Diabolique Obsession
Chapitre 2
Dans la grande propriété de l'Upper East Side, tout était silencieux. Ethan Worsingthon III était monté se coucher après avoir rendu visite à son " invitée ". Celle-ci dormait toujours et continuerait pendant au moins douze heures encore. Dylan n'y était pas allé de main morte avec les calmants. Le médecin était venu et avait soigné les pieds de la jeune femme. Il avait interdit qu'elle se lève pendant au moins trois jours à cause des quelques points de suture que lui avaient valu son escapade. L'entrepreneur avait triplé ses équipes et les nouveaux appartements de Jessica seraient prêts d'ici une semaine. Giovanni espérait que d'ici là, la jeune femme serait devenue plus raisonnable mais il en doutait beaucoup. Elle n'était pas flic pour rien. De plus, il savait de sources sûres que les recherches pour la retrouver ne seraient pas abandonnées de sitôt, surtout avec un partenaire qui avait des liens aussi solides avec la police scientifique. Il avait entendu parler du lieutenant Taylor par ses contacts au commissariat central et il savait qu'il avait fait de cette affaire une affaire personnelle. Accoudé au garde fou de la terrasse qui donnait sur le jardin de la propriété, Giovanni fumait sa troisième cigarette. Il était presque minuit et il n'avait pas eu de nouvelles de Max ni du résultat de la mission. Celui-ci aurait dû l'appeler depuis une bonne demi-heure déjà. Il espérait seulement qu'il avait réussi à atteindre sa cible sinon ce serait la dernière erreur qu'il commettrait et puis cela risquait de mettre la puce à l'oreille de la police. Il éteignit sa cigarette et rentra dans sa chambre qui se trouvait à coté de la chambre bleue. Il enleva ses chaussures, s'allongea sur le lit et alluma la télévision à la recherche de quelque chose à regarder en attendant l'appel de son subordonné.
*****
Mac était en route pour son appartement lorsqu'il avait reçu l'appel de l'hôpital, un homme avait tenté de tuer Danny et Nick s'était interposé. Tout ce qu'il espérait, c'était que les deux membres de son équipe s'en était sortis indemnes. L'infirmière était restée très vague. Il avait appelé Flack qui devait le rejoindre sur place. Inquiet, il descendit de voiture, sa mallette à la main, et se précipita vers le cinquième étage. Il trouva le policier en train d'interroger l'infirmière de garde tandis que Warrick inspectait la chambre de Danny tout en discutant avec le CSI. Celui-ci lui racontait la bagarre qui avait eu lieu avec autant de précision qu'il pouvait. Un homme gisait à terre dans une mare de sang. Les cheveux coupés courts et rouquin, il portait une tenue d'infirmier mais ne portait aucun badge d'identification.
- Flack ?
- Ah Mac... Danny a eu beaucoup de chance que Nick ait décidé de lui rendre une petite visite.
- Comment vont-ils ?
- Danny va aussi bien que possible, il l'a échappé belle, ce malade a tenté de le tuer en mettant quelque chose dans sa perfusion.
- On sait ce que c'est ?
- Non mais ça l'a rendu malade... D'après le médecin, ça devrait passer dans une douzaine d'heures. J'ai déjà envoyé la perf au labo
- Et Nick ?
- Stokes est en train d'être examiné par un médecin. Il a quelques bleus et une grande coupure au niveau du bras. Dans leur bagarre, ils ont fait tomber la carafe d'eau et le verre. Quand ils se sont effondrés, Stokes s'est coupé et a pris un sacre coup à la tête contre le lit.
- Bien, il est temps d'essayer de trouver des réponses. Dès que les gens de la morgue seront là, vous pourrez rentrer chez vous.
- Mac...
- Ecoutez, vous êtes sur le pont depuis plus d'une semaine, ne me dites pas le contraire, j'ai des yeux pour voir que vous n'êtes pratiquement pas repassé chez vous depuis que l'officier Johnson a été blessé. Vous ne me servez à rien si vous tombez de fatigue. Je vais demander que Danny et Nick aient une protection rapprochée.
- Ne pensez-vous pas que celui qui en veut à Danny va vouloir recommencer s'il apprend que leur tueur a échoué ?
- C'est une possibilité...
- Ecoutez, intervint Warrick qui suivait la discussion depuis le début, il y a peut-être un moyen pour leur faire croire le contraire et cela peut nous faire gagner du temps.
- Je vous écoute, fit Mac curieux d'entendre le plan de son collègue de Las Vegas.
En quelques mots, il expliqua ce qu'il avait en tête. Mac acquiesça, l'idée était très bonne et méritait d'être étudiée plus à fond. Pour le moment, il devait se remettre au travail et récolter le plus d'indices possible. Avec un peu de chance, ils arriveraient enfin à avoir une piste sérieuse qui les mènerait vers les personnes qui séquestraient l'officier Wardfield. Danny avait été transféré dans la chambre de Nick, ce qui allait faciliter leur surveillance à tous les deux. Cela promettait d'être encore une longue nuit, pensa Mac en récupérant son appareil photo et en prenant des clichés du cadavre.
*****
Le soleil était levé depuis un peu plus d'une heure quand Jessica émergea enfin de son sommeil forcé. Elle regarda autour d'elle et reconnut la chambre où elle s'était éveillée le jour d'avant, du moins supposa-t-elle qu'il s'agissait du jour d'avant. Elle n'avait aucune idée du temps qu'elle était restée inconsciente. Les mains attachées au montant du lit par des menottes l'empêchaient se lever. Chose dont elle n'avait aucune envie, la douleur qu'elle ressentait sur la plante des pieds irradiait presque jusqu'au haut de ses cuisses. Elle serra les dents et tenta de se libérer quand même, elle savait que c'était peine perdue mais elle ne pouvait s'empêcher d'essayer.
Giovanni regarda avec satisfaction son patron lire le journal ainsi que la confirmation de la réussite de la mission qu'il avait confié à Max. Même si celui-ci n'avait pas encore donné signe de vie, il était rassuré quant à la continuation du plan. Il leur fallait maintenant trouver un moyen de briser leur invitée et il avait une petite idée en tête qu'il avait soumise à son patron. Il ne lui fallait que son aval pour la mettre à exécution. Il suivit Ethan Worsingthon III jusqu'à la chambre bleue tandis que Teresa, la cuisinière, préparait le plateau pour leur invitée.
- Ah je vois que vous êtes enfin réveillée, nota Worsingthon en entrant dans la pièce avec un énorme sourire aux lèvres, les nouvelles étaient excellentes.
Jessica préféra ne pas répondre, inutile d'énerver son ravisseur sans raisons valables.
- Je suis terriblement désolé d'avoir dû vous attacher mais c'est le seul moyen que nous avons trouvé pour que vous restiez sagement allongée, sauf si vous préférez dormir durant les trois prochains jours.
Jess ravala la remarque sarcastique qui lui monta aux lèvres. Elle resta silencieuse, les yeux fixés sur la courtepointe bleu pastel.
- Ma chère amie, je sais que vous êtes furieuse contre moi et je peux le comprendre... Si, si je vous l'assure... Mais je ne fais tout cela que pour votre bien. Je ne voudrais qu'il vous arrive la même chose qu'à votre collègue.
La jeune femme releva la tête. Elle savait que Nick était mort, assassiné par l'homme appuyé nonchalamment contre la porte, donc ce fou ne devait pas parler de lui. Alors de quel collègue... Elle comprit soudain de qui il parlait... Elle se sentait au bord de la nausée. Cet homme, qui prétendait l'aimer et qui la retenait contre sa volonté, lui avait enlevé deux de ses meilleurs amis en vingt-quatre heures. Nul doute qu'il avait quelque chose à voir dans ce qui était arrivé à son ami. Mais quel genre d'amour était-ce là?
- Vous mentez ! Danny n'est pas mort ! Cracha-t-elle d'une voix haineuse. Il a seulement été blessé à la jambe pendant la fusillade.
- Et pourtant, le journal de ce matin dit le contraire, répondit Ethan avec un calme énervant tout en affichant un sourire malsain.
- Ce n'est pas vrai ! Vous croyez vraiment que je vais penser que vous n'avez rien à voir avec la mort de deux de mes amis ? C'est vous qui êtes derrière ses fusillades ! Ne dites pas le contraire, je ne vous croirais pas !
- Je voulais juste vous prouver que votre métier est trop dangereux et que cette profession n'est pas digne d'une femme aussi intelligente que vous. La mort de votre collègue n'est qu'un tragique accident et ne fait que prouver à quel point j'étais dans le vrai. Si vous ne me croyez pas, lisez l'article vous-même, dit-il en lui tendant le journal.
Giovanni s'approcha, lui détacha les mains puis retourna à son poste contre la porte. Jessica se frotta les poignets pour rétablir la circulation avant de prendre le journal. La fusillade du métro occupait la première page avec des photos des lieux, des victimes ensanglantées et en gros titre on pouvait lire : "Fusillade dans le métro, 2 morts et des dizaines de blessés". Aucune mention n'était faite à sa disparition. L'article se trouvait en page trois. Le journaliste analysait les faits sans toutefois révéler quelque chose qu'elle ne sache déjà. Puis, au bas de la page, dans un encart, deux photos attirèrent son attention. Danny et Nick lui souriaient. Les photos étaient visiblement celle de leurs badges d'identification. D'un doigt, elle traça le contour de leurs visages et s'attarda sur celui de Danny qui avait son air de chenapan prêt à faire une nouvelle bêtise. Des larmes lui brûlaient les yeux tandis qu'elle lisait l'article mais elle ne voulait pas pleurer ses amis devant ces deux hommes qui étaient responsable de leur mort.
" La police de New York est en deuil.
Ce matin, le corps de Danny Messer, expert de la police scientifique, a été retrouvé mort dans sa chambre du New York Methodist Hospital. Messer était hospitalisé suite à la fusillade qui a eu lieu dans le métro hier matin. Il semblerait qu'il ait succombé une crise cardiaque suite à ses blessures. Rappelons qu'à la suite de cette même fusillade, un autre membre de la police scientifique, Nick Stokes, a trouvé la mort d'une balle en pleine tête en essayant d'arrêter les tireurs. Le lieutenant Mac Taylor, supérieur direct des deux victimes, s'est refusé à tous commentaires. [...] Une cérémonie aura lieu dans l'intimité à l'église catholique de L'Immaculée Conception à Allerton, mercredi prochain. Nous présentons nos condoléances aux familles Messer et Stokes ainsi qu'à leurs collègues de la police de New York. "
Elle n'arrivait pas à le croire, Nick et Danny étaient tous les deux morts. Ce n'était pas juste... Et tout ça pourquoi ? Se révolta-t-elle. Pour qu'un millionnaire excentrique puisse lui prouver une théorie vaseuse ! Un léger coup frappé à la porte annonça le petit déjeuner. Giovanni posa le plateau sur le lit.
- Je suis vraiment désolé pour vos amis, reprit Ethan en s'essayant à coté de la jeune femme dont les yeux ne quittaient les deux photos.
- Sortez, murmura la jeune femme.
- Jessica Ann, je suis sûr que vous comprenez maintenant pourquoi j'ai dû prendre des mesures...
- Sortez, l'interrompit-elle d'une voix plus forte.
- Ma chère...
- Sortez ! Hurla-t-elle en jetant le plateau à terre. Allez-vous-en !
Ethan regarda son second qui haussa les épaules. Giovanni prit l'un des poignets de la jeune femme qui n'opposa aucune résistance et l'attacha de nouveau au montant du lit. Tous deux sortirent en silence.
- Quand elle se sera calmée, demandez à Sonia de l'aider à faire sa toilette. Je dois me rendre au bureau, j'ai un conseil d'administration. Veillez à ce qu'elle ne fasse pas de bêtises, je devrais être de retour en début d'après-midi.
- Bien Monsieur, répondit Giovanni.
- Demandez à Edgar de préparer un menu spécial pour ce soir.
Ethan rajusta sa veste, longea le couloir et descendit l'escalier. Son manteau et son attaché-case l'attendaient sur une chaise du hall d'entrée. Victor, le chauffeur, devait déjà être en train de l'attendre. Après la réunion, il irait faire quelques emplettes pour sa dulcinée dans les meilleurs magasins de la ville.
