- J'suis sûre que t'es amoureuse d'Antoine Daniel, minauda Nyo dans une imitation insupportable de la fan qui avait prononcé ces mots, appuyant fortement sur le mot féminin dérangeant.

- Un bisou ! Un bisou ! Rajouta Kriss d'une voix toute aussi aiguë et énamourée que celle de l'autre youtuber.

- Arrêtez ça, les mecs... Commença Antoine, semblant réellement compatir au sort de Mathieu avant d'immédiatement briser tout espoir chez le concerné d'être pris en pitié par leur très cher Chewbacca. Vous mettez mal à l'aise ma chérie !

Répliquant en frappant gentiment l'épaule d'Antoine tout en adressant un geste très élégant du majeur à ses autres amis qui n'arrêtaient pas de l'emmerder avec cette histoire, ce qui commençait presque à l'agacer d'ailleurs, Mathieu se saisit tout de même de la bouteille qu'ils faisaient passer de main en main pour en boire une gorgée, grimaçant un peu en sentant le liquide enflammer sa gorge.

Même si Nyo avait certifié que ce n'était pas un alcool fort, surtout pas si la bouteille était vidée par quatre personnes à la fois, Mathieu avait un peu de mal à apprécier le goût assez fade du liquide qu'ils se partageaient gentiment. Pas franchement top.

- Sérieux Nyo, je sais pas qui est la fille qui t'a offert cette bouteille mais elle a des goûts de chiotte niveau alcool...

- C'est ça, change de sujet, plaisanta Kriss avant d'éclater de rire face au regard profondément blasé de Mathieu.

- Ben écoute, cadeau d'une fan, je pouvais pas vraiment refuser... Et puis, perso, le goût me dérange pas tant que ça.

- Une fan ? Tu veux dire que tu as des fans, maintenant ?

- Et une vieille blague déjà recyclée une bonne centaine de fois, une... En plus, elle était plutôt mignonne comme fille...

- Genre comme celle qui voulait à tout prix mettre Antoine et Mathieu ensemble ? Faut faire gaffe, elle a peut-être placé un aphrodisiaque à l'intérieur pour arriver à ses terriiiibles fins perverses, la bougresse...

Bien sûr, les petit groupe ne manqua pas d'arrêter tout mouvement à ce commentaire, les quatre amis échangeant un regard légèrement effrayé.

- Nan... Naaaaaaan ! C'est juste pas possible !

- Et pourtant, si... Au 21ème siècle, tu as quand même eu l'audace d'utiliser le mot "bougresse" dans une conversation...

- Oh allez, vous savez que je parlais pas de ça. Vous croyez que c'était un cadeau... empoisonné... ?

- Tu vires carrément parano, mec...

Étrangement, en voyant ses amis acquiescer de la tête aux paroles de Kriss, Nyo finit par se dire qu'ils avaient raison et cessa immédiatement de s'en faire à propos du contenu de cette fameuse bouteille, étant même le premier à en boire d'autres gorgées durant la soirée. Une soirée qu'ils passèrent à discuter et à s'amuser comme n'importe quel autre groupe d'amis, évoquant leurs dernières découvertes, que ce soit niveau films ou jeux vidéos.

Et si plus personne ne songea à se moquer d'Antoine et de Mathieu ainsi que de leur prétendue liaison de toute la soirée, Mathieu eut la mauvaise idée en rentrant dans sa chambre de se connecter pour lire les nouveaux commentaires sur sa dernière vidéo. Et bien sûr, les fans ne se gênaient pas pour fantasmer encore et encore sur le couple fictif qu'il formait apparemment sur la toile avec Antoine Daniel, bien que ce soit contre leur volonté à tous deux.

D'ailleurs, en parlant d'Antoine...

- Hey ! Tu peux éviter de regarder par-dessus mon épaule ? C'est super désagréable, je te signale.

- Pourquoi ? Tu veux me cacher quelque chose ? Je les ais déjà vu, de toute façon, ces commentaires sur notre soit-disant "couple", avoua Antoine en faisant les guillemets avec ses mains. Enfin si ça leur fait plaisir de fantasmer là-dessus...

- ...Ouais, j'imagine...

- Tiens, regarde. J'arrête pas de la recevoir aussi, cette demande-là.

Pointant son doigt sur l'écran, Antoine secoua la tête avec un air mi-blasé mi-amusé, attisant la curiosité de Mathieu qui reporta immédiatement toute son attention sur l'écran pour tenter de comprendre un peu mieux la réaction de son meilleur ami. Apparemment, la jeune femme était tellement fan du Matoine - apparemment, leur couple invraisemblable était appelé ainsi sur internet... - qu'elle leur demandait une vidéo d'eux deux en train de s'embrasser...

