Note de l'auteur :

Merci à vous d'être présent ! J'ai revu des followers qui me suivaient il y a... O_o' ... longtemps...

Allez, je suis sympa, voilà la suite (après ce sera une partie par semaine)

Sur ce, bonne lecture.

-Merlin-

Chapitre 1 : Les souvenirs se mêlent au nouvel hôte - Partie 1

.

Elle était partout et nulle part. Elle veillait et regardait avec impuissance le plus grand des sorciers. Elle était là quand Adrian avait poussé son premier cri et serait toujours présente dans leur vie... mais, comme un voile impénétrable, Merlin semblait avoir perdu une partie de son être... Ce dernier, en devenant père, avait décidé que la magie qui coulait dans ses veines n'était qu'une traitresse. Elle était une manipulatrice qui n'était que la cause de ses tourments... mais, la voix enchanteresse qu'il se refusait d'écouter allait lui montrer qu'il avait tort...

-MERLIN-

Arthur dévisageait Merlin qui, au pas d'une porte en bois, les regardait tour à tour avec un sourire... merlinesque. Bien que soleil laissait sa place à la demi-lune, il parvenait à voir ses traits las. En le voyant s'avancer, son cœur se serra avec une pointe de douleur. Le visage de son ancien ami était parsemé de traces de larmes : avait-il pleuré ? Et pour quelle raison ?

— Père ! s'exclama l'enfant en se jetant sur le sorcier qui le souleva pour le porter tout contre son corps.

— J'espère que tu n'as pas fait de misère à oncle Gauvain ?

— Naaannn, marmonna Adrian d'une petite voix.

Le roi, toujours figé sur place, observait la scène comme s'il venait d'atterrir dans un autre plan. Le sorcier avait laissé ses cheveux pousser jusqu'à atteindre les épaules et avait aussi pris en musculature. Ce n'était pas flagrant mais, au souvenir de son corps mince, Merlin semblait plus robuste qu'autrefois.

Arthur sursauta quand une main chaude se posa contre son front.

— Tu vas bien Gauvain ? Tu me parais bien pâlichon ? Allez, viens que je te fasse un chocolat chaud.

Arthur, marchant comme un automate, le suivait pendant que l'enfant qui enlaçait le cou de son père, le fusillait d'un regard menaçant. Ce petit homme ne pouvait pas être son fils et même s'il ressemblait un peu à sa défunte mère, il n'arrivait pas à croire que Merlin ait pu faire en sorte d'être enceint de lui... Rien que de l'imaginer ses membres frissonnèrent de dégoût. Un homme restait un homme. Il lui était inconcevable que le brun ait pu porter cette "chose" !

— Installe-toi, l'invita le maitre de la petite maison.

Il franchit la porte et se tourna sur sa droite : il découvrit une table ronde en bois entourée de quatre chaises. Il ferma l'entrée et s'avança en jetant un coup d'œil par la fenêtre puis prit place en se mettant dos à l'ouverture. Sur sa droite, il apercevait une bibliothèque remplie de livres ou, sûrement, de grimoires magiques. Il continua son inspection : une cheminée longeait le meuble puis ses yeux se posèrent sur le derrière de Merlin. Ce dernier était devant un petit fourneau en laiton. Arthur aurait voulu grogner. Comment avec le salaire d'un valet le brun avait-il pu s'offrir ce genre de cuisine ?

Il détourna son regard sur la gauche et vit un banc en bois extrêmement bien taillé. Deux gros coussins étaient posés au-dessus tout comme deux autres semblaient se caler contre un dossier. Ensuite, en comprenant que la pièce à vivre était celle-ci, il planta son regard sur la seule porte intérieure : surement la chambre de Merlin et du gamin.

— Tu m'as l'air silencieux, Adrian, entendit-il de la voix fatiguée du sorcier, as-tu passé du bon temps avec oncle Gauvain ?

— Oui, père, c'est juste que j'ai envie de dormir.

— N'as-tu pas faim ? demanda Merlin qui paraissait le regarder avec tristesse.

— Nan.

— D'accord mon trésor, va te coucher, je vais te border.

Arthur qui les écoutait prit entre ses mains le bol de lait chaud mélangé de copeaux de chocolat noir. Il huma l'odeur en fermant ses paupières. Cela faisait longtemps qu'il n'en avait pas bu. Merlin semblait garder son secret pour cet élixir que ce dernier aimait, autrefois, lui faire boire quand il avait un coup de fatigue. Le cœur tristement dans de vieux souvenirs, il le dégusta en appréciant chaque gorgée. Le liquide coula onctueusement dans sa bouche. Il appréciait le goût amer du chocolat et allégé du lait. Au contact de la saveur, ses yeux le picorèrent quelques secondes, lui rappelant les moments passés avec le sorcier. Comme un soudain retour au source, son cœur palpita de douleur parce que l'absence de Merlin l'avait longtemps pesé.

