Faenlgiec, Annabeth, merci pour vos reviews encourageantes! You're the first! J'espère que je ne vous décevrez pas: sachez que j'aime les élipses, et me balader dans le temps! Mais on devrait revenir plus tard à la suite du premier chapitre...
Bonne lecture à tous!
- 1975, Poudlard -
Beth était assise négligemment sur une chaise dans la salle du cours de potion. Elle battait la table du bout de sa plume, impatiente de quitter le cours. Il restait moins de cinq minutes. Elle allait rejoindre Charity Burbage, une amie de Serdaigle, pour faire le tour du lac de Poudlard avant de manger. C'était le mois d'octobre et il faisait encore assez bon dehors, et surtout encore jour, ce qui ne serait bientôt plus le cas. Et tout le monde savait qu'à la nuit tombée, il n'était plus autorisé aux élèves de sortir dans le parc.
Le professeur Slughorn s'en retourna à son tableau pour écrire une longue liste d'ingrédients que les élèves notèrent. Beth trempa aussitôt la plume dans son encrier, et vit du coin de l'œil deux élèves de Gryffondor se tourner dans sa direction avec un grand sourire goguenard. Sirius Black et James Potter. Elle se dit machinalement qu'ils devaient, une fois de plus, chercher des noises à Severus Rogue. Mais Severus Rogue ce jour-là était assis au premier rang, c'est à dire loin d'elle, et d'ailleurs, c'était en fait Beth qu'ils étaient en train de regarder.
- Quoi ? fit-elle silencieusement dans leur direction, avec un geste d'impatience.
Sirius lui fit signe avec la main de laisser tomber, et se détourna. À ce point de sa scolarisation à Poudlard, c'est à dire en cinquième année, Beth se sentait n'avoir plus aucun point commun avec lui, alors qu'ils s'étaient rencontrés lorsqu'ils étaient enfants. Mais Sirius Black s'était détourné d'elle à partir du moment où elle était entrée à Serpentard. De toute façon, Beth eut vite fait de l'oublier à son tour. Très vite, Sirius était devenu un petit prétentieux, avec pour premier objectif de rabaisser ceux qui l'entouraient, en faisant des blagues souvent débiles et parfois même dangereuses. Il avait beau se rebeller envers sa famille, il n'en restait pas moins aussi méchant qu'eux. Beth se détourna et nota la liste d'ingrédients tandis que la cloche sonnait pour indiquer la fin du cours. Le temps qu'elle ne termine, il n'y avait quasiment plus personne dans la classe, et tandis qu'elle rangeait ses affaires dans son sac, Sirius Black et James Potter vinrent se poser devant elle.
- Je t'ai vu cet été, commença Sirius.
Beth se cala confortablement sur sa chaise et s'y balança. Elle s'attendait bien à être raillée d'une façon ou d'une autre, et prenait ça très à la légère.
- C'est extra, répondit-elle en souriant. Ta mère t'a laissé sortir dehors, c'est une très bonne nouvelle.
Imperturbable, le sourire de Sirius s'accentua.
- Tu ne me demandes pas où ?
Beth fit mine de le laisser parler.
- Puisque tu as tellement envie de me le dire…
- Eh bien, c'était un moment tout à fait inattendu. Je me promenais un soir dans les rues de Londres, accompagné de ma cousine et de son petit ami, un né-moldus…
- Une autre rebelle ? Tu n'es plus une exception chez les Black !
-…et nous trainions dans cette rue remplie de jeunes dépourvus de pouvoirs magiques, continua Sirius comme si de rien n'était. Il y avait cette salle de concert moldue, nommée le Hammersmith Odeon. Et tu ne devineras jamais qui j'ai vu y entrer, parmi une ribambelle de moldus, allant voir le concert d'un groupe moldu !
La chaise de Beth se reposa bruyamment sur ses quatre pieds.
- Tais-toi Sirius.
Elle regarda autour d'elle mais il n'y avait plus personne de sa classe.
- Toi ! Continua Sirius, hilare. Qui l'aurait cru ? Une fille de sang mêlé passe ses vacances parmi les moldus, et le cache probablement à son grand-père. Alors qu'elle semblait avoir totalement renié cette partie d'elle-même ! J'ai eu du mal à croire ce que je voyais.
James rit dans sa barbe devant le rôle que jouait son ami. Beth secoua la tête, blasée.
- Tu es devenu tellement stupide, Sirius. Ce n'est pas parce que je suis à Serpentard que je suis devenue xénophobe.
Elle se leva de sa chaise, pour les regarder à hauteur égale, même si c'était peine perdue pour la grande taille de Sirius.
- Et je ne te permets pas de me dire que j'ai renié mon propre père.
- Allons, ne sois pas si menaçante envers moi, railla Sirius en levant un doigt réprobateur. Il me semble bien que personne dans cette école ne sache que tu es une demi-moldue, surtout pas les Serpentards !
- Tu connais mon grand-père, tu sais bien qu'il ne l'a jamais dit.
- Mais c'est de toi qu'on parle, là, c'est de ta vie, tu es bien assez grande pour savoir ce qui est bon pour toi !