Non mais franchement, comme s'ils allaient accepter gentiment de se rouler une pelle face à une caméra !

- Ce serait un super gage pour un action ou vérité.

- ...Pas faux. Mais fais-moi penser à ne plus jamais y rejouer avec toi, du coup.

Éteignant finalement son ordinateur , Mathieu partit ensuite s'allonger sur le lit avec un soupir chargé de lassitude, rêvant déjà de se rouler dans les couvertures. Le lit d'Antoine était juste en face du sien. A la base, ils avaient tous deux demandés une chambre séparée mais l'hôtel était assez cher et n'avait, de toute façon, plus assez de chambres en cette saison pour qu'ils puissent se permettre de tous avoir une chambre à soi.

Et bien sûr, juste pour le plaisir de le mettre mal à l'aise et se moquer gentiment d'eux, on l'avait placé avec Antoine...

Enfin, ce n'était qu'une simple plaisanterie. Et au final, Mathieu n'avait pas à se plaindre, il appréciait assez le jeune homme, bien que ce soit totalement platonique entre eux, évidemment. D'ailleurs, les blagues douteuses à propos de leur couple lui faisait probablement autant rire qu'Antoine en temps normal, sauf ce soir, où Mathieu avait seulement envie de rejoindre les bras de Morphée...

Fronçant les sourcils en entendant les étranges bruits que faisaient son ami, Mathieu se força à relever la tête vers lui, curieux de savoir ce qu'il pouvait bien trafiquer. Cependant, il fut vite renseigné. En un seul coup d'œil, le jeune homme s'aperçut qu'Antoine venait en fait d'allumer sa caméra, celle-ci étant stratégiquement placée au coin de son bureau pour pouvoir filmer la plus grande partie de la pièce.

Levant les yeux au ciel en voyant Antoine écarter les bras exagérément dans sa direction, la bouche formant un horrible cul de poule, Mathieu tenta finalement de lui balancer son oreiller à la figure en le voyant s'approcher dangereusement de lui, bien que celui-ci ne fit que frôler le bout de ses cheveux puisque son ami se baissa évidemment à temps pour éviter l'objet volant.

- Alleeeez, Mathi', viens me faire un bisou ! Je sais que tu en meures d'envie !

- Crétin, tu sais très bien que je ne vais certainement pas faire ça !

- Même pour l'unique et infini plaisir de nos fans ?

- Certainement pas pour l'unique et infini plaisir de nos fans.

Comme s'il allait se forcer à embrasser l'un de ses meilleurs potes dans le seul but de faire plaisir à d'autres personnes. Des fans, d'accord, mais quand même. Franchement, c'était complètement stupide comme idée.

Néanmoins, lorsque Chewbacca s'assit près de lui sur le lit malgré ses nombreuses protestations, souriant comme un imbécile heureux, Mathieu se sentit sourire à son tour, bien malgré lui. Antoine faisait toujours des tas de blagues stupides mais, au final, il réussissait toujours à le faire rire, lui comme la plupart de leurs amis communs d'ailleurs.

Secouant la tête de droite à gauche, Mathieu sentit tout de même son sourire se faner un instant lorsque leurs nez s'effleurèrent, Antoine semblant réellement amusé par leur proximité alors que lui en était presque embarrassé. D'ailleurs, Mathieu ne tarda pas à reculer son visage, s'efforçant de continuer à rire malgré sa soudaine gêne. Antoine ne faisant que plaisanter avec lui, après tout.

- Allez, arrête ça. Va éteindre cette caméra, qu'on puisse aller se coucher.

- Je t'ai connu beaucoup moins sage, Mathi'... Pourtant, tu dois bien te rendre compte que je vais continuer à te faire chier pendant encore un bon moment, nan ?

Le contraire aurait été étonnant, c'est sûr. Antoine était du genre obstiné, après tout. Seulement, Mathieu avait vraiment besoin de sommeil et n'avait clairement pas le courage de se battre pour le faire comprendre au jeune homme.

Ainsi, à la fois irrité par cette histoire qui semblait revenir toujours sur le tapis mais aussi et surtout résolu à montrer qu'il n'était aussi mal à l'aise qu'Antoine tentait de le faire sous-entendre, Mathieu poussa un soupir excédé avant de prendre son visage en coupe, plaquant avec force ses lèvres sur les siennes. Juste histoire qu'il arrête de l'emmerder avec cette histoire et qu'ils puissent tous deux tranquillement aller se coucher.