*****
Pour une fois la nuit avait été calme et Grissom s'était plongé dans la paperasse bien à contrecoeur. Il avait fini par rattraper un peu de son retard et maintenant il lisait le rapport d'autopsie du dernier cas dont il s'occupait. Il y avait trop d'incohérences dans cette affaire et ce dossier ne l'aidait pas vraiment. Sa concentration était telle qu'il n'entendit pas la porte de son bureau s'ouvrir à toute volée laissant entrer Catherine avec Greg sur les talons.
- Grissom ! Vous avez entendu les nouvelles ? Demanda Catherine à bout de souffle.
Celui-ci ne répondit pas. Bien sûr qu'il avait entendu les nouvelles. Le plan était vraiment sans faille et il se félicitait intérieurement d'avoir envoyé l'un de ses meilleurs éléments pour aider leurs collègues de New York. Nick ne pouvait rêver d'un meilleur garde du corps que Warrick.
- Gil comment pouvez-vous restez aussi calme alors que...
- Alors que quoi ? Demanda celui-ci en levant enfin la tête du rapport qu'il étudiait avec attention.
- Grissom, une journaliste vient d'annoncer la mort de Nick et c'est tout ce que cela vous fait ? S'indigna Catherine
- Le lieutenant Taylor m'a appelé il y a deux heures. Nick va très bien, quelques bleus, quelques bosses et une coupure au bras qui lui a valu une dizaine de point de suture.
- Pardon ? Fit Greg interloqué
- Il semblerait que quelqu'un en veuille à l'inspecteur Messer, Mac a décidé de les mettre tous les deux sous protection. Et quelle meilleure protection que de les faire passer tous les deux pour morts ?
- Vous voulez dire que...
- Que tout ce que vous avez entendu à la télévision est faux ? C'est exact. Brillante idée, non ? Jubila-t-il.
- Ouais, excellente, murmura Greg
- Vous pourrez féliciter Warrick quand il rentrera
- A parce qu'en plus cette idée est de lui ? S'enquit Catherine qui se demandait si tout à coup elle n'avait pas atterri dans la quatrième dimension.
Des talons claquèrent dans le couloir. Sara marchait à grandes enjambées. Elle ne pouvait croire ce qu'elle venait d'entendre à la radio. Il lui fallait savoir si ce qu'elle avait entendu était vrai.
- Vous avez écouté les informations ? Demanda-t-elle à bout de souffle.
Catherine et Greg se regardèrent puis tous deux regardèrent Grissom qui semblait étonné de l'amplitude que prenait la nouvelle.
- Attendez, on vient d'annoncer la mort de Nick, et c'est tout ce que cela vous fait ? Je pensais pourtant qu'il comptait pour vous, s'emballa-t-elle sans laisser le temps à qui que se soit de dire quoi que se soit.
- Sara, tenta de l'interrompre Greg.
- Non mais c'est vrai ! On a quand même travaillé avec lui pendant cinq ans...
- Sara, l'interrompit Grissom. Nick est bel et bien vivant.
- Vivant... Vivant... Mais enfin... Comment... ?
- C'est pour sa propre sécurité, expliqua Greg qui s'amusait de l'embarras de sa collègue.
- Pourquoi n'avoir rien dit ?
- Parce que, ma chère Sara, intervint Grissom en regardant sa subordonnée par-dessus ses lunettes, vous êtes charmante quand vous êtes en colère, termina Gil en sortant de la pièce laissant tout ce petit monde abasourdit
Catherine et Greg se regardèrent. Avaient-ils rêvé ou Grissom avait bien dit ce qu'ils avaient cru entendre ? Ils sortirent à leur tour du bureau, laissant Sara qui semblait transformée en statue de sel.
*****
Warrick s'étira longuement. Il venait de passer quatre heures à dormir dans le fauteuil de la chambre où avaient été transférés Danny et Nick. Il se redressa, passa ses mains sur son visage avant de remarquer que Nick l'observait. Danny n'était pas dans son lit, il avait été emmené pour faire une radio.
- Bien dormi ?
- J'ai connu mieux, répondit l'afro-américain en se levant.
- Le petit-déjeuner est sur la table, indiqua Nick qui avait été réveillé lors du passage de la femme de service.
- Je n'aurais jamais cru dire cela un jour mais le café de Greg me manque, déclara Warrick en buvant une gorgée de l'amer breuvage qui avait à peine le goût du café.
- Bah, Tina doit t'en faire du meilleur. Rien ne vaut un bon café maison après une nuit de...
- Je crois que tu en as assez dit, l'interrompit-il d'un air renfrogné.
- Je pensais que tout allait bien avec elle.
- Je vais y aller. J'ai du boulot, éluda Warrick en évitant le regard de son ami.
- Attends... Je sais que tu m'en veux d'être parti mais je suis toujours là si tu as besoin de t'épancher, vieux frère !
Warrick eut soudain l'impression de retrouver le Nick d'avant " l'évènement ". Celui qui était insouciant et dragueur, celui qui n'avait pas été enterré vivant dans un cercueil de plexiglas et mangé par des fourmis. Il ne pouvait pas lui parler de ses problèmes. Ce n'était pas le moment. Après, peut-être que lorsque tout serait terminé, il le pourrait mais pas maintenant.
- Evite de draguer toutes les infirmières pendant mon absence, lança-t-il avant de quitter la chambre.
*****
Warrick examinait les photos qu'il avait prises la veille. Il avait fait cela des milliers de fois mais quelque chose, peut-être la fatigue ou le décalage horaire, lui semblait différent. Il avait du mal à se concentrer. Les paroles de Nick lui revinrent en mémoire. Je suis toujours là si tu as besoin de t'épancher, vieux frère ! Oui, il était là, ils étaient de nouveau réunis, pour un bref laps de temps, et il en était heureux mais il ne pouvait pas lui avouer la vérité. Il avait déjà du mal à se l'avouer à lui-même ! Il leva la tête et croisa le regard de Lindsay qui occupait le labo voisin. La jeune femme lui sourit gentiment. Elle avait les traits tirés malgré les quelques heures de sommeil qu'elle avait pris. Elle se sentit rougir lorsque Warrick lui rendit son sourire et eut bien du mal à se concentrer sur l'étude de l'arme qui avait tué l'agresseur de Danny. Ce dernier ne parut rien remarquer et prit une loupe pour vérifier un détail sur un cliché. Alors qu'il était enfin concentré sur sa tache et avait complètement occulté le monde extérieur, son portable sonna.
- Brown, lâcha-t-il en se demandant qui l'importunait au plus mauvais moment.
- Tu aurais pu m'appeler pour m'apprendre la mort de Nick. Dire que je l'ai apprise par une collègue qui a vu un reportage à la télévision !
- Tina, que veux-tu ? Demanda Warrick en essayant de garder son calme, ce qu'il avait de plus en plus de mal à faire dès qu'ils se parlaient.
- Ce que je veux ? Comment ça ce que je veux ?
- Je travaille.
- Ton travail, tu n'as que ce mot-là à la bouche depuis quelque temps ! Moi aussi, je travaille, je fais des gardes à l'hôpital plusieurs nuits par semaine mais cela ne m'a jamais empêché de me débrouiller pour passer du temps avec toi.
- C'était le cas cette nuit ?
- Non, pourquoi ? Demanda Tina surprise.
- Je me doutais que tu t'inquiéterais en voyant le journal ce matin, je t'ai donc appelé vers quatre heures trente, avant de dormir un peu, mais tu n'étais pas à la maison.
- Tu ne vas pas faire comme l'autre fois ? Tu vas encore imaginer des choses et...
- Où étais-tu ? S'enquit-il d'un ton froid.
- Je t'ai déjà expliqué, lorsque tu m'as vu au casino, que je t'organisais une fête pour ton anniversaire. Et comment tu m'as remercié, en me menaçant de me mettre dehors !
- Tina, où étais-tu hier soir, répéta Warrick qui se souvenait encore parfaitement de la scène.
Il se trouvait dans le pc de sécurité d'un casino où avait eu lieu un crime. Il recherchait un homme dans la foule et avait été plus que surpris lorsqu'il avait découvert sa femme en compagnie d'un étranger. Incapable d'attendre, il l'avait appelé et lui avait demandé où elle se trouvait. Elle n'avait pas hésité à lui mentir, alors qu'il l'avait en direct sur l'écran vidéo, en prétendant se trouver chez sa manucure. Il l'avait confondu et lui avait demandé de ne pas rentrer chez eux. Elle avait alors prétendu organiser une fête pour son anniversaire. Lorsqu'il lui avait fait remarquer qu'une soirée dans un casino n'était pas vraiment le mieux pour lui, eu égard à ses anciens problèmes de jeu, elle avait haussé les épaules en disant qu'elle annulait tout. Il s'en était voulu de l'avoir piégée mais leur couple n'allait pas très bien depuis leur mariage, mariage qui avait été une lourde erreur. Warrick s'en était rendu compte peu de temps après. Il se rappelait encore la déception de sa grand-mère lorsqu'il lui avait annoncé qu'il s'était marié dans un drive-in à une femme qu'elle ne connaissait même pas. La vieille femme avait détesté Tina dès leur première rencontre. Elle ne l'avait pas dit ouvertement mais Warrick la connaissait trop bien pour ignorer la lueur de déception dans son regard.
- Je... J'étais sortie avec des amies.
- Je vois.
- Warrick, ce n'est pas ce que tu crois.
- Ton ex était là ?
- Oui mais cela n'a rien...
- Je préférerais que tu ne sois plus là à mon retour à Las Vegas.
- Pardon ? S'exclama Tina surprise.
- J'ai vraiment souhaité donner une deuxième chance à notre couple, Tina, je t'assure mais... je dois être honnête, se marier à été une erreur.
- Mais enfin tu ne peux pas...
- Je vais contacter un avocat.
- Warrick, je...
Il n'avait aucune envie d'entendre ce qu'elle avait à lui dire aussi coupa-t-il la conversation. Sa décision était prise et irrévocable. Il se sentit soulagé d'un poids énorme et prêt à se consacrer entièrement à son travail et à Nick. Il allait tout faire pour être de nouveau digne de son amitié et l'aider à recouvrer la mémoire.
*****
Horatio Caine était de très mauvaise humeur. La nuit avait été courte et les nouvelles qu'il avait entendues ne faisaient rien pour l'améliorer. L'équipe de New York, avec qui il avait collaboré à plusieurs reprises, avait perdu deux de ses membres. Il ne connaissait pas Nick Stokes mais son chemin avait croisé celui de Danny Messer et il avait apprécié son dynamisme et son intelligence ainsi que son sens de l'humour. Cette nouvelle avait fait remonter de mauvais souvenirs. La mort de Timothy Speedle avait ébranlé toute l'équipe. Chacun avait été touché à différents degrés, mais Horatio s'était senti à la fois coupable de n'avoir pu éviter ce décès mais surtout, jamais il ne pourrait oublier cette sensation de vide qui l'avait submergé quand Speed était mort dans ses bras. Il pouvait donc sans difficulté imaginer ce que son ami Mac Taylor et son équipe étaient en train de traverser. Calleigh vint le rejoindre, une feuille entre les mains.
- Horatio ? Je viens de recevoir cette demande de New York. Horatio ? Tout va bien ?
- Pas vraiment. Qu'y a-t-il ?
- Je viens de recevoir cette demande du lieutenant Taylor de New York. Ces têtes ne te disent rien ? Demanda-t-elle en lui tendant le feuillet.
Il parut réfléchir pendant un instant avant d'aller jusqu'à son bureau. Il sortit plusieurs dossiers qu'il gardait dans un tiroir, c'était celui des affaires non résolues et qu'Horatio ne voulait pas classer. Il en prit plusieurs avant de tomber sur celui qu'il cherchait. Il l'ouvrit et compara les photos avec celles envoyées par New York. Les deux correspondaient. Leurs suspects dans un cambriolage sanglant dans un magasin de liqueurs quelques mois auparavant venaient de trouver la mort dans la grande pomme. Cela résolvait du coup leur affaire et la famille des victimes pourraient enfin trouver la paix.
