Salut tout le monde !

Voilà le deuxième chapitre :)
Donc après l'annonce du pari, on va voir comment nos deux personnages vont se débrouiller. Dans ce chapitre, il y aura des flashs des semaines qui suivent, où on pourra voir comment évolue leur relation.

PS : j'avais annoncé 9 chapitres, mais en fait, il y en aura 10, puisque j'ai décidé de scinder l'un des chapitres en 2 parce qu'il était trop long.
PS²: j'annonce aussi que je posterai normalement deux fois par semaines, le mercredi et le samedi si tout se passe bien.

Bonne lecture !


Les jours passaient, et une certaine routine s'était installée chez notre couple factice. Plus de regards noirs, plus d'animosité, mais des paroles toutes mielleuses, pour donner le change. Les élèves riaient, certains se moquaient, d'autres les enviaient secrètement.
On les voyait évoluer, non sans mal.

Dès le lendemain, l'école eut droit à son premier choc.

7h30 du matin, petit dej' à la Grande Salle.

Hermione était déjà là depuis une demi-heure à lire un gros bouquin emprunté à la bibliothèque, tellement vieux que le titre en lettres d'or s'était effacé. La plupart de ses camarades ne descendraient qu'à la dernière minute et ceux qui étaient déjà là dormaient debout. C'est pourquoi personne ne vit venir ce qui suivit.

7h30 du matin, trois jours après la déclaration de guerre, Malfoy lança les hostilités.

Parfaitement apprêté, il s'avança nonchalamment vers la table des Rouge et or, et s'assit avec tout autant de nonchalance en face de sa camarade. Celle-ci, toujours absorbée par son ouvrage, ne remarqua rien.

-Salut Granger, bien dormi ?

La jeune fille susnommée eut un violent sursaut, se figea pendant une seconde, reprit ses esprits, et répondit :

-Bonjour Malfoy. Oui, et toi ?

-Merveilleusement bien, déclara-t-il avec un sourire en coin, tout en se servant du thé.

Autour d'eux, les quelques personnes partiellement réveillées commençaient à comprendre qu'il se passait quelque chose d'anormal, et poussaient leurs voisins du coude. Venait-on vraiment d'entendre le Prince de Serpentard demander à sa meilleure ennemie si elle avait bien dormi ? Et était-il vraiment en train de petit-déjeuner en face d'elle ?

Sentant que la Salle entière les scrutait avec une attention digne d'un détective privé, les deux étudiants firent leur possible pour ne pas leur hurler d'aller voir ailleurs s'ils y étaient. Après tout, tout ceci était de leur faute.

Plus tard, on vit Malfoy glisser un mot à Granger durant un cours de Métamorphose. Celle-ci le lut, et on l'entendit distinctement tenter de camoufler son rire en toux. Elle obtint un regard sévère du professeur McGonagall, alors que Malfoy arborait un sourire satisfait.

Personne ne disait rien, parce que c'était Hermione Granger. Elle avait la tête sur les épaules, et elle contrôlait la situation bien sûr. Et Drago Malfoy, ce fils de Mangemort, n'oserait jamais se parjurer de la sorte. Il venait d'une famille noble. Savait bien se tenir. Avait des principes.

Mais bien sûr.

Lundi 27 septembre, 8h, cours de Potions avec le professeur Slughorn, cachots

Le professeur ouvrit la porte des cachots, et le troupeau d'élèves s'amassa à l'entrée de la salle, en attendant que le professeur annonce la leçon du jour.

-Mes chers élèves, ne perdons pas de temps. Aujourd'hui vous allez travailler sur un Elixir d'euphorie, en groupe.

Les élèves se répartirent alors sur les paillasses, et sortirent leurs livres, notant déjà quels ingrédients il leur faudrait.
Hermione se mit directement avec Harry, qui eut un petit sourire en coin parce qu'il savait que même après tout ce qui s'était passé, son ami refuserait catégoriquement de suivre autre chose que le manuel scolaire officiel. Et bien qu'il ait appris quasi par cœur la plupart des potions, élixirs et onguents contenus dans le livre du Prince de Sang-Mêlé, il savait qu'Hermione refuserait de « tricher ». Ils s'assirent et commencèrent à travailler quand le professeur Slughorn s'approcha d'eux.

-Monsieur Potter, Miss Granger, je ne veux pas que vous vous mettiez ensemble pour cette potion. Deux brillants cerveaux comme les vôtres associés, vous laissez peu de chance à vos camarades de faire mieux que vous.

Il se retourna.

-Il en va même pour vous, Messieurs Nott et Malefoy. Je vous demanderai donc d'échanger de partenaire pour ce cours.

Les quatre élèves se regardèrent. Evidemment qu'ils s'étaient associés comme ça par affinité et parce qu'ils étaient brillants ensemble. Drago ne s'était pas mis avec Blaise parce qu'il savait très bien qu'il ferait d'une manière ou d'une autre foirer la potion. Et Drago aimait travailler avec des gens compétents.
Hermione se leva alors à contrecœur, attrapa ses affaires, et se dirigea vers la paillasse des garçons. Théo fit alors lui aussi preuve de bonne volonté, et alla prendre la place d'Hermione.
Pensant sûrement qu'il avait eu une idée lumineuse, le professeur alla faire le tour des binômes, changeant ça et là quelques groupes.

