre la colère et une certaine forme d'anxiété. Il avait cessé de caresser Pattenrond qui le fusillait à présent du regard.

– Ça ne te regarde pas, répéta-t-il plus durement.

Le feu se consumait lentement dans l'âtre et les quelques braises moribondes éclairaient faiblement le visage amaigrit de Drago. Hermione se releva et posa doucement une main sur son épaule qu'elle serra doucement.

– Bonne nuit, murmura-t-elle.

Elle grimpa ensuite les marches de pierre en laissant son ami se débattre seul avec ses pensées.


Le mois de novembre fila à toute vitesse principalement parce que les sixièmes années n'avaient jamais eu autant de devoirs. Chaque professeur semblait n'avoir aucun autre plaisir que celui de les submerger. Harry conjuguait difficilement ses entraînements de Quidditch, ses séances avec Dumbledore et ses devoirs si bien que, parfois, Hermione l'aidait.
Mais pour l'heure, Harry ne travaillait pas puisque Blaise l'avait traîné – avec l'aide d'Hermione – à un repas que Slughorn donnait pour ses « chouchous ». Harry trouvant toujours un prétexte pour éviter ces soirées, Hermione avait dû s'allier à Blaise pour réussir à l'y amener.

Ce soir-là, le professeur Slughorn passa une grande partie du dîner à expliquer comment il avait rencontré Gwenog Jones, la capitaine des Harpies de Holyhead, ce qui eut au moins le mérite d'intéresser Ginny. Hermione mangea sa soupe avec appétit et tenta de s'intéresser à la conversation mais c'était peine perdue. Au lieu de ça, elle eut le mauvais réflexe de relever la tête vers les convives. Elle croisa le regard de Cormac McLaggen qui ne trouva rien de mieux à faire que de lui faire un clin d'œil très suggestif. Hermione fronça les sourcils et reporta son attention sur son repas. Ginny n'était pas mieux lotie puisqu'elle avait décroché de la conversation et effectuait présentement un duel de regard avec Blaise.

– Passes-moi la salière, grinça-t-elle pour la deuxième fois.

– Pourquoi ? répondit-il avec un sourire goguenard.

– Parce que je te le demande poliment, ce que je ne ferais pas une troisième fois.

Elle le fusilla du regard en priant pour que Slughorn ne remarque rien. Cela dit, ce dernier était en train de parler avec McLaggen qui s'extasiait bruyamment à propos d'un quelconque membre de sa famille ayant un vague rapport avec le ministre de la Magie.

– Je ne sais pas, s'amusa Blaise, j'ai bien envie de te laisser te débrouiller toute seule comme une grande.

Ginny lui sourit et planta sa fourchette dans sa cuisse en lui arrachant un cri de douleur. Blaise la saisit par le bras mais le reste de la table avait à présent les yeux fixés sur eux.

– Mr Zabini, voyons, je sais que Miss Weasley est très jolie mais attendez d'être seul !

Slughorn ponctua sa phrase d'un éclat de rire tandis que Blaise et Ginny donnaient l'impression d'avoir avalé un Scroutt à Pétard vivant. Blaise lâcha Ginny et s'écarta d'elle comme si elle était atteinte d'une maladie particulièrement répugnante et contagieuse.
Le reste du repas se passa dans une ambiance un peu plus chaleureuse notamment parce que Ginny put enfin saler son plat et que Blaise était occupé ailleurs.

Lorsque l'horloge en bois sombre du professeur Slughorn sonna vingt-et-une heures, le repas touchait à sa fin. Après une belle part de gâteau, Hermione se sentait somnolente. Elle releva la tête et croisa celui de Cormac McLaggen qui lui fit un nouveau clin d'œil enjôleur.
Harry surprit le petit manège de Cormac et eut une grimace profondément dégoûtée.

– Hermione… chuchota-t-il.

– Oui j'ai vu, soupira-t-elle.

– Tu as du succès, la taquina-t-il.

– Oh, tais-toi Harry ! sourit-elle. C'est ridicule !

Après une tasse de chocolat bien chaud, ils sortirent du bureau de Slughorn qui dégustait des ananas confis gracieusement offert par Blaise. Il fallut encore attendre dix minutes que leur professeur veuille bien relâcher Harry qu'il avait pris en otage. Hermione salua Ginny qui remonta les marches en direction du septième étage et attendit Harry avec Blaise qui la fusilla du regard.

– Quoi ? demanda Hermione.

– Tu pactises avec l'ennemi, dit-il d'une voix très théâtrale.

– L'ennemi ? répéta-t-elle en souriant.

– Elle m'a planté sa fourchette dans ma cuisse, grinça-t-il, je suis sûre que je vais avoir une cicatrice.

Hermione leva les yeux au ciel. Dehors, la pluie tombait dru en tapotant contre les carreaux des fenêtres.