- Transmets-leur le dossier tout de suite, Calleigh. Le lieutenant Taylor a perdu deux hommes, il ne faudrait pas qu'il en perde un troisième.
- Comment cela ?
- Tu n'as pas vu les infos ?
- Non, je viens de passer trois heures en balistique à essayer d'identifier les armes qui ont servie dans la fusillade entre gangs.
- Danny Messer et un de ses collègues ont été tués dans un échange de coup de feu dans une station de métro en pleine heure de pointe, et un policier qui a tenté de poursuivre les tireurs a disparu.
- J'avais entendu pour la fusillade mais je n'avais pas réalisé que les victimes travaillaient pour Mac. Vous êtes sûr pour le policier ? Parce que rien n'a transpiré dans les nouvelles.
- Ils ont tût l'information pour la protéger.
- Je comprends. J'envoie le dossier de suite et Horatio... Dites à Mac que je suis désolée pour ses hommes.
Calleigh sortit laissant le lieutenant de la police scientifique de Miami plongé dans ses pensées. Il s'assit, prit le téléphone et appela son collègue de New York.
*****
Toute l'équipe était réunie dans le bureau de Mac, ainsi que Warrick qui avait rapidement trouvé ses marques. La matinée était déjà bien entamée. Malgré les quelques heures de sommeil volées, la fatigue était visible sur tous les visages. Il était temps de faire le point sur les différentes affaires.
- Qu'est-ce que l'on a ? Demanda Mac en se tournant vers son équipe.
- Les balles tirées à Atlantic Avenue correspondent comme des soeurs jumelles à celles tirées sur le commissariat. Je n'ai retrouvé aucune empreinte exploitable, expliqua Lindsay. Par contre, c'est une arme différente qui a été utilisée pour tirer sur Nick et tuer notre inconnu du métro.
- Inconnu qui ne l'est plus, enchaîna Stella. On a reçu cela ce matin de la part du lieutenant Caine de la police scientifique de Miami. Notre John Doe s'appelle Arthur Wenham. Il a un casier chargé : cambriolage, vol de voitures et trafics en tout genre. Il était recherché en Floride pour meurtre, un hold-up qui a mal tourné. Le plus intéressant, c'est qu'il a un complice.
- Laissez-moi deviner, l'interrompit Sheldon, notre inconnu de l'hôpital.
- Bravo... Max Sydows, ils se sont rencontrés au Everglades Correctional Center, ils partageaient la même cellule.
- Que faisaient-ils à New York ? S'enquit Warrick.
- C'est la grande question, dit Stella en haussant les épaules. New York est une grande ville et leur repaire peut-être n'importe où.
- Oui mais, pourquoi s'en prendre à Danny ? Cela n'a aucun sens. Leurs chemins ne se sont jamais croisés, nota Flack.
- Ce sont des hommes de mains, ils ne sont pas assez intelligents pour monter ce genre de choses seuls, c'est quelqu'un d'autre qui donne les ordres. Il ne nous reste plus qu'à à trouver qui tire les ficelles, conclut Mac. Qu'est-ce qu'on a d'autre ?
- Eddy Vasquez a été tué avec la même arme qu'Arthur Wenham, lâcha Lindsay.
- Cela confirme que toutes ces affaires sont liées.
- C'est une possibilité. J'ai trouvé trente mille dollars en petites coupures dans diverses cachettes dans sa chambre, ajouta Warrick en tendant un dossier à Mac.
- On peut en toute logique déduire qu'il a été payé pour faire quelque chose. Tirer sur le commissariat par exemple.
- C'est une possibilité. Sheldon vous avez trouvé quelque chose dans l'appartement de Jessica ? Ou sur son mystérieux interlocuteur d'il y a deux jours.
- J'ai trouvé ceci, dit-il en donnant un dossier à Mac. Il semblerait qu'elle ait un admirateur secret dont les initiales sont E.W. Elle a tout gardé, les cartes, les lettres les mails, tout.
- Envoyez tout ca à Nancy, elle en tirera peut être quelque chose.
- On vient de recevoir la liste des appels qu'elle a reçus ces soixante-douze dernières heures. Et si je me fie à ce que Hawkes nous a dit, nous avons un grand gagnant, dit Flack.
- Qui cela ? S'enquit Mac avec curiosité.
- Ethan Worsingthon III.
- Le millionnaire ?
- C'est cela même. Nous avons enquêté sur la mort de l'un de ses collaborateurs, je me souviens qu'il n'avait d'yeux que pour Jess. Quand je le lui ai fait remarquer, elle a juste haussé les épaules.
- Eh bien allons voir ce don Juan, répliqua Mac en se dirigeant vers la sortie. Flack vous venez ?
Don soupira, il espérait vraiment qu'ils allaient retrouver Jess et, se promit-il intérieurement, il parlerait à la jeune femme, dès qu'elle serait en état de l'écouter. C'est ce qui lui faisait le plus peur. Il ne savait pas si elle était vivante ou morte, ce qu'elle était en train de subir pendant sa captivité. Il n'était guère croyant mais il lança tout de même une prière muette pour qu'un petit miracle se produise et qu'ils retrouvent sa partenaire avant qu'il ne soit trop tard.
*****
Pendant ce temps là, Jessica était au bord de la crise nerf. Après l'annonce de la mort de ses amis et le départ de ses geôliers, elle avait laissé éclater sa peine. Elle avait pleuré à chaudes larmes. Elle aurait tant voulu leur dire à quel point elle était heureuse de les avoir pour amis. Elle aurait voulu parler à Nick et tenter de le convaincre de rentrer à Las Vegas. Elle savait que sa place était là-bas, elle aurait voulu convaincre Danny de tenter sa chance avec Lindsay, elle pouvait les voir flirter sans même s'en rendre compte. Mais maintenant tout cela était du domaine du passé. Son estomac grogna, elle n'avait rien mangé depuis près de vingt-quatre heures. Elle regarda la montre digitale sur la table de nuit. Elle marquait 12h45. La porte s'ouvrit laissant passage à Ethan Worsingthon III et à son domestique. Celui-ci posa un plateau sur le lit et Ethan s'assit près d'elle. Il avait décidé de la nourrir de gré ou de force. Il ne voulait pas qu'elle tombe malade. Il y avait là des mets fins et délicieux ainsi que des fruits. Malgré la faim qui la tenaillait, son estomac se souleva à la vue de toute cette nourriture.
- Ma chère, dit Worsingthon, sur un ton doucereux, je suis impardonnable. Je n'avais pas réalisé que vous n'aviez rien mangé depuis votre arrivée ici. Il est temps, je crois, de réparer cet incroyable oubli.
- Je n'ai pas faim, répliqua Jessica sèchement.
- Voyons, soyez raisonnable. Je ne voudrais pas avoir à laisser Giovanni accomplir cette tâche.
La mention de ce prénom fit frissonner la jeune femme. Cet homme était responsable de la mort de ses collègues et il la tuerait sans aucun remords si son maître le lui demandait, mieux valait ne pas avoir affaire à lui. Elle se laissa donc nourrir sans rien dire tandis qu'Ethan continuait son petit discours qu'elle écoutait à peine.
- J'ai déjà tout prévu. Dès que vous vous sentirez mieux, nous nous marierons dans la plus stricte intimité et nous partirons pour un très long voyage de noces en Europe pour commencer. Venise, Florence, Rome, Berlin, Londres et surtout Paris sont des endroits délicieux et qu'une vraie dame du monde doit avoir visité. Je vous emmènerais chez les meilleurs couturiers, il vous faut une garde robe digne de votre nouveau rang... Bien sûr, un détour par la place Vendôme sera de mise. Je vais vous couvrir de bijoux. Rien ne sera trop beau pour vous ma princesse, débita-t-il avec passion tout en nourrissant Jessica qui sentait sa patience s'épuiser à chaque parole.
Elle tenta de se concentrer sur autre chose que la voix de ce personnage qui était persuadé qu'il avait tous les droits sur elle. Elle se demandait si son coéquipier était à sa recherche et si Mac et son équipe pourraient trouver assez d'indices pour la retrouver. Son coéquipier... C'était un drôle d'oiseau lui aussi. Grand, brun, un humour parfois déplacé et cynique et des yeux d'un bleu si clair qu'elle aurait pu s'y noyer. Elle avait travaillé plusieurs années à New York avant de retourner vivre au Texas à la mort de son père adoptif, pour aider sa mère, puis elle était revenue dans cette ville qui l'avait toujours attirée et où elle avait grandit jusqu'à la mort de ses parents biologiques. Elle avait connu plusieurs coéquipiers dans sa carrière mais avec aucun elle n'avait eu de liens aussi serrés. Il avait une manière de lui parler, de la protéger sans vraiment en avoir l'air mais surtout, il savait écouter. Quand les affaires qu'ils traitaient se terminaient mal, quand la pression devenait trop forte ou quand toutes ces tragédies qu'ils traversaient tous les jours devenaient trop pénibles à porter, il était là, toujours prêt à dire les mots qu'il fallait pour soulager sa peine. Son père adoptif, le révérend Thunder Malloy, lui avait inculqué l'amour et le respect des autres ainsi que la compassion. Elle avait néanmoins appris à garder une certaine distance pour se protéger. Parfois, dans ce métier si rude, il était difficile de garder cette distance. La voix de Worsingthon la ramena à la réalité. Il continuait à parler sur un ton badin.
- Avant de partir pour notre voyage de noces, nous irons faire nos adieux à vos collègues, du moins à l'inspecteur Messer, parce que M. Stokes doit être rapatrié vers votre Texas natal. C'est la moindre des choses que nous puissions faire. Même si aller dans le Bronx c'est vraiment tomber bien bas, il s'agit de votre ami. Nous irons fleurir sa tombe au Woodlanwn Cemetery.
Jessica regarda Ethan... Avait-elle rêvé ce qu'elle venait d'entendre ? Fleurir la tombe de Danny, elle eut soudain envie de rire.
Flash Back
Il était presque minuit et ils tous encore étaient attablés dans ce bar pour rendre hommage à celle qui avait été une excellente collègue et qui avait périe aux mains d'un fou, Aiden Burn. Même à travers la mort, elle avait réussi à les guider vers le coupable à travers différents indices. Mac avait tout fait selon les règles pour que le meurtrier ne s'en sorte pas malgré la colère qu'il ressentait. Après leur service, ils s'étaient tous réunis pour se souvenir d'elle. Puis, une chose en entraînant une autre, ils en étaient venus à parler de la mort.
- Je ne veux pas servir de dessert à toutes ces bestioles, affirma Danny avec véhémence. Rien que cette idée me flanque des cheveux gris. Non, non, non, je veux être incinéré, et mes cendres devront être répandues du haut de la statue de la liberté.
- Là, je crois que vous rêvez Danny, dit Stella en se retenant à peine de rire.
- Pourquoi cela ? Je trouve que c'est une excellente idée.
- Parce que vous croyez vraiment que l'on va autoriser vos restes à tomber sur la tête de nos très chers touristes ?
- Mmmmm... alors depuis l'Empire State Building ? C'est assez haut ? Mes cendres n'atteindront que les petits oiseaux.
- Les pauvres oiseaux, répliqua Lindsay en essayant en vain de garder son sérieux.
Ils partirent tous d'un éclat de rire, même Mac qui d'habitude était si sérieux se laissait aller.
- Et vous Stella ? Demanda à son tour Danny.
- Oh moi... J'ai décidé que si jamais il m'arrivait quelque chose, je serais enterrée sur la terre de mes ancêtres sur une petite île grecque. Et vous, Flack ?
- Ah moi c'est simple, je serai inhumé dans le caveau familial, mon grand père avait pris toutes les dispositions pour cela il y a plus de soixante ans.
- Eh ben, ils sont prévoyants dans votre famille, dit Lindsay.
- Pourquoi ils ne le sont pas dans le Montana ? Demanda Danny qui ne manquait aucune occasion de la taquiner.
- Oh que si... Mon arrière grand-père a lui aussi fait construire un caveau dans le petit cimetière de la ville afin que toute la famille puisse être réunie dans l'au-delà.