Sirius avait cet air faussement tranquille et à moitié hilare qui insupportait Beth au plus haut point. Mais il marquait un point. Beth baissa les yeux et les deux Gryffondor s'éloignèrent sans insister, mais leurs rires la poursuivirent toute la soirée et l'empêchèrent de fermer les yeux une bonne partie de la nuit. Car Beth devait bien l'admettre : Sirius Black avait raison. Malgré ses airs détachés, Beth n'était pas honnête avec elle-même.
La saison changea de l'automne à l'hiver. Les cours se poursuivaient tranquillement, avec une petite pointe de stress en plus pour les élèves de cinquième année. Ils auraient au mois de juin à passer leur BUSE et leurs cours devenaient de plus en plus compliqués. Beth s'en sortait plutôt bien, elle avait toujours été assidue au travail, et passait peu de temps à faire autre chose que réviser. Elle n'avait pas vraiment l'occasion d'avoir l'attention détournée, ses camarades de Serpentard étant de parfaits crétins aux idées absurdes. Et lorsque ces crétins s'avéraient être intelligents, c'en était presque effrayant.
Un soir qu'elle traversait la salle commune en quête d'une table pour travailler, elle surprit quelques mots de la conversation qui réunissait Severus Rogue, Frank Bulstrode et Marcus Jr Avery.
- J'ai appris d'un Serdaigle que cette fille avait des parents moldus. Vous imaginez un peu ! Comment se fait-il qu'elle soit à Serpentard ?
Beth se figea et fit mine de regarder quelque chose dans son sac pour écouter plus attentivement.
- Il suffit qu'elle ait le sens de l'ambition et de la détermination… marmonna Severus Rogue, le nez dans un livre du cours de potions.
- N'empêche que c'est une abomination, insista Marcus Avery.
- Mais de qui parlez-vous ? demanda Frank Bulstrode, large garçon un peu bêta, qui sembla soudain se réveiller.
- Tu ne nous écoutes jamais toi, hein ? ragea Marcus. C'est cette fille de deuxième année, à la tignasse rousse, là-bas…
Beth regarda à l'endroit indiqué. Une jeune fille au visage pâle et aux cheveux blond vénitien se tenait à une table, le nez plongé dans ses devoirs. Frank émit un grognement.
- Dommage qu'elle ne soit pas plus grande, on lui en aurait fait baver.
- Qu'est-ce qui nous en empêche ? railla Marcus.
Ils se mirent à rire tous les deux.
- Hé ! s'exclama aussitôt Beth.
Elle n'avait pas pu se retenir, prise d'une soudaine colère. Marcus et Frank la regardèrent d'un air étonné, et même Severus avait levé le nez de son livre en fronçant les sourcils.
- Avery, espèce de petit crétin, si tu touches un cheveu de cette fille, ou si tu lui adresses même une fois la parole, je te jure que le sort de chauve-furie que je vais te lancer te poursuivra même après Poudlard…
- Qu'est-ce que ça peut te faire ? marmonna Marcus d'un air menaçant. Tu crois que tu m'impressionnes ?
Beth et lui se fixèrent un long moment sous le regard vague de Frank Bulstrode et calculateur de Severus Rogue. Et puis Beth s'éloigna, non sans perdre son courage. Elle savait que les trois types la suivaient du regard et s'installa alors à la table de cette fameuse née-moldus. Elle y déposa ses affaires, salua la jeune élève prénommée Alicia Wilkins, puis pivota la tête vers Marcus Avery et lui lança un clin d'œil faussement enjôleur qui le laissa démuni.
Beth ne le savait pas encore, mais cet épisode marquait la fin des années tranquilles qu'elle avait passées à Poudlard.
Il fallut quelques semaines à Marcus Avery pour surmonter la menace de Beth. La cloche du déjeuner avait retentit quelques minutes plus tôt et Beth se rendit dans le hall, attendant comme les autres devant la Grande Salle l'ouverture des portes.
- Beth ! s'exclama Sirius Black non loin d'elle, ce qui attira quelques regards. Beth ! Comment ça va ! Ça doit te manquer les concerts d'été. Tu sais, j'ai vu une fois ce groupe moldu qui était plutôt pas mal…!
James Potter, et aussi cette petite larve de Peter Pettigrow, rirent de bon cœur en faisant le plus de bruit possible. Beth s'apprêtait à lui lancer un de ces faux rires de filles ébahies sous son charme, lorsque quelque chose attira son attention. Non loin de Sirius, la petite Alicia Wilkins pleurait, toute seule. Beth bouscula immédiatement les personnes qui la séparaient d'elle pour la rejoindre.
- Alicia ! Qu'est-ce qui ne vas pas ?
L'élève de deuxième année tenait son bras droit en regardant autour d'elle, effrayée.
- C'est… c'est ce type de ta classe, sanglota-t-elle. Ce grand brun, il… il m'a brûlé avec sa baguette parce que mes parents sont des…
Elle ne finit pas sa phrase et pleura à chaudes larmes dans les bras de Beth. La colère s'empara immédiatement d'elle. Elle regarda aux alentours, à la recherche de Marcus Avery. Ce n'est que lorsque son regard se dirigea vers le grand escalier de marbre qu'elle le vit, qui descendait avec sa bande, visiblement très fier de lui.
Beth regarda Alicia.
- Tu veux savoir ce que fierté perdue veut dire ? demanda-t-elle en souriant. Reste là et observe.
