Tales of a Father
Chapter One - Daddy
Warning : T
Disclaimer : One Piece appartient à Oda, dans le lot seul Asling m'appartient.
Bêta Reader : Kaizoku Rei Nevermore
Résumé : On peut se préparer à beaucoup de choses, se prémunir contre nombre de problèmes et même souscrire à une assurance vie. Mais rien ne nous prépare jamais à être père, et c'est quelque chose que Trafalgar Law va apprendre découvrir les joies d'être parents transforme chaque journée en une passionnante aventure.
Informations : Une fanfiction inspirée par l'émission Baby Boom que j'ai décidé de mettre sur papier. L'histoire se construira au fur et à mesure des écrits et surtout de mon inspiration et ma motivation, ce qui veut également dire que la publication de cette histoire sera éparse, et je m'en excuse d'avance. J'espère néanmoins qu'elle vous plaira !
Pour le reste : Après un court prologue, voici donc le premier chapitre ! Je préviens, petit risque spoil si vous ne lisez pas les scans. Bonne lecture !
Alangui sur le canapé, il savourait l'instant présent : le vent du soir qui pénétrait par une fenêtre entrouverte et venait jouer sur son corps nu, la respiration profonde de son meilleur ami allongé pas loin, et celle beaucoup plus paisible du petit être qu'il tenait d'une main contre lui, avec tendresse, ayant presque peur de le briser tellement il paraissait fragile, sa main libre caressant doucement son duvet de cheveux bruns.
Les yeux fermés, il appréciait de sentir la peau douce de son fils contre lui, ce dernier étant presque aussi nu que lui, portant une simple lange en guise de vêtement – prévoyance, quand tu nous tiens. L'intimité du moment le laissait détendu et il lui semblait qu'ils étaient les seuls au monde, que rien ne pourrait briser cet instant. Parce que malgré tout ils avaient raison dans ce livre, ce traitre de livre qui s'était sournoisement glissé entre celui de la chirurgie cardiaque et celui de la chirurgie vasculaire.
Ce même livre que ce traître de vendeur avait laissé trainer sur une étagère, à la vue de tous, et plus particulièrement à la sienne ! Ce satané livre sur l'arrivé de bébé à la maison qui donnait plusieurs conseils pour tisser des liens avec lui, et cette méthode de peau à peau en faisait partie – quoiqu'il avait légèrement extrapolé sur le côté entièrement nu, mais ça c'était lui, que voulez-vous ! Et il devait dire qu'il appréciait grandement ce genre de moment, il avait la nette impression qu'un lien se créait peu à peu entre lui et son fils, qu'un fil invisible les reliait et que chaque jour qui passait le renforçait, quelque chose d'immuable se construisait entre eux, il en était certain.
Et pourtant il avait bien essayé de s'en débarrasser ! Il aurait bien voulut le remettre à ce couple comme il l'avait décidé au départ, mais voilà, il avait fait l'erreur de vouloir simplement le garder pour une nuit, parce qu'il avait été curieux de savoir ce que cela faisait d'avoir un enfant. Autant dire qu'il avait nombre de fois faillit l'emmener directement devant la porte de la famille qu'il avait repérée, seulement voilà, il s'était dit que dans le froid il pourrait attraper la mort, et quelque chose au fond de lui se révoltait contre ça.
Cependant, lorsqu'il le gardait contre son torse nu pour le réchauffer et calmer ses pleurs, quand il s'était allongé pour la première fois avec son petit bonhomme contre lui, quelque chose c'était produit. Depuis, il avait bien tenté de le laisser à la porte de la petite bicoque où le fameux couple habitait, mais à chaque fois il avait fait demi-tour, à chaque fois il était revenu dans sa chambre sous les yeux amusés de son Capitaine qui observait son petit manège.