Hermione soupira, et s'installa.

-Cache ta joie, Granger ! fit alors Drago, moqueur.

Hermione leva les yeux au ciel en souriant, mais ne renchérit pas.
Drago alluma le feu sous le chaudron et lut les instructions tandis qu'Hermione allait chercher les figues, les épines de porc-épic, la menthe poivrée, les fèves soporifiques ainsi que l'armoise.
Elle revint, et le binôme put se mettre au travail.
Ils préparèrent les ingrédients, et mirent la menthe. Ils continuèrent à travailler en silence comme le reste de la classe, et comme à tous les cours, la chaleur de la salle devint bientôt insoutenable.
Hermione avait les joues qui commençaient à rosir sous la chaleur. Elle suffoquait dans son gros pull en laine passé par-dessus son uniforme.
Drago, lui, était habitué, et s'était dès le début débarrassé de tout vêtement superflu, avait ouvert deux boutons de sa chemise, et avait remonté ses manches.
Hermione commença à sentir de la sueur se former dans son dos, et décida qu'elle ne pouvait continuer comme ça.

-Tu peux continuer à mélanger s'il te plaît ? demanda-t-elle à Drago en lui tendant la spatule en bois.

Drago hocha la tête et continua à mélanger dans le sens des aiguilles d'une montre jusqu'à ce que l'élixir devienne jaune, tout en observant sa camarade du coin de l'œil.
Celle-ci enleva son pull, et lâcha un soupir de bien-être.
Et Drago ne put s'empêcher d'avoir des pensées indécentes. Avec le rouge aux joues, les cheveux en bataille et le soupir qu'elle venait de lâcher, on aurait dit qu'Hermione venait de passer du bon temps. Les pensées de Drago dérivèrent dangereusement, et il s'obligea à analyser à fond la potion pour se changer les idées.
Hermione, inconsciente de son trouble, s'approcha, et vint lui ôter la spatule des mains.

-Wow, comment tu fais pour avoir les mains encore fraîches par cette chaleur ? remarqua-t-elle alors, alors que Drago s'attelait à piller les épines de porc-épic.
-Hmmm…mon organisme, je pense ? fit-il, sans la regarder. Il savait que s'il la regardait dans les yeux, c'en était fini de sa concentration durement retrouvée.

Ils continuèrent à travailler, mais il semblait qu'Hermione avait encore chaud puisqu'elle s'éventait avec sa main gauche.

-Granger, c'est bon, mets-toi à l'aise, déclara alors Drago, remarquant que sa cravate était toujours bien nouée, sa chemise boutonnée jusqu'en haut, et ses manches lui arrivaient aux poignets.

Hermione refusa, et continua de travailler. Drago n'insista pas, et ils mélangèrent encore l'élixir pendant plusieurs minutes. Mais le temps passait, et Hermione ne semblait toujours pas à l'aise.

-Sérieusement Granger, tu devrais au moins desserrer ta cravate, dit encore Drago.

Hermione ne dit rien, mais finit par obtempérer. Elle ouvrit un peu sa chemise et défit légèrement sa cravate, et se sentit tout de suite mieux. Voyant qu'il avait raison, elle lui fit un petit sourire tout en attrapant les fèves soporifiques.
Ils les écrasèrent avec le plat du couteau, mais en voulant récupérer le jus, Hermione se tacha.

-Granger…
-Non.

Drago fut surpris par le ton catégorique de la jeune femme. Il releva la tête, intrigué, mais sa camarade gardait la sienne résolument baissée.

-Tu sais que la sève de cette fève tache les habits, n'est-ce pas Granger ?
-Oui.
-Tu devrais relever…
-Non.

Une nouvelle fois, Drago ne comprenait pas.

-Mais…

-J'ai dit non, Malfoy.

Drago devint suspicieux. Quelle pouvait bien être la raison qui empêchait Hermione de relever ses manches ?

-Mais explique au moins.
-Granger…
-Malfoy, tu veux bien me lâcher avec ça ? Je ne veux pas, point.
-Granger, ça devient ridicule. Pourquoi tu veux pas relever tes manches ? En plus on voit bien que t'es pas à l'aise.

Hermione serra son couteau, mais ne réagit pas.

-En plus c'est pas pratique….

Gagné, il avait encore réussi à la pousser à bout.

-Parfait. Tu veux savoir pourquoi, Malfoy ? Aide-moi à relever mes manches, commanda Hermione.

Drago aurait pu s'offusquer de son ton impérieux, mais il voulait tellement savoir qu'il s'exécuta. Hermione tendit les bras, et Drago lui releva la manche droite, puis s'attaqua à la manche gauche. Il défit le bouton, puis releva la manche. A mesure qu'il enroulait le tissus, il se rendit compte de son erreur.
Hermione attendait toujours, le regard fixé sur lui.
Il lâcha le tissus et releva la tête, silencieux.