Sauf qu'il ne s'attendait pas à ce qu'Antoine accueille joyeusement ce baiser pourtant surprenant en plantant ses dents dans sa lèvre inférieure...

- ... !?

Ouvrant des yeux ronds en s'apercevant que le jeune homme y mettait vraiment du sien pour faire croire à un véritable baiser, Mathieu finit même par tenter de le repousser gentiment, paniquant en sentant la langue de son meilleur ami s'y mettre et venir lécher le bout de ses lèvres. Et si la caresse n'était pas si désagréable en soi, Mathieu avait bien trop conscience de l'identité du propriété de cette langue audacieuse pour pouvoir répondre sans réfléchir à ce baiser improvisé.

Ce qui n'empêcha pas Antoine de forcer la barrière de ses lèvres cependant, poussant le vice jusqu'à glisser sa langue contre la sienne dans une caresse plus que sensuelle. D'ailleurs, dans un geste très technique, Antoine prit soin de sucer sa langue tranquillement, la taquinant du bout de la sienne, la reprenant ensuite dans son entièreté pour recommencer à batailler un peu plus sauvagement avec elle, bien en face de la caméra toujours en marche.

Heureusement pour lui, Antoine finit par le relâcher en s'apercevant de ses sueurs froides , lui souriant avec un tel aplomb que Mathieu se sentit idiot durant un instant d'être ainsi perturbé et paniqué pour une simple blague.

D'accord, elle était vraiment de mauvais goût. Mais avec Antoine, il était censé en avoir pris l'habitude...

Mais alors qu'il faisait mine d'essuyer ses lèvres d'un revers de manche, Mathieu s'étonna de voir ce sourire d'imbécile s'éteindre des lèvres de son ami...

- Mathieu... tu... hm... euh...

Étrangement, Antoine semblait désormais être encore plus gêné que lui, bien que Mathieu n'en comprenne pas vraiment la raison au départ.

Ou du moins, jusqu'à ce qu'il remarque où le regard de son ami se diriger ainsi que cette sensation familière parcourant son corps... et principalement son bas-ventre. Réalisant avec horreur ce qui embarrassait tellement Antoine, Mathieu se sentit alors rougir de honte, tentant désespérément de se dissimuler son entrejambe en repliant légèrement ses jambes sur lui-même.

Alors là, c'était la meilleure.

Son corps avait réagi si spontanément au baiser d'Antoine que Mathieu en était le premier choqué... Comme s'il était tout à fait naturel qu'un simple baiser suffise à provoquer du désir chez lui, finalement. Et pourtant, que son corps réagisse au contact d'Antoine était loin d'être une évidence. D'ailleurs, ça ne lui était encore jamais arrivé de ne serait-ce que penser au chevelu de cette manière, quoi qu'en dise leurs fans désespérément yaoistes.

A moins que Nyo ait eu raison en vérité... à propos de cette bouteille d'alcool et de son contenu suspect...

- Hey... Mathieu...

Grimaçant à l'idée de croiser le regard certainement mal à l'aise d'Antoine qui n'allait sans doute pas tarder à lui dire qu'il n'avait jamais voulu aller si loin avec lui, Mathieu prit tout de même son courage à deux mains, se forçant à relever les yeux vers celui étrangement brillant de son ami.

Ami dont les lèvres s'écrasèrent une nouvelle fois sur les siennes...

Apparemment, Antoine ne trouvait vraiment pas nécessaire de connaître son avis sur la question avant de lui sauter dessus... Même si quelque part, vu le renflement de son pantalon, ce n'était sans doute pas utile pour lui de prendre cette peine... D'ailleurs, Antoine se gêna pas pour l'étaler violemment sur le lit, s'allongeant de tout son long sur lui, se fichant visiblement complètement de l'écraser sous son poids.

Et si Mathieu eut réellement le désir de s'en plaindre durant quelques secondes, lorsqu'une main câline vint caresser son érection à travers son jean, il fut tout simplement incapable de demander à l'ébouriffé de s'arrêter et préféra au contraire se laisser aller à plusieurs gémissements de plaisir...

Définitivement, un aphrodisiaque devait embrumer leur sens et ainsi dicter les mouvements de leurs corps. Jamais Antoine n'irait si loin en temps normal. Et jamais Mathieu n'apprécierait ses caresses à ce point... Après tout, même si le schizophrène n'avait pas eu de relation sexuelle depuis longtemps, son corps n'était pas censé réagir si violemment aux attouchements de son meilleur ami.