Il n'avait jamais put se résoudre à l'abandonner et s'était trouvé tout un tas de raisons, comme celle qu'il était son père et donc par nature savait ce qui était bon pour lui, et puis ces gens avaient l'air pauvres, comment pourraient-ils subvenir correctement aux besoins d'un si petit enfant ? Alors les jours passant, il s'était peu à peu équipé, se disant que c'était juste temporaire, à la seule différence que cela faisait maintenant presque un mois que ça durait. Mais aujourd'hui il venait de prendre sa décision, et il était bien décidé à la respecter jusqu'au bout cette fois !
Soudain, on frappa à la porte de sa chambre, puis on entra sans attendre sa réponse. Pour autant, il ne bougea pas, sachant déjà qu'il n'y avait qu'une seule personne pour agir de la sorte, et puis, il voulait prolonger encore un peu ce moment avec son fils. Il se passa à peine quelques minutes, que son Capitaine brisa définitivement le moment magique, le ramenant à la réalité.
- Law ? l'appela-t-il.
- Hm ? fut la réponse évasive de l'interpellé.
- J'ai besoin de toi, lui dit-il.
- Et vous pouvez pas demander à quelqu'un d'autre ? lui demanda Law.
- T'es mon médecin d'bord, donc non, lui répondit son supérieur de façon catégorique mais amusé.
Soupirant, le chirurgien ouvrit lentement un œil, découvrant la haute silhouette blonde de son Capitaine penché au-dessus de lui, appuyé contre le dos de son canapé, un sourire moqueur sur ses lèvres et ses éternelles lunettes juché sur son nez, l'empêchant de voir ses yeux –l'avait-il d'ailleurs seulement vu une fois sans ? Ce fut son fils qui le tira de sa contemplation en bougeant et en geignant un peu, l'obligeant finalement à se lever.
- Je le change et j'arrive, expliqua rapidement Law en prenant la direction de la salle de bain.
- Ah, j'me demandais bien d'où venait cette odeur, lui lança le blond.
Préférant ne pas répondre à cette pique, le chirurgien entra directement dans la salle d'eau et posa son fils sur la table à langer qu'il avait aménagée – provisoirement, encore un coup, mais qui s'était améliorée au fil des jours, comme le reste. C'était d'un geste dorénavant sûr qu'il attrapait ce qu'il lui fallait : lingettes, talc, nouvelle lange… Et c'était avec rapidité et ingéniosité qu'il évitait désormais les pipis intempestifs que son fils lui envoyait en riant.
- Cela t'amuse, petit garnement, n'est-ce pas ? lui lança-t-il.
Oh il n'attendait pas de réponse – son fils ne parlerait pas avant longtemps encore et il le savait – mais entendre les rires lui répondre réchauffait quelque chose au fond de lui et il ne pouvait s'empêcher de lui sourire tendrement. Puis la voix de son Capitaine retentit dans son dos, alors qu'il enveloppait les fesses rondelettes dans une lange toute propre.
- Alors, il va se passer quoi, maintenant ? lui demanda-t-il, toujours aussi amusé.
- J'ai pris ma décision, répondit simplement le Chirurgien.
- Qui est ? s'impatienta le blond.
- Je le garde avec moi, affirma le jeune père.
Un haussement de sourcil qu'il ne put voir lui répondit, cependant, il put parfaitement discerner le grand sourire moqueur alors qu'il se retournait vers son supérieur, son fils changé et calme dans les bras.
- Je vois… Je me demande combien de temps tu tiendras… dit ce dernier pensif.
- Au moins jusqu'à sa majorité, lui précisa le jeune homme.
- Vraiment ?
- C'est mon fils…
Un léger froncement de sourcil, à peine perceptible pour qui ne le connaissait pas – ce qui n'était pas le cas de son Capitaine qui devait le connaitre presque aussi bien que sa mère –, pour marquer une pointe d'agacement, puis il changea de sujet.
- Il va me falloir quelqu'un pour le garder.
Ce n'était pas vraiment une question, ou du moins était-elle sous-entendue, mais il s'agissait là plus d'une affirmation à voix haute à l'intention de son Capitaine. Par là même, il demandait la bénédiction de ce dernier afin de recruter quelqu'un pour ce faire, une personne qui serait entièrement dévouée à cela et qui s'occuperait de son enfant lorsqu'il devrait partir en mission, bref une nounou à temps plein.