Elle sortit sa baguette magique puis joua à nouveau des coudes pour rejoindre l'escalier avant qu'Avery n'eut terminé de le descendre.
- Avery, pauvre merde ! s'exclama-t-elle avec du dégoût dans la voix.
Elle grimpa quelques marches et savait pertinemment qu'elle était devenue l'attention de quelques élèves. Mais du moment qu'il n'y avait pas de professeurs dans les parages, rien ne l'arrêterait. Marcus s'était figé, et la regardait, la main plongée dans la poche de sa robe.
- Tu as osé t'en prendre à une fille, et trois ans plus jeune que toi ! Espèce de ramassis d'ordures…
- C'est ça, insulte moi tant que tu veux, qu'est-ce que tu veux que ça me fasse, ton avis sur une sang-de-bourbe ?
- Mais c'est une gamine ! Tu t'en es pris à une gamine sans défense !
Marcus recula d'un pas en regardant la baguette de Beth, qui venait de créer des étincelles vertes.
- Je t'avais dis de ne pas la toucher ! ET TOI TU LUI BRÛLES LE BRAS et tu la MENACES ! Pauvre petite MERDE !
L'attention que tout le monde portait à la scène sembla rendre Marcus plus nerveux encore.
- Mais qu'est-ce que ça peut bien te foutre ce qui arrive à une sang-de-bourbe ! Tu fais honte à ton rang !
Beth pensa à son père. C'était un moldu, et elle l'avait caché pendant toutes ces années parce qu'elle en avait eu honte face aux Serpentard. Et ce point précis, ainsi que l'horrible face grimaçante de Marcus Avery, eurent fini de rendre Beth dans un état de colère suprême.
- Tu veux connaître mon rang, Avery? Figure-toi que je suis né d'un parent moldu, espèce de petit salaud méprisable !
A ce moment précis Marcus sortit sa baguette de sa poche, mais Beth fut plus rapide. Elle la fit voler plus loin par un sort de désarmement et tourna à nouveau la baguette vers lui.
- Repulso Abilius !
La plupart des vêtements d'Avery disparurent aussitôt comme de la cendre. Il tomba à la renverse sur plusieurs élèves qui se trouvaient derrière lui, ne lui restant plus qu'un débardeur, un caleçon et des chaussettes.
- Qu'est-ce qui se passe ici ! s'exclama la voix d'un professeur non loin.
Beth s'approcha de Marcus, toujours à terre, en pointant sa baguette vers lui.
- Si tu dis quoique ce soit, Avery, dit-elle d'un ton menaçant, j'ai un dossier assez gros sur toi pour que tu sois viré de l'école…
- Espèce de garce, tu vas me le payer ! s'exclama Marcus.
Et il se fraya un chemin en repoussant tout le monde vers les sous-sols qui menaient à la salle commune de Serpentard, tandis que des rires se propageaient petit à petit. Le Grand Hall fut bientôt aussi bruyant qu'une salle de concert et deux professeurs émergèrent en cherchant la source de ce désordre, mais en vain. Les portes de la Grande Salle finirent par s'ouvrir mais Beth prit la petite Alicia à part.
- On va se rendre à l'infirmerie avant de manger, lui dit-elle. En attendant je vais te mettre un linge humide, ça calmera la douleur.
Une dizaine de minutes plus tard, elles refaisaient leur apparition dans la Grande Salle. Beth fut étonnée, et aussi gênée, de constater que plusieurs élèves des autres maisons la félicitèrent pour son impressionnant sortilège. Comme elle s'asseyait à table, son regard tomba sur celui de Sirius Black, mais le garçon ne souriait plus du tout.
Plus tard, comme elles avaient terminé de manger, Beth mit en garde Alicia.
- Je ne doute pas qu'il essaiera de se venger, lui dit-elle. C'est même plutôt probable en ce qui me concerne. Mais toi, tu ne sais pas bien te défendre. Alors évite de marcher seule, d'accord ? N'hésite pas à venir passer du temps avec moi. Il y a d'autres élèves que toi d'ascendance moldue à Serpentard, fais-en tes amis. Ne sors pas la dernière d'une classe, et, j'insiste, ne marche jamais seule dans un couloir. Si tu as le moindre doute, va voir un professeur. Et dans tous les cas, Alicia, ne perd jamais ta bonne humeur. Si tu veux rire un bon coup, repense à la scène que tu viens de voir !
Elles quittèrent la salle ensemble et Beth entendit quelqu'un appeler son nom.
- Beth ! s'exclama Charity Burbage, son amie de Serdaigle. Beth, tu m'avais caché ça, tu viens d'une famille moldue ?
- Mon père était moldu, répondit Beth.
- Eh bien, il faudra que tu m'en dises un peu plus ! Super sortilège, par ailleurs... Bon il est tard, faut que je file en Potion, à plus tard !
Beth sourit en regardant son amie partir et monta l'escalier de marbre du hall. Tout en marchant, elle imagina toutes les réactions possibles que Marcus Avery pourrait avoir envers elle. Et ce qui était certain, c'était qu'il ne laisserait pas ça impuni. Mais Beth était prête à se défendre…
Comme elle restait dans ses pensées, elle ne vit pas tout de suite que Sirius Black attendait au beau milieu d'un couloir, adossé à un mur. Elle finit par lever les yeux vers lui lorsqu'elle passa devant.
