Merci à Ste7851, Oscarangel, Eileen1976, Fofix, Shadow Spark 3110 et ma Poly.
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Il comprit au fil des semaines suivantes que son «à bientôt !» signifiait qu'elle passerait deux à trois fois par semaine et toujours pour acheter des potions qu'il considérait comme étant insignifiantes. Même s'il ne pouvait pas se permettre de commenter.
Plus le nombre de visites augmentait et plus il constatait une certaine ouverture de la part de la jeune femme.
Elle lui souriait et n'hésitait pas à engager la conversation. Il avait d'ailleurs apprit comme ça qu'elle avait été mariée mais qu'elle était divorcée depuis des années.
Elle n'avait jamais craint de lui parler.
C'était bien plus que ce qu'il pouvait dire à propos des quelques clients qui venaient eux-mêmes récupérer leurs commandes.
Il s'étonna également à nombreuses reprises de l'impression qu'elle lui donnait. Il avait l'impression de *déjà* la connaitre.
Idée farfelue qu'il congédia vite, bien qu'il ait une amnésie partielle, et de ce fait n'avait que de vagues souvenirs des gens qu'il avait pu croiser dans sa vie d'avant.
Il n'avait jamais été du genre à entretenir une relation de quelconque nature que ce soit, et n'avait surtout pas essayé depuis fort longtemps, alors, quand l'idée de l'inviter à prendre le thé germât dans sa tête il se dit qu'il n'avait pas grand-chose à perdre.
A part une demi-dizaine de potions.
Surveillant son magasin vide de toute présence à par la leur, il regarda l'heure qu'il jugea assez avancée pour qu'il puisse se lancer.
-Miss ?
Chose insolite, durant toutes ces semaines de visites il n'avait jamais pensé à lui demander son nom.
Savoir qu'elle n'était plus mariée avait eût l'air amplement suffisant de son point de vue.
Elle se retourna.
-Oui ?!
Ne la regardant pas véritablement en face, il lança.
-Je pensais… Je me demandais si, vu l'heure, vous ne m'accompagnerez pas pour un thé ?
Observant avec grande attention les yeux de la jeune femme s'animer et son sourire s'agrandir, il comprit qu'il avait fait quelque chose de bien.
-Et bien… ça fait longtemps que j'ai échangé le thé pour du café mais ce sera avec plaisir !
Il laissa échapper à ce moment-là un soupir soulagé. Elle avait dit *oui*.
Il avait cette soudaine envie de voir où pouvait mener ce rituel qu'elle avait semblé désespérée de vouloir imposer.
-Je ne bois que très peu souvent de café mais je pense que ce que j'ai peu vous convenir.
Elle laissa trainer son regard sur lui quelques secondes.
-De ça j'en suis sûre.
Il déglutît avec peine puis lui indiqua la direction à suivre, la porte qui se trouvait à droite derrière le comptoir.
-Par ici.
Se maudissant d'avoir le timbre de voix plus grave qu'à l'ordinaire, il essaya tant bien que mal de ne rien laisser paraitre de son trouble, se concentrant sur la présentation du service à thé.
La voix légère, elle s'enquit.
-Dites-moi… Est-ce que vous avez souvent l'habitude d'emmener vos clients ici ?!
Il laissa tomber une tasse, qui résonna contre sa soucoupe. Il pensait avoir détecté une pointe de taquinerie mais n'en n'était pas sûr.
La jeune femme prit peur devant le silence de l'homme.
-Pardon ! Ne le prenez pas mal c'était juste une plaisanterie.
Essayant de ne pas trop paraitre agacé, il répondit calmement.
-Non, ce n'est pas dans mes habitudes. D'ailleurs vous êtes la seule personne avec qui je communique autant.
Un voile de tristesse passa dans les yeux noisette de sa cliente sans qu'il ne sache pourquoi.
-Je suis désolée.
Il balaya ses paroles, gêné.
-Ne le soyez pas, ce n'est pas de votre faute et je sais parfaitement que je n'ai pas le caractère le plus facile qui soit.
Quelque chose de familier apparût sur le visage de la jeune femme. Quelque chose qu'il était sûr de connaitre mais ne parvenait pas bien à définir.
Pour une fois il ouvrit la bouche sans se poser de question.
-Est-ce que je vous connais ?
Elle se figea instantanément.
-Pardonnez ma maladresse mais….
-Pourquoi dites-vous ça ?!
-Je ne sais pas. Depuis un certain temps j'ai l'impression que… que l'on s'est déjà croisés.
Remarquant de suite sa posture rigide et son sourire forcé, il se dit qu'il avait peut-être mit le doigt sur quelque chose de concret.
Ça n'était pas bon. Pas bon du tout lorsqu'il réfléchissait au tas d'ennemis qu'il s'était fait par le passé.
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