Et pourtant, Mathieu bandait désormais de plus en plus sous la main étrangement experte d'Antoine... Une main qui finit par s'enfouir dans son caleçon pour cajoler son sexe déjà particulièrement tendu, à nu, sans aucune barrière de tissu...

- Nh... A-Antoine... Putain... Non... Attends, c'est... Aaah... Aah mais c'est trop... mh...

Mathieu ne savait pas lui-même ce qu'il tentait de lui dire exactement. De toute façon, ses protestations furent immédiatement étouffées lorsque la main d'Antoine se resserra avec force sur son membre, le branlant vigoureusement, forçant ainsi le schizophrène à gémir toute sorte de sons gênants et indécents. Le cœur battant, Mathieu sentit alors un feu incroyable déferler dans son dos, ses reins, son sexe...

Jusqu'à ce qu'Antoine choisisse d'arrêter les mouvements de sa main, soufflant à son oreille son impitoyable question.

- Tu veux vraiment que j'arrête, Mathi'... ?

- Bordel, 'Toine... !

Si sa question était visiblement sincère, Antoine cherchant sans doute réellement l'approbation de son partenaire avant de poursuivre ses attouchements, Mathieu ne put s'empêcher de lui en vouloir pour son manque de timing, se sentant plus frustré que jamais.

Sur le point de jouir, Mathieu sentit en effet un manque effroyable le saisir lorsque la main d'Antoine cessa ses merveilleuses attentions, faisant douloureusement palpiter son sexe, le forçant finalement à balancer ses hanches pour faire frotter de nouveau son membre contre sa paume de main si chaude et si câline, malgré la honte que ce geste pouvait lui causer.

Et malgré le léger sourire qui prit place sur les lèvres de son meilleur ami en le voyant réagir ainsi...

D'ailleurs, constatant combien son probable futur amant était excité, Antoine ne se permit alors plus aucune hésitation, descendant brutalement son pantalon et son boxer pour pouvoir lécher son gland déjà suintant, faisant sursauter Mathieu qui en lâcha même un étonnant cri de plaisir. Aussitôt, le schizophrène porta l'une de ses mains à sa bouche pour empêcher l'hôtel entier de profiter de ses hurlements.

Ce qui ne l'empêcha cependant pas d'haleter sous la sensation de cette langue tendre et mouillée parcourant si délicieusement son sexe terriblement dur...

Puis Antoine, d'un seul coup, choisit de fourrer son sexe au fond de sa bouche, avalant plus que suçant sa verge au final...

- Haaan... Antoine... Aaaaah oui, bon sang... Tellement bon... Vas-y, encore...

Son corps cambré à l'extrême, Mathieu sentit toute l'énergie qu'il mettait à lutter s'évaporer d'un seul coup en sentant Antoine le sucer avec une telle force. Jamais aucune de ses anciens petites-amies n'avaient mis tant d'ardeur à lui donner du plaisir. La bouche d'Antoine était incroyablement chaude et accueillante, sa langue épaisse et chaude tournoyant tout en insistant particulièrement sur son gland, ses doigts s'amusant à titiller et même parfois pincer ses bourses pleines...

Mathieu pouvait même voir son sexe disparaître encore et encore entre les lèvres gourmandes d'Antoine. Et si cette vision semblait particulièrement irréelle, Mathieu ne put douter qu'il s'agissait de la réalité en sentant un tel plaisir faire vibrer son corps tout entier. Un plaisir qui ne fit que se décupler lorsque son sexe heurta le fond de la gorge d'Antoine dont les cheveux infernaux lui caressaient le bas-ventre en continu, rendant Mathieu incroyablement bruyant.

C'était complètement dingue. Antoine, l'un de ses meilleurs amis, était là, allongé sur lui, suçant son sexe de la base jusqu'au bout de son gland, enfonçant sans cesse son membre jusqu'au fond de sa gorge. Et en plus, Mathieu n'arrêtait pas de gémir son plaisir, incapable de ne pas apprécier cette fellation.

Antoine le suçait. Antoine, l'un de ses potes, aussi hétéro que lui, était en train de lui sucer la bite.

Une situation impossible. Alors pourquoi était-ce aussi bon ?

- Oui, oui... Aaah oui... Merde, ouais, je... 'Toine, je vais... je vais... haan...

