merci pour les reviews ^^
Chapitre deux
-pardon ?
De plus en plus confus, Fred cligna des yeux en essayant de comprendre ce que Marcus venait de dire.
Non seulement il ne s'était pas attendue à ce rire, mais encore moins à ces paroles, qui lui semblaient presque surréalistes. Alors qu'il pensait devoir faire face à un mélange de désarroi, de colère et d'amertume, il ne manifestait que du cynisme et de l'indifférence.
-Vous vous en moquez ? Mais vous…
Pour toute réponse, Marcus haussa ses larges épaules. Puis il se passa les deux mains dans ses cheveux noirs et brillants, comme s'il cherchait à se détendre après une longue et dure journée.
Mais ses traits étaient loin d'être détendus, constata Fred en contemplant ses lèvres sensuelles crispées, et le muscle qui tressaillait convulsivement.
-vous vous attendiez à ce que j'aie le cœur brisé ? Que je sois complètement désespéré ? Comme si j'avais perdu l'amour de ma vie ? demanda Marcus d'un ton dur. Eh bien, vous ne pouvez vous tromper davantage. Je n'aurai aucune difficulté à vivre après cela. En revanche, votre famille pourrait avoir du mal à s'en remettre. En fait…
Il s'interrompit car on avait frappé légèrement à la porte.
-Fred ? demanda la voix inquiète de son père. Tout va bien ? Que se passe-t-il ? …
-un moment ! interrompit brusquement Marcus, sans quitter Fred des yeux. Nous sortirons dans un instant.
Son regard brûlant le fit tressaillir.
Mais sous cette douceur apparente, Fred avait perçu la nuance autoritaire.
-vous allez le faire, affirma-t-il, d'un ton brusque et froid. Votre famille m'a déjà assez causé d'ennuis comme cela…
-le faire ?
-je devais épouser l'un des fils Waesley. Peu importe lequel.
Fred se demanda s'il se trouvait en proie à un affreux cauchemar. Mais hélas, il ne rêvait pas
-Vous plaisantez !
-Pas du tout, répliqua Marcus avec un haussement d'épaules. Vous êtes des jumeaux personnes ne verra la différence. On se marie, tout le monde s'amuse et puis on avisera.
-Quelle sorte de monstres êtes-vous ? s'écria Fred à la fois horrifiée et scandalisée. Vous ne pouvez pas changer de fiancé sur un claquement de doigt.
-Oh, mais si, affirma Marcus d'une voix glaciale. Un marché est un marché et il est hors de question que je me laisse duper par quiconque. Vous ne vous en tirerez pas aussi facilement avec moi.
Mais c'était George qui a rompu sa promesse, songea Fred, de plus en plus perplexe.
-votre famille avait-elle tout prévu depuis le début ? Continua-t-il. Vos parents ont voulu m'appâter avec votre frère, si charmeur et glamour en sachant parfaitement qu'il allait me laisser tomber.
Que voulait-il dire ? Que ses parents lui avaient en fait réservé le moins glamour de leurs fils ? Ses paroles lui faisaient l'effet d'une gifle, aussi brutale et douloureuse qu'un coup véritable.
-Il n'y avait aucun plan, dit Fred sèchement. Et je n'ai pas l'intention de vous épouser.
-vous n'avez pas le choix
-pourquoi refusez-vous de m'écouter ? Je ne veux pas vous épouser ! Lui dit-il calmement.
Il est très doué, se dit Marcus en observant la façon dont Fred s'était avancée avant de s'immobiliser. Il avait remarqué le ton calme et apaisant de sa voix. A l'écouter, à la regarder, il aurait presque pu croire qu'il était sincère.
Le jour où il avait vu Fred lors de ce dîner, chez lui, tout semblait plus doux, plus nuancé que son frère. Son profil avait une pureté qui attirait le regard et Marcus était fasciné par ses longs cils recourbés qui semblaient caresser ses joues quand il baissait les yeux mais quelque chose en lui, le séduisait malgré lui.
Bref, ce quelque chose l'intriguait et l'attirait à tel point que pour l'instant, il ne pouvait détourner son regard de lui. Il ne comprenait pas comment les personnes n'arrivaient pas les reconnaître. Ils étaient tellement différents.
Mais je suis sûr qu'il devait savoir depuis le début que son frère allait le laisser tomber. Sinon, pourquoi serait-il arrivé à l'église exactement au moment où il était impossible d'aller à la poursuite de George et de le ramener ?
Ils étaient de connivence, toute la famille. Et lui avait été assez stupide pour baisser la garde.
-C'est ce qu'on verra, répliqua Marcus en lui prenant la main et en sortant de la sacristie. Ils avancèrent vers l'autel.
-je suis désolé du retard, lança Marcus en souriant, mais mon futur époux a voulu me faire une petite blague.
Fred vit avec peur tout l'assemblé présent dans l'église rire. Il regarda Marcus avec horreur. Celui-ci chuchota à l'oreille du prêtre quelques mots.
-commençons, dit Marcus en prenant les mains de Fred.
-Mais…
A peine avait-il ouvrit la bouche pour protester cette folie que Marcus l'avait tiré vers lui et l'avait embrassé. Les lèvres de Fred s'entrouvrirent sous l'assaut, et une langue experte vint jouer avec la sienne, la taquinant sans pitié. Un long gémissement de plaisir retentit dans l'église. Marcus s'écarta de Fred et lui sourit.