- Tu te doutes que maintenant, toute l'école va copier ton sortilège ? dit-il.
Beth s'arrêta devant lui, un peu surprise.
- Tu crois que tout le monde se promènera en caleçon d'ici Noël ? demanda-t-elle.
- Aucun doute. Les fabricants de sous-vêtements polaires vont faire fortune.
Beth rit dans sa barbe mais Sirius restait malgré tout impassible. Un petit silence se fit.
- Tu ne crois pas que tu as agi sans réfléchir ? demanda soudain Sirius, l'air plus hautain que jamais.
- Qu'est ce que tu veux dire ?
- Je sais que, étonnamment, tu as défendu cette petite rousse qu'Avery a malmenée. Mais je doute franchement que tu puisses te défendre contre ce qui t'attend. Avery n'est pas seul à Serpentard, il a des amis là-bas. Toi, non.
- Je suis une grande fille, tu sais… répliqua Beth.
- Peut-être pas tant que tu l'imagines.
- Occupe-toi de tes oignons !
Beth sentait la colère monter en elle et frapper sa poitrine.
- Je sais qu'il va chercher à se venger, je le sais, merci. Tu crois que je ne vais pas surveiller mes arrières ? Que je ne serais pas capable de me défendre ? Détrompe-toi.
Elle eut un geste d'impatience.
- Et puis qu'est-ce que ça peut te faire, ce qui m'arrive ?
Sur ce mots, elle s'éloigna vers sa salle de classe comme la cloche s'était mise à sonner.
Elle s'était attendue à tout. A chaque fois qu'elle croisait Avery, elle plongeait la main dans sa poche, agrippant sa baguette. Elle s'asseyait toujours derrière lui en cours, ou, quand elle ne pouvait pas, elle allait loin devant au premier rang. Même le soir dans la salle commune, elle faisait attention pour le garder dans son collimateur. Mais rien ne se passait. Seulement des regards noirs lancés, ou des insultes murmurées sur son sang mêlé. Beth le savait pertinemment, c'était le calme avant la tempête. Il attendait sans doute qu'elle relâche sa garde... Mais la sorcière comptait bien supporter le coup.
Les semaines passèrent, la fin du mois de novembre approchait et une sortie à Pré-Au-Lard, le village de sorciers voisinant Poudlard, fut organisée. Ce jour-là, la neige était tombée et Beth et Charity passèrent la journée ensemble dans les magasins. Elles s'amusèrent à essayer des robes sans les acheter - Charity venait d'une famille modeste et Beth abhorrait le fait de dépenser ses gallions devant elle - mais ne résistèrent pas à la tentation des friandises sorcières et de l'appel de la Bièraubeurre aux Trois Balais. Et puis en début d'après-midi elles profitèrent d'un rayon de soleil et marchèrent vers l'extrémité du village, s'amusant de produire des nouvelles traces de pas dans une neige presque vierge de tout passage humain. Elles discutaient calmement du déroulement des cours, de l'incompétence de quelques professeurs, de la stupidité de bon nombre d'élèves. Et parfois riaient de bon cœur. Beth finit par regarder la lisière de la campagne, derrière laquelle une forêt tapissait les collines avoisinantes. Sous son manteau de neige, c'était un magnifique paysage.
- Ne te retourne pas, lui dit soudain Charity, mais un groupe de garçon vient vers nous… Je crois qu'ils sont de Serpentard.
- Très bien… murmura Beth en souriant. Qu'il approche, ce petit crétin, si c'est un duel qu'il veut, il en aura un…
Elles marchèrent un peu et arrivèrent devant la Cabane Hurlante, phénomène de foire dans le village parce qu'on le disait hanté.
- Quant à toi, ajouta-t-elle à Charity, ne t'en mêle surtout pas, je n'ai pas envie de te créer des problèmes.
Beth déglutit avec difficulté et se rendit alors compte qu'elle appréhendait le moment. Son cœur battait plus vite qu'à l'accoutumée. Mais il ne fallait surtout rien laisser paraître. Elle s'appuya négligemment contre la barrière qui délimitait le terrain de la Cabane Hurlant et tourna la tête. C'était bien Avery, qui approchait avec Bulstrode, Rogue, et trois garçons de sixième et septième année, à l'air stupide et méchant. Ils étaient si nombreux… Pour se donner courage, Beth continua de les regarder s'approcher. Chacun avait sa petite démarche stupide de gorille, pas du tout naturel. Cela fit sourire Beth et lui redonna confiance.
- Qu'est-ce qui te fait rire, moitié sang-de-bourbe ? lança Avery quand il fut assez prêt.
Beth expira en secouant la tête.
- Je me demandais juste si tu aurais assez de couilles pour m'affronter seule à seul, Avery…
Beth remarqua que le Serpentard parut décontenancé et qu'il jetait des coups d'œil vers les élèves plus âgés. Maintenant, elle avait assuré son duel.
- Et puis, tu n'es pas très malin. « Moitié sang-de-bourbe » définit certainement aussi l'un de tes petits amis. Auquel cas je craindrais fortement la consanguinité des sorciers…
Charity pouffa de rire à côté d'elle mais Beth continua de fixer Avery.
