Bonjour à tous!
Je vous souhaite encore mes meilleurs vœux pour cette année 2016, il n'est pas trop tard ;-)
Voici donc le second OS ~ J'ai précisé cette fois-ci le résumé du manga, et j'ai aussi fait une brève présentation du personnage pour ne pas vous freiner dans votre lecture si vous ne connaissez pas le fandom. J'actualiserais aussi la photo de couverture pour mettre à chaque fois l'image du personnage en question afin que vous puissiez l'avoir en tête. Pour plus de précisions, Google reste votre fidèle ami :-P
Sur ce, bonne lecture!
Fandom : Rokka no Yuusha/Les héros des six fleurs
Personnages principaux : Sakura Haruno, Hans Humpty
Pairing : Sakura x Hans
Résumé du manga : Quand le Majin, une entité démoniaque née 1000 ans auparavant et scellée par la Sainte de la Fleur Unique, se réveille à nouveau, la déesse de la destinée désigne six guerriers à qui elle accorde le pouvoir de sauver le monde. Apparait alors sur le corps de chacun de ces héros le tatouage d'une fleur à six pétales et vient l'heure pour eux de se réunir.
Présentation du personnage : Hans Humpty est l'un de ces six héros. Elevé par des chats, il en a hérité l'apparence et le comportement. C'est un tueur à gages, considéré comme le deuxième héros le plus redouté, à la fois par sa force et par son intelligence.
Contexte de l'OS : Il se situe avant la nomination des six héros. Il narre la rencontre entre Hans et Sakura jusqu'à l'apparition du tatouage. Je précise que tout est inventé et que rien de ce que je raconte ne correspond réellement à l'intrigue du manga.
Héros déchu
Hans Humpty – volumineux cheveux gris masquant des yeux pourtant vifs, sourire mesquin fleurissant en permanence sur ses lèvres fines, canines pointues, ongles acérés; grand par la taille, mince de gabarit, mais fort de ses muscles entrainés. Souple, agile, rapide, il se mouvait tel un félin parmi les ombres du jour et les lueurs de la nuit. Expérimenté et professionnel, il restait invisible aux yeux des bonnes gens ordinaires et se parait d'une auréole de mystère. Assassin à plein temps, érudit à ses heures perdues; peu savaient son métier, moins encore avaient ouï dire de son affect.
Insaisissable de nature, mais prévisible à sa guise. Révélé quand il en avait l'envie, dévoilé quand il accordait sa confiance. Cruellement amusé lors de l'achèvement de ses contrats, tendrement taquin dans l'intimité de sa hutte délabrée. Amant à chaque seconde par la pensée, trop rarement à son goût par les actes.
Hans était un voleur et un assassin; un tueur à gages.
Jamais – ô grand jamais - il n'effectuait le moindre travail sans exiger de récompense en contrepartie, jusqu'au jour où il croisa le chemin d'une femme bien trop charmante pour la laisser dans le besoin. Elevé parmi les chats, il s'était naturellement accommodé à leur vie faite d'indépendance, mais on lui avait également enseigné qu'il était essentiel de garder à ses côtés une personne de confiance à qui réclamer de l'affection.
Lorsque Sakura Haruno avait surgi devant lui au détour d'un sentier au beau milieu de la forêt, échevelée, les cheveux curieusement roses emmêlés, les yeux jade brillants d'angoisse, la respiration haletante d'avoir trop couru et les membres tremblants sous l'adrénaline qui commençait à peine à retomber, Hans avait su que cette personne était apparue sous ses yeux. Croyant dur à toutes les légendes et autres superstitions dont il avait pu se gorger au travers des livres, il avait d'abord cru à une sorte d'apparition divine; un esprit de la forêt qui serait venu se révéler à lui. Ses yeux d'ordinaire cachés sous son épaisse frange s'étaient dévoilés par leur démesure, écarquillés de stupeur et d'admiration face à la kami aux couleurs chatoyantes.
Il ne s'était arraché à sa contemplation mystique qu'au moment où elle avait imploré son aide. Se laissant tomber à genoux devant lui, elle avait pudiquement baissé la tête pour cacher ses larmes naissantes avant d'entamer une faible litanie faite d'explications entrecoupées d'excuses et d'appels au secours. Elle avait chuchoté, la gorge serrée, qu'on la pourchassait à cause de sa chevelure incarnadine si semblable à la couleur des fleurs de cerisier; arbre tant détesté dans son royaume natal car réputé pour porter malheur à quiconque en percevait les nuances de rose. Sous l'autorité apeurée de ses parents, elle avait toujours tu son prénom et consciencieusement camouflé sa tête sous un capuchon, jusqu'au jour inévitable où, les mains pleines de victuailles en revenant du marché, elle fut surprise par une bourrasque de vent et incapable de rabattre la capuche sur son front. La diligence royale, qui circulait dans la Grand'Rue juste à cet instant en direction du château, passait devant elle tandis que le prince aperçut la couleur de ses cheveux. Maudit par cette vision, ce fut la débandade dans la rue et on ordonna à l'escorte du souverain d'arrêter la sorcière. La paysanne, abasourdie, n'avait pu qu'abandonner ses paquets avant de faire volte-face sous la menace des lances et des épées, courant du plus vite qu'elle le pouvait, continuant à courir longtemps, à courir encore, sans relâche depuis lors.
Aidez-moi, aidez-moi s'il vous plaît à fuir le plus loin possible. La jeune femme reniflait en serrant fort des mottes de terre entre ses doigts déjà bien amochés.
S'étant rapproché jusqu'à la surplomber de toute sa hauteur, Hans avait glissé ses prunelles perçantes sur sa tunique déchirée, son pantalon en lambeaux et ses pieds nus sanguinolents. Le tissu fin du reste de vêtements qu'elle portait ne cachait de toute évidence aucune poche pleine d'argent, et aucun objet de valeur ne se dessinait sur sa peau gracile. Il posa alors un genou à terre afin de s'abaisser à sa hauteur, et prit son menton entre ses doigts pour lui relever le visage. De son autre main, il caressa une mèche de cheveux – rêche quand il en atteignait la pointe, mais étonnamment plus douce à mesure qu'il se rapprochait des racines. Il nicha ensuite son nez félin au creux de son cou dégagé et en huma l'odeur sucrée des fleurs mêlée au sel piquant de la sueur. Puis, il fixa son regard dans le sien, se gorgea de l'émeraude précieux de ses orbes étincelants, avant de retracer du bout de sa langue râpeuse le sillon tracé par une de ses larmes.
Il avait en face de lui une quasi déesse – quasi parce qu'elle était bien réelle; il pouvait la toucher, la sentir, la goûter. Par sa seule présence et pour l'avoir laissé se nourrir d'elle, la jeune femme aux airs de kami avait déjà largement payé le prix de ses services les plus luxueux. Je vais vous aider. Devant ses prunelles reconnaissantes, il avait poussé le zèle jusqu'à demander : Votre nom ?
Sakura. Haruno Sakura.
Il n'avait plus jamais su la quitter depuis cet instant, déjà survenu deux années plus tôt.
Hans l'avait emmenée dans la hutte qui lui servait de logement lorsqu'il ne travaillait pas, lui précisant que c'était une première mesure de sécurité avant de lui faire passer la frontière. Mais les jours, puis les semaines et les mois avaient rapidement passé, et Sakura n'avait jamais franchi la frontière. Hans avait feint que les soldats y étaient postées trop nombreuse ment pour se trouver une excuse, et Sakura n'avait jamais nié son attachement croissant pour son sauveur et l'écoutait toujours se justifier avec le sourire.
Une routine s'était installée entre eux tandis que le tueur à gages avait repris son activité afin de gagner le nécessaire pour vivre, et tous deux avaient appris à se connaître mieux au fil du temps. En plus d'avoir le physique d'une déesse, la jeune femme possédait la même fascination que lui pour le savoir et l'exploration. Elle n'avait acquis que plus de divinité à ses yeux.
C'était elle qui lui avait fait découvrir le passage secret derrière la grande bibliothèque du royaume de Piena, et ce fut là qu'ils passèrent par la suite nombre de leurs nuits, blottis l'un contre l'autre à se gaver d'ouvrages sur l'immensité du monde.
Ce fut précisément durant l'une de ces escapades idylliques qu'il découvrit l'entière vérité. Hans en avait beaucoup rit au départ; il s'était tant moqué de ces gens que l'on auréolait de prestige et qui se paraient de gloire alors qu'il venait tout juste de découvrir qu'il n'en était rien en réalité. Ces personnes étaient risibles et pitoyables, que des héros minables.
Et pourtant, s'il avait su.
Un soir, ils se lovèrent l'un contre l'autre après le dîner, allongés sur le mince futon troué qui leur faisait office de couche. Mutine et gourmande, Sakura réclama encore davantage de baisers pour le dessert, et la hutte se réchauffait sensiblement à mesure que les étreintes se succédaient. Alors qu'elle abaissait tendrement le col du vêtement de son amant pour déposer une pluie de baisers sur le haut de son torse, elle s'immobilisa soudainement.
« Hans ? Il y a…une fleur, sur ta poitrine. »
Hans se releva avec précipitation pour se planter devant le petit miroir crasseux au coin de sa cabane. Il tira sur le col de sa tunique déjà bien déformée afin de dénuder le haut de son torse. Là, sur son pectoral gauche, sous ses doigts – sous ses yeux -, se dessinait le symbole rond orné de six fleurs. Ses ongles acérés en tracèrent le contour, un mince filet carmin suintant de sa peau pâle. Son sourire félin laissa place à une mâchoire crispée, son inquiétude et son agacement rehaussés par ses prunelles invisibles sous son épaisse tignasse grise.
Une petite main fine vint recouvrir le sceau de sa paume chaude afin de recueillir la perle de sang et d'empêcher le jeune homme de s'abimer davantage. Elle laissa la seconde choir sur son ventre et serra sa prise autour de la frêle et dure silhouette.
« Tu es devenu un héros, non ? Tu ne devrais pas avoir ce visage. »
« Un héros ? », cracha-t-il. « Te fous pas de moi. C'est une malédiction, oui ! »
Il avait découvert la vérité au détour de la double page d'un livre retraçant l'histoire du Majin et de la Sainte à la Fleur Unique. Les annotations d'un érudit qui avait su lire entre les lignes lui avaient révélé la véritable destinée des six héros de la fleur. Il n'avait jamais été question de leur faire combattre le démon dans l'espoir qu'ils puissent un jour le vaincre définitivement. Les six personnes choisies par la déesse n'étaient rien de plus que des sacrifices, de la nourriture bonne à repaitre le Majin jusqu'à son prochain réveil. Le cycle des héros suivait celui de sommeil de la plus grande créature des ténèbres jamais apparue.
Si Hans répondait à l'appel de la déesse, il allait mourir sans autre issue possible.
Se laissant glisser contre le corps de sa compagne, il laissa sa tête choir sur son ventre arrondi.
« Ne me laisse pas partir… »
Voilà, j'espère que ça vous a plu!
N'hésitez pas à me laisser votre avis ou même à me soumettre une doléance si jamais vous souhaitez voir un personnage en particulier ~
J'ai déjà quelques idées pour des OS sur Kuroko no Basket, Owari no Seraph ou même Magi :-)