Quand il eut fini, il aurait presque voulu lécher le fond du bol, juste pour se souvenirs du geste qu'il osait faire quand le sorcier lui tournait le dos. Il soupira en fixant l'objet et se résigna à se lever pour voir ce que faisait son hôte. Il se dirigea vers la seule porte intérieure de la pièce et arqua ses sourcils en découvrant que cela donnait sur un petit couloir : une fenêtre se trouvait sur sa gauche et deux portes sur le pan de mur de droite. En faisant quelques pas, il vit le brun déposer un baiser sur le front de l'enfant.

Merlin se redressa et quitta la chambre. Le mince sourire affiché sur ses lèvres trahissaient sa fatigue.

— Tu as dû l'épuiser... lui chuchota celui-ci. Allons à côté.

À cette seconde, il réalisa qu'il ne savait pas où habitait Gauvain et, surtout, il sentait l'angoisse l'assaillir : qu'allait-il dire à Merlin ?

— Gauvain ?

— Oui ? répondit-il en fuyant son regard, la peur d'être découvert.

— ça ne te dérange pas si nous allons nous coucher ? lui demanda Merlin qui se dirigeait vers la seconde porte du couloir.

— Non, chuchota-t-il en paniquant.

Le chevalier avait-il une liaison avec le sorcier ? La réponse, il l'eut en distinguant un grand lit dans la pièce. Il avait subitement envie de lui hurler qu'il était Arthur et non ce satané de Gauvain mais quand il croisa le regard océan de Merlin, de vieilles blessures revinrent irrémédiablement le hanter. Durant une brève seconde, il y avait lu tout le désespoir d'un amour que le sorcier aurait pu offrir à une personne... et cela le bouleversa...

— Mais si tu préfères lire avant de te coucher, vas-y...

Son cœur parut subitement s'affoler lorsque les bras de Merlin se frayèrent un chemin autour de sa taille avant de sentir son torse se coller au sien. Immobile et droit, il laissa le sorcier enfouir son nez aux creux de son cou.

— Merci d'avoir pris soin d'Adrian, marmonna ce dernier d'une voix qui le troubla profondément. Je sais que ce n'est pas facile pour lui et que je devrais accepter tout ce qui m'arrive... Mais je refuse de l'écouter... pas après ce qu'elle m'a fait...

Un sanglot étouffé franchit de la gorge de Merlin et cela brisa une fibre à l'intérieur de lui comme si ce "elle" avait eu une place plus importante que lui. Arthur l'enlaça instinctivement tout contre son corps et écouta les battements de leur cœur. Il avait pleinement conscience du mal qu'il lui avait fait mais, comment le sorcier avait-il pu user de la magie pour lui faire un enfant dans le dos ? Pourquoi n'était-il pas venu le lui dire ? Il avait tellement de questions que, finalement, cette intervention magique ou manipulatrice de son soit-disant fils allait l'aider à comprendre cette situation.

.

"Arthur courait dans les couloirs du château en sentant une colère monter en lui. Il poussa la grande porte de sa chambre et, le temps de comprendre qu'il était en train de rêver ce que Gauvain avait vécu, il assista à cette scène comme s'il n'était qu'un fantôme.

— Comment avez-vous pu oser renvoyer Merlin !

Comme cela lui était étrange de se voir à travers les yeux d'un autre : il paraissait si froid et sans cœur qu'il avait du mal à se reconnaitre.

— Je ne l'ai pas renvoyé ! grinça la voix de celui qu'il fut.

— Oh ! Bien sûr ! Cela vous est complètement égal de savoir que Merlin soit parti ! Moi je reviens à peine d'une patrouille que j'apprends que cela fait déjà une lune qu'il ne travaille plus pour vous !

Arthur ressentait la rage de Gauvain qui bouillonnait au fond de lui. Il y avait aussi une peur dont il ne comprenait pas le sens puis, en fixant les yeux impénétrable du roi qu'il avait été, il se rappelait qu'il n'avait jamais suggéré au sorcier de quitter sa demeure : il lui avait juste fait part que ce qui s'était passé entre eux ne devait plus avoir lieu.

— Dans ce cas, votre magesté ! Je m'en vais !

— Je sais combien vous tenez à Merlin mais vous ne le pouvez pas ! Vous êtes chevalier !

— Chevalier ! Un piètre petit grade pour servir un homme tel que vous êtes !