- Et toi, Jessica ? Lança Flack qui trouvait sa partenaire curieusement silencieuse.
- Je ne sais pas encore. Je n'y ai jamais vraiment réfléchi. Je serais enterrée là où je tomberais. Le lieu où mon corps sera n'empêchera en rien aux personnes qui resteront derrière d'avoir une pensée pour moi de temps en temps. L'amour que l'on porte à une personne décédée ne se voit pas au nombre de fois où l'on va sur sa tombe. Cet amour, il vient de là, continua-t-elle en mettant sa main sur son coeur.
Le silence retomba parmi le petit groupe. Ce que venait de dire la jeune femme était très juste. Ils n'allaient pas moins aimer Aiden ou l'oublier parce qu'ils n'iraient pas sur sa tombe. Le tout était qu'elle reste présente dans leur mémoire, alors elle resterait indéfiniment en vie.
Fin Flash Back
Danny était vivant... Ils avaient peut-être trop bu cette nuit là mais celui-ci avait été très sérieux quant à son incinération. Si Messer était vivant alors peut-être que... que Nick était lui aussi en vie ? Elle se sentit plus légère, il y avait de l'espoir... Son regard s'attarda sur Ethan Worsingthon qui continuait son petit monologue. Il était en train de lui donner moult détails sur la cérémonie de leur prochain mariage et soudain des doutes l'assaillirent... Et s'ils n'arrivaient pas à la retrouver avant que ce malade ne mène ses projets à bien... Non, non se morigéna-t-elle, Don ne la laisserait pas tomber, pourtant une partie d'elle continuait à se demander si son coéquipier la cherchait et s'il allait la retrouver à temps. Elle aurait voulu hurler sa détresse et sa confusion mais au lieu de cela, elle ferma les yeux et laissa ses pensées divaguer.
*****
Mac conduisait en silence. De temps à autre, il jetait un oeil au policier. Il avait remarqué l'inquiétude de Flack mais aussi quelque chose dans ses yeux, une espèce de rage mêlée à un désespoir grandissant. Il avait l'impression de se revoir quelques années auparavant quand un jour Claire avait été prise en otage alors qu'elle allait tout simplement remettre un chèque à la banque. Il avait la même expression tandis qu'il attendait avec les autres familles des victimes que les prisonniers soient libérés. C'est à ce moment-là qu'il se rendit compte que Flack était amoureux de sa coéquipière. Il était temps, pensa-t-il. Connaissant un peu la jeune femme, cela allait être un challenge intéressant à observer. Ils arrivèrent à une grille peinte en noir. Mac et Flack descendirent de voiture et allèrent sonner à la porte. Après s'être identifiés, une petite porte s'ouvrit sur leur droite. Ils longèrent une grande allée qui allait tout droit sur l'entrée principale. Le majordome leur ouvrit et les emmena jusqu'au bureau de son employeur. A l'étage, Giovanni entra dans la chambre et glissa quelques mots à l'oreille de son patron. Celui-ci hocha la tête et sortit non s'en avoir donné l'ordre à son second de faire taire la jeune femme dont le visage s'était illuminé quand elle avait entendu le mot POLICE.
- Un seul mot, un seul et ton coéquipier est mort, c'est compris ?
Jessica hocha la tête. Cet homme lui donnait la chair de poule. Ses yeux verts et froids ne montraient aucun sentiment, aucun remord. Son visage impassible lui rappelait son instructeur à l'école de police de Dallas qui avait cherché par tous les moyens à lui faire abandonner son choix de carrière. Elle ne voulait pas que cet homme s'approche de son partenaire. Elle ferait son possible pour le protéger même si son instinct lui commandait de faire quelque chose pour signaler sa présence.
Dans le bureau au rez-de-chaussée, Ethan Worsingthon III se comportait en parfait gentleman. Il accueillit ses visiteurs avec le sourire et dévisagea discrètement le partenaire de sa fiancée. Il avait déjà eu l'occasion de le voir lorsqu'il avait enquêté avec Jessica sur la mort de son secrétaire particulier. C'était un bel homme, grand, élancé, les cheveux noirs coupés courts, des yeux bleus dans lesquels on pouvait lire de l'inquiétude, de la rage et de la frustration derrière un visage calme en apparence. Pas étonnant que Jessica se sente aussi proche de lui. Un instant il se demanda s'il ne s'était pas trompé de cible. Parce qu'à bien le regarder, il avait l'impression que le policier était aux abois, comme le serait un amant dont le bien le plus cher aurait été volé. Mais cela ne pouvait être, tenta de se convaincre Ethan Worsingthon III, cela voudrait dire qu'il aurait commis une erreur et cela n'arrivait jamais. Cela lui était totalement insupportable.
- Que puis-je pour vous ? Demanda-t-il en s'asseyant dans un fauteuil derrière un énorme bureau en bois massif. Je vous en prie, prenez place. Puis-je vous faire servir quelque chose ?
- Non merci, répondit Mac. Connaissez-vous l'inspecteur Jessica Wardfield ?
- Il me semble que c'est l'un des inspecteurs qui a enquêté sur la mort de William Deckers, mon secrétaire particulier.
- Il vous semble ? Répéta Flack d'une voix sarcastique. Alors comment se fait-il que nous ayons retrouvé un dossier rempli de cartes, de lettre et de mails de votre part dans l'appartement de ma coéquipière ?
Ethan Worsingthon resta un instant silencieux. Visiblement, il réfléchissait à ce qu'il allait pouvoir dire au policier pour justifier ce petit mensonge.
- D'accord, d'accord... Je suis désolé mais je ne voulais pas mettre votre collègue dans l'embarras. Miss Wardfield et moi nous nous fréquentons depuis la fin de votre enquête, inspecteur.
Cette réponse sembla déstabiliser le policier. Ce n'était pas possible quand est-ce que Jessica aurait eu le temps d'avoir une aventure, et qui plus est avec l'un des hommes les plus en vue de Manhattan ?
- Vous vous fréquentez ? Reprit Mac qui s'était aperçu du trouble de l'inspecteur. Vous étiez intimes ?
- Je voulais lui proposer d'officialiser notre relation mais elle voulait attendre encore un peu, elle trouvait que le moment n'était pas approprié.
- Et c'est pour cela que vous l'avez appelé sur son portable, il y a quarante-huit heures ?
- Nous nous sommes, comment dire, un peu disputés. Je voulais m'excuser mais elle n'a rien voulu savoir. Elle peut être très butée quand elle le veut.
- A qui le dites-vous, répliqua Mac en faisant un signe discret à Flack pour qu'il le laisse mener la conversation.
- Il est arrivé quelque chose à Jess ? S'enquit Ethan avec une inquiétude à peine feinte.
- Elle a disparu depuis plus de vingt-quatre heures. Nous ne savons pas qui la détient, pourquoi ou même si elle est encore en vie.
- Seigneur, murmura le millionnaire, y a-t- il quelque chose que je puisse faire pour vous aider dans vos investigations ?
- Rien pour le moment, répondit Mac en se levant. Au fait, quand l'inspecteur Wardfield est-elle venue ici pour la dernière fois ?
- Il y a quatre ou cinq jours, nous avons dîné ensemble. J'ai pensé que son travail l'accaparait et qu'elle n'avait pas eu le temps de m'appeler. Cela lui arrive souvent quand elle travaille sur une grosse affaire. Et je n'ai pas un emploi du temps qui me laisse beaucoup de temps libre.
- Elle ne vous a rien dit de spécial ? Elle ne semblait pas particulièrement inquiète ?
- Inquiète ? Elle l'était depuis la fusillade contre le commissariat central, mais mis à part cela, il n'y avait rien de spécial. Vous savez, elle parle assez rarement de son travail quand nous sommes ensembles.
- Bien, je vous remercie de votre aide, dit Mac en serrant la main Ethan qui jubilait intérieurement.
- Si je puis faire quoi que ce soit pour vous aider à retrouver Jessica, n'hésitez pas à me le faire savoir.
- Nous n'y manquerons pas, répondit Mac avec un petit sourire en coin.
Edgar les raccompagna. Les mains dans les poches, Flack bouillonnait de colère. Comment Jessica pouvait sortir avec un type pareil ? Quelle arrogance ! Non, ce n'était pas possible, tenta-t-il de se convaincre.
- Je suis sûr qu'il ment, annonça Flack
- C'est certain. Pourtant il est convaincu de ce qu'il raconte.
- Vous croyez qu'il divague ?
- Je crois que tout ce qu'il nous a dit est tout ce qu'il y a de plus réel pour lui, sauf pour la raison de son appel à Jessica, sa voix tremblait légèrement. De plus, vous croyez vraiment que votre partenaire ne vous aurait rien dit de cette aventure ? J'en doute fortement.
- Vous ne croyez tout de même pas que c'est lui qui a orchestré toute cette affaire ?
- C'est une hypothèse qu'il nous faut prendre en considération.
- D'accord mais je ne vois pas l'intérêt de vouloir tuer Danny ? Ce gars ne le connaît même pas, il ne l'a même jamais rencon...
Flack s'arrêta en pleine phrase. Il venait de voir quelque chose sur les gravillons. La substance avait noirci mais elle ressemblait beaucoup à du sang.
- Mac, regardez. Vous croyez que c'est ce que je pense ?
- Ca m'en a tout l'air mais je ne peux faire de relevé. Nous sommes dans une propriété privée et nous n'avons aucun mandat.
- Oui mais la vie de ma partenaire est en jeu, au diable le mandat ! S'exclama le policier
- Don, je sais que vous été inquiet pour Jessica mais voulez-vous que ce type s'en sorte à cause d'un vice de procédure ?
- Non, bien sûr que non.
Quelque chose de brillant dans l'herbe, sur le bord de l'allée, attira l'attention de Mac qui laissa tomber son calepin qu'il n'avait pas encore rangé afin de pouvoir se baisser sans mettre la puce à l'oreille de l'homme qui les surveillait depuis une fenêtre du premier étage. Il ramassa son carnet en même temps qu'une gourmette dont le fermoir était cassé. Sans s'attarder, ils quittèrent la propriété. Une fois en voiture, Mac montra sa trouvaille au policier qui pâlit.
- Vous connaissez ceci ?
- Oui. Jessica m'a dit que c'était son frère qui le lui avait offert pour ses dix-huit ans. Elle y tient beaucoup. Cela veut dire qu'elle est bien allée dans la propriété au cours des dernières heures, peut-être même qu'elle y était encore quand nous y étions.
- Cela prouve qu'elle y est allée comme nous l'a affirmé Worsingthon mais pas que c'est lui qui la séquestre.
- Mac, ce type a des jardiniers qui travaillent dans la propriété toute l'année. Vous croyez vraiment qu'ils auraient laissé traîner un bijou en or dans l'herbe pendant quatre ou cinq jours ?
- Vous n'avez pas tort. Il faut pourtant que nous trouvions quelque chose pour pouvoir fouiller la propriété de fond en comble, murmura Mac en réfléchissant à haute voix tandis que Flack démarrait la voiture.
A la première intersection, un bruit attira l'attention de Mac. Un camion poubelle était en train de faire sa tournée. Deux hommes d'une quarantaine d'années, une cigarette à la bouche, traînaient une benne jusqu'au camion.
- Flack arrêtez la voiture ! Ordonna Mac.
Celui-ci pila et Mac sortit du véhicule bientôt suivi par le policier qui commençait à comprendre ce que le chef des CSI avait en tête. Les poubelles une fois sorties étaient du domaine public donc ils n'avaient pas besoin de mandat pour les examiner. Sous le regard curieux des éboueurs, Mac ouvrit la benne et jeta un oeil à l'intérieur. La puanteur était abominable et pourtant cela n'avait pas l'air de déranger le CSI qui, du bout de ses doigts gantés, commença à chercher un indice qui pouvait prouver leur théorie.
- Je crois que j'ai quelque chose... Là-bas, tout au fond, le sac s'est déchiré. Vous voyez ?
- Oui, oui, cela ne va pas être commode de l'attraper.
- Tenez-moi cela, dit Mac en lui tendant son manteau et en prenant appuis sur le bord.