- Confie-le aux filles, proposa simplement son Capitaine.
Il n'infirmait, ni ne confirmait son désir, mais Law savait avoir sa bénédiction, il verrait simplement le moment venu si ça lui convenait ou pas. Nouveau froncement de sourcils néanmoins, contrarié qu'il était à l'idée de confier son précieux fils à ces filles de débauche, pendues au cou de son Capitaine, aguichant les sens de ses hommes et échauffant les esprits autant que les corps. Non vraiment, l'idée ne lui plaisait guère, pourtant, il n'y avait personne d'autre sur toute l'île à qui confier le petit… Et puis, étant des femmes, elles devraient savoir s'en occuper non ? Au moins un minimum…
Se rassurant comme il le pouvait, il mit son précieux trésor entre les mains répugnantes de l'une d'elles. Puis il repartit, le cœur inquiet, se promettant se revenir au plus vite à peine venait-il de le quitter qu'il lui manquait déjà, et les pleurs de son fils qui résonnaient dans son dos n'étaient pas pour arranger les choses. Mais c'était une chose à laquelle il faudrait qu'ils s'habituent, tous les deux. Il restait un Pirate et en tant que tel avait des devoirs et des obligations.
Replaçant son bonnet tacheté sur sa tête, il se concentra sur la tâche qui l'attendait, et qui serait sans doute rendue plus ardue encore par les brutes de son Capitaine, qui se transformaient en chochottes dès qu'il s'agissait de passer sur sa table ! Certes, il était un peu sadique et aimait parfois à faire souffrir certains patients qui l'énervaient, mais tout de même, il aurait cru que les hommes avec qui il naviguait étaient un peu moins douillets et ne se mettrait pas à pleurer devant une simple aiguille !
Quoiqu'il en soit, il réussit tout de même à tous les soigner, avec l'aide de Bepo bien sûr qui maintenait les plus récalcitrants à se faire soigner – et que Law prenait un malin plaisir à faire souffrir pour oser ainsi le garder éloigné de son fils. Et ce ne fut qu'après de longues heures passées dans l'infirmerie qu'il put enfin rejoindre son fils, ses pas rendus pressants alors que les pleurs angoissés de ce dernier lui parvenaient plus distinctement à mesure qu'il se rapprochait.
Ouvrant la porte avec fracas, la scène qu'il découvrit le laissa en rage : à moitié nue, ces femmes de plaisir se baladaient, certaines se prélassant, ignorant les pleurs du petit, qu'il trouva délaissé sur un coussin, ce dernier lui-même abandonné dans un coin. Voyant rouge, il se dirigea d'un pas décisif vers son fils, empressé de pouvoir le prendre dans ses bras et le réconforter. L'une d'elle eut alors le malheur de l'interpeler sur le chemin…
- Hey Law, il est chiant ton fils, il n'a pas arrêté de pleurer ! lui lança-t-elle, exécrée.
Il n'en fallut pas plus au jeune homme pour exploser. Se retournant prestement, avec la vivacité d'un félin, il dégaina son Nodachi et la lame vint alors se planter dans le corps frêle de sa victime qui n'eut pas le temps de comprendre ce qu'il lui arrivait. À peine un souffle et elle s'écroula au sol lorsque le pirate retira l'arme de son corps. Puis sans un mot, il nettoya l'arme souillée de sang et pris son enfant contre lui ce dernier se calma un peu en retrouvant les bras familiers de son père, mais n'arrêta pas pour autant de pleurer.
Tout le monde s'écarta de son chemin alors qu'il retournait à sa chambre, ses yeux parlaient pour lui, et la colère qui s'y lisait faisait qu'on ne lui cherchait aucune noise. De fait, ce ne fut qu'après quelques heures, qu'il passa enfermé dans sa chambre à s'occuper de son fils et à le calmer – autant qu'il se calmait lui-même – que quelqu'un osa toquer à la porte et entrer. Un léger tic agita sa joue alors qu'il savait parfaitement qui était là et surtout pourquoi.
