Titre : Terreurs d'adulte
DUO MECONNU : Ari Haswari & Abby Sciuto
MOT-THÈME : Terreur
SAISON : Quelque part avant que Ziva ne quitte la série
« Ce n'est pas en m'ignorant que je partirai. »
Sa voix était douce et sans se retourner, Abby savait qu'il souriait. Elle n'avait pas besoin de voir son visage, elle ne voulait pas le voir, elle voulait juste se qu'il parte. Elle ferma les yeux pour retenir les larmes.
« Tss, tss, Abby, petite Abby, voyons, regarde-moi. »
Il s'était approché d'elle et elle sentait son souffle contre sa joue et elle avait peur, si peur, son souffle se bloquait, elle n'arrivait plus à réfléchir, et elle pleurait, et il s'approchait de plus en plus, toujours plus près, prêt à rentrer dans sa tête et à la torturer.
« Abby, Abby, je sais que tu as toujours voulu me regarder dans les yeux, tu peux enfin, alors fais-le.
- C'est faux, dit-elle enfin, sa voix n'étant qu'un murmure brisé.
- Mentir est une très vilaine chose, Abs.
- Ne m'appelez pas comme ça ! »
Elle s'écarta de lui mais il bougea de concert avec elle, comme s'il savait ce qu'elle allait faire. Les yeux d'Abby étaient toujours fermement clos, elle ne les ouvrirait pas, elle avait trop peur de le voir, lui, de voir ce qu'il pouvait lui faire.
« Laissez-moi tranquille, partez, pitié.
- Pitié ? Quelle pitié ? La pitié que j'ai eue quand j'ai tué Kate ? Celle que j'ai eue quand j'ai blessé Gerald ? »
Le monde était noir autour d'eux, rien n'existait en-dehors de sa voix doucereuse et assassine, elle ne connaissait plus rien d'autre que cette terreur insidieuse qui l'étouffait.
« Je t'ai déjà tant pris, que pourrais-je te prendre d'autre ?
- Non, protesta Abby mais sa langue était pâteuse et peut-être ne l'entendit-il pas car il continua de parler, directement dans son oreille.
- J'ai envie de commencer par Ziva, cette traîtresse, tu le sais n'est-ce pas ? Elle m'a tué, elle que j'appelais ma sœur. Et tout ça pour quoi ? Pour sauver quelqu'un qu'elle ne connaissait pas ? Un américain ! Ah, Gibbs sera le suivant. Peut-être que je la ferais regarder, et elle comprendra alors qu'elle n'aura jamais vraiment pu le sauver. »
Abby luttait et luttait contre sa peur, contre ses larmes, contre lui… Rien n'y faisait, pourtant il le fallait, elle devait ouvrir les yeux, lui faire face.
« Qui ensuite ? Le légiste ! Comment s'appelle-t-il déjà ? Ducky, non ? Oui, Ducky. J'ai une idée, je le garderai pour la fin, comme ça il devra voir défiler tous ses amis sur sa table d'autopsie, et autant la tristesse l'achèvera avant que je ne me charge de lui.
- Fermez-la…
- Enfin tu te rebelles, Abby ! Je dois dire que j'attendais plus de toi qu'une gamine terrifiée et gémissante. J'espère que tu réagiras plus quand je torturai ton cher DiNozzo.
- Vous ne ferez rien, répondit-elle. Vous êtes mort. »
Alors, malgré la peur, elle ouvrit les yeux. Alors, droite et fière, elle fit face à celui qui avait tant détruit.
Alors, il fit un pas en arrière.
Elle avait vu de nombreuses photos de lui, passé des heures à regarder ce visage, cherchant des réponses qu'elle ne trouverait pas.
« Je n'ai pas peur de vous.
- Tu mens.
- Tout le monde ment. C'est comme ça qu'on continue à vivre.
- Quelle belle philosophie. » Ironisa-t-il.
Ari Haswari souriait. Elle l'avait toujours imaginé souriant, plaisant, jusqu'à ce qu'il sorte son arme et dévoile sa vraie nature : celle d'un prédateur, un monstre.
« Je n'ai pas peur, répéta-t-elle et elle commençait à la croire. Je veux que vous vous en alliez.
- Je serai toujours là, tapi au fond de ton cœur, une tâche sombre qui ne partira jamais. Dès que tu auras peur de perdre ceux auxquels tu tiens, je reviendrai te hanter, perturber ton sommeil. Je reviendrai te susurrer à l'oreille, ma belle Abby.
- Partez. Je n'ai pas peur de vous.
- Tu crois que tu peux me mentir ? Je suis toi, je vois ta terreur, tes doutes, je sais tout de toi. »
À nouveau, elle ferma les yeux. Une nouvelle vague de panique menaçait de la submerger mais elle la repoussa de toutes ses forces. Elle pensa à ses amis, cette famille qu'elle s'était choisie, et puisa en eux la force dont elle manquait.
Quand elle ouvrit à nouveau les paupières, elle était chez elle, dans son lit.
Haswari n'était plus là.
Merci de vous référer au dernier chapitre pour voter.
N'hésitez pas à laisser un commentaire aux différents OS, c'est une juste récompense pour toutes les participantes, et toujours apprécié. :)