— Je ferais comme si vous n'aviez rien dit Gauvain !

Un brouillard épais se leva puis se dissipa. Il était maintenant dans les quartiers des chevaliers. Une main sur le cœur, il était assis au bord du lit, un baluchon à ses côtés. Bien qu'Arthur semblait voir à travers le chevalier, il n'aima pas du tout ce que ce dernier ressentait : c'était une douleur que lui-même, en tant que souverain ne pouvait se permettre d'éprouver."

-MERLIN-

Gauvain, confortablement allongé sur le lit royal, souriait en contemplant le plafond. Ce n'était pas donné à tout le monde de vivre dans le corps d'un souverain. Il commençait sérieusement à se dire que cette situation était amusante. Il était vrai que les choses n'auraient pas dû se dérouler ainsi. Une dizaine de jours plus tôt, il avait discuté avec Adrian. Gauvain avait surtout menti mais c'était à cause de Gaius. Ce dernier s'inquiétait de plus en plus sur l'état de Merlin. Alors, ensemble, ils avaient échafaudé un plan... et, comme il se retrouvait actuellement à la place du roi, autant dire que cela était un fiasco.

Gauvain avait pourtant suivi à la lettre les recommandations du médecin. Il avait raconté un faux rêve à Adrian : celui où il avait imaginé Arthur emprisonné dans le petit corps de son neveu. Évidemment, il avait conscience -et honte à lui- de se servir de l'enfant... ou de sa magie. Il connaissait assez le petit sorcier pour comprendre que ce dernier serait capable de tenir tête à son propre père. Ce devait être ainsi que, en les raccompagnant à la sortie de Healdor, il n'avait plus qu'à mettre le roi face à la vérité...

Pourquoi la magie de l'enfant avait-elle seulement interverti les adultes ?

.

"Gauvain, planté devant une fenêtre, regardait le ciel légèrement recouvert de nuages. Il semblait perdu dans ses pensées. Les paupières closes, sa mâchoire se contracta quand le visage de Merlin s'imposa dans son esprit et le plus troublant fut de ressentir avec violence une multitude de coups de lame en plein cœur. En tentant de rester maître, il se rappelait que, le jour fatidique, il n'avait fait aucun geste envers le sorcier. Celui-ci était planté devant lui et pleurait à chaudes larmes...

Gauvain, sans comprendre la souffrance qui lui enserrerait la poitrine, saisissait enfin que la mémoire du roi était en train de lui révéler les souvenirs qui le hantaient chaque jour... Désarmé d'être spectateur de ses scènes passées, il continua cet étrange vie du roi.

Gauvain/Arthur ouvrit son regard brillant quand la porte grinça en annonçant l'arrivée de sa reine. Dans un rapide mouvement, il passa une main sur ses yeux, prit une respiration et pivota en regardant la reine qui resta au pas du lit.

— Arthur, lui chuchota-t-elle, pourquoi n'es-tu pas parti chercher Merlin ?

— Je ne peux pas, répondit-il en plongeant son regard dans celui de la jeune femme.

— Tu tiens à lui et...

— Gwen, notre devoir est de gouverner Camelot et de fonder une famille, je n'ai pas le temps de batifoler avec...

— ARTHUR ! coupa-t-elle d'une voix que le chevalier ne reconnaissait pas, je respecte tes choix mais Merlin a le droit de connaitre la vérité ! Tu dois être honnête avec lui !

— Oh ! Et que lui dirais-je ?

— Ce que tu ne ressens pas pour moi.

— Ce n'est pas aussi simple ! gronda-t-il en se tournant vers la vitre, Merlin est un homme et...

Gauvain sentit l'âme du roi se déchirer et son cœur battre d'une tristesse qu'il dissimulait derrière sa voix autoritaire. Il comprenait pourquoi, aujourd'hui, cet idiot n'avait rien fait.

— Je...

— Cela suffit GWEN ! intima-t-il, je ne veux plus entendre son nom ! Il est parti et j'en resterai là !

— Bien."

Gauvain se réveilla en sueur. Une main contre son cœur battant, il sauta de son lit et courut jusqu'à l'appartement de Gaius. Il l'appela en hurlant de panique.

— Qui va là ? lui répondit faiblement Gaius.

Il se dépêcha d'arriver au chevet du vieil homme qui en profita pour allumer une bougie plus épaisse.

— Gaius ! Cet échange de corps,... je,...

— Calme-toi mon ami, je ne te suis pas.

Le chevalier massa ses paupières en respirant profondément puis se racla la gorge.

— J'ai, non seulement changé de corps mais j'ai aussi les souvenirs d'Arthur !

— Comment cela ?

Le chevalier lui raconta la scène qu'il avait vue sans pouvoir intervenir.

— Ce n'est pas tout, j'ai ressenti...

Les mots lui manquaient. Comment expliquer la douleur que le roi s'interdisait de dévoiler ? Comment avouer soudainement à Gaius qu'Arthur avait passé tout son temps avec Guenièvre dans l'espoir qu'elle lui donne un héritier ? Comment lui dire que tout cela aurait pu être évité ?

— Qu'as-tu ressenti ? demanda le médecin en le secouant comme il faisait mine de se rendormir.

— Tout ! Tout ce qu'Arthur ressentait, je le ressens comme si cela m'était vraiment passé !

Il ne pouvait pas lui dire la vérité, pas après tout ce qu'il savait maintenant. Il préférait lui mentir et attendre ce que la rencontre allait donner.

Gauvain s'excusa et remonta dans la chambre royale. Si Guenièvre était au courant, pourquoi le roi n'était-il pas revenu chercher Merlin ? Il s'arrêta au milieu d'un long couloir et s'interrogea tout de même sur un point : la reine étant décédée, pourquoi n'était-il pas parti le retrouver ? Il avait eu trois ans pour le faire !

-MERLIN-

Arthur avait mal au dos. Réveillé par de délicat coups de petits pieds, il grogna en dévisageant Adrian qui croisait des bras. Le regard menaçant était toujours affiché, ce qui commençait à l'agacer.

— Levez-vous ! lui cingla le blondinet, mon père ne va pas tarder à se lever.

En remarquant qu'il s'était endormi sur le tapis de la grande pièce, il étendit ses bras et, les mains posées sur le bas de son dos, il se cambra pour détendre ses muscles.

— Vous devez aller chercher du bois sec à la réserve, lui ordonna sèchement le petit, c'est dehors, sur la gauche de l'entrée.

La voix d'Adrian était tellement empli de haine qu'il se demandait vraiment ce qu'il foutait là !

— Si je suis ton deuxième père...

— Vous ! Vous n'êtes rien ! lui hacha l'enfant en lui décochant un regard noir puis courut en direction des chambres.

Il avait toujours rêvé d'avoir un héritier mais il était hors de question que ce môme puisse être le sien.

En entendant une porte s'ouvrir, il se précipita vers la sortie et pivota sur sa gauche. Il saisit deux bûches quand, son cœur en ratant un battement, il entendit la voix de Merlin :

— Gauvain ?

— Oui.

Le regard posé sur un visage plus serein que la veille, il s'étonna de le trouver toujours aussi attirant qu'autrefois. Mais les yeux océan avaient perdus leurs éclats. Était-ce à cause lui que le sorcier paraissait moins tenir à la vie ?

— P'pa ! coupa l'enfant en prenant toute l'attention de Merlin, oncle Gauvain m'a promis d'aller pêcher !

— Oh, je vois, taquina le sorcier en ébouriffant les boucles blondes, vous aviez déjà prévu une sortie entre vous, n'est-ce pas ?

— Mais, si tu veux, reprit Adrian, tu peux venir avec nous aussi...

— Non, c'est gentil mon trésor, tu sais que je dois aller voir Grand-mère ?

— Oui ! Tu lui feras un bisou de ma part !

— D'accord, mais avant de commencer cette journée, allons déjeuner...

Arthur sentait que le môme voulait juste l'éloigner un temps du sorcier. Adrian semblait bien plus malin qu'il ne laissait paraître et Arthur savait qu'il ne se laisserait pas faire.

Assis sur une chaise, il regardait Merlin chauffer du lait pendant que l'enfant raclait une grosse barre de chocolat noir. Il pencha la tête quelques secondes et prit enfin le temps de détailler ce gamin. Ce fut le cœur palpitant d'angoisse qu'il dut conclure que ce garçon devait vraiment être le sien. Il avait les cheveux de sa mère Ygraine et les yeux de Merlin, mais le plus beau était de découvrir le même sourire sur ses lèvres.

— Voilà ton café bien serré Gauvain, lui chuchota Merlin en déposant la tasse devant lui.

Arthur plissa ses paupières et rumina intérieurement. Il voulait aussi du chocolat chaud !

— Tu as l'air contrarié ? lui murmura Merlin.

Arthur but d'une traite le liquide et leva son visage vers ce dernier.

— Aucun problème.

Merlin éclata de rire en secouant la tête, puis Arthur se figea en voyant ce dernier s'approcher de lui et déposer un doux baiser sur sa chevelure. Gauvain et Merlin avaient une étrange relation...

.

à suivre, mercredi prochain.