-C'est bon, t'es content ?

Sur son bras gauche, se trouvait toujours cette fameuse inscription, écrite profondément, d'une main rageuse, et par une personne si mauvaise qu'après tout ce temps, la plaie était toujours rouge.
Sang de bourbe.
Drago découvrit complètement la blessure, puis passa doucement son pouce dessus.
Sans la regarder, il dit :

-Je suis désolé.

Hermione haussa les sourcils, clairement surprise.

-Pour tout ce qui s'est passé. Pour tout ce qui s'est passé avant aussi.

Il jeta un rapide coup d'œil vers elle, s'assurant qu'elle l'écoutait bien, puis continua.

-Je sais que je ne me suis jamais excusé pour tout ça. Mais… je me rends compte maintenant que j'ai été infect.
-Euh Malfoy….commença Hermione, mal à l'aise.

Drago caressait toujours sa plaie, comme pour essayer de l'effacer.

-Laisse-moi finir. Ouais j'ai cru un temps à toutes ces conneries de sang, j'ai été jaloux de toi et de Potter, j'ai été stupide de continuer cette rivalité inter-Maisons ridicule. Mais quand tu connais la guerre aussi jeune, que le mal personnifié s'installe chez toi et que tu préfères rester tout seul à Noel à Poudlard plutôt que de revoir ta famille que t'as pas vu depuis 6 mois tout ça parce qu'un crétin est en train de foutre la merde chez toi, ça fait réfléchir.

Hermione l'écoutait attentivement, mais finit par retirer son bras, voulant quand même avancer dans la potion, qui risquait de tourner.

-Je ne sais pas si t'es au courant, mais on m'a fait faire des choses plutôt horribles pendant la guerre. Certes j'aurai toujours du mal à vivre avec moi-même après ça, mais crois-moi Hermione, c'était pas ça le pire. Le pire, c'était de rentrer chez moi, la peur au ventre pour ma famille et moi, entendre des cris à longueur de journée de gens qui sont torturés. Le pire, c'est de voir ta mère torturée pour les fautes de ton père, et ne rien pouvoir faire. Le pire, c'est de voir des gens que tu connais, que tu appréciais même, être torturés et tués sous tes yeux, sans rien pouvoir faire. Ce n'était pas de la bravoure, quand vous vous êtes retrouvés au Manoir. C'était juste la peur de savoir que si on échouait, on mourrait tous. Le pire, Granger, ça a été de me faire torturer, pendant des heures, pour les fautes des autres.

Hermione finit la potion, puis s'appuya à la table pour écouter la fin de l'histoire.

-Je ne savais pas.
-Tu ne pouvais pas savoir, Granger. Je tiens juste à te dire qu'après avoir vécu tout ça, tu remets les choses en perspective. Je crois qu'au final, ton défi a plus été une bénédiction qu'un maléfice, acheva-t-il avec un petit sourire. Bref, je suis désolé.
-Excuses acceptées, Drago, répondit Hermione avec un sourire chaleureux. Je pourrais t'en vouloir, mais comme tu l'as dit, on a vu trop d'horreur pour continuer à se quereller pour des broutilles. Et puis, je te crois sincèrement quand tu dis que tu as changé.

Ils échangèrent un dernier regard, un poids un moins sur le cœur.
Ils rendirent leur potion, puis sortirent de cours pour aller au deuxième étage, en Sortilèges.

-Et du coup tu arrêteras de faire peur à des Premières années aussi ou … ?
-Ah là par contre non, faut bien qu'ils aient droit à une petite année d'intégration !


Week-end du 3 octobre, déjeuner, pelouse faisant face au lac.

Ils avaient profité des derniers rayons du soleil pour aller faire un pic-nic dehors, entre amis.

Drago et Pansy s'étaient chargé d'amener les nappes ainsi que les couverts, verres et serviettes. Hermione et Harry eux, étaient descendus aux cuisines, pour demander exceptionnellement aux elfes de maison de leur préparer un petit encas pour 7.
Ils avaient accepté avec joie, et s'étaient fait un devoir de les surcharger de paniers de victuailles, assez pour nourrir un régiment.
Les deux meilleurs amis avaient ensuite rejoint les Serpentard, et Ginny les rejoindrait dans la foulée, une fois son cours optionnel de vol achevé.

Le petit groupe sortit de l'école, et se dirigea vers les berges face au lac, essayant de trouver un coin tranquille qui ne soit pas déjà occupé par d'autres élèves.
Ils finirent par trouver une place bien exposée, et commencèrent à poser les affaires.
Les garçons déplièrent les nappes, tandis que les filles sortaient les sandwich des paniers.
Le petit groupe s'installa alors, et discuta de tout et de rien tout en grignotant du concombre et des tomates cerises.
Ne voyant toujours pas Ginny venir, Blaise se proposa pour aller la chercher.
Les autres continuèrent de manger, et Blaise revint 20 minutes plus tard en compagnie de Ginny, changée mais les joues toujours rouges d'avoir volé.

-Bah alors Ginny, t'étais pