bonjour ou bonsoir !

Les fautes sont les miennes et je m'en excuse.

L'univers d'AC ne m'appartient pas, seulement le personnage de Zipporah.

Bonne lecture !


Zipporah.

L'homme que Zipporah avait bousculé au marché abandonné-clandestin, la poursuivait à son tour. Elle essaya tant bien que mal de le semer, mais il semblait être un expert en poursuite. Elle soupira de frustration quand elle arriva presque à son lieu de rendez-vous. Elle ne voulait mettre personne en danger, alors elle prit la décision d'attirer l'attention des gardes postés sur les toits. Elle en poussa un pendant sa course mais ce dernier ne poussa qu'un gémissement étouffé. Surprise elle s'arrêta et se retourna. Son poursuivant avait poignardé le garde.

- N'ai pas peur, lui dit-il alors qu'elle étouffa un cri de terreur.

Elle se mit à courir malgré tout.

Quand elle avait bousculé l'homme au marché, elle lui avait dérobé un papier. Une aptitude dont elle s'était habituée à pratiquer quand elle se faisait repérer. Dans la confusion générale, elle détroussait les personnes qu'elle bousculait en pleine course, lui permettant d'avoir quelque pièce en plus. Cette fois, elle se dit qu'elle avait peut-être voler la personne de trop. Pourquoi voler une lettre alors qu'elle ne savait pas lire ? Elle ne se l'expliquait pas. Avait-elle trop pêché qu'elle ne pouvait plus se contrôler ? Était-ce une punition divine ? Elle promit que si elle arrivait à semer cet individu, elle irait à l'église demander pardon juste après son rendez-vous.

Mais l'homme la rattrapa facilement. Il la saisit par son bras avant qu'elle ne puisse sauter sur le toit d'en face.

- Je crois que tu as quelque chose qui m'appartient, souffla son poursuivant entre ses dents.

Il était visiblement agacé que la jeune femme ait pris la fuite. Zipporah essaya de se dégager vainement se disant que sa dernière heure était arrivée. Elle était prise au piège.

- Hey vous deux ?! Vous n'avez rien à faire ici !

Le garde postait sur le toit d'en face, les viser déjà avec son arc. La jeune femme essaya à nouveau de se dégager mais l'homme la tenait fermement. Il l'entraina en bas de force, l'attirant vers une ruelle, pour ne pas attirer l'attention une deuxième fois se dit-elle. Zipporah se laissa faire, se disant que cela était inutile de se débattre maintenant. Il était visiblement plus fort qu'elle, la dépassant d'une bonne tête, mais surtout la force de sa main sur son bras la dissuadait de toute tentative d'évasion. Mais surtout il lui avait prouvé qu'il la rattraperait quoi qu'il arrivât.

Se rendant compte de l'endroit où il l'emmenait, elle commença à paniquer un peu. Elle n'avait pas remarqué qu'elle se trouvait déjà à son lieu de rendez-vous. Elle essaya de l'arrêter en vain. Il avait déjà tué un garde sans sourciller, s'il devait la tuer, elle ne voulait pas mettre les autres en danger.

- Attend, s'il te plaît ! Je suis désolée, je te rends ce papier, essaya-t-elle de dire. Si tu me lâches je pourrais te rendre ce qui est à toi !

- Pour que tu t'enfuis de nouveau ?

Elle ne le distinguait pas à cause de son capuchon blanc qui dissimulait une bonne partie de son visage, mais elle savait qu'il la regardait avec férocité. Elle essaya de s'arrêter mais l'homme la tira de force au milieu de la ruelle. Le cœur de Zipporah tapait contre ses oreilles. Étais-ce vraiment la fin se dit-elle ?

Alors que l'homme se retourna vers elle, la tenant toujours par le bras, un bruit de jar se brisant par terre se fit entendre derrière lui. Il se retourna vivement, la gardant toujours prisonnière de sa poigne. La jeune femme entendit un léger « chling » comme si l'homme venait de sortir une dague de son fourreau. Craignant pour la vie des autres, elle se mit devant l'homme et la ruelle sombre.

- Attend ! S'écria-t-elle. Ce ne sont que des enfants ! Prend ma vie mais épargne les, je te pris !

- Des enfants ? dit-il surpris.

Elle entendit de nouveau ce « chling » avant de poursuivre.

- Si tu me lâche je te donnerai ce papier. Si je te la donne de mon bras libre je laisserai le sac de nourriture tomber sur ce sol sale...

Elle sentit les doigts de l'homme s'enfonçait plus dans sa peau avant de la laisser totalement. Elle soupira de soulagement mais l'homme la menaça :

- Gare à toi si tu tentes de t'enfuir de nouveau.

Alors que la terreur lui prit les entrailles, d'une main tremblante elle passa sa main dans le sac pour lui rendre ce maudit papier mais elle sursauta quand quelqu'un prononça son prénom.

- Zipporah ! S'écria un jeune garçon amaigri et crasseux.

La jeune femme apeurée souffla au jeune garçon.