Son gémissement se fit plus fort et plus long que tous les précédents et il aurait aimé ne pas se le permettre mais c'était déjà trop tard. Son corps était envahi par un plaisir si intense que Mathieu fut heureux d'être allongé sur le lit, se doutant que ses jambes auraient été incapables de le soutenir dans le cas contraire. Son sexe cognait au fond de la gorge d'Antoine à chaque qu'il pompait puissamment, l'amenant toujours plus proche de la délivrance.

Et puis la vision de Mathieu se voila, un râle rauque s'échappant de ses lèvres qu'il n'arrivait définitivement pas à sceller, le faisant derechef jouir sur la langue d'Antoine... D'ailleurs, durant un instant, Mathieu se demanda si sentir son meilleur ami déglutir et avaler son sperme n'allait pas lui donner un second orgasme...

- ...Wow, finit ainsi par avouer le jeune homme en se remettant doucement de ses émotions, avalant plus qu'inspirant de l'air.

- J'imagine que c'est ta façon très personnelle de me dire que je suis vraiment très doué...

- Abruti...

Remontant péniblement à la hauteur de son visage, Antoine déposa un rapide baiser sur son front avant de s'étendre à ses côtés... ce qui permit à Mathieu de s'apercevoir que si lui avait joui, ce n'était vraisemblablement pas le cas d'Antoine. En effet, une bosse déformait le pantalon de son ami au niveau de son entrejambe, exactement comme Mathieu après leur premier baiser.

Premier baiser. Putain, ça sonnait comme quelque chose d'atrocement niais. Voire même... féminin.

Un peu comme s'ils étaient un couple amoureux...

Grimaçant à l'idée de "tenir le rôle de la fille", exactement comme l'imaginaient leurs fans, Mathieu ne put cependant s'empêcher de laisser glisser sa main vers l'entrejambe gonflée d'Antoine. Non pas qu'il ait la moindre envie de toucher le pénis d'un autre mec. Mais en même temps, laisser Antoine frustré après que celui-ci ait pris la peine de le faire jouir semblait assez... indélicat.

Sauf qu'à peine tendit-il sa main vers son entrejambe qu'Antoine se saisit de son avant-bras, l'empêchant ainsi de le caresser avec un sourire contrit...

- Si jamais tu me touches maintenant... je ne vais jamais pouvoir me retenir, Mathi'.

- Tu... Tu veux dire... ?

- Je veux dire que j'ai envie de toi, Mathieu...

Bizarrement, le fait qu'Antoine paraisse aussi détendu en prononçant ces mots ne plut pas beaucoup à Mathieu, même si ses joues s'enflammèrent en l'entendant prononcer son prénom tout entier sur un ton qui se voulait sans aucun doute sensuel. Qu'il soit aussi décontracté semblait sous-entendre qu'Antoine avait l'habitude de ce genre de relation et l'idée ne plaisait pas des masses à Mathieu.

La gêne d'être le plus inexpérimenté des deux, sans doute... Enfin niveau sexe homosexuel, en même temps, Mathieu n'aurait pas pu le deviner tout seul... Et puis, il se faisait peut-être des idées. Après tout, si Antoine était gay, il l'aurait sans doute annoncé à ses amis depuis longtemps... enfin peut-être. Non, finalement, ce n'était pas certain. Même s'ils étaient tous très ouverts, peut-être ne voulait-il pas le crier sur tous les toits, non plus...

Dégageant sa main pour pouvoir s'asseoir sur ses jambes en s'appuyant sur le lit, Mathieu commença finalement à défaire le pantalon d'Antoine, ignorant le regard surpris de ce dernier lorsque ses mains tremblantes entreprirent de le déshabiller. Bizarrement, les mots d'Antoine venaient de le conforter dans l'idée de lui rendre la pareille, même s'ils étaient justement censés l'arrêter.

Enfin pas avec sa bouche, ça, il n'était certainement pas encore prêt pour ça. Mais avec ses mains, au fond, ce ne devait pas être si différent que de se toucher soi-même... Du moins, Mathieu l'espérait...

- Attends, je suis sérieux, Mathi'... T'es vraiment pas obligé de... Mmh...

Ses doigts venaient de se refermer sur sa verge raide. Et même si ses gestes étaient assez hésitants, à en croire le gémissement qu'Antoine venait de pousser, ce n'était pas si désagréable que ça. Et finalement, l'aider à jouir ne le répugnait pas autant qu'il l'aurait imaginé... En fait... en sentant son sexe durcir entre ses doigts et en entendant le souffle bruyant et fébrile de son ami manifestement excité, son propre membre commença à reprendre de la vigueur...