-si nous commencions ? dit le prêtre avec sourire
A peine Fred avait retrouvé ses esprits qu'il était marié à Marcus Flint.
-une réception a été préparée chez moi. Mon personnel et les traiteurs ont travaillé d'arrache-pied pour que tout soit prêt à temps. Allons leurs faires honneur, lança Marcus en tenant par la taille Fred.
Avait-il réellement pensé que la situation deviendrait plus facile une fois qu'il serait chez Marcus ? se demanda Fred quelques heures plus tard.
Terriblement mal à l'aise, il s'avança dans l'immense salle à manger dans laquelle le repas avait été servi. Il n'avait rien avalé, son ventre était resté affreusement noué, son cœur battait de façon désordonnée et une excitation nerveuse courait dans ses veines.
Qu'est-ce que je fais ici ? se demanda Fred en s'arrêtant sur le bacon de pierre. Il contempla les vastes jardins qui s'étendaient devant lui.
-ainsi, c'est ici que tu te cachais
La voix profonde et viril de Marcus l'avait tiré de ses réflexions en une fraction de seconde. Fred ne répondit pas à Marcus et continuait de fixer le jardin.
-ça ne te dérange pas que je te tutoie vue les circonstances ?
Fred le foudroya du regard et ne répondit pas.
-tu n'as rien mangé. La nourriture ne te convenais pas ? demanda Marcus se mettant à coté de Fred. Marcus le trouva magnifique, Fred avait enlevé la veste de sa robe qui permettait de bien voir les formes somptueuse de Fred.
-tu n'aime pas mon frère ? demanda Fred.
-si je l'aimais
Il éclata d'un rire bref et cynique, et si froid que Fred recula d'un pas.
-Je ne crois pas en l'amour, reprit-il. Je n'y ai jamais cru et je n'y croirai jamais.
-Alors pourquoi l'épouser ?
-c'était le désir de ton frère. Et cela me convenait. Il n'y avait aucun amour là-dedans. Ce mariage représentait pour moi une union avec une famille respectable comme la votre. Je me moque de ce qu'on dit de moi mais je ne veux pas que mes enfants se battent pour trouver leur place à cause des choix de ma famille rajouta-t-il en portant sa main sur son bras où se trouve le tatouage en forme de tête de crane de Voldemort.
Marcus Flint fut acquitté lors de son procès. Le juge avait reconnu qu'il n'avait participé à aucun raide ou activité.
-Avec ton frère comme père-porteur, tout le monde aurait été forcé de les accepter.
Quelle amertume dans la voix ! Songea Fred. Il n'avait pas besoin d'expliquer ce qu'il avait enduré. C'était palpable, dans sa voix, dans la lueur sombre au fond de ses yeux.
- Je te présente mes excuses, dit Fred avec embarras.
-Tu penses que des excuses suffisent ?
Un silence régna sur le balcon. On pouvait sentir l'air frais caresser leurs visages.
-Aurais-tu fait la même chose à sa place ? demanda Marcus avec douceur quoi fit frissonner Fred. M'aurais-tu dit la vérité ? Je me le demande. Ou aurais-tu fait comme ton frère, qui s'est enfui plutôt de se retrouver face à moi ?
A cet instant, Fred comprit vraiment pourquoi George n'avait pas eu le courage de venir affronter Marcus. Il n'avait pas besoin de lever la voix. Sa fureur à peine retenue était perceptible dans le ton mordant de ses paroles, contrastant avec la douceur incroyable avec laquelle il les prononçait.
Cette douceur était bien plus puissante qu'un cri de rage…
-George a fait ce qu'il devait faire, dit Fred enfin, luttant pour dissimuler la tension qui l'étreignait.
-Il avait ce qu'il devait faire !, répéta Marcus avec dérision. Oui, il t'a laissé assumer seule les conséquences de son acte, pendant qu'il s'enfuyait pour aller rejoindre son amant. Et pour temps tu le défendes. Tu persistes à vous ranger de son coté.
-c'est mon jumeau, dit Fred d'une voix déterminée avec un sourire. C'est ma famille. tu sais combien c'est important ?
-Non, au contraire, répliqua-t-il d'un ton glacial. Je crains de ne pas partager ta croyance en l'importance de la famille. C'est un concept que je trouve surestimé
- A près l'amour, la famille ! tu es vraiment un monstre cynique, n'est- ce pas ?
Durant un espace, une lueur étrange s'alluma au fond des yeux de Marcus. Mais elle fut aussitôt remplacée par une expression sauvage, dangereuse. Ce regard l'avertissait qu'il avait franchi une ligne invisible dont il n'était pas conscient.
-je suis effectivement cynique, dit-il d'une voix mielleuse. Et un homme qui ne recule devant rien. Et quand à la famille, c'est ce que je voulais créer avec ton frère.
-George s'est contenté de suivre mes conseils, se justifia Fred.
- tu l'as conseillé de renoncer à ce mariage ? De quel droit es-tu intervenue ?
-Il ne t' aimait pas !
-Ah oui, l'amour…ce mot semble si important pour toi.
-C'est plus qu'un mot, protesta Fred. L'amour est vital dans la vie.
-je vais voir mes parents. Sais-tu où ils se trouvent ?
-Ils sont partit, il y a une demi-heure.
-Partis ?
Soudain, il afficha ce sourire dévastateur qui lui coupait le souffle, à tel point que Fred sentit ses genoux faiblir.
-N'oubliez pas que tu es maintenant mon époux et tu vivras ici à présent.