- Ne reste pas là ! C'est dangereux !

Mais le jeune garçon ne le l'écouta pas et appela ses amis à les rejoindre. Des frissons de terreur parcoururent le dos de la voleuse. Elle voulait les protéger mais voilà qu'ils venaient de se jeter dans la gueule du loup. Alors que les enfants accourraient vers eux, un autre petit garçon semblable au premier demanda à la jeune femme.

- Est-ce que l'assassin t'a aidé à nous apportait de la nourriture ?

- Tu-tu connais cet homme ? S'interrogea Zipporah.

L'homme n'avait pas bougé d'un pouce. Il regarda la scène sous son capuchon. Le même garçon répondit à la voleuse jovialement.

- Lui personnellement non mais ses frères sont très gentils avec nous !

- Oui quelques-uns m'ont aidé quand des gardes me molestés, souffla une petite fille au joues creuse.

- Zipporah a peur de lui, se moqua le premier garçon.

Les enfants se moquèrent de la jeune voleuse. Cette dernière, les joues rouges de honte, regarda l'homme qu'il l'avait poursuivi comme un animal, esquisser un sourire. Alors que les enfants calmèrent leur rire, la même petite fille aux joues creuses demanda sans gêne à l'assassin.

- Pourquoi tu es là ?

- Tu dois tuer quelqu'un ? Demanda un autre enfant affamé.

Zipporah se retourna vers l'homme, gênée que les enfants lui posaient des questions qu'ils ne devaient sans doute pas savoir au risque d'y laisser leur vie.

- Vous semblez déjà connaitre la réponse, répondit simplement l'assassin décontracté.

Les enfants s'exclamèrent posant plus de questions.

- Est-ce garde qui tabasse sans arrêt les mendiants ?

- Non le noble qui a tué ses généraux !

Zipporah regarda les enfants s'extasiés devant l'assassin avec effroi. Ils semblaient... l'admirer. Ils semblaient se sentir en sécurité en la présence de l'homme. Et l'assassin semblait se délecter de leur admiration.

Sortant de sa torpeur, la jeune femme demanda aux enfants de se taire.

- J'ai de la nourriture mais vous ne pouvez pas rester ici, annonça-t-elle en sortant la lettre du sac et tendit au chef de la bande les vivres. Aller dans votre cachette et ne vous faites pas remarquer avec cette nourriture.

Les enfants opinèrent et partirent en silence avec leur sac de vivre. Zipporah les regarda partir avant de se retourner vers l'assassin.

Elle avait déjà entendu parler de leur... secte. Ses frères et lui tuaient des hommes. Ils tuaient des hommes mais leurs cibles semblaient être parfaitement bien choisit. Jamais des innocents, pas le mendiant du coin ou la femme qui a volé un bout de pain pour nourrir sa famille. Ils aidèrent souvent les citoyens qui se faisaient molester sans raisons à tel point qu'ils avaient une réputation d'héros dans le quartier pauvre. La jeune femme n'en avait jamais vu un. Enfin, elle n'en avait jamais identifié un. Ils s'habillaient comme les érudits les rendant presque indétectables dans la foule, et à Acre, les gens semblaient adorer le blanc. Même le blanc sale. Ils étaient donc cachés dans la masse.

Elle tendit la lettre à l'homme qui la prit sans ménagement. Il la rangea dans sa tunique puis, jugea Zipporah un instant sous son capuchon avant de lâcher :

- C'est très noble de ta part de nourrir les nécessiteux.

- Ces enfants n'ont pas demandé de venir au monde ainsi, répondit simplement la jeune femme.

Semblant médité ses paroles, l'assassin opina et tourna des talons laissant la jeune femme dans la ruelle. Le regardant partir, la brune se demandait d'où venait-il. Son accent était différent des gens de cette citée. Il avait la peau halée et semblait bien nourrit. Peut-être la vie était différente chez lui ?

Oubliant qu'une demi-heure plutôt il la traquait comme un animal, elle le héla.

- Attend !

L'assassin se retourna surpris. Il ne pipa mot et attendit à ce que la femme parle. Zipporah se rapprocha de l'homme encapuchonné.

- Tu n'es pas d'ici n'est-ce pas ? (L'homme ne dit rien, comme si la réponse était évidente) non évidement tu n'es pas d'ici... Tu es ici pour un assassinat et je...

- Dis-moi ce que tu me veux femme !

Zipporah frissonna. La nuit était tombée sur la ville et sa voix avait claqué contre les murs de la rue déserte avec dureté. Elle ne voyait toujours pas son visage mais elle soupçonnait qu'elle l'irritait particulièrement. Elle lui avait causé quelques désagréments en lui volant sa lettre.

Voyant que la jeune femme s'était tut, l'assassin s'était approché d'elle la mâchoire et les poings serrés.

- J'ai perdu énormément de temps à cause de toi, alors dis-moi ce que tu as à dire avant que je ne perde patience !

- Emmènes-moi avec toi, avait seulement souffler Zipporah.