NOTE DE L'AUTEUR
Second chapitre, bien plus court que le précédent. Je me demande encore si je fais un chapitre par journée; d'abord le point de vue de l'un, puis en deuxième partie l'autre. Ou un chapitre par personnage (Dirk/Rin) ce qui donnerait chap 3: la journée de bidule et chap 4: la journée de machin.
Après ce ne sera pas tout le temps que des journées. Plusieurs jours peuvent passer en un chapitre, et des événements peuvent être sautés/juste évoqués. Pas mal de points sur lesquels je dois encore réfléchir, donc.
Chapitre 2. Résignation
Voilà comment ça c'était passé: en gravissant la montagne, Dirk, qui se pensait seul, se plaignit de son travail, de cette fatigue qui lui encombrait les jambes, de cette Déesse capricieuse, et de tous les détails les plus insignifiants qui venaient perturber pour de bon la vie de quelqu'un.
En soit, rien de grave. Personne n'allait lui dire qu'il n'avait pas même le droit de se plaindre de temps en temps. Mais de toutes les personnes qui pouvaient l'entendre pousser ce cri, ce fut évidemment… Rin.
La fermière apparu de nulle part, comme à ce qui semblait être son habitude. Et à ce stade Dirk n'était qu'à moitié étonné de la voir là. Il se sentait déjà maudit de tout façon, comment pourrait-elle empirer la situation?
Son nom encore une fois mal prononcé, une conversation inquiétante commença entre eux. Dirk se remémorait le cours des événements sans cesse, essayant de comprendre comment ils en étaient arrivés là, ce qu'il aurait pu faire ou dire pour calmer la situation. Mais le pire. C'est qu'il s'était sentit soulagé.
Il ne saurait pas vraiment l'expliquer. Ce qui lui avait prit. Il se trouva soudainement sarcastique, par fatigue peut être, et Rin y répondait amusée. Il lui avait lancé quelque chose comme « Eh, ça te dirais qu'on échange? » et les yeux de la jeune fille avaient comme brillés. Quand elle approuva l'idée, il était persuadé qu'elle rigolait. Mais elle insista, prétextant que ce serait 'fun'. Il aurait du y penser. Cette gamine n'est tout simplement pas normale. Elle semble adorer ça, passer du temps dans la montagne, à courir après les libellules et ramasser toutes idioties qu'elle trouve. C'est de la connaissance commune pourtant: ne jamais faire de pacte avec les gens suspects du genre de Rin.
Et pourtant. Il l'avait fait.
Qu'est-ce qu'il regrettait, déjà, quand il fut réveillé par des coups incessants contre sa porte au matin. C'était elle, vorace comme un monstre qui n'arrivait pas à oublier qu'un être désespéré lui avait offert son âme par erreur, par un moment d'inattention dut à la fatigue. Il était tellement tôt. Il pouvait le voir directement sur le visage de Rin. Les cernes sous ses yeux excités prouvaient qu'elle n'avait pas dormi de la nuit. Une folle.
Elle le força à s'habiller et l'emmena dans sa ferme bien avant le lever du soleil.
Là, elle lui expliqua le plus sérieusement du monde le métier de fermier. N'étant qu'agricultrice elle voulu le rassurer en lui expliquant qu'il n'aurait qu'à nourrir son cheval et son hibou. Et Dirk n'en revenait pas. Avec de telles bêtes elle n'avait pas besoin de faire toutes ces distances à pieds. À cette réflexion, Rin haussa les épaules. Apparemment, la marche à pieds est ce qui existe de mieux au monde et elle ne considérait ces deux bestioles que comme ses animaux de compagnie. Une vraie folle.
À plusieurs reprises elle du lui expliquer comment l'on s'occupe des plantations, et du budget, et vers qui se tourner en cas de problème. Dirk était assommé par sa voix. Il ne l'avait encore jamais vu aussi sérieuse. Hier encore il réussissait à se rassurer en se disant que leur échange n'était qu'une plaisanterie et qu'elle ne lui en reparlerait, au mieux; jamais, au pire; pour se moquer de lui de temps à autres. Mais il pouvait le voir maintenant. Elle était vraiment et franchement sérieuse à propos de cet échange.
Quand toutes les explications de l'ex-fermière se gravèrent bien en lui, il commençait à faire jour, et ils quittèrent la ferme en direction de sa maison.
Devant la porte d'entrée, Rin se tourna vers lui, un sourire satisfait sur le visage. Elle fouilla dans la sacoche accrochée à sa ceinture pour en retirer quelque chose et tandis sa main ouverte vers Dirk. Il contempla l'objet qu'elle lui présentait, refusant de comprendre ce que cela impliquait. Mais après un silence, elle se sentit forcée de le lui préciser.
« Bon, on échange les clés? »
Bien sur. Devenir fermier. Ça implique vivre dans la ferme. Dans la maison avec tous les outils dont il aurait désormais besoin. Près des animaux dont il devra s'occuper. À quelques pas à peine de ses plantations… Nouveau métier, nouvelle maison.
De la main de la jeune fille, il remonta à son visage. Elle était peut être plus épuisée que lui, mais ça ne l'empêchait pas de sourire. Et son regard ne dévoilait pas une once d'hésitation. Dirk, quand à lui, sentait ses lèvres trembler. Il sentait son cœur battre anormalement vite. Cette situation n'était tout simplement pas normale. Il imita son geste de plus tôt et sorti son propre trousseau de clés de sa poche.
« Tu te rends compte que c'est de la folie? »
« Ouais! »
À ce moment là il comprit la contradiction qu'était Rin. En elle il y avait toute l'excitation d'une enfant face à un nouveau jouet, et le sérieux d'un adulte qui comprend les risques de ses choix mais a confiance en son jugement.
Et à ce moment là, Dirk eut très peur.
Ils échangèrent leurs clés. Ce fut son tour de lui expliquer le métier qu'il lui abandonnait. Rin fut bien plus rapide que lui pour tout assimiler. Et pendant que tous au village commençaient tout juste à se lever, eux deux déménageaient leurs affaires personnelles.