Se mordant la lèvre aussi fort que possible, espérant que la douleur l'empêcherait ainsi de ressentir quelconque excitation, Mathieu dut cependant admettre sa défaite quand les yeux d'Antoine s'écarquillèrent, indéniablement fixés sur son membre de nouveau en train de durcir. Alors évidemment, Mathieu détourna les yeux, se sentant rougir de honte, s'efforçant néanmoins de continuer à caresser son meilleur ami.

Du moins, jusqu'à ce que la main du dit meilleur ami se referme sur la sienne...

- Mathieu...

Haletant en voyant la main d'Antoine le forcer à accélérer la cadence de ses caresses, Mathieu ne put que gémir d'envie en admirant l'expression de pur plaisir reflété sur le visage de son partenaire. Celui-ci venait en effet de redresser le haut de son corps pour pouvoir approcher son visage plus près du sien, son souffle venant alors s'écraser sur ses lèvres étrangement entrouvertes, les allumant autant l'un que l'autre.

Et bien qu'il n'ait jamais imaginé Antoine sur le point de jouir, Mathieu ne se serait de toute façon jamais douter que son meilleur ami pouvait être aussi sexy...

D'ailleurs, lorsque celui-ci eut l'audace de venir lécher l'ouverture de ses lèvres, le schizophrène n'hésita pas une seconde avant de se jeter sur ses lèvres en gémissant de plaisir. Au point où ils en étaient, de toute façon, un baiser n'était sans doute pas le plus choquant. Et c'était si bon de sentir cette langue s'enrouler autour de la sienne que Mathieu ne le regretta pas une seule seconde...

En fait, leur baiser fut si enivrant que Mathieu ne s'aperçut qu'à peine de la jouissance d'Antoine. Pourtant, celle-ci souilla immédiatement leurs doigts entrelacés, stoppant ainsi les mouvements de sa main qu'Antoine forçait avec la sienne jusqu'ici. Et leurs lèvres finirent évidemment par se séparer, ses yeux croisant alors le regard brillant de l'ébouriffé, dont le sourire faisait maintenant trois fois le tour de son visage.

Et même son sursaut lorsque Antoine déposa un brève baiser sur ses lèvres ne réussit à lui enlever ce sourire étourdissant...

- ...Finalement, t'es pas mal non plus, Mathi'.

- Euh... Merci... Mais tu sais... on devrait peut-être... s'arrêter là...

Même si la déception se lisait clairement dans son regard, Mathieu ne put s'empêcher de penser que c'était plus raisonnable comme ça. A la base, ils étaient juste censés échanger un simple petit baiser de rien du tout... et maintenant, Mathieu ne portait plus que son t-shirt, les fesses complètement à l'air. Face à Antoine, dont le pantalon et le boxer était baissé jusqu'au niveau de ses cuisses, bien sûr, mais aussi face à la caméra toujours en train de les filmer...

Rougissant jusqu'à la racine des cheveux à cette idée, Mathieu se jeta immédiatement dans la direction de la caméra, voulant la stopper en songeant que celle-ci en avait déjà bien trop enregistré... Sauf qu'il fut stoppé par les bras d'Antoine venant encercler sa taille et les adorables baisers que ce cher Chewbacca déposa dans le creux de son cou offert.

- Tu ne veux vraiment pas... qu'on le fasse... ?

Si Mathieu s'attendait à devoir mille fois s'excuser avant de pouvoir se dégager et éteindre cette foutue caméra, lorsque Antoine colla son corps au sien, toute pensée cohérente quitta son esprit. Surtout que son meilleur ami venait également de passer sa main sous son t-shirt, venant ainsi caresser l'un de ses tétons, tandis que l'autre descendait pour le masturber une nouvelle fois, rallumant ainsi son sexe, celui d'Antoine se frottant tout contre la raie de ses fesses.

D'ailleurs, en sentant les dents du jeune homme mordiller son cou jusqu'à ce qu'une marque violacée apparaisse, Mathieu se rendit compte qu'il n'était déjà plus capable de lutter pour faire entendre raison au jeune homme. Même s'il était effrayé d'imaginer la suite logique des événements, les caresses d'Antoine l'excitaient de plus en plus, l'amenant malgré lui à désirer le corps de son meilleur ami avec une intensité grandissante.

Ainsi, il fut bien incapable de se retenir de gémir en sentant la langue d'Antoine venir lécher par dessus le suçon qu'il venait tout juste d'apposer sur sa peau et de ne pas se sentir excité par les paroles qu'il s'amusa à lui murmurer au creux de l'oreille...