- Law… commença la voix dans son dos.
- Vous auriez vu comment elles l'ont traité, c'était tout ce que cette garce méritait ! lança-t-il sans attendre quoi que ce soit.
Se retournant vers son supérieur, ce dernier put voir toute sa rage dans ses yeux. Puis Law attrapa sa tête entre ses mains, tentant d'endiguer le flot haineux qui montait de ses entrailles, sa respiration rendue courte par toute la colère qui l'habitait.
- Je les tuerais, murmura-t-il, je vous assure que je les tuerais si elles osent ne seraient-ce que s'approcher de lui…
- Je sais, fut la simple réponse que le blond lui donna, en même temps qu'il sentait deux autres mains entourer son crâne.
Ces deux mains lui semblaient tellement gigantesque qu'il avait toujours cru – et croyait toujours – qu'elles pourraient l'écraser d'une simple pression. C'est qui l'avait fait craindre cet homme de prime abord, ça et la réputation qu'il avait – la prime sur sa tête était déjà conséquente à l'époque. Mais il avait appris à le respecter, et même à l'apprécier dans une certaine mesure, c'était juste cette extravagance qui le caractérisait qui le faisait encore tiquer par moment. Mais il devait avouer qu'il s'agissait tout de même d'un grand homme, un grand Pirate dont la renommée n'était plus à faire et dont la puissance figurait parmi les plus grandes de cette ère.
Étrangement, ce contact le calma, et il put retrouver une respiration à peu près normale. Puis les légers pleurs de son fils le firent bouger presque à la vitesse de l'éclair, et il se libéra de l'emprise de son Capitaine pour venir prendre ce dernier dans ses bras et le bercer doucement, ce qui acheva de le calmer : la présence de son fils avait aussi ce côté bénéfique. Gardant la petite tête brune contre lui, il sentit plus qu'il ne vit son chef arriver derrière lui. Ce dernier regarda un moment l'être minuscule se calmer au contact de son médecin de bord.
- Ne me donnez plus de missions pour le moment, demanda soudainement le brun.
- Ça je ne peux pas, lui répondit son Capitaine.
- Laissez-moi trouver quelqu'un pour lui, tenta-t-il à nouveau.
- Tu es mon meilleur médecin, répliqua son interlocuteur.
Sa joue tiqua à nouveau, la partie était perdue d'avance et il allait lui falloir trouver un autre moyen pour mettre son fils en sécurité. A qui donc pourrait-il confier un être aussi fragile ? À peu près tous les hommes qui vivaient ici étaient des brutes épaisses, sans aucune douceur ni aucune notion de respect. Leur Second peut-être ? Non, ce dernier était trop tête-en-l'air, il était bien capable d'oublier son fils quelque part dans la villa qu'ils occupaient ! C'était un risque trop grand à prendre, mais à qui diable pourrait-il alors confier l'enfant ?
- Tu n'auras qu'à me le confier, répondit soudainement la voix de son Capitaine juste à côté de son oreille.
Law se retint à grand peine de hurler un énorme "Non" au visage de ce dernier. Confier son fils à cet homme extravagant et à moitié cinglé ? Saurait-il seulement s'en occuper comme il faut, ne reproduirait-il pas le même schéma que les filles ? Ne risquait-il pas de l'abandonner quelque part, voire même pire, de s'en débarrasser ?
- De quoi donc as-tu peur petit Law ? le questionna soudainement l'homme de ses pensées.
Quelque chose avait dû se lire sur son visage, et il se donna une baffe mentale : c'est de son Capitaine dont on parlait ! S'il était incapable de lui faire confiance pour lui confier son fils, autant qu'il déménage de suite ! Et au final, s'il y réfléchissait c'était au final la meilleure option qui s'offrait à lui : personne n'oserait toucher au petit si ce dernier était sous la protection d'un homme aussi puissant. Malgré tout, il y avait une chose qui le faisait tiquer…
- Ne m'appelez pas comme ça, répliqua-t-il du tact au tact.