- Peu importe, Ashtray, rétorqua Avery. Ce qui compte ce n'est pas vraiment les origines, c'est les convictions, pas vrai ? Malheureusement pour toi, on a découvert que tu étais très, très loin des nôtres…
- Tu penses vraiment pouvoir me battre ? répliqua Beth avec un grand sourire. Tu risques d'attraper froid si tu perds à nouveau tes vêtements. Le chemin jusqu'à l'école est très long !
Charity eut un véritable rire franc et Avery sortit lentement sa baguette magique. Beth, aux aguets, se redressa de la barrière, et relâcha un peu sa grosse écharpe qui l'empêchait de bouger librement de la tête. Mais comme elle sortait sa baguette, un sortilège vert vint soudain la frôler et toucha Avery en le désarmant. Beth se tourna vers Charity mais vit que ce n'était pas elle. Plus loin derrière, les garçons de cinquième de Gryffondor descendaient le chemin qui sortait du village et Beth vit que Sirius Black avait dégainé sa baguette magique.
- Alors Avery, un petit duel te démange ? s'écria-t-il avec un large rictus en appétit. C'est gentil à toi de nous avoir attendus…
Les garçons de Serpentard avaient sorti leurs baguettes dans le même mouvement, et Avery marcha prudemment vers la sienne, atterrie à quelques mètres de lui.
- Parfait, dit-il, Black et sa bande de traîtres à leur sang…
- Ne te mêle pas de ça, intervint Beth à Sirius lorsqu'il fut arrivé à sa hauteur. Il était pour moi.
Mais Sirius poussa un nouveau rire franc.
- Tu crois que je vais rater cette opportunité ?
- Six crétins de Serpentard… murmura James Potter après avoir fait mine de compter. C'est une trop belle occasion pour la laisser passer. Et, oh ! Mais, qui voilà : Servilius !
Ses amis et lui éclatèrent de rire.
- La FERME Potter ! s'écria Rogue, resté un peu en retrait. Si tu étais seul contre moi, tu ferais bien moins le malin !
- Ne mets pas en doute mon intégrité, railla James. Et puis, si je compte bien, tu as plus de renfort que moi : nous, on est seulement quatre.
- Hé ! rappela à l'ordre Beth. C'était pour moi qu'ils venaient à la base, alors arrêtez de vous la jouer.
Sirius haussa grand les sourcils. Remus Lupin, silencieux jusqu'ici, prit la parole en feignant la discussion posée :
- On pourrait aussi, pour ne pas faire trois clans différents, s'allier ensemble. Ce serait tellement ennuyeux s'il y avait plus de deux équipes, il faudrait tout le temps regarder autour de soi…
- En plus dans la tienne, vous n'êtes que deux, vous ne tiendrez pas longtemps, ajouta James.
- Mais si tu préfères qu'on te laisse avec eux... fit Sirius. Méfie-toi, je crois qu'on les a un peu énervés…
Comme il se tournait vers les Serpentard, il prit soudain Beth par l'épaule et la força à s'abaisser. Un sortilège les frôla et fit exploser un morceau de barrière en bois, frôlant Charity qui étouffa un cri avant de se réfugier derrière Remus.
- Ce n'était pas fairplay ça ! gronda Sirius.
Et la petite bataille de cours de récréation commença dans cette rue de campagne déserte à la sortie de Pré-Au-Lard.
Beth, Charity et les Gryffondor enjambèrent la barrière de la Cabane Hurlante pour se protéger, tout en lançant des sorts à tout va. Un Serpentard reçut le sortilège des oreilles en choux fleur et celui de la conjonctivite, ce qui le fit crier de douleur en se frottant les yeux, tandis que Peter Pettigrow, pas assez rapide, eut les jambes qui se collèrent à ses bras et tomba à la renverse dans la neige.
- Parfait Peter, railla Sirius. Reste sagement là, tu seras plus en sécurité !
- Tu fais chier, Black ! s'exclama Beth. Pourquoi il a fallu que tu fasses tout dérailler ?
- Ne me dis pas que tu as peur qu'on perde contre eux !
Un morceau d'arbre explosa non loin d'eux.
- Et voilà qu'ils s'en prennent à la végétation ! s'exclama Remus, en colère, en lançant un sort par-dessus la barrière.
- Bien sûr que non, mais je voulais Avery pour moi ! répondit Beth.
- Les amis, intervint James qui venait de lancer plusieurs sortilèges sans succès, je crois que ça a été un mauvais choix de s'abriter ici, ça nous donne une mauvaise position d'attaque.
Un sortilège frappa de plein fouet la barrière et Beth la sentit vibrer avec force.
- OK, lança Sirius. Les gars, à trois, on y va. Les filles, si ça vous dit, proposa-t-il comme une simple invitation.
- Pourquoi pas ? répondit Beth, car un petit duel lui démangeait la baguette.
Elle regarda Charity, dont la mine défaite trahissait son manque de motivation. Elle agrippa néanmoins sa baguette et hocha la tête.
- O.K., reprit James, un ! Deux !
Un autre petit arbre implosa et tomba vers eux.
- PAS LES ARBRES ! s'écria Remus.
- TROIS !