Il grimpa sans grande difficulté dans la benne, jeta à terre quelques sacs avant de pouvoir accéder à ce qui paraissait être un morceau de gaze taché. Il ouvrit plus grand le sac et trouva d'autres bandages. Visiblement quelqu'un avait été blessé, il leur fallait savoir qui. Avec un peu de chance, ce sang appartenait à Jessica. Il savait qu'elle avait dû être blessée puisqu'ils avaient trouvé un peu de son sang sur le pull d'Arthur Wenham.
- On va déjà emmener cela au labo, faites-y emmener la benne. Je veux que Lindsay et Sheldon se mettent au travail tout de suite.
- Compris, répondit Flack en transmettant les ordres.
Ils redémarrèrent en trombe et rejoignirent le central toutes sirènes hurlantes. Mac se dirigea au laboratoire d'ADN sans perdre un instant. Il tendit le morceau de gaze qu'ils avaient trouvé et s'assit confortablement pour attendre les résultats. Lindsay et Sheldon, aidés par Warrick, se mirent au travail sans rechigner, non pas qu'ils aimaient patauger dans les ordures mais c'était peut-être les indices qui leur manquaient pour retrouver Jessica et découvrir qui était derrière tout ce chaos. Tous trois étaient persuadés, tout comme le reste de l'équipe d'ailleurs, que les kidnappings et les deux fusillades ainsi que la mort du jeune Vasquez avait été orchestrées par une seule et même personne.
*****
Danny soupira. Son lit était près de la porte, Nick occupant celui près de la fenêtre, et l'infirmière qui était venu pour leurs soins l'avait laissé entrouverte. Cela faisait une dizaine de minutes qu'il voyait défiler les pensionnaires féminines de la maison de retraite, jetant des regards intéressés à l'intérieur de la chambre. Il ne savait pas qui avait eu l'idée de les "cacher" ici mais il se promit de le remercier dès qu'il en aurait l'occasion. Lui qui pensait que la libido se calmait avec l'âge, il comprenait maintenant qu'il s'était trompé sur toute la ligne. Il fit un sourire contrit à la petite vieille qui s'attardait devant la porte. Ses cheveux courts étaient teints en rose pâle et elle avait mis du rouge à lèvres, certainement en son honneur. Il soupira à nouveau en maugréant contre sa blessure qui l'empêchait d'aller fermer cette maudite porte. La petite vieille disparue mais il l'entendit parler avec quelqu'un qui devait être juste à côté de la porte.
- Il m'a sourit, se vanta-t-elle.
- A moi aussi, répondit une voix féminine.
- Ils sont vraiment charmants.
- Si j'avais su que les hommes étaient aussi mignons dans la police, je me serais engagée tout de suite !
Nick sourit. Il n'avait rien perdu de ces dernières minutes et était plutôt amusé de voir la mine épouvantée de son collègue à l'idée des commérages qui courraient sur eux. Il prit pitié de cet inconnu qui était pourtant censé être son collègue depuis plus d'une semaine et se leva pour fermer la porte.
- Merci, elles vont finir par me rendre fou.
- Vous avez du succès, cela ne vous fait pas plaisir ? Le taquina Nick avant de s'asseoir sur la chaise près de Danny.
- Je préfère les femmes... d'un autre genre.
- Pourtant Mamie Violette a promis de venir vous faire la lecture un peu plus tard, nota Nick.
- Avais-je le choix ? Elle m'a collé d'office dans les mains " Les Hauts de Hurlevent " lorsque je lui ai avoué que je ne l'avais jamais lu.
- Les bibliothécaires sont redoutables de nos jours.
Les deux hommes se regardèrent avant d'éclater de rire. Cela leur fit du bien après la tension des derniers jours. Nick n'avait toujours aucun souvenir des six derniers mois et son inquiétude pour Jessica Ann était sincère mais ce fou rire lui redonnait espoir. Danny n'arrivait pas non plus à s'arrêter et lorsque les deux hommes entendirent l'une des vieilles dames, un peu sourde, demander à voix forte s'ils les avaient entendues parler, leurs fous rires redoublèrent. Danny en avait les larmes aux yeux.
- Ça... ça faisait longtemps que je n'avais pas ri de si bon coeur, lâcha finalement Danny.
- Je suis désolé, c'est de ma faute.
- Ne vous excusez pas. Il n'y a pas de mal. Au fait, nous n'avons pas vraiment eu l'occasion de parler depuis que l'on nous a transférés, les médicaments m'ont laissé HS un moment mais je suis désolé, pour votre mémoire.
- C'est tellement frustrant comme situation... J'ai l'impression qu'une barrière invisible m'empêche de retrouver mes souvenirs.
- Le médecin a dit que vous aviez de grandes chances de récup...
- Je sais mais si cette maudite mémoire voulait bien revenir, je pourrais aider Jessica Ann alors que là... Je me sens si impuissant !
- Nick, personne ne vous demande de...
- Je le sais mais c'est encore pire de ne pas être sollicité. J'ai l'impression d'être mis sur la touche ! Je me retrouve dans une ville que je ne connais pas, où j'ai vraisemblablement déménagé pour fuir quelque chose dont je ne me rappelle même pas ! Je suis désolé, reprit-il avec plus de calme, vous n'y êtes pour rien. Je n'ai pas à m'en prendre à vous.
- Nick, je sais que cela doit être très dur mais la mémoire va vous revenir, c'est juste une question de temps.
- Jessica Ann en a-t-elle du temps ? Si cela se trouve, il est déjà trop tard.
Le silence retomba dans la chambre. Danny pouvait voir à quel point Nick semblait affecté par la situation.
- Vous avez l'air de beaucoup tenir à Jessica et elle à vous... Vous n'avez jamais... tout les deux... enfin vous voyez...
- Jess et moi ? Ensemble ? Non, je tiens trop à ma vie, répondit Nick en souriant. Trent, le frère de Jess et mon meilleur ami, est beaucoup trop protecteur. Si jamais je touche à un de ses cheveux, il est capable de me tuer à mains nues.
- Aie... Effectivement cela doit refroidir toute ardeur... Pourtant vous semblez si proches.
- Jessica était un véritable garçon manqué quand le révérend Malloy l'a adoptée. C'était une véritable teigne capable de vous arracher les yeux.
- J'ai du mal à y croire. Elle a du caractère, c'est certain, mais elle m'a toujours parue quelqu'un de très doux et gentil.
- Vous l'auriez connue en ce temps-là vous n'auriez pas dit la même chose, répondit-il avec un sourire sur le visage.
Il se souvenait encore du jour où ses soeurs avaient décidé de prendre en charge le look de Jessica pour le soir du barbecue annuel qui réunissait tous les membres de la famille Stokes ainsi que leurs amis. Sans relâche, elles avaient pourchassé Jess jusqu'à ce qu'elles arrivent à l'enfermer dans l'une des chambres. Il y avait eu des rires, quelques cris de frustrations et puis, le soir venu, tout le monde avait découvert que sous ses airs de garçon manqué, Jessica était une magnifique adolescente. Habillée en jeune fille du monde avec une robe crème à fines bretelles et ses cheveux long lâchés, une fois n'est pas coutume, Nick avait sentit son coeur d'adolescent s'accélérer. Après cette soirée-là, plus jamais il n'avait regardé son amie de la même façon, il était devenu aussi protecteur que Trent à son égard, veillant sur elle et lui tendant son épaule quand un petit ami, non qu'elle en ait eu beaucoup, lui brisait le coeur. Ils étaient amis et c'était une chose qu'il chérissait par-dessus tout, cette relation était trop importante pour laisser le sexe, en autre chose, tout gâcher.
*****
Il faisait nuit noire quand une procession de voitures de police de patrouilles et banalisées s'arrêtèrent devant la propriété d'Ethan Worsingthon. Une fine couche de neige recouvrait le trottoir et les flocons ne cessaient de tomber depuis plusieurs heures. L'ADN sur le morceau de gaze correspondait à celui de Jessica. Cela n'avait été une simple formalité d'obtenir un mandat. Même si Worsingthon était très riche, il n'était pas au dessus des lois comme l'avait dit le juge Andrews lorsque Flack et Mac étaient venus le voir avec le dossier. Ils avaient briefé les policiers avant leur départ. L'opération devant se dérouler en douceur. Si Jessica était entre les mains de cet homme, il ne fallait pas mettre sa vie en danger. La brigade d'intervention devait rester hors de vue jusqu'à ce que la porte d'entrée soit ouverte. Flack vérifia son arme une dernière fois, il était bien décidé à tout faire pour tirer sa partenaire de ce mauvais pas. Il avança devant la porte de la grille, sonna et s'identifia comme il l'avait fait l'après-midi même. Mac se tenait à coté de lui. Un déclic leur appris que la petite grille venait d'être ouverte par le majordome qui les attendait en robe de chambre devant la porte principale. Une fois Mac devant lui, il lui montra le mandat tout en le faisant sortir et conduire à une voiture à l'extérieur tandis que Flack faisait signe à l'équipe d'intervention de se mettre en position. Le policier fut le premier à pénétrer dans la vaste demeure.
A l'étage, Jessica se débattait contre ses liens. Ethan venait de la rejoindre dans la chambre seulement habillé d'un bas de pyjama. Ses intentions étaient claires. Il voulait plus que le baiser qu'il avait tenté de lui voler après sa conversation avec les policiers. Il lui avait raconté la rencontre dans tous les détails et s'était régalé de la terreur qu'il avait vue dans ses yeux. Maintenant il était assis à coté d'elle dans le lit et caressait son visage tout en lui déclarant sa flamme. Dans d'autres circonstances, peut-être aurait-elle trouvé la scène comique mais là elle était au bord de la crise panique. Ethan se pencha pour l'embrasser mais elle détourna le visage.
- Ne me touchez pas ! S'écria-t-elle en éloignant son visage le plus possible.
- Voyons, ma chère, nous allons être mari et femme dans très peu de temps. Ne jouez pas les mijaurées. Il est normal que je puisse avoir envie de vous serrer dans mes bras, de vous caresser, de vous...
- Taisez-vous ! Vous me dégoûtez ! Vous n'êtes qu'un pauvre malade ! Jamais je ne pourrais vous aimer, cracha-t-elle.
- Espèce de sale garce, cria-t-il en la giflant. Vous êtes à moi et uniquement à moi !
Flack longeait un couloir à l'étage quand il entendit les cris d'une femme qu'il identifia presque immédiatement. Il se précipita, ouvrit la porte à toute volée et trouva Ethan Worsingthon III en train de glisser ses mains sous la tunique de sa partenaire.
- On ne bouge plus ! Cria-t-il les yeux luisants de colère. Eloignez-vous d'elle ! Tout de suite ! Gardez les mains bien en vue !
Ethan obtempéra et recula jusqu'à la cheminée où son regard se posa pendant un court instant sur le tisonnier. Toujours en le tenant dans sa ligne de mire, Don s'assit sur le lit.
- Ca va ? Demanda-t-il avec inquiétude.
- Oui, tu es juste arrivé à temps. Enlève-moi ça.
Il glissa sa main dans sa poche. Les menottes étaient un modèle standard et son passe pouvait les ouvrir sans difficulté. Il quitta des yeux Worsingthon pendant une seconde afin de mettre la clef dans la petite serrure. Ethan prit le tisonnier qu'il avait à portée de main et se lança sur le policier qui le repoussa brutalement tout en grimaçant. Le tisonnier l'avait touché à l'avant bras et la douleur irradiait jusqu'à son épaule. Ethan fut déstabilisé mais revint à la charge tandis que Flack s'était remit debout, dos à la porte, et le sommait de s'arrêter. Mais Ethan Worsingthon n'entendait pas le policier. Tout ce qu'il voyait, c'était un intrus qui voulait lui voler la femme de sa vie. Il lui fallait à tout prix l'éliminer.
- Posez ça ! Cria-t-il en espérant que, pour une fois, un suspect écouterait son ordre.
Ethan était trop aveuglé par la haine et ne laissa aucune autre option à Don que de l'abattre. Le policier pressa la détente, touchant le millionnaire en plein coeur. Celui-ci s'écroula avec un air surpris sur le visage, visiblement il se pensait invincible. Flack allait se précipiter vers sa partenaire quand il sentit quelque chose de froid contre sa nuque.
