Bonjour, bonsoir à toutes et à tous,

Je remercie les personnes qui ont mis ma fic en favori et suivi, je pense que vous avez aimé l'approche du premier chapitre, par contre un petit mot me va plus droit au cœur qu'une action muette. Après je ne force personne, mais comprenez que c'est un peu cruel de ne pas s'exprimer quand on a quelques favoris…

Ce chapitre est court – tout comme le précédent – déjà parce que je mets en place le décor et tout le tralala des thérianthropes, et aussi parce que j'ai perdu l'habitude d'écrire des fics à chapitres. On rentrera dans le vif du sujet après, promis ^_^

Bonne lecture,

Perigrin.


Chapitre 2

Apprentissage en douceur

.

A la pause-déjeuner, assis à leurs places, Tetsuya et Taiga mangeaient tranquillement avec Koki. Personne ne parlait trop occupé à dévorer les bentos préparés par leurs mères respectives – sauf pour le roux. Ce dernier ayant fini le sien, s'aperçut que son ombre n'avait pratiquement pas touché à son repas, il lui demanda la permission de le terminer tout en piquant ses baguettes dans la nourriture. Kuroko ne s'en offusqua pas et le laissa faire. Entre deux bouchées, le plus grand prit la parole.

— Dis donc, qu'est-ce que tu fabriques après les cours pour rater nos « un contre un » ? T'aime plus le basket ?

— Oui et dès que l'entraînement est fini, tu files tout droit dehors, personne ne te voit partir, rajouta le petit brun.

— Non mais toi tu verrais même pas Kuroko en face de toi danser le Tamure en pagne tellement ton sens de l'observation est proche de zéro !

— Non mais ça va pas de dire ça !

— Bah quoi j'ai raison !

— Non pas du tout ! Et je te signale que Hyuga dit que je progresse !

— A croire qu'il a pas les yeux en face des trous !

Pendant que les deux zigotos se disputaient, Kuroko essayait tant bien que mal de faire remarquer sa présence en se défendant qu'un jour il danserait dans un tel accoutrement. Ce fut peine perdue.

— Bon alors Tetsuya, tu fais quoi après les cours de plus important que de venir jouer ? attaqua la lumière de Seirin, reportant son attention sur lui.

Impassible, celui-ci haussa juste les épaules. Il ne savait pas quoi rétorquer ou quoi inventer comme mensonge. En tout état de cause il ne pouvait pas divulguer qu'il recevait des cours d'éducation sexuelle pour thérianthrope sur le tard. Cependant connaissant Kagami et son tempérament buté, il fallait trouver une excuse, vite.

— J'ai des réunions de famille c'est tout et je ne peux pas les éviter.

— Mais pour parler de quoi ? insista le malotru.

— Kagami, ça ne te regarde pas. Si ça se trouve Kuroko a une petite amie et il ne veut pas nous la présenter, chuchota à demi le remplaçant tout en faisant un clin d'œil au garçon aux cheveux cyan.

Las, le pauvre harcelé souffla en abdiquant. Mieux valait les laisser parler dans le vide, d'ailleurs ses deux coéquipiers étaient en train de lui inventer des vies et des conquêtes qu'il n'avait pas. Ceci dit, son ami marqua un point : ça devenait pénible cette affaire de leçon de vie, parce que cela l'empêchait de pratiquer sa passion. Et ça commençait à le démanger au bout des doigts, il avait besoin de se défouler, de sentir le ballon palpiter contre sa paume. Vivement que tout soit fini. En prime, il devait inventer des excuses jusqu'à la fin du mois et tenir éloigné son comparse n'était pas évident, loin de là. Il se vexait, boudait et ronchonnait comme les vieilles personnes parce que son ombre ne faisait pas attention à lui.

Peu avant la fin de la pause, leur capitaine entra dans la salle de classe la mine réjouie.

— Eh les gars, après l'entraînement Riko veut nous parler, elle a quelque chose à nous annoncer.

— C'est quoi ? demanda Kagami de manière très perspicace.

— Je n'en sais rien, elle ne m'a pas mis dans la confidence. Tout ce que je sais, c'est que cette nouvelle va nous faire très plaisir.