Il n'était plus petit que diable ! Même si physiquement parlant son Capitaine faisait au moins quatre à cinq tête de plus que lui, il était majeur et vacciné – la preuve étant désormais dans ses bras !
- Ça ne réponds pas à ma question, lui répondit son interlocuteur, pas vexé pour un sou.
- Il faut que je le couche, fut la seule sortie que trouva Law pour élucider ladite question.
S'éloignant de son Capitaine, il se dirigea vers sa chambre, un petit lit y ayant été installé par ses soins. Un dernier baiser sur le front de son fils et il déposa délicatement ce dernier dans les draps, le bordant avec soin. Puis il resta un instant au-dessus de lui, passant une main sur son visage, se demandant un court instant s'il avait bien fait de le garder. Mais rapidement il se reprit, c'était son fils et il lui était interdit de penser de telles choses ! Certes, il n'avait pas su à quoi s'attendre, mais sa décision était prise, il devait désormais en assumer les conséquences. Et puis surtout, qu'adviendrait-il de son honneur s'il revenait sur ce qu'il avait dit ?
Ce qu'il ne vit pas durant tout le temps que dura sa réflexion, ce fut le sourire victorieux de son Capitaine, qui savait la partie acquise, et il était désormais certain d'avoir le petit entre les bras lors de la prochaine mission de son jeune médecin. D'ailleurs maintenant qu'il y pensait, il y avait bien un petit groupe de soi-disant pirates qui faisaient un peu de zèle en ce moment près de l'île, cela pourrait être une occasion…
- Au fait, tu l'as appelé comment ? demanda soudainement le blond.
- Asling, répondit Law après un court instant. Trafalgar Asling, précisa-t-il avec une pointe de fierté au fond de la voix.
- Et bien tu lui souhaiteras la bienvenue à bord, lança son Capitaine, avant de le planter là et de prendre la direction de la sortie.
De son côté, Law esquissa un petit sourire, heureux au final que son Capitaine prenne bien sa paternité. Il entendit alors la porte d'entrée s'ouvrir et Bepo rentrer les courses qu'il lui avait demandées, les bras sans doute chargés de paquets, en même temps que son visiteur quittait les lieux. Il passa une dernière fois sa main sur la petite tête brune endormie, puis s'en alla voir comment Bepo se débrouillait dans leur petit salon.
Cela avait été dur de réussir à prendre le petit des mains de son père, mais il avait fini par y arriver, et le petit Asling était désormais installé sur ses genoux, lui-même tranquillement assis dans son canapé d'un rouge grenat, placé dans la cour de la villa qu'il avait investie avec ses hommes. Une grande piscine en son centre était remplie de diverses jeunes filles en beauté – parce que oui il aimait les belles femmes et ne s'en cachait pas. D'autres l'entouraient sur le canapé, curieuses de l'étrangeté qu'il tenait contre lui et qui les regardait avec cette même lueur de curiosité au fond des yeux, se demandant sans doute ce qu'elles lui voulaient.
La plupart se pressait autour de lui, s'extasiant devant sa bouille arrondie, le trouvant parfois craquant dans son T-shirt trop grand pour lui. D'autres se demandaient comment se débrouillait cet homme pour que le bébé ne se mette pas à pleurer. En fait c'était totalement par hasard qu'il avait finit par trouver comment occuper le petit et le faire rire, le temps que son père s'occupe du petit problème dont il l'avait chargé. Aussi le géant blond s'amusait-il par moment à user de ses pouvoirs et à faire agir certaines personnes à sa guise, les manipulant telle un chef marionnettiste. Et à chaque fois Asling souriait et gazouillait gaiement, émettant parfois quelques onomatopées.