- Lâchez votre arme ! Ordonna Giovanni d'une voix dure et froide. Je n'hésiterais pas à vous faire sauter la cervelle.
Le policier hésita un instant. La pression du canon contre sa nuque s'accentua et il n'eut d'autre choix que de laisser tomber son revolver. D'un coup de pied, le second de Worsingthon l'envoya près de la cheminée, hors de portée de Flack.
- Vous pensiez vraiment que j'allais vous laisser la délivrer sans intervenir ?
- Votre patron est mort, tout cela ne sert plus à rien. Rendez-vous et je vous aurais les circonstances atténuantes.
Flack ne quittait pas des yeux sa partenaire. Elle avait l'air si fragile allongée sur ce lit, le visage marqué par la fatigue et les larmes. Il se demanda pendant un instant s'il aurait l'opportunité de lui révéler ses sentiments.
- Ne bougez plus ! Lâchez votre arme ! ordonna Mac qui venait d'arriver sur le pas de la porte.
- Oh non, lieutenant ! C'est vous qui allez lâcher la votre à moins que vous ne vouliez que la cervelle de votre collègue ici présent ne redécore les murs de cette chambre.
- Ne l'écoutez pas, Mac. Abattez-le !
- Fermez-la Flack, répondit le lieutenant en relevant le canon de son arme vers le plafond.
- Et maintenant ce gentil policier et moi on va faire une petite ballade, fit l'Italien en agrippant l'inspecteur par le cou.
Il sortit de la pièce, longea le couloir rempli de policiers qui le tenaient en joue mais qui ne faisaient pas le moindre mouvement pour l'arrêter. Giovanni jubilait. Il allait réussir à s'en sortir. Ils descendirent le grand escalier en marbre, traversèrent le hall et enfin se retrouvèrent à l'extérieur. Des policiers les suivaient mais aucun n'entreprenait quoi qu' ce soit. Ils arrivèrent à une voiture et Giovanni força Flack à prendre le volant. Ils démarrèrent en trombe sous l'oeil rageur de Mac qui voyait l'un de ses hommes en danger sans rien pouvoir y faire. Prenant sa radio, il demanda le soutien d'un hélicoptère qui lui fut accordé tout de suite. Il monta en voiture avec Sheldon. Ils suivaient les indications que leur donnait le pilote qui avait repéré la voiture. Ils roulaient à toute vitesse tandis que Mac donnait des instructions pour que des barrages soient mis en place.
*****
Dans la maison Worsingthon, Stella examinait le cadavre du propriétaire des lieux, pendant que Lindsay s'occupait de Jessica qui avait été enfin libérée de ses liens.
- Ca va aller, Jess ? Demanda la jeune femme soucieuse.
- J'ai vu mieux, reconnut celle-ci, des nouvelles de Flack ?
- Rien pour le moment mais Mac s'en occupe, ne t'inquiète pas.
- Lindsay, dis-moi Nick et Danny vont bien, n'est-ce pas ? Dis-moi qu'ils vont bien ? L'implora-t-elle.
- Oui, ils vont aussi bien que possible. Nick a perdu la mémoire et Danny... Danny.., répéta Lindsay la voix tremblante, a eu beaucoup de chance.
Jessica se sentit soulagée, son instinct ne l'avait pas trompée. Ses deux amis étaient bels et bien en vie.
- Nick amnésique ? Reprit Jess
- Oui, il a perdu les six derniers mois, expliqua Lindsay
- Ah mon dieu, ca veut dire... Que la dernière chose dont il se souvienne... c'est...
- Oui mais ne t'inquiète pas, la rassura Stella, un des ses amis est venu de Las Vegas pour l'aider.
- Grissom ?
- Non, il s'appelle Warrick, Warrick Brown. C'est d'ailleurs lui qui a eu l'idée de les faire passer pour morts et de les mettre en sécurité dans une maison de retraite.
- Non, vous n'avez pas osé leur faire ça ? Demanda Jessica un petit sourire aux lèvres.
- Oh que si, dit Stella en se relevant. Je suis sûre qu'ils sont ravis, enfin c'est du moins ce que Mac nous a dit quand il les a eus au téléphone la dernière fois. Ils sont devenus les chouchous de toutes ses dames.
- Oh Danny doit adorer ça, dit Jessica en imaginant la tête du CSI entouré par une horde d'adorables petites vieilles toutes aux petits soins pour lui.
Stella sourit. La jeune femme retrouvait son sens de l'humour malgré les évènements, c'était un très bon signe. Elle appréciait la partenaire de Flack. D'un naturel ouvert, elle arrivait à faire parler les victimes, même les plus traumatisées, avec aisance et gentillesse. Quand elle-même avait été agressée, elle ne put s'empêcher de frissonner à ses souvenirs, Jessica et Don avaient été d'une douceur qui l'avait réconfortée et aidée à traverser ces moments douloureux.
- Hey Jess... L'appela doucement Brown qui venait d'arriver sur les lieux.
- Warrick ! Je suis contente de te voir...
- Tu vas bien ?
- Oui, ne t'inquiète pas... Et Nick ?
- Je l'ai laissé il y a une heure. Les dames d'un certain âge ont un sacré tempérament, dit-il en souriant, et surtout pas les yeux dans leur poche si tu vois que je veux dire. J'en ai même entendu une dire que ton coéquipier avait une belle paire de fesses.
- Non, elle n'a pas dit ça ?
- Si, si, j'ai jamais vu un policier rougir aussi vite...
Tous deux se mirent à rire en pensant à la tête de Flack quand il avait entendu les commentaires plutôt salaces. Warrick la serra dans ses bras et déposa un baiser sur la joue. Il pouvait la sentir trembler contre lui. Ils s'étaient rencontrés lors d'une visite de la jeune femme à Nick après l'affaire Nigel Crane. Elle était restée plus d'un mois pour aider Nick à changer d'appartement et pour l'aider à se sentir en sécurité dans son nouvel environnement. Warrick et elle avaient sympathisé pour le plus grand plaisir du texan. C'est naturellement elle que le CSI avait appelé quand Nick avait été enlevé. Malgré son inquiétude et sa frustration, il l'avait tenue au courant presque heure par heure. Venant juste d'arriver à New York et étant nouvelle dans le service, elle n'avait pas pu prendre un avion pour montrer son soutien aux parents et aux amis de Nick. Warrick et Jess se parlaient souvent par mails interposés, c'était du moins le cas jusqu'au mariage de celui-ci. Il était devenu distant même froid par moments. Mais là, blottie dans ses bras, elle avait l'impression de retrouver l'ami avec qui elle avait partagé ses inquiétudes sur l'avenir de Nick au sein de l'équipe de la police scientifique de Las Vegas.
*****
La tension était palpable dans la voiture. Flack conduisait aussi vite que le lui permettait la circulation. Giovanni tenait son arme enfoncée dans ses côtes pour l'empêcher de commettre une quelconque folie. Ils savaient par la radio qu'ils étaient suivis par un hélicoptère de la police et que plusieurs autres voitures de patrouilles n'allaient pas tarder à les rejoindre. L'italien ordonna au policier de prendre sur la droite sur la 10ème Avenue pour rejoindre le tunnel Lincoln. Une fois à l'intérieur. Il fit freiner le policier au milieu de la voie et l'obligea à descendre de voiture, l'arme toujours enfoncée dans les côtes.
- Laissez tomber, dit Flack, vous ne vous en sortirez jamais.
- C'est ce qu'on va voir.
Un coup de klaxon détourna l'attention de Giovanni. D'un mouvement brusque, Don envoya son coude dans l'estomac de celui-ci et se mit à courir vers l'un des abris de sécurité pressurisés qui donnait sur un tunnel de maintenance. De là, il pourrait rejoindre facilement la surface. Une détonation puis une douleur vive à son bras le fit tomber à genoux. Il posa sa main sur son bras en serrant les dents.
- La prochaine, c'est dans la tête que je te la mettrais, le menaça Giovanni en le relevant de force.
Il approcha ensuite le propriétaire d'un 4x4 gris, qui n'opposa aucune résistance quand Giovanni fit grimper son prisonnier à la place du conducteur et lui ordonna de reprendre la route. Flack tenta de protester mais son ravisseur lui mit le canon de son arme sur la tempe. Il démarra la voiture en grimaçant, son bras lui faisait un mal de chien.
*****
Sheldon frappa sur le volant avec frustration. L'hélicoptère avait perdu la voiture de Flack. Ils n'avaient tout de même pas pu s'évaporer, surtout dans un tunnel.
- Ils ont du changer de voiture, dit Mac en se frottant le front.
- Dieu sait où ils sont maintenant.
- Prenez à droite Sheldon, nous y sommes presque. Le mystère va bientôt être levé.
- Vous croyez que Flack est toujours vivant ?
- Oui tant qu'ils ne sont pas sortis de l'Etat, ce type a besoin de lui pour nous tenir à distance, répliqua Mac avec une assurance qu'il ne ressentait pas vraiment, si ce type était aux abois dieu sait de quoi il était capable.
Ils entrèrent dans le tunnel où la circulation avait été totalement coupée. La voiture du policier était abandonnée en pleine voie les portières ouvertes et les clés encore sur le contact. Un agent en uniforme prenait la déposition d'un homme qui semblait très agité. Il ne cessait de gesticuler et de montrer l'autre sortie du tunnel. Mac laissa Sheldon examiner le véhicule et il s'approcha du policier qui vint à sa rencontre.
- Qui est-ce ? Demanda Mac
- Tom Felton. Il dit que deux hommes, dont l'un correspondrait à la description de l'inspecteur Flack, lui ont volé sa voiture.
- Vous avez son numéro de plaque ?
- Oui, monsieur, AUU2673
- Alors transmettez-le à toutes les unités, la vie de l'un des notre est en danger.
- Monsieur, d'après M. Felton, l'inspecteur Flack est blessé...
- Comment cela ?
- Il a essayé de fuir et l'autre lui a tiré une balle dans le bras.
- Merci, allez transmettre ces informations
- Oui, monsieur.
Mac alla trouver l'homme d'une soixante d'années qui semblait au bord de l'apoplexie. Il ne cessait de faire des allers retours en marmonnant des paroles inintelligibles.
- M. Felton ? Je suis le lieutenant Mac Taylor de la police scientifique. Pouvez-vous me raconter ce qui s'est passé ?
- Mais je l'ai déjà raconté à l'autre policier.
- S'il vous plait faites-moi plaisir.
- Eh bien, je roulais tranquillement pour rentrer chez moi quand cette voiture, dit-il en désignant le véhicule que Sheldon examinait, a pilé devant moi. J'ai bien cru que j'allais lui rentrer dedans, heureusement que j'ai de bons freins ! Deux hommes en sont sortis par le coté conducteur, cela m'a paru bizarre mais bon vous savez les jeunes d'aujourd'hui.
- L'un des deux hommes ressemblait à cela ? Demanda Mac en sortant une copie de la carte de police de son collègue.
- Oui, oui, c'est lui qui est parti en courant. Le deuxième homme a alors tiré sur lui. Il est tombé à genoux et le gars il l'a relevé en lui disant que la prochaine balle, il la lui mettrait dans la tête. Alors vous comprenez, je... je les ai laissé prendre ma voiture.
- Et vous avez bien fait. Qui des deux conduisait ?
- L'inspecteur... Vous croyez que je vais récupérer ma voiture ?
- Nous ferons de notre mieux, répondit-il avant d'être interrompu par la sonnerie de son téléphone. Excusez-moi, dit-il s'éloignant de M. Felton. Taylor...
- Mac ? Des nouvelles de Flack ?
- Pas grand chose, Jessica, ils ont changé de voiture. Nous avons pour le moment perdu leur trace.
- Mac, ce type, ce Giovanni... Il me file la chair de poule, il est capable de tout. Il a tué son complice dans le tunnel de sang froid parce que celui-ci commençait à avoir peur, il ne voulait pas être mêlé au kidnapping d'un policier. Ce type est complètement fou et je crains qu'il ne commette une dernière folie.