Ils sortirent tous les quatre en jetant des sorts qui tracèrent des jolies lignes lumineuses en direction des Serpentards.
- Stupefix !
- Impediamentus !
- Expeliarmus !
- Floros Aracus !
Quelques Serpentards, comme Rogue, réussirent à contrer les sorts, mais pas un sixième année qui s'en prit deux en même temps. Ses cheveux devinrent des grandes feuilles de fougères et une corde magique s'enroula autour de lui comme un saucisson. Un sort frôla Beth qui se jeta de côté pour l'éviter. Elle fit les comptes, ils étaient à présent quatre contre quatre. Remus Lupin, que Beth savait beaucoup plus discret et plutôt assidu en cours, la surprit à se défendre aussi bien que ses compères. Mais James et Sirius prenaient un plaisir certain à l'attaque, et ne manquaient pas de fantaisie un peu cruelle. Beth essaya tant bien que mal de prendre Avery à part. Elle voulait son duel.
Alors qu'elle avançait vers lui, la silhouette de Rogue s'interposa et il la regarda fixement. La sorcière eut un mouvement d'hésitation.
- Vraiment, Rogue? lança-t-elle d'un air las. Tu sais que je n'ai rien contre toi.
Severus plissa les yeux et sembla réfléchir rapidement, mais l'instant d'après, James Potter fondait sur lui et Beth se retrouva presque nez à nez avec un sixième année.
- Alors Ashtray, lança le prénommé Rottwig, ça fait quoi d'être la catin des Gryffondor ? Dentesaugmento !
Beth explosa de rire en déviant le sortilège qu'il venait de lui lancer et s'écarta de quelques pas.
- Il t'en faut peu pour des conclusions si hâtives, Jeremy. Et les relations amicales entre maisons, c'est possible... Pas étonnant que tu te contentes de sortir avec Evelyn ! Mais tu sais, il y a des filles beaucoup plus charmantes en dehors de Serpentard.
Elle dévia un nouveau sortilège et remarqua que le sixième année ne paraissait pas vouloir lui faire beaucoup de mal. Il sourit même de toutes ses dents et la jaugea des pieds à la tête.
- Oh on en a aussi des très bien, chez nous...
Beth hésita sur la façon de prendre cette remarque lorsque Black lança tout à coup un sort à Rottwig qui lui fit pousser de belles boucles anglaises jusqu'aux épaules. Et puis soudain, par dessus les cris de rage et les éclats de rire, une voix s'éleva haut et fort d'une maison toute proche.
- QUI FAIT TOUT CE RAFFUT ? ILS VONT TÂTER DE MA BAGUETTE MAGIQUE CES PETITS VAURIENS !
Pris de panique, car non seulement ils risquaient une punition de Poudlard plutôt corsée s'ils étaient dénoncés, mais en plus, la voix était particulièrement tonitruante, les deux clans se dispersèrent aussitôt tandis que le sorcier se rapprochait.
- IL LEUR SUFFIT D'UNE JOURNÉE DE LIBERTÉ ET CES SATANÉS GAMINS EN PROFITENT POUR FAIRE PLUS DE BRUIT QU'UN TROUPEAU DE TROLLS !
Beth avait foncé en direction de Charity et les filles détalèrent près de la Cabane Hurlante, en cherchant autour d'elles un endroit où se cacher. Les Serpentard avaient libéré ceux qui étaient ensorcelés, et s'étaient enfuis vers la rue commerçante sous quelques quolibets des Gryffondors, tels que « poules mouillées » ou « pudding au gingembre avarié » - « Quoi » ? avait fait James en regardant le sourcil perplexe de Remus. « C'est ma grand-mère qui cuisinait ça, et c'était absolument odieux » - Et puis les Gryffondors s'étaient dirigés vers les filles.
- Dans la Cabane Hurlante !
Beth et Charity furent emportées par le troupeau et se retrouvèrent très vite à l'intérieur de la cabane dès que Remus l'eut ouverte d'un simple sortilège. Ils refermèrent la porte derrière eux et entendirent la voix menaçante se rapprocher. Beth regarda discrètement par une fenêtre sale et poussiéreuse, obstruée de planches qui étaient clouées de travers. Un homme passa dans l'allée, et Beth sut qu'elle le connaissait de vue en tant qu'habitant du village.
- C'est le patron de ce bar miteux, juste à côté, murmura James qui regardait aussi.
- Vous avez laissé Pettigrow dans la neige ! s'exclama précipitamment Beth.
Remus et Sirius les rejoignirent au carreau et tous se baissèrent très bas en voyant passer ledit tenancier. Il portait une longue barbe et des épais sourcils poivre et sel, et sa robe de sorcier était d'un style très rupestre. Peter Pettigrow était bel et bien toujours étalé dans la neige, les jambes collées au bras, et semblait remuer comme un vers de terre.
- Pourquoi personne n'a levé le maléfice pour lui ? reprocha Sirius aux autres.
- Pourquoi tu ne l'a pas fait ? répliqua Remus.
- Pourquoi ne nous a-t-il pas appelés ? ajouta James.
- Il a dû se prendre un maléfice colle-langue… hasarda Beth.
- Oh noooon…
Ils se retournèrent tous vers Charity. Celle-ci était restée collée à la porte d'entrée et fixait d'un air horrifié le long couloir qui s'offrait à eux. C'était très obscur et très poussiéreux, et lorsqu'ils firent tous silence le bois craqua quelque part à l'étage.