Son regard noir et dur était posé sur le jeune garçon qu'il tenait au bout de son nodachi, prêt à le découper au moindre geste un peu trop brusque. La pauvre victime, pour sa part, déglutissait avec difficulté et était morte de peur elle avait lâché son sabre et priait alors qu'elle pensait sa dernière heure venue – bien qu'elle tardait à venir… Law en profita pour le détailler alors, sa casquette blanche qui recouvrait des cheveux semblable à de la paille, coupés au-dessus des épaules, les traits arrondis de son visage et son petit nez droit, quelques boutons synonyme de son adolescence.
Allez savoir ce qui le décida, peut-être son jeune âge ou les lunettes qu'il portait qui lui rappelait quelqu'un – bien que la forme soit totalement différente et plus banale dans son cas. Quoiqu'il en soit il retira la lame tranchante du cou de sa victime qui pour le coup fut plutôt étonné de se voir épargné. Rengainant son arme, le Chirurgien resta encore un instant à toisa le plus jeune qui n'osait toujours pas bouger, attendant un mot de son bourreau.
- Est-ce que tu sais t'occuper d'enfants ? lui demanda soudainement ce dernier.
- Heu…
Plus que perplexe, la jeune victime ne savait que répondre était-ce là une nouvelle façon de procéder ? Un piège, sans doute ? Mais dans quel but en ce cas, car il le tenait déjà sous sa coupe !
- Réponds ! le somma la voix autoritaire du brun.
- Je… J'ai… J'ai aidé ma mère à élever mes petits frères, lui avoua-t-il finalement en toute honnêteté.
Law l'examina un instant, essayant de deviner s'il s'agissait d'un mensonge ou non, puis ne voyant aucune trace de supercherie – de toute façon si c'était faux, il pourrait très bien le tuer plus tard – il commença à prendre le chemin du retour.
- Bepo, on l'emmène avec nous, lança le médecin à l'adresse de son Second.
- Aye ! répondit l'ours polaire.
- … Un ours qui parle ! s'écria le jeune blond après un temps de surprise.
- Désolé, laissa échapper Bepo, baissant la tête, abattu.
- Trop sensible ! s'exclama en retour son interlocuteur.
- Magnez-vous on n'a pas que ça à faire, les interpella Law un peu plus loin sur le chemin.
- Aye, lancèrent les deux autres en chœur.
Le chemin du retour fut assez calme et rapide, Law pressé de retrouver son fils pressait le pas, et les deux acolytes qu'il entrainait dans son sillage se retrouvaient obligés à leur tour de suivre sa cadence. Le silence régnait dans son dos et aucun n'osait troubler la marche silencieuse du médecin, le jeune garçon toujours intimidé par cet homme qui venait d'épargner sa vie, et Bepo habitué depuis peu aux "sautes d'humeur" de son chef.
Dans tous les cas, les deux compagnons de toujours furent assez étonnés lorsqu'ils arrivèrent, de voir le petit Asling en train de gigoter vigoureusement sur les genoux du grand Pirate et essayer de lui piquer ses lunettes en forme de bec de flamant rose. Leur Capitaine de son côté semblait ne pas s'en formaliser et empêchait simplement ces dernières de glisser, attrapant les petites mains de l'enfant pour les éloigner de son accessoire de mode.
- Tut tut, ça c'est interdit, soufflait-il, faisant sourire à nouveau l'enfant qui essaya encore une fois.
Law resta un instant interdit devant la scène de son fils gazouillant dans les mains immenses de son Capitaine. Hé bien s'il avait été effectivement inquiet de savoir dans quel état il retrouverait son fils, il était désormais rassuré de voir que ce dernier semblait apprécier sa nounou du jour et bien s'amuser avec elle. Au moins son supérieur semblait-il avoir un certain don avec les enfants…
Dans le même temps, le jeune garçon qu'il avait ramené avec lui avait pâli à la vue du pirate. Son corps était tétanisé de peur alors qu'il scrutait avec appréhension l'homme qui jouait presque innocemment avec l'enfant. S'il avait su plus tôt que ce taré qui l'avait sauvé travaillait pour l'un des hommes les plus dangereux au monde, sans doute l'aurait-il supplié de le tuer ! Parce que non vraiment pour rien au monde il n'aurait voulu faire face à Donquixote Doflamingo !