- Que voulez-vous dire ?
- Stella et Lindsay ont fouillé sa chambre et ils ont trouvé une copie de mon dossier officiel, ainsi que ceux de Danny, Nick et Don, hors ces dossiers, comme vous le savez, sont strictement confidentiels. La liste des personnes habilitées à les consulter est restreinte.
- Vous voulez dire qu'il y a une taupe qui lui donnait des informations confidentielles sur notre équipe ?
- A mon avis, pas que sur l'équipe mais aussi sur les affaires en cours. Je ne sais pas qui c'est mais cela veut dire une chose à coup sûr. Danny et Nick ne sont plus en sécurité.
- Jessica, vous ne croyez pas qu'il va vraiment vouloir s'en prendre à eux ?
- J'en suis presque sûre, Mac, c'est une question d'honneur pour lui. Le peu que j'ai eu à faire à lui me laisse à penser que son honneur passe au-dessus de tout.
- D'accord, je vais les appeler pour les mettre au courant et pour qu'ils redoublent de vigilance. Je vais envoyer une voiture de patrouille supplémentaire.
- Merci, Mac.
- De rien. Je veux que vous alliez vous faire examiner à l'hôpital dès que Stella aura fini avec la scène de crime.
- Ce n'est pas la peine, je vais très bien.
- Jessica Ann, c'est un ordre !
- D'accord.
Il coupa la communication et soupira. Cette affaire allait finir par avoir sa peau. Il composa le numéro direct de la chambre des deux policiers mais n'obtint aucune réponse, il essaya les différent portables mais n'obtint que les boites vocales.
- Sheldon ! Cria Mac. On y va !
L'urgence dans la voix de son supérieur était telle qu'il ne posa aucune question sur la raison pour laquelle ils quittaient une scène de crime sans avoir procédé à tous les relevés. Il rangea son matériel dans le coffre de la Tahoe grise de Mac, monta côté passager et attacha sa ceinture. Le lieutenant sortit le gyrophare, mit la sirène et démarra en trombe. Il avait un mauvais pressentiment.
*****
Il était presque une heure et demie du matin quand Giovanni et Flack franchirent les portes de la maison de retraite. Tous les pensionnaires dormaient ou presque. Des sons de télévisions en sourdine s'échappaient de certaines chambres. Ils longèrent un premier couloir, puis prirent sur leur gauche avant de reprendre à droite. Ils passèrent devant le bureau des infirmières qui était désert. Ils arrivèrent devant la chambre 314 où les deux policiers avaient été installés. Pour ne pas affoler les pensionnaires, la chambre n'était pas surveillée par un policier en uniforme. Cependant une caméra de surveillance filmait en permanence cette portion de couloir. Les images arrivaient dans un PC sécurité au sous-sol. Un vigile surveillait les écrans 24h/24 en compagnie de deux policiers qui se relayaient toutes les quatre heures. Giovanni poussa Flack dans la chambre et alluma la lumière réveillant les deux policiers endormis.
- Qu'est-ce que... , grogna Danny
- Je suis très content de voir que tous les deux vous allez bien, dit Giovanni avec un sourire sadique. J'aurais dû me douter que vous seriez difficiles à supprimer.
- Pourquoi continuer ? Demanda Flack pour gagner un peu de temps. Votre patron est mort et Jessica est libre.
- Pour le moment seulement, je n'ai jamais échoué et ce n'est pas aujourd'hui que cela va commencer. Qui voudra donner du travail à quelqu'un qui n'est pas capable de mener sa mission à bout ? Je suis désolé que cela tombe sur vous mais je n'ai pas vraiment le choix, déclara-t-il en pointant son arme sur Nick. Et vous allez être le premier.
Cette voix.. Cette voix, il la connaissait. Il l'avait déjà entendue. Et ces yeux verts et froids qui ne laissaient transparaître aucune émotion... Tout se bousculait dans la tête du jeune CSI qui faisait un effort presque surhumain pour contrôler ses émotions. On avait déjà braqué des armes sur lui et chaque fois il éprouvait ce sentiment d'impuissance, de frustration et de tristesse.
- Ne faites pas cela ! S'écria Flack.
- Ta gueule ! De toute manière, ton tour viendra comme c'était prévu dans le plan.
Soudain les pièces que puzzle se mirent en place et Nick se remémora ce matin-là où il avait poursuivit Jessica dans les tunnels du métro. Cet homme était celui qui lui avait tiré dessus, celui qui avait mis sa vie sens dessus dessous. La sonnerie du téléphone détourna l'attention de Giovanni et Don en profita pour entrer en action. Il marcha sur le pied de son kidnappeur puis lui envoya un coup de coude dans l'estomac alors que l'Italien pressait la détente. La balle alla se ficher dans le mur à une dizaine de centimètres sur la droite de l'endroit où se trouvait la tête de Nick. Les deux hommes se battirent pour entrer en possession de l'arme mais Giovanni ne se laissa pas faire. Il plaqua violemment le policier contre le mur. Celui poussa un gémissement, son bras blessé avait pris une grande partie du coup. Nick sauta de son lit pour lui venir en aide mais se retrouva avec le canon de l'arme braqué sur sa poitrine.
- On se fixe ! Cria-t-il avec colère. Quand à toi le flic, tu commences vraiment à me taper sur les nerfs. Je vais finir par perdre patience et à ce moment-là, tu regretteras de ne pas avoir fait ce que je te demandais, termina-t-il en mettant le bras en travers de la gorge de Flack qui n'avait pas bougé de contre le mur.
La panique s'empara du policier, il ne pouvait plus respirer. Des tâches noires dansaient devant ses yeux tandis qu'il essayait de repousser Giovanni de son bras valide.
- Arrêtez vous allez le tuer, hurla Danny.
- Lâchez votre arme ! S'écria Mac d'une voix forte et calme depuis l'embrasure de la porte. Relâchez-le !
- C'est hors de question, lui et moi nous allons encore passer un long moment ensemble. Laissez-moi passer !
- Hors de question. Je ne vous laisserais pas vous enfuir.
- Alors regardez-le crever votre copain, dit en appuyant un peu plus sur la gorge du policier.
- D'accord, d'accord, capitula Mac en pointant nouvellement son arme vers le plafond.
Toujours tenant Flack comme un bouclier, il sortit de la chambre pour se retrouver coincé par un véritable contingent de policiers armés jusqu'aux dents, qui avaient pour ordre de ne pas le laisser aller plus loin, même s'il devait y avoir des "dommages collatéraux ". Mac n'était pas d'accord mais il savait très bien que s'il le laissait partir, son otage n'avait aucune chance de s'en sortir. Pris au piège, il trouva refuge dans la chambre de l'une des pensionnaires que tout le monde appelait affectueusement Mamie Ethel. Celle-ci ne dormait pas encore malgré l'heure très avancée de la nuit. Assise dans fauteuil, elle était en train de regarder un débat sur la légalisation de certaines drogues douces quand Giovanni poussa la porte de sa chambre. D'un geste brusque, il poussa Flack qui tomba à genou.
- Mains sur la tête ! Ordonna-t-il. Et gare à toi, si tu oses bouger même un simple sourcil.
- Laissez tomber, jamais vous ne sortirez d'ici si ce n'est les pieds devant.
- Ta gueule ! Fit Giovanni en décochant un coup de pied dans l'estomac du policier qui se plia en deux.
- Espèce de malotru ! Vous n'avez pas honte, protesta la vieille dame.
- Toi, la vieille, tu la fermes ! Sinon je t'envoie rejoindre le bon Dieu tout de suite !
Il se mit alors à faire les cent pas, cela l'aidait à se concentrer. Il fallait qu'il trouve le moyen de se tirer de ce guêpier. Ethel Manning regardait cette espèce de grande brute qui maltraitait un policier qui avait l'air blessé et assez mal en point. Elle avait remarqué le jeune homme quand il était venu visiter les deux hommes qui avaient mis en émois la plupart des pensionnaires. Il lui rappelait étrangement un jeune garçon qui vivait juste au-dessus de chez elle et dont le père était policier. Son regard gris croisa le regard céruléen de Flack qui, d'un signe de tête discret, lui demanda de ne rien faire. Toute sa vie Ethel avait été une femme d'action. Elle regarda autour d'elle à la recherche de quelque chose qui pourrait lui servir d'arme. De son coté, Giovanni était en train d'envisager toutes les solutions qui n'étaient pas si nombreuses que cela. Il était hors de question qu'il se rende. Aucun membre de sa famille ne s'était fait prendre et il ne serait pas le premier. Avant de laisser la police le mettre derrière les barreaux, il préférait mourir en emmenant avec lui la vieille dame et le policier qui lui avait causé tant d'ennuis.
*****
Dans la chambre de Nick et Danny, Mac jura entre ses dents. La situation allait de mal en pis. Maintenant ce type avait un otage supplémentaire, une vieille dame qui n'avait rien à voir dans toute cette histoire.
- Il faut les tirer de là, dit Danny, on ne peut pas laisser Flack entre les mains de ce type ! Il va finir par le tuer !
- Je sais Danny mais pour le moment, il nous faut attendre.
- Attendre quoi ? Demanda Sheldon lui aussi sur les nerfs.
- Attendre que la pression soit suffisante pour qu'il commette une erreur, répondit Mac.
- Ce type ne commettra pas d'erreur, il nous l'a prouvé jusqu'ici, il est extrêmement intelligent, rétorqua Hawkes.
- Je ne trouve pas que prendre un policier en otage soit vraiment une preuve d'intelligence, dit Danny.
Messer avait peut-être raison mais pour le moment ils n'avaient pas vraiment le choix. Il leur fallait patienter et tenter de négocier un échange qui leur permettrait non seulement de sauver des vies mais aussi de gagner du temps.
*****
Dans la chambre décorée avec goût d'Ethel Manning, les choses n'avaient guère évolué. La fatigue et la perte sanguine due à sa blessure au bras le faisaient trembler. Flack avait beaucoup de mal à garder les mains derrière la tête, la douleur était en train de devenir insupportable. Ethel regardait le policier lutter pour rester conscient. Il fallait vraiment qu'elle fasse quelque chose. Tandis que Giovanni lui tournait le dos, elle allongea le bras et prit le bassin qui se trouvait sur le bas de sa table de nuit. Discrètement, elle le fit glisser sous son siège en attendant la bonne opportunité. Le téléphone sonna et Giovanni arracha les fils pour le faire taire. Il n'avait aucune envie d'entendre le lieutenant Taylor lui débiter d'autres inepties. Il jeta un oeil à Flack qui restait silencieux et à la vieille dame qui lui lançait des regards meurtriers. Les policiers à l'extérieur n'allaient pas attendre indéfiniment, ils allaient finir par passer à l'attaque bientôt, il pouvait le sentir. Il jeta un oeil par la fenêtre et vit la lueur des gyrophares par les doubles rideaux entrouverts. La fuite lui était interdite là aussi.
- Si je ne peux m'en sortir, vous non plus. Je ne peux me laisser prendre vivant mais je ne partirais pas en vous laissant vivre, lâcha-t-il en armant son revolver et en visant le policier à la tête.
Flack ne répondit pas. Il savait que cela ne servirait à rien. Sa dernière pensée fut pour sa partenaire. Il aurait tant voulu lui dire ce qu'il ressentait pour elle mais il était trop tard pour cela. Il ferma les yeux et attendit le coup de feu qui ne vint pas. Un coup sourd, un cri de douleur et Don ouvrit les yeux. La vieille dame venait d'assener un coup de bassin sur le bras de Giovanni qui avait lâché son arme. D'un air menaçant, il se tourna vers la vieille dame et l'attrapa par le cou. Sans vraiment réfléchir, Flack se lança sur l'Italien. Des coups furent échangés, aucun des hommes ne laissant l'autre prendre l'avantage. Mais, encore une fois depuis le début de la soirée, Giovanni eut le dessus. Assis sur le torse de Don, il essayait de l'étrangler. Mais c'était sans compter sur Ethel qui ramassa l'arme qui avait glissé près de son fauteuil.
- Lâchez-le ! S'écria Ethel en menaçant l'Italien du revolver.