- Pourquoi a-t-il fallu qu'on vienne ici… C'est hanté ! C'est… c'est l'endroit le plus hanté de Grande Bretagne ! Je veux sortir… murmura Charity.
Elle tremblait comme une feuille. Beth s'approcha d'elle.
- Calme-toi. On ne peut pas bouger pour l'instant. Et puis tu as bien vu à Poudlard, les fantômes ne peuvent pas faire de mal ! Pourquoi as-tu si peur ?
- Mais tous ces bruits qui courent sur cette cabane ! Ces cris qu'on entend parfois la nuit ! On dit que c'est peut-être autre chose qu'un fantôme…
Tout à coup un hurlement s'éleva dans leur dos et elles firent toutes les deux un bon en arrière en faisant volte-face. Beth brandit sa baguette magique et Charity poussa un hurlement à percer les tympans. Mais ce n'était que Sirius qui venait d'hurler comme un loup. A présent lui et ses amis se tenaient les côtes en riant comme jamais.
- Idiot ! s'exclama Beth en baissant son bras, hors d'elle d'avoir été ainsi effrayée.
Charity se recroquevilla contre le mur et se balança en murmurant qu'elle voulait qu'on la sorte d'ici.
- Le vieux repasse devant la cabane ! coupa soudain James. Il est là… Il n'a toujours pas vu Peter, heureusement que la neige recouvre un peu son postérieur…
- Il vaut mieux rester tranquillement ici, proposa Sirius, puis se tournant vers les filles : ça vous dirait de faire une petite visite ?
- Laisse-les tranquilles, conseilla Remus, regarde dans quel état tu l'as mise…
Beth lança un regard de remontrance à Sirius puis se tourna vers Charity et tenta de la calmer.
- Peut-être y a-t-il une sortie à l'arrière de la cabane… avança-t-elle en parcourant le couloir ténébreux un instant plus tard.
- Ce n'est pas judicieux, ça donne sur un jardin ouvert sur le village, lui dit James.
Remus lui donna aussitôt un coup de coude dans les côtes et le regarda d'un air furieux. Beth plissa les yeux.
- Vous êtes déjà venus ici ?
- On a déjà visité l'extérieur… hasarda Sirius, les mains dans les poches.
Beth remarqua à peine les regards qu'ils se lancèrent tous les trois et se dirigea à nouveau vers la fenêtre.
- Il a l'air d'être parti… On n'entend plus sa voix douce.
- Il a peut-être rattrapé quelques Serpentards et les piétine sous les sabots de ses chèvres !
Ils partirent tous les trois dans un éclat de rire pour une référence que Beth ne comprenait pas. La sorcière s'étonnait de leur sang froid dans un endroit pareil. Si ça n'avait tenu qu'à elle, elle se serait faite aussi silencieuse qu'un chat. Elle se tourna vers Charity qui semblait s'être un peu calmée et reprenait contenance.
- Finalement ce n'était pas une idée si bête de sortir par derrière, reprit Sirius en se calmant. Venez, on va aller voir.
Beth eut du mal à arracher Charity du mur, mais il fallut bien à cette dernière qu'elle suive les autres. La petite troupe parcourut le couloir, et Beth se dit que c'était plutôt inquiétant de marcher vers l'obscurité. Elle crut même voir des entailles de larges griffes sur les murs mais ne préféra rien dire pour ne pas inquiéter son amie. Remus ouvrit une porte au fond, qui était un placard à balais, et rien de surnaturel n'en sortit. Il poussa ensuite la porte à gauche, et aussitôt des traits de rayons de soleil les éblouirent l'espace d'une seconde. C'était la cuisine, et la fenêtre, à moitié obstruée par des planches, donnait sur un jardin laissé à l'appétit des plantes sauvages. Beth écarquilla les yeux et retint sa respiration quand elle vit que les meubles de la pièce étaient renversés, et qu'il y avait de larges coups de griffes un peu partout.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ici ? murmura-t-elle dans un souffle.
Personne ne lui répondit mais les mains de Charity lui serrèrent le bras jusqu'à empêcher le sang de passer.
- Charity, tu me fais mal…
- On doit pouvoir passer par cette fenêtre, dit Remus après un temps.
Il sembla à Beth que Remus avait autant envie que Charity de quitter cet endroit. Les garçons ouvrirent les battants et entreprirent d'arracher quelques planches. Puis ils aidèrent Charity à sortir, et escaladèrent à leur tour le montant. Beth regarda autour d'elle. La table principale était renversée, les chaises, cassées. Les placards étaient tous grand ouverts, mais tout était vide, et à terre il n'y avait pas non plus l'ombre d'une vaisselle ou d'un objet de décoration. Quelqu'un, ou plus vraisemblablement quelque chose, semblait avoir tout retourné sous le coup de la colère. Et ces griffes… Beth s'accroupit près de la table et caressa une longue griffure. Il y avait quatre doigts, ça ne pouvait donc pas être un chien, d'autant plus que la largeur était celle d'une main humaine. Beth eut un frisson dans l'échine de son dos.
- Tu comptes rester là longtemps ?
