Tu m'as trahie

Bonsoir,

Vous l'avez demandé et je l'avais écris. j'aurai juste mis beaucoup de temps à le publier.

Voilà le Point de vue de Hermione à « Je t'ai trahie ».

A la base je voulais le publier à part mais finalement, je l'ai mis à la suite parce que c'était tout simplement plus simple

Bonne lecture;

Enchantra83

Toute l'après-midi, j'ai jeté des coups d'œil vers ta place qui est restée désespérément vide.

Je suis persuadée que tu es encore entrain de flâner dans ta chambre et que tu vas me donner, j'en suis certaine, une de tes fameuses excuses que je trouverai fumeuse.

Mais comme à chaque fois, tu vas utiliser tes charmes pour que je te pardonne.

J'imagine quand je vais entrer dans nos appartements de préfet-en-chef, que je vais aller dans ta chambre. Tu vas alors écouter ma remarque et tu plongeras ton regard acier dans le mien tout en me souriant.

Et là, je ne pourrai pas résister.

Puis tu te lèveras et tu t'approcheras de moi avec cette démarche féline qui n'appartient qu'à toi.

Moi, je serai hypnotisé comme si c'était la première fois que j'assistais à cela.

Tu me tireras à toi pour me donner un de ses baisers dont tu as le secret et qui me font quitter la terre pendant quelques instants.

Et puis, au fur et à mesure des gestes, nous finirons par faire l'amour comme à chaque fois…

Je sombrerai dans un demi-sommeil contre toi en sentant tes yeux se promenaient sur mon corps offert.

Comme d'habitude, tu mettras la mèche, qui vient dissimuler mon visage, derrière mon oreille en finissant de passer ta main dans mes cheveux car tu aimes voir mes traits.

Instinctivement, je viendrai, au même instant, me coller un peu plus contre ton corps qui épouse si parfaitement le mien.

Union étrange et pourtant si harmonieuse d'une gryffondore et d'un serpentard.

Si tu savais combien je t'aime…

Ca y est. Cette fois, je vais bientôt être face à toi.

Je rentre dans ta chambre avec mon sourire si lumineux pour toi. Je vais essayer de te faire comprendre que ce n'est pas bien, en tant que préfet en chef, de sécher les cours. Qu'il faut montrer l'exemple…

Je m'aperçois alors que la scène ne se déroule pas tout à fait comme je l'avais imaginée.

Quelque chose cloche.

Soudain, je réalise que tu ne lèves pas la tête vers moi et que de ce fait, ton regard acier évite le mien.

Je sais alors qu'il y a un fait grave qui vient d'arriver.

Immédiatement, j'imagine que c'est la lettre que nous redoutons tous les deux depuis quelques temps. Que ton père t'annonce que tu vas recevoir la marque pour rejoindre les dessins de Voldemort.

J'ai peur et j'entends mon cœur battre beaucoup trop fort, beaucoup trop vite...

Puis comme un réflexe, je mets ma main sur ma bouche pour étouffer mon cri de soulagement quand tu me dis que ce n'était pas ce que je crois…

Je suis en paix quelques secondes pourtant cela ne dure pas.

Très vite encore, je vois que ton attitude persiste.

Il y a autre chose…

Tu donnes l'apparence d'un homme qui va devoir se jeter d'une falaise parce qu'il n'a pas le choix…

Puis tu me dis tout de cette autre avec qui tu m'as trahie ce fameux après-midi.

J'ai mal à en mourir. Je ne veux pas le croire et pourtant…

J'ai la sensation que le monde s'effondre, que j'étouffe et c'est toi qui en est la cause…

Mes larmes coulent et font apparaître la douleur sur ton visage.

Là, pour tenir, je m'enfuis sans dire un mot…

Toi, tu ne fais rien pour me retenir parce que tu es un lâche…

Je claque la porte violemment.

Je me mets à courir pour oublier la plaie qu'est mon cœur. Je suis dehors dans le couloir étrangement désert.

Le désespoir ronge mon âme.

Comment as-tu pu me faire cela alors que je t'avais tout donné. Même mon corps…

Finalement je vais passer la nuit dans la salle sur demande pour réfléchir mais surtout parce que je ne veux pas que mes amis me voient ainsi.

Je revois en boucle dans ma tête ce que tu m'as dit et j'imagine la scène encore et encore.

Mon être n'est plus que morceau. Mon visage, un champ de larmes en ruine. Je n'arrive pas à dormir. Je ne suis que souffrance...

Ce n'est qu'au petit matin que je rentre.

Tu es visé sur le canapé devant la cheminée où le feu a du s'éteindre depuis un long moment.

Mais être là avec toi, fait naître la colère. Je ne peux rester sinon je ne vais pas me contenir et je ne veux pas te donner cette importance.

Je vais en direction de ma chambre. J'ouvre en silence la porte. Il n'y a que ça à faire pour ma survie.

Et c'est là que tu me le dis.

- Hermione, je t'aime…

Les mots résonnent contre les murs sombres et froids de la pièce et encore plus dans tout mon être. J'hésite une seconde. J'attendais tellement que tu me les dises.