Une main – patte ? – dans son dos le poussa à avancer en direction de l'homme parmi les plus terrifiants des Mers. Déglutissant, il suivit malgré lui son "sauveur" jusqu'au canapé où était installé l'homme de ses frayeurs il se mit à prier intérieurement, recommandant son âme au Seigneur – il faut dire que ses espoirs de survie étaient nettement amoindris, pour ne pas dire inexistants. Il fit un effort, qu'il qualifierait plus tard de surhumain, pour ne pas tomber dans les pommes lorsqu'ils s'arrêtèrent devant son pire cauchemar.
La tête baissée, il jetait des regards apeurés autour de lui, cherchant une possible porte de sortie – voire même de quoi abréger ses souffrances. A peine osa-t-il relever les yeux lorsque les deux hommes commencèrent à parler.
- Déjà de retour ? demanda Doflamingo – qui empêchait toujours le petit chenapan de lui piquer ses lunettes. Ç'a été rapide, remarqua-t-il.
- Ce n'était pas une mission que je qualifierais de difficile, lui répondit simplement Law.
- Oh, notre petit Law aurait-il gagné en assurance ? lança son Capitaine.
- Est-ce que je pourrais récupérer mon fils ? répliqua le médecin en tiquant.
- Et qu'est-ce que tu nous as ramené au juste ? contre-attaqua le plus âgé.
L'enfoiré, il avait encore gagné ! Tiquant à nouveau, Law jeta un regard désabusé sur la silhouette qui tentait d'une façon où d'une autre de se faire discrète en se planquant derrière lui. C'est qu'il l'avait presque oublié celui-là… Faisant de nouveau face à son Capitaine, il planta son regard droit dans le sien.
- C'est lui que j'ai choisi, dit-il simplement à l'adresse de son supérieur.
Le sourire de ce dernier s'accentua alors qu'il détaillait le gamin qui tentait de se soustraire d'une manière ou d'une autre à son regard. Il aimait à intimider les gens et à s'amuser de leur peur, aussi se délecta-t-il de la panique du jeune garçon lorsqu'il usa de ses pouvoirs pour l'amener plus près de lui. Autant dire que l'esprit de sa pauvre victime était en pleine ferveur religieuse et confessait chacun de ses péchés.
D'un doigt, Doflamingo releva la tête de l'adolescent pour le scruter de plus près et s'amuser encore un peu de sa terreur. En face de lui, ce dernier déglutit avec difficulté et pâlit un peu plus. De son côté Law observait la scène, impassible et attendant le jugement de son Capitaine, qui finit par relâcher le gamin qu'il avait ramené avec lui.
- Et il s'appelle comment le petit ? demanda soudainement son aîné.
Ah tiens, c'est vrai qu'il avait oublié de le lui demander… Aussi darda-t-il son regard sur ledit "petit" – avec de la chance ça lui ferait des vacances à ce niveau-là.
- Pour autant que je sache, il a une langue, répondit-il simplement.
Ou l'art de se rattraper comme on pouvait et de se donner un air, même s'il savait parfaitement que son Capitaine avait parfaitement compris son petit jeu !
- Alors ? réitéra Doflamingo à l'adresse du cadet.
- Sa… commença ce dernier tout tremblotant. Sachi, réussit-il à dire avec moult d'effort.
- Hé bien j'espère pour toi Law qu'il saura se débrouiller, donna-t-il finalement son consentement de Capitaine.
Law acquiesça simplement et s'approcha pour récupérer son fils, que son supérieur lui rendit, puis commença à marcher en direction des bâtiments intérieurs, sommant le nouveau de le suivre. Loin de se faire prier, Sachi se précipita à la suite de son sauveur, se demandant comment il avait put réchapper de cette rencontre, mais heureux d'être toujours en vie !