- Pourtant, je t'ai prévenu... Je ne peux pas me retenir si tu me touches... ou si tu continues de gémir comme ça d'ailleurs...

Incapable cependant de ne plus émettre de bruits gênants, Mathieu tourna finalement la tête pour s'emparer des lèvres d'Antoine une seconde fois, définitivement le seul moyen pour réussir à se faire taire. Bien que leurs langues se cherchant et se caressant fit tout de même résonner quelques bruits mouillés dans la pièce...

Se laissant finalement entraîner par les bras d'Antoine, Mathieu s'allongea alors sur son corps pour se frotter contre lui, détachant doucement ses lèvres des siennes. Visiblement, son désir ne s'éteindrait pas si facilement, alors autant s'y jeter à corps perdu et y réfléchir plus tard. Enfin c'est ce qu'il se dit avant qu'Antoine ne porte à ses lèvres deux de ses doigts, le poussant à les lécher doucement.

Même s'il était indéniablement effrayé en imaginant l'utilité de ces doigts désormais lubrifiés de salive...

D'ailleurs, lorsque Antoine le renversa sur le ventre et se mit à le caresser à un endroit où personne ne l'avait encore jamais touché, Mathieu ne put s'empêcher d'appréhender, même si pour l'instant, ces petites caresses en surface restaient assez agréables. En fait, elles le devinrent même particulièrement quand à ses doigts s'ajoutèrent une langue mutine et mouillée...

Tremblant en sentant une chaleur insoutenable envahir son bas-ventre, Mathieu commença même à murmurer des propos incohérents lorsque Antoine se saisit de ses fesses pour les écarter, enfonçant sa langue aussi profondément que possible dans son intimité. Ce geste n'était sans doute destiné qu'à le préparer pour la suite mais, étrangement, sentir cette langue chaude pénétrer ainsi son antre lui fit immédiatement tourner la tête, bien qu'il s'en sente assez honteux.

Surtout que ses cuisses grandes ouvertes donnant vue sur ses fesses ainsi que son sexe fièrement dressé rendait clairement sa position indécente...

Néanmoins, quand l'un de ses doigts remplaça sa langue et le pénétra, Mathieu ne put s'empêcher de se crisper. La sensation n'était pourtant pas spécialement désagréable ou même douloureuse, juste un peu étrange. Par contre, quand sa langue vint taquiner ses bourses, léchant et suçant avec attention, Mathieu se remit automatiquement à gémir...

Au point qu'il sentit à peine deux autres doigts s'enfoncer en lui, finissant même par crier de plaisir lorsque ces derniers trouvèrent finalement le point sensible de son corps... En fait, ces doigts qu'il redoutait jusqu'alors finirent par lui offrir un plaisir aussi intense que celle de sa langue parcourant tour à tour ses testicules déjà pleines et sa verge palpitante, le poussant même à s'empaler de lui-même sur ces doigts.

Seulement, après quelques secondes, Mathieu sentit... que ces doigts ne lui suffisaient plus. Il ne se sentait pas entièrement rempli et, même s'il en avait un peu honte, Mathieu désirait plus que tout sentir le sexe d'Antoine en lui pour enfin pouvoir se libérer.

- 'Toine... C'est... C'est bon, là... Stop...

- T'es vraiment étroit, Mathi'... J'ai peur de te faire mal... Tu veux quand même aller jusqu'au bout... ?

S'il n'était pas aussi excité, Mathieu aurait trouvé l'hésitation d'Antoine assez touchante, voire même plutôt mignonne de sa part. Après tout, il ne faisait que s'inquiéter pour lui, devant se douter qu'il s'agissait de sa première fois avec un autre homme.

Sauf que le plaisir brûlait désormais ses reins et qu'il n'avait probablement jamais été aussi dur que sa vie. Alors Mathieu n'eut pas la patience de le rassurer ou de lui dire qu'il avait trop envie de faire l'amour pour s'arrêter maintenant. Non, en fait, tout ce qu'il put faire à ce moment-là fut de prendre Antoine par les épaules, l'allongeant ainsi sous lui avec empressement... tout cela pour s'empaler sans attendre sur le sexe érigé d'Antoine.

Bien sûr, aussitôt, la douleur se mêla au plaisir... Mais malgré les yeux exorbités d'Antoine, Mathieu ne regretta pas de s'être ainsi empalé sur lui. Plusieurs centimètres étaient déjà entrés en lui et, même s'il avait atrocement mal pour l'instant, se sentir ainsi rempli l'excitait étrangement...

- Putain... T'es malade... Sans préservatif en plus...