Néanmoins, à cet instant, ils sont vides de sens.

Puis je passe le cadre de bois avec toute la dignité qu'il me reste.

Et toi, tu restes dans notre salle commune…

Je suis allongée sur mon lit. Je n'en peux plus de cette douleur qui me tue lentement. Je ne sais pas combien de temps, j'ai pleuré.

Une minute ou des heures, ca n'a pas d'importance…

J'ai toujours aussi mal.

Puis les larmes se sont taries et je n'avais plus qu'une solution en tête : que tout se finisse…

Je veux dormir et ne plus rien sentir. Je prends la fiole que Pomfresh m'a donnée pour améliorer mon sommeil. Seulement je l'avale en entière alors que j'en connais le danger.

Le silence se fait enfin en moi. Je commence à ne plus rien ressentir. Je ne suis pas en paix mais au moins la douleur est comme assomée.

C'est tout ce qui compte.

Plus tard, alors que je suis dans le brouillard où je m'enfonce de plus en plus, j'ai vaguement entendu frapper.

Et il y a eu ta voix, lointaine comme un murmure, qui suppliait que j'ouvre.

Mais tout cela ressemble plus à un songe pour moi et je suis si calme...

Je perçois pourtant l'insistance que tu y mets.

Mais il est presque trop tard. Je n'ai plus envie de rien.

Puis ta voix change en celle du Malefoy de mes premières années et que je connais si bien. Celui qui est blessant et hautain avec ses insultes qui sont toujours meutrières pour ma personne. Celui qui ne demande pas mais prend. Celui qui fait ce qui lui plaît et qui peut être plus dur que la pierre.

Celui qui avait disparu pendant ces derniers mois pour moi car tu avais su me montrer un autre si différent.

Et tu entres…

J'ignore le spectacle qui s'offre à toi mais tu ne cris plus …

J'entends vaguement tes pas précipités cependant cela ne m'importe plus.

Tu me secoues mais j'ai déjà commencé à être trop loin. J'ai l'impression de flotter.

Alors tu me soulèves et tu m'emportes dans tes bras. Je le sais parce que soudain il y a ta chaleur, malgré la froideur que tu peux afficher, qui m'envahit. Suivi de tes mots, en particulier ceux qui me disent de ne pas te laisser.

Pourtant c'est toi qui m'a abandonnée et non le contraire.

Tu cours, je le sens...

Mon corps tout entier ressemble à du coton. Malgré notre contact, le froid commence à m'engourdir lentement mais ça ne fait pas mal. C'est comme si mon corps s'endormait après un entrainement de duel.

De toute façon, je n'ai plus aucune envie…

Le temps s'écoule imperceptible... Combien ?

Ca n'est pas essentiel…

Soudain alors qu'il ne reste plus qu'un file pour me retenir, je sens la vie qui revient à nouveau.

C'est sûrement l'infirmière qui a agi.

Je sens qu'on me prend la main. Et cette douceur, je la reconnais, c'est Harry. Ron est là aussi car sa voix vocifèrent contre toi tout ce qu'il peut en insultes. Ils ont du savoir à cause de la rumeur qui a du se répandre comme une trainée de poudre dans l'école…

Par contre, toi, je ne sais pas où tu es car tu ne réagis pas.

Pourquoi ?

Mes yeux sont toujours fermés.

Brusquement ta voix s'élève pour dire que tu m'aimes en ajoutant que moi aussi.

Ils doivent te prendre pour un fou.

Mais à présent, il savent la vérité que je leurs cachais depuis des semaines.

Le secret est brisé…

Harry et Ron doivent avoir envie de te tuer à cause de ce que tu racontes. Je suis sûre de ne pas me tromper. Je les connais trop bien.

La porte claque. Tu as du partir car ma main est toujours dans celle de mon ami tandis que mon autre raconte furieusement ce qu'il te réserve.

Brusquement la souffrance se réveille en moi. J'ai mal à en hurler mais je n'en ai plus la force. Tu m'as vidé…

J'ignore où tu es et ce que tu fais.

Mais moi, je suis toujours à l'infirmerie, seule, me murant dans le silence et l'obscurité pour ne pas à avoir à m'expliquer.

Le reste du monde continue de ne plus exister. Tout ce qui me définit, c'est cette blessure que tu m'as infligée. Rien d'autre…

Deux semaines se sont écoulées et je ne suis pas encore rentrée. Je passe mon temps à contempler les murs blancs et la pièce s'en m'être jamais confiée. Je ne veux pas parler car c'est trop douloureux.

Harry et Ron viennent me voir chaque jour. Ils restent là près de moi sans qu'aucune mot ne soit échangé. Ils ont bien essayé mais devant mon incapacité, ils ont cessé.

Lorsque je croise leur regard, je lis encore l'incompréhension des derniers événements. Il y a également ce ressentiment. Pourtant il n'y a pas de jugement.

Demain, je vais devoir t'affronter.