Beth se retourna. Ils étaient tous sortis dans le jardin et Sirius était accoudé à la fenêtre. A contre-jour, elle ne voyait pas son visage.
- On peut te laisser ici, si tu en as envie.
- C'est tellement bizarre, ces traces… Ça ne peut pas être un animal commun, il y a trop de doigts, et puis elles sont si larges…
Sirius ne répondit pas tout de suite. Comme elle s'apprêtait à faire le tour de la pièce en quête d'indices, il l'interrompit.
- Allez viens, il ne faut pas traîner, j'entends la voix de l'homme aux chèvres qui revient…
Beth savait que ce n'était pas du tout vrai, mais elle obtempéra et sortit de la maison. Sirius l'aida à descendre le châssis de fenêtre et Beth fut un peu désorientée lorsque leurs mains se rencontrèrent, mais ne montra rien. Ils prirent soin de bloquer à nouveau la fenêtre avec les planches et traversèrent le jardin. Il donnait d'un côté sur une forêt et de l'autre sur le village. En escaladant plusieurs barrières, ils finirent par se retrouver dans la rue principale. Charity s'était calmée et employait toute la force qu'il lui restait à faire comme si rien ne s'était passé. Beth, quant à elle, avait l'impression d'avoir vécu une petite aventure, et ce n'était pas pour lui déplaire. Il lui avait semblé que les autres Serpentard ne mettaient pas autant de cœur qu'Avery à vouloir la haïr, et cette idée la rassurait. Mais le soleil baissait. C'était le signe qu'il fallait rentrer à Poudlard et, comme ils se dirigeaient vers les grilles du parc du château, Beth accosta Black.
- J'étais plutôt sérieuse, quand je t'ai dit de ne pas te mêler de notre duel. Avery ne me lâchera pas tant que je ne lui aurais pas prouvé qu'il n'arrivera pas à me battre.
- Je pense que tu te trompes, rétorqua Sirius. Tu te surestimes, et Avery ne sera jamais capable d'avaler une défaite contre une fille, alors il continuera, continuera, jusqu'à ce qu'il y arrive, ou jusqu'à ce qu'il trouve un sbire pour te battre.
Beth secoua la tête.
- Qui te dis que les autres me détestent ? demanda-t-elle en souriant.
- Comme c'est mignon, tu essaies de trouver une excuse aux autres... Mais ne te fais pas d'illusions, les mecs de chez toi sont racistes, et pourvus d'une misogynie ancestrale. Tu n'as aucune chance contre ça.
- Ou alors, Black, c'est peut-être toi qui penses que je ne suis pas capable de me défendre seule. Peut-être même, ajouta-t-elle d'un air mystérieux, tu penses toi aussi que les filles sont moins puissantes que les garçons.
Sirius rit aux éclats en arrêtant sa marche.
- Prouve-moi le contraire, lança-t-il en toisant Beth, les bras croisés et le sourire aux lèvres.
Ils s'étaient à présent arrêtés devant les grilles de Poudlard. Charity fronça les sourcils et tout le monde les regarda, incertains de ce qui allait se passer.
- Première preuve, lança Beth avec un grand sourire. Nous disposons d'une cervelle, et d'une mémoire infaillible. À ta place, je n'aurais pas oublié Charity dans la neige, le postérieur en l'air et le sortilège du gymnaste collé aux membres !
Sur ce Beth lui fit un clin d'œil, et Sirius avala une énorme bouffée d'air en regardant James et Remus.
- Peter... On a oublié Peter ! s'écria-t-il.
Charity et Beth se détournèrent, hilares, et rentrèrent au château, tandis que les trois Gryffondors retournaient au galop à la Cabane Hurlante.
- Je les trouve bien stupides, annonça Charity comme elles faisaient le tour du lac, quelques jours plus tard. Ils sont là, à se pavaner, à toiser les autres… C'est tellement flagrant que Black et Potter se prennent pour les rois.
Beth poussa un profond soupire.
- Je n'ai pas franchement envie de les excuser, mais à Serpentard les mecs ne sont pas mieux. Je commence à être fatiguée de leurs montées d'hormones ! Ils sont là, à rouler des muscles qu'ils n'ont même pas...
Beth arrêta sa marche et se mit à imiter un sportif en train de contracter ses muscles, ce qui amusa beaucoup Charity.
- À Serdaigle, je trouve les garçons beaucoup plus matures, reprit cette dernière quand elle le put.
- Ah oui ? railla Beth. Est-ce que par hasard il n'y en a pas un plus mature que les autres…
- Oh ! Tu m'ennuies.
Mais Charity eut un sourire.
- Je le savais. On ne parle jamais de garçons, mais j'ai bien senti qu'il se tramait quelque chose. Enfin, si tu ne veux pas m'en dire plus…
- Non, sinon je vais finir comme cette horde de filles qui poursuivent les garçons en pouffant et en se remettant du rouge à lèvre.
Beth rit aux éclats.
- Qu'elles ont l'air stupide !
Et les deux amies continuèrent leur chemin en critiquant ces bécasses avec un certain plaisir mesquin.
Playlist du chapitre :
Head On - The Jesus And Mary Chain : watch?v=eGp47YwDZ48
Sympathy for the Devil - The Rolling Stones : watch?v=vBecM3CQVD8
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