- T'auras pas le courage... D'ailleurs tu ne sais même pas t'en servir, mamie !
- Ah je ne saurais pas ? Dit-elle en armant le pistolet. Sachez, jeune impertinent, que j'ai été marié pendant plus de 45 ans à un policier et que mon Ronald m'a appris à me servir d'une arme !
Voyant que la main de la vieille dame ne tremblait pas et qu'elle semblait bien décidée à tirer, il leva les mains et se mit debout. Flack resta allongé quelques secondes essayant de retrouver son souffle.
- Vous, les policiers là dehors ! Vous voulez bien vous occuper de cet arrogant personnage, cria Ethel en gardant le visage fixé sur Giovanni qui bouillonnait de rage. Il venait de se faire battre par une vieille dame seulement armée d'un bassin.
La porte s'ouvrit laissant passage au lieutenant Taylor qui ne put réprimer un sourire narquois devant le tableau qui se dressait devant lui. Décidément cette enquête était pleine de surprises. Sheldon désarma la brave dame et se présenta. Mac s'agenouilla près du policier qui n'avait pas encore trouvé la force de se relever.
- Flack ? Ca va ?
- Oui, oui, juste un peu sonné, cet abruti a failli m'étrangler, répondit l'inspecteur d'une voix rauque.
- Jeune homme, modérez votre langage ! Dit Ethel. Flack ? Vous avez bien dit Flack ? Tu es le petit de Donald Flack ? Le jeune Donny ?
Donny... Personne ne l'avait appelé comme cela depuis au moins vingt-cinq ans. Mis à part sa mère, il n'y avait qu'une seule autre personne qui le surnommait ainsi.
- Granny ? Granny Ethel ? Murmura-t-il en s'asseyant contre le mur avec l'aide de Mac.
- Mon dieu, ce que tu as grandi, tu es devenu un homme. Je suis sûre que ton père est très fier de toi.
- Sûrement, dit-il d'une voix peu convaincue.
- Bien sûr que si. Mon pauvre petit ange... Qu'attendez-vous pour faire venir un médecin, qu'il perde connaissance ?
Il frissonna, il avait froid. Mac posa son manteau sur ses épaules et fit signe aux infirmiers qui attendaient devant la chambre avec une civière de venir s'occuper du policier qui était en train de subir le contre coup de la soirée. Mac retourna voir Nick et Danny qu'il avait sciemment consigné dans leur chambre, sous la garde deux policiers pour les empêcher d'intervenir. Les deux CSI étaient sur des charbons ardents. Le lieutenant leur raconta comment une vieille dame était venue à bout d'un dangereux criminel.
- Mac ? Appela une voix que celui-ci connaissait bien.
- Jessica Ann ? Je croyais vous avoir donné l'ordre d'aller vous faire soigner.
- Oui, oui, Warrick m'emmenait aux urgences quand on a entendu la radio. Comment va-t-il ?
- Un médecin est en train de l'examiner au bout du couloir.
- C'est grave ?
- Je ne pense pas. J'aurais dû me douter que vous n'en feriez qu'à votre tête mais vous, Brown, vous auriez pu la raisonner.
- Vous avez déjà réussi à le faire ? Répondit Warrick avec un haussement d'épaule nonchalant.
Le médecin entra une demi-heure après. L'équipe était au grand complet. Stella et Lindsay étaient arrivées juste après Jessica. Tous les regards se tournèrent vers lui.
- Alors docteur, comment va notre patient ? Demanda Mac.
- Il va aussi bien que possible, il a des bleus et des bosses. La balle a traversé son bras sans faire de dégâts donc il devrait être sur pied très bientôt.
- On peut le voir ? Demanda Jessica.
- Pas plus de cinq minutes, je lui ai donné des calmants qui devraient le faire dormir pendant au moins une douzaine d'heures.
Jessica était assise dans le fauteuil roulant qu'ils avaient récupéré en arrivant, Warrick se proposa pour la pousser. Les ambulanciers qu'ils avaient vus dans le manoir Worsingthon avaient été très clairs. Elle ne devait en aucun cas poser ses pieds à terre sous peine de rouvrir les points de sutures. Elle pouvait à la limite se déplacer sur de courtes distances avec des béquilles mais rien de plus, cela au moins pendant au moins une semaine encore.
*****
La pièce était plongée dans la pénombre quand Jessica y pénétra poussé par Warrick qui s'éclipsa dès qu'elle fut près de Don. Seule une veilleuse au-dessus du lit lui permettait de voir le visage de son coéquipier. Du bout des doigts, elle en traça le contour. Il semblait épuisé.
- Hey... Murmura-t-il Comment vas-tu ?
- C'est à toi qu'il faut poser la question
- Comme si j'étais passé sous un camion. Jess... Je m'étais promis que si on s'en sortait, il faudrait que l'on parle.
- Chutttt, repose-toi. Nous avons tout le temps, répondit-elle en posant ses lèvres sur la main du policier.
Avec cette promesse, Don Flack sombra dans le sommeil. Alors ce qu'elle avait cru voir dans ses yeux ses derniers mois se révélait vrai. Elle ne savait pas quoi en penser. Elle avait toujours évité de s'attacher à ses différents partenaires depuis que son mentor avait été tué alors qu'il n'était même pas en service. Il lui avait tout appris et à sa mort elle s'était sentie désemparée. Quand Nick vint la chercher, il trouva la jeune femme perdue dans ses pensées. Il poussa son fauteuil jusqu'à un petit salon où un peu de calme régnait.
- Jess ? Qu'est-ce qui ne va pas ?
- Rien... Je n'ai pas l'habitude de le voir comme ça.
- Je m'en doute mais il n'y a pas que cela. Il te l'a dit, n'est-ce pas ?
- Quoi ?
- Qu'il t'aimait ? Il te l'a dit ? Répéta Nick en prenant les mains de Jess dans les siennes.
- Pas vraiment... mais...
- Il l'a laissé entendre, n'est-ce pas ?
Jessica se contenta de hocher la tête. Dieu qu'elle était fatigué mais jamais elle ne trouverait le sommeil après les paroles de Don.
- Tu ne vas pas prendre la fuite ? Demanda Nick inquiet. Il ne mérite pas cela... Je ne le connais que depuis une semaine mais je sais que c'est un type bien.
- Cela je le sais, c'est quelqu'un d'exceptionnel. Mais...
- Mais quoi ? Tu crois toujours que tu ne mérites pas d'être aimée ? Et bien laisse-moi te dire quelque chose, Jessica Ann si tu n'avais pas été comme une soeur pour moi, il aurait pu se passer quelque chose. Tu es belle Jess et pas seulement physiquement.
- Nick, je t'en prie, supplia la jeune femme au bord des larmes.
- Etre aimée n'est pas quelque chose qui doit te faire peur Jessica. Tu y as droit toi aussi alors laisse-toi une petite chance.
- Mais je...
- Mais rien... Laisse parler ton coeur pour une fois. Et si tu vois que ton envie de te cacher dans un petit trou de souris te reprend, je viendrais te rappeler tout ce que je viens de te dire.
Il l'embrassa sur la joue avant de l'emmener rejoindre les autres. Finalement les choses allaient s'arranger sauf peut-être pour lui. Cette affaire lui avait démontré par A+B que même aussi loin de Las Vegas, ses insécurités ne s'effaceraient pas en les ignorant. Il devait y faire face et il ne pouvait le faire que là-bas.
*****
Une semaine s'était écoulée depuis l'enlèvement de Jessica Ann. La jeune femme venait de reprendre son service derrière un bureau tandis que son co-équipier était encore en congé maladie. Depuis cette nuit-là, Jess avait soigneusement évité le sujet et Don commençait à désespérer de pouvoir lui parler. Aujourd'hui, ils étaient tous réunis à l'aéroport pour raccompagner Nick qui regagnait Las Vegas en compagnie de Warrick. Il n'avait passé qu'un peu plus d'une semaine au sein de cette équipe mais personne n'oublierait ce texan qui avait réussi à renforcer leurs liens. Mac était désolé de perdre un aussi bon élément mais il comprenait les arguments que Nick lui avait donnés dans son bureau deux jours auparavant. Après leur discussion, celui-ci avait appelé Grissom pour l'informer qu'il récupérait un très bon enquêteur et qu'il avait intérêt à en prendre soin. Gil en avait été heureux, le laboratoire n'était pas le même sans le jeune texan. Nick salua tous ceux qui étaient devenus des amis et pour qui il garderait une pensée spéciale. Puis il prit Don à part.
- J'aurais une mission à vous confier, dit-il avec un sourire taquin.
- Laquelle ? Demanda celui-ci.
- Veillez sur ma petite soeur. Elle a tendance à s'attirer des ennuis et je ne voudrais pas qu'il lui arrive quelque chose.
- C'est promis, répondit Flack avec un léger sourire.
- Si vous me permettez un petit conseil, laissez-lui du temps. Ne la brusquez pas, sinon elle prendra la fuite. Elle vous aime, je peux le voir mais elle est effrayée. C'est à vous de faire tout votre possible pour la rassurer.
Flack regarda celui qu'il considérait comme son rival avec surprise. Il ne s'était pas attendu à cela. Il s'était lourdement trompé sur le CSI. Avec un signe de la tête, il serra la main de Nick tout en faisant la promesse muette de toujours protéger la jeune femme qui représentait tant pour eux. De son côté, Mac mettait Warrick au courant des derniers développements de l'affaire. L'agent Johnson était enfin sorti de coma pour le plus grand soulagement de ses proches. L'arme qu'ils avaient confisquée à Giovanni Medeiros était celle qui avait tué le jeune Eddy Vasquez et Arthur Wenham. Le procureur allait l'inculper pour meurtre avec préméditation, tentative de meurtre et kidnapping. Il demanderait sûrement la peine de mort même si aucun détenu n'avait été exécuté depuis 1976. Medeiros avait tenté de négocier un allègement des accusations en leur donnant le nom de son contact au sein des services de police. Il s'agissait d'un membre des affaires internes qui n'avait pas digéré l'arrestation de son collègue, après la fusillade qui avait coûté la vie à un membre la Commission Dove. Celui-ci tenait Mac pour personnellement responsable de la condamnation à la prison à vie de son collègue. Nick rejoignit Warrick le sourire aux lèvres, il embrassa Jess qui avait les larmes aux yeux et tous deux se dirigèrent vers la salle d'embarquement.
*****
Quatre heures plus tard, l'avion se posa sous un soleil resplendissant à l'aéroport de Las Vegas. Warrick et Nick avaient discuté de tout et de rien pendant le vol. Il avait espéré que son ami lui parlerait de ses problèmes conjugaux mais celui-ci était resté muet chaque fois qu'il essayait d'aborder le sujet. A leur descente d'avion, un petit groupe les attendait. Nick regarda Warrick qui haussa les épaules.
- C'est toi qui les appelé ? L'interrogea Nick en fronçant les sourcils.
- Ah non, j'y suis pour rien.
- Alors qui ? Demanda le texan.
- Mac, dirent-il en choeur.
Ils avancèrent vers l'équipe de nuit du laboratoire de police scientifique. Tous étaient là, même le docteur Robbins et le capitaine Brass. Greg brandissait une pancarte où il pouvait lire "BIENVENUE A LA MAISON COW-BOY" tout en souriant. Catherine fut la première à le prendre dans ses bras pour lui souhaiter la bienvenue au bercail. Sara fit de même en lui murmurant à l'oreille que s'il recommençait ses bêtises elle le tuerait pour de bon cette fois-ci et que personne ne retrouverait jamais son corps. Il reçut une poignée de main vigoureuse de la part du docteur Robbins et du capitaine Brass. Grissom se tenait un peu en retrait, observant la scène avec un sourire aux lèvres. Son voeu venait de s'accomplir, son équipe était de nouveau au complet. Leurs regards se croisèrent et ils n'eurent pas besoin de mots pour exprimer ce qu'ils ressentaient. Dans un brouhaha général, il fut décidé d'aller fêter le retour de l'enfant prodigue dans un petit restaurant où la cuisine était excellente. Nick se sentit enfin chez lui, à sa place, entouré par les gens qu'il l'aimait que pouvait-il demander de plus ?
The End