Comment dois-je réagir ? Je n'en sais absolument rien. Je suis partagée. Je t'aime et je te hais en même temps.

Etrange paradoxe qui est devenu mien...

Le soleil s'est levé. Ce devrait être une belle journée. Et pourtant, ca ne peut l'être pour moi.

Je peux enfin rejoindre ma chambre et accessoirement toi…

Harry et Ron ont voulu m'accompagner. J'ai refusé. Je dois me confronter à nous, seule pour pouvoir guerir de toi, pour tourner cette page. Sinon je serai à jamais ta captive.

A cet instant, je suis consciente que je ne peux pas te pardonner. C'est encore trop frais, trop présent, trop douloureux…

Personne ne sait ce qui m'est arrivé. On a juste dit que j'avais été malade…

Maintenant je suis devant le tableau de nos appartements. Je le passe avec appréhension.

Je vois la porte de ta chambre fermée. Tu dois sûrement être de l'autre côté à dormir car il est tôt.

J'arrive enfin à la mienne et quand j'y pénètre, tu es là sur mon lit…

Pourquoi es-tu là, je me le demande.

Je suis figée par ta simple présence.

Le soleil dépose alors ses premiers rayons sur ta peau et moi j'assiste à cette scène surréaliste. Tu as l'air d'un ange mais ton visage reflète la douleur…

Je t'écoute respirer et soudain tu te retournes.

Nous sommes face à face.

Tu ne t'attendais pas à voir là…

Tu ne dis rien mais je peux voir le duel, qui se mène en toi, sur ton visage si inexpressif d'ordinaire.

Tu te mets à me détailler.

C'est si déroutant. J'ai l'impression que tu le fais en sentant que c'est la dernière fois que tu en auras le droit et d'une certaine manière, tu n'as pas tord …

C'est sûrement le dernier souvenir entre nous de ce que nous avons été.

Le doute m'a envahie là, quand tu es passé juste à côté de moi sans essayer de me toucher pour t'en aller.

Je ne sais pas comment j'aurai réagis. Probablement je t'aurai fui car c'est ce que la raison m'imposait même si mon corps ne le voulait. Ce mouvement de recul de ma part tu l'aurais compris et peut-être accepté.

Ca y est, tu es sorti.

Je reste seule dans cette chambre terriblement vide de ta présence…

Maintenant, je suis terrorisée car tu n'es pas à mes côtés.

Je vais sur le lit et malgré moi, je pose mon corps exactement à la place où tu te tenais, il y a encore quelques instants. Je sens ton odeur. Elle est imprégnée sur le tissus. Cela signifie que tu as du passer du temps ici pendant mon absence.

Je ferme les yeux pour ne pas céder et courir vers toi. Mais la souffrance me rappelle ce que tu as fait comme une barrière érigée entre nous et me ramène à la terrible réalité…

Je fixe les tentures de mon lit. Mon regard court le long du tissu et se pose machinalement sur mon bureau. Quelque chose attire mon attention.

Je me lève alors que je ne suis pas censée le faire. C'est une lettre.

Je sais que c'est toi car j'en reconnais l'écriture élégante et si soignée.

Je la prends entre mes doigts et retourne m'allonger avec. Je joue avec pendant quelques secondes en me demandant si je dois ou non la lire.

Je suis sûre que cette enveloppe contient mon destin. Puisque, pour une fois, le choix me revient sur notre avenir.

Dois-je la lire ou non.

La question tourne en moi comme une ronde sans fin.

Je ne sais pas. J'hésite encore un moment.

Mais je dois savoir, c'est plus fort que moi. Tu savais que je ne pourrai pas résister à l'envie de comprendre. Tu me connais si bien toi aussi.

Je la décachette lentement en me disant que c'est sûrement les derniers mots qu'il y aura entre nous.

Cela contraste avec la suite.

Mes yeux parcourent avidement les lignes qui s'offrent à moi. Tu me dis que tu regrettes et que tu m'aimes. Que tu n'attends qu'une chose, c'est d'avoir une seconde chance…

Je saisis chacun de tes sentiments et je veux y croire..

Toutefois je ne sais si je suis capable de prendre le risque à nouveau de me lier à toi.

Non je veux plutôt l'ignorer.

Je laisse tomber la feuille de papier au sol. Je réfléchis encore et toujours pour essayer de trouver la solution parfaite à la question qui me hante.

Et puis je réalise…

Brusquement je me lève et d'un pas décidé, je vais dans ta chambre.

J'ouvre la porte sans taper. Tu es là debout torse nu et tu tourne la tête vers moi.

Mon cœur manque un battement. A cet instant, tu es si beau…

La douleur est là mais je dois passer outre. Je dois te dire ce que je ressens pour que tu comprenne la situation

- Draco, je t'aime aussi.

Tu veux venir vers moi mais je te fais signe que non. Tu t'arrêtes pour ne pas me brusquer.

- Laisse moi du temps…

Je repars en te laissant cet espoir sans attendre que tu poses d'autres question.

Mon unique certitude à cet instant c'est que quoiqu'il arrive je t'aimerai toute ma vie…

Fin