Les trois autres garçons le regardaient perplexes, car avec leur coach ils s'attendaient au pire comme au pire… Leur senpai les quitta en les saluant de la main et déjà Kuroko essayait de trouver une excuse pour leur faire faux bond. Malheureusement, Riko le retint par l'encolure de son T-shirt à la fin de l'entraînement, avant qu'il ne se sauve. Cette fois-ci son manque de présence ne lui fut d'aucune aide. La brunette voyait tout… Comme un certain Empereur…

Réunis autour du panier de ballons, les joueurs attendaient que leur tyran personnel ne prenne la parole. Elle rayonnait, des étoiles plein les yeux en tenant son carnet de notes contre sa poitrine.

— Les gars j'ai une super nouvelle à vous annoncer !

— On va mettre la pâtée à l'équipe de Too ? lança Kagami qui ne manquait pas une occasion de vouloir se confronter à son meilleur rival.

— Kagami ! On ne coupe pas la parole comme ça, c'est malpoli ! hurla Hyuga. Et puis ça vire à l'obsession là ton Aomine !

— Non pas du tout ! se défendit l'atout de Seirin.

— Excuse-moi de te le dire, mais si, Hyuga a raison, intervint Kuroko fidèle à son franc parler.

Tandis que le malpoli en question boudait dans son coin, Riko continua.

— Non pas du tout, j'ai réussi à obtenir une rencontre en match amical contre l'équipe de Kaijo, c'est tout aussi bien !

Kagami fit la grimace en ronchonnant.

— Nous les affronterons à la fin du mois ! Je compte sur vous pour les pulvériser. Ca sera une bonne mise en bouche pour les tournois avenirs, conclut la demoiselle avec un sourire radieux transpirant le sadisme.

Les jeunes gens sortirent les uns après les autres, l'ombre et la lumière marchant côte à côte.

— Tu sais Kagami, Kise serait extrêmement déçu et vexé s'il apprenait ta réaction. Il est tout aussi fort qu'Aomine, ça ne sera pas facile de le battre.

— Je sais Kuroko, désolé je ne voulais pas manquer de respect à ton ami seulement… J'ai un besoin urgent de me défouler là maintenant ! La saison reprend et ça m'excite, tu peux pas savoir !

L'enthousiasme du yankee contaminait l'ensemble des joueurs, le fantôme n'y faisait pas exception. Et c'était plaisant au possible de partager cette passion avec un garçon pareil, plein d'entrain, de bonne humeur. Avec sa lumière, il avait trouvé un partenaire incroyable partageant la même vision du basket. Kuroko aussi sentait des fourmillements dans ses membres, surtout le long de ses bras. Il avait hâte de débuter la saison. Il se rappela tout à coup son rendez-vous avec sa professeure personnelle et se précipita chez lui. Même si Melle Garcia possédait un tempérament flexible, il ne voulait pas abuser.


Il courut jusqu'à sa maison afin de ne pas la faire trop poireauter. En entrant, son père lui fit remarquer son manque d'exactitude. La jeune femme l'attendait dans le bureau, feuilletant quelques magasines sportifs appartenant à Kuroko. Dès qu'elle le vit, elle se mit debout instantanément et lui sauta au cou. Le pauvre n'était toujours pas habitué par ses marques d'affection n'étant pas démonstratif pour un sou.

— Je m'excuse pour mon retard, j'avais une petite réunion imprévue avec mon équipe.

— Ne t'inquiète pas pour ça sweet heart, je ne vais pas te blâmer. Bon commençons, la fin du mois approche, alors, pas trop tendu ?

— Euh non, pourquoi le serais-je ?

— Et bien je ne veux pas te faire peur mais dans quelques jours tes sens seront décuplés, tu entreras dans le monde adulte avec tous les changements hormonaux que ça comporte… Ah je me souviens…

La belle blonde prit un air rêveur en se remémorant son passé. Elle se caressa négligemment son menton de son index et les traits de son visage s'apaisèrent.

— Quand je suis entrée dans la puberté mes seins se sont développés considérablement, de sorte que tous les beaux garçons de mon lycée m'ont tourné autour du jour au lendemain…

Kuroko avala presque de travers, la tournure de la conversation ne lui plaisait pas vraiment. Voire pas du tout en fait.

— Je ne pouvais pas faire un pas dehors sans me faire harceler par un mâle en chaleur. Non mais sans rire, à cet âge je ne sais pas ce que vous avez mais il est très difficile de vous contenir. Je me souviens qu'une fois, un gros gabarit type panthère m'avait coincé à la sortie des vestiaires. Il …

— Stop ça va aller merci ! Je n'ai pas envie d'en entendre plus pardon.