Une fois rendu dans sa chambre, Law fit un rapide tour du propriétaire à la nouvelle nounou, lui expliquant ou trouver quoi – à partir de ce moment-là, Sachi ne douta plus une seconde de la raison pour laquelle cet homme l'avait épargné, et au final était plutôt heureux de devoir s'occuper d'un enfant. Une fois cela fait, le jeune père se tourna vers son cadet et lui confia alors son fils avec douceur.
Attrapant le poupon avec soin, Sachi le cala correctement dans ses bras et sourit au petit qui le regardait avec curiosité, se demandant ce que cette nouvelle tête faisait dans son entourage. Mais aucun pleur ne se fit entendre alors que le jeune garçon le berçait doucement, tandis que Law observait la scène, constatant qu'il ne lui avait pas menti et savait s'occuper de jeunes enfants, heureux également d'avoir pu trouver quelqu'un à qui le confier, et en qui il pourrait avoir confiance.
Exténué par cette nouvelle journée, c'est avec bonheur que Law et Bepo retrouvèrent la chambre qu'ils partageaient désormais avec Sachi, ce dernier s'occupant toujours d'Asling. Ce fut d'ailleurs la première chose que chercha Law : son fils. Entendant quelques rires provenant de la salle d'eau, il s'y dirigea après avoir déposé ses affaires dans un coin approprié – soit loin des mains baladeuses de son fils qui aimait découvrir la chambre depuis qu'il avait découvert comment marcher…
S'arrêtant sur le pas de la porte, il observa le jeune garçon qu'il avait recueilli depuis presque un an désormais en train de sécher son fils qui sortait tout juste du bain. Ce dernier riait et gigotait dans tous les sens, tentant de basculer sur le ventre pour échapper à son geôlier à quatre pattes. Habitué, Sachi ne se laissait pas faire et arrivait habilement à maîtriser le petit garnement tout en souriant de ses tentatives et s'amusant avec lui. Le sourire de Law s'agrandit lorsqu'Asling – de retour sur le dos – tendit ses petits bras vers sa nounou pour crier un :
- Daddy !
- Ah non, moi c'est Sachi, lui répondit sa nounou.
- Daddy ! réitéra l'enfant.
- Sa-chi, lui répéta l'adolescent.
- Je serais presque jaloux que son premier mot soit pour toi, intervint soudainement Law, faisant sursauter le jeune garçon.
- Oh, vous… Vous êtes rentré ! Je… Bienvenue, l'accueillit-il, les joues rosissant un peu.
- Au moins aurais-je eut droit à ses premiers pas, le rassura Law.
Cela datait d'i peine quelques jours, alors qu'ils étaient tous les quatre dans le salon et qu'Asling s'exerçait à tenir sur ses jambes tout seul. C'est alors que Sachi avait décidé de le laisser se débrouiller tout seul, après de vives protestations de la part du bébé. Son fils avait alors lâché la chaise à laquelle il s'accrochait et avait fait ses premiers pas vers lui, avant de basculer en avant et d'atterrir dans les bras de son père, un grand sourire aux lèvres.
- Papa ! le ramena soudain la voix de son fils.
- Oh, je suis heureux d'avoir enfin ton attention, lui répondit le jeune père.
Un sourire aux lèvres, Law s'approcha de son fils pour le prendre dans ses bras, heureux que tout se passe bien, que son fils se développe comme il faut, que tous aient fini par l'accepter, et qu'il ait développé un lien avec Sachi.
- Dis-moi Sachi, quel était ton rôle sur ton ancien bateau ? lui demanda soudainement le médecin.
- J'étudiais la cartographie pourquoi ? lui répondit l'interpellé, étonné d'une telle question.
- Bien, j'aurais sans doute un autre projet pour toi…
Voilà pour ce chapitre un ! Bon, j'extrapole simplement sur le rôle de Sachi à bord, étant donné que nous n'avons aucune informations sur qui fait quoi, je me suis permis quelques libertés à ce niveau là. En espérant que cette lecture vous ait plu, je vous donne rendez-vous pour le chapitre deux !