– Tu l'as provoqué, objecta Hermione en resserrant sa cape autour de ses épaules.

Les couloirs du château étaient balayés d'un vent glacial.

– Ce n'est pas de ma faute si elle n'a pas beaucoup d'humour, répliqua-t-il, et j'avais le droit de me venger, je te rappelle qu'elle m'a cassé l'épaule pendant le match de Quidditch.

Hermione lui fit un sourire un peu énigmatique.

– Quoi ? demanda-t-il de mauvais humeur.

– Je suis sûre qu'elle te plaît bien, je me trompe ? demanda-t-elle.

Cette fois-ci, ce fut Blaise qui leva les yeux au ciel.

– C'est ça, railla-t-il. Une Weasley, à Gryffondor et rouquine, que demander de mieux ?

– Elle est très jolie et tu le sais, je t'ai entendu le dire à Theodore l'autre jour, avoua Hermione.

– Drago avait raison, grinça Blaise, je n'ai jamais vu non plus quelqu'un qui met une telle obstination à se mêler des affaires des autres.

Hermione se contenta de renifler dédaigneusement alors que Harry sortait, l'air passablement de mauvaise humeur. Ils repartirent dans leur salle commune sans un mot.
Il était encore tôt mais Hermione se sentait fatiguée et bailla à s'en décrocher la mâchoire avant de grimacer à la pensée des devoirs qui l'attendaient encore. Elle souhaitait s'avancer un maximum dans son travail pour ne pas être débordé à la fin de l'année, ce que personne ne comprenait.

Alors que Harry lui souhaitait bonne nuit, Hermione partit chercher ses affaires de potion, s'installa sur une table près du feu et entama sa dissertation sur l'Amortentia.
Ses yeux picotaient et elle bailla plusieurs fois tout en raturant quelques phrases de son introduction. Alors qu'elle commençait à en rédiger une partie à l'aide de sa nouvelle plume, Théodore se laissa tomber à ses côtés.

– C'était bien chez ce cher Slughorn ? demanda-t-il avec sarcasme et amertume.

Quand il devenait sarcastique, il ressemblait beaucoup trop à Drago.

– Tu as l'air vexé de ne pas être invité, fit remarquer Hermione en souriant.

Theodore haussa les épaules.

– Non ce n'est pas ça, expliqua-t-il, je n'aime pas sa façon d'être ami avec certaines personnes pour ensuite leur tourner le dos dès qu'il trouve mieux ailleurs.

– Tu penses à quelqu'un de particulier ? questionna Hermione en le regardant.

– Non, répondit-il avec un sourire qui évoquait tout le contraire.

Theodore n'avait jamais su très bien mentir mais quand il avait décidé de ne rien dire, personne ne pouvait rien en tirer.

– C'était un bon repas, répondit finalement Hermione. Ginny a planté sa fourchette sur Blaise, ajouta-t-elle en souriant. Enfin, dans Blaise.

Theodore eut un immense sourire et chercha Blaise du regard, sans doute dans le but d'avoir sa version des faits.

– Vraiment ? demanda-t-il.

– Oui, je le laisse te raconter l'histoire et je te donnerais la véritable version après, répondit-elle en mettant un point final à son introduction.

Blaise avait toujours tendance à en rajouter. Beaucoup.

– D'ailleurs, il parait que McLaggen te fait des clins d'œil en plein dîner ? ajouta-t-il en ricanant.

Hermione le toisa d'un air sévère.

– Qui t'a dit ça ? Blaise ? demanda-t-elle avec mauvaise humeur.

– Non, Harry quand il est monté se coucher, expliqua-t-il, mais ce n'est pas le sujet.

Hermione leva les yeux au ciel et rangea soigneusement sa dissertation de potion d'un air pincé et la rangea dans son sac.

– Comme si les garçons aussi imbus d'eux-mêmes m'intéressaient, se contenta-t-elle de répondre.

Elle se laissa retomber contre le dossier du fauteuil et bailla à s'en décrocher la mâchoire. Elle attrapa Pattenrond et décida d'aller se coucher. Ses yeux piquaient et elle se sentait incapable de travailler plus de toute façon.

– Même Drago ? lança Theodore innocemment.

Hermione mit quelques secondes à comprendre de quoi il parlait.

– Drago ne m'intéresse pas, répondit-elle d'une voix assurée. Pas de cette façon là, du moins.

« Et de toute façon, il ne sortirait jamais avec quelqu'un comme moi », pensa-t-elle. Mais ça, elle se garda bien de le dire à Theo.


Et voilà la suite :)

Globalement, je vais essayer de poster toutes les semaines, voire tous les 10 jours, tout dépendra de mon temps libre (avec Noël je passe toujours beaucoup de temps en famille).

D'ailleurs j'en profite pour vous souhaiter un merveilleux Noël à tous !