- P-Pourquoi... ? T'en as besoin ? Haleta alors Mathieu, soudainement très inquiet.

- Nan, débile, heureusement... Bordel... Je vais te défoncer jusqu'à ce que tu hurles, je te préviens...

Terriblement allumé par cette idée, Mathieu ne put s'empêcher de bouger légèrement ses hanches pour mieux sentir son membre en lui. Un mouvement qui fit immédiatement augmenter son plaisir mais qui fit avant tout durcir l'érection d'Antoine à l'intérieur de lui, élargissant un peu plus ses chairs, le faisant soupirer de plaisir... et poussant son partenaire à le renverser sous lui.

Surpris de ce changement de position, Mathieu se laissa cependant entraîner, sentant l'excitation le gagner alors qu'Antoine débutait de violents coups de reins, ouvrant son corps fébrile, le pilonnant rudement. Apparemment, la menace d'Antoine n'était pas lancée en l'air. S'accrochant désespérément aux draps, Mathieu se mit effectivement très vite à hurler pour extérioriser son plaisir, ses hanches se levant pour le pousser à accélérer la cadence, quémandant, suppliant presque.

- Plu... Plus fort ! Aaaahan... Antoine... Comme ça... Oui !

Son propre membre suintait déjà, gonflant et palpitant, sa bouche ouverte ne sachant plus s'il lui fallait crier ou respirer. Antoine le besognait désormais sans aucune délicatesse, heurtant à chaque coup de butoir sa prostate, probablement stimulé par les cris de Mathieu vrillant ses oreilles, jusqu'à ce que ces derniers se coupent sous la montée de la jouissance. Alors tout son corps s'arqua sous la puissance de celle-ci, son intimité se resserrant si fort qu'Antoine se libéra en lui à son tour.

Et alors qu'il pensait pouvoir tout de même rester conscient, Mathieu se sentit presque immédiatement emporté par les méandres du sommeil...


Debout face au lit simple dans lequel Antoine et lui avaient fini par dormir, Mathieu lança un regard perdu à la silhouette à peine discernable sous les draps, seule une tête particulièrement chevelue en dépassant.

Ce matin, il s'était réveillé dans les bras de son meilleur ami, entièrement nu, avec le souvenir indiscutable d'avoir couché avec ce dernier la veille. Il s'était discrètement éclipsé du lit qu'ils avaient partagé, s'était habillé aussi silencieusement que possible et maintenant... maintenant, Mathieu le fixait, ne sachant pas s'il devait le réveiller ou s'enfuir en courant comme il le désirait, la caméra les ayant filmé la veille placé tout au fond de son sac désormais.

Et finalement, il prit la décision la plus lâche, incapable de faire face à la réalité pour l'instant.

Il s'enfuit.

Hors de la chambre, Mathieu se dépêcha donc de descendre à la réception, le point de rendez-vous où ils devaient tous se rejoindre avant d'aller petit-déjeuner ensemble à l'extérieur pour l'occasion. Il était assez tôt et Mathieu ne s'attendait pas à ce que ses amis soient déjà en bas mais, étrangement, Kriss semblait déjà levé, lui aussi. D'ailleurs, celui-ci ne tarda pas à lui adresser un léger signe de main, visiblement aussi surpris que lui de le voir déjà debout.

- Salut, Mathieu ! T'es super matinal, dis-moi.

- Toi aussi, je te signale. J'ai super faim, en fait, mentit-il avec autant de légèreté que possible.

- Ouais, moi aussi... 'Fin au moins, on n'a pas la gueule de bois cette fois, vu qu'on a bu que ma bouteille. T'as vu, finalement, elle était pas du tout trafiquée, on devient complètement parano.

Bien sûr, Mathieu ne manqua pas de se crisper ce commentaire.

Apparemment, son unique excuse concernant cette bouteille soi-disant aphrodisiaque venait de se faire la malle, un peu comme son assurance d'être purement hétérosexuel. Bien sûr, Mathieu finit tout de même par se forcer à sourire, ne voulant pas alerter Kriss qui n'allait sans doute pas tarder à remarquer son trouble s'il continuait à rester dans ses pensées.

Bien qu'il eut du mal à rester concentré sur quoi que ce soit ce jour-là, finalement...

Heureusement, aucun de ses amis n'osa lui posa de question sur son étrange changement d'humeur, bien que Nyo et Kriss s'inquiétèrent un peu en le voyant aussi distrait et aussi distant avec Antoine.

Sans compter qu'il ne réussit que difficilement à marcher droit ce jour-là...