Son cœur battait très vite, il fallait arrêter ce flot de choses gênantes pour sa survie. Il le fallait.

Alexandra le fixait sans comprendre, les yeux ronds. Elle ne se rendait pas compte que souvent elle allait trop loin dans le déballage de vie privée, surtout pour la société nippone qui restait ancrée dans ses valeurs surannées. Aux Etats-Unis les gens vivaient, bougeaient, parlaient fort pour se faire entendre mais pas ici. Elle pencha sa tête de côté puis reprit son air sérieux tout en plissant les yeux.

— Bon, passons aux travaux pratiques. Tu vas essayer de visualiser mon aura Tetsu.

— Hein mais comment ? Je n'en suis pas encore capable.

— Mais bien sûr que si. Tu as la génétique des thérianthropes, souviens-toi quand tu étais tout petit, tu as sûrement dû apercevoir tes parents, et toi-même tu ne pouvais pas retenir ta forme. Les bébés et les enfants ne sont pas capables de se contrôler, ce qui veut dire que tu l'as déjà fait avant. Concentre-toi, ferme les yeux et focalise-toi sur mon odeur.

— Très bien, je vais essayer.

Kuroko obéit et ferma ses paupières. Il resta une ou deux minutes comme cela à sentir de loin le parfum de la jeune femme, sans succès.

— Tetsu concentre-toi sur ma voix. Oublie l'odorat comme on l'entend, va plus loin que ce sens. Il faut que tu perçoives ma véritable odeur, celle dégagée par mes phéromones. Tu vas tenter de mémoriser dans ta tête les ingrédients qui te viennent à l'esprit… Vas-y.

Le jeune garçon semblait entrer en connexion avec quelque chose, peut être son instinct animal. Il ne bougeait pas mais tous ses sens étaient en éveils. Au fur et à mesure qu'il omettait le parfum corporel de sa professeure, il distingua autre chose… Des notes bien plus subtiles, presque imperceptibles. Des notes plus chaudes, plus suaves, plus bestiales. Alexandra sentait bon, une odeur chaude, agréable sur un fond de brioche qu'on sortait du four. Sa fragrance le rassurait.

— Maintenant ouvre les yeux, indiqua-t-elle.

Et là, sa forme prit vie devant lui. Un magnifique léopard tout en longueur et en élégance se tenait debout, en arrière plan de ce corps. Kuroko n'en revenait pas, il était capable de percevoir les auras et quel spectacle ! Obnubilé par la beauté de ce félin, il en oublia sa peur première. Car voir ainsi de visu un fauve dans sa maison s'avérait impressionnant. Il fut coupé dans sa contemplation par la voix enjouée de son mentor.

— Il faudra que tu apprennes et retiennes les différentes odeurs spécifiques aux espèces. Les Félidés ne sentent pas pareil que les Canidés par exemple.

— Et que sentent-ils ?

— Ca dépend de la race et du gabarit bien entendu. Plus il est gros, plus il dégage des phéromones agressifs et donc plus leur odeur sera entêtante. Pour les Canidés, se sont les loups les dominants, mais il n'y en a pratiquement plus. Je ne pense pas que tu en rencontreras un. Selon ta constitution, tu seras attiré soit par l'un ou par l'autre.

— Je ne pense pas être attiré par un mâle de mon espèce ou d'une autre.

Alexandra se fendit d'un sourire en coin en croisant ses bras.

— Ca darling, tu verras par toi-même… Les Félidés possèdent une aura puissante et envoûtante et je ne dis pas ça parce que j'en suis une !

Pour la contredire, le jeune renard fit la moue avec sa bouche. Pas sûre qu'elle soit si impartiale que ça. Ils terminèrent leur séance par des exercices qui visèrent à contrôler sa propre apparence et à la dévoiler. Au fil des jours notre héros se sentait de plus en plus à l'aise avec son état, seulement lorsqu'il songeait au futur – et surtout aux autres – le doute l'envahissait. Il ne savait pas s'il serait capable de tenir tête à des « gros gabarits », d'ailleurs comment étaient-ils eux ? Si déjà la jolie blonde prenait l'apparence d'un léopard, il ne s'imaginait pas ce que serait un tigre ou un loup. Que pourrait faire un petit renard des neiges contre de grands prédateurs dans ce genre ?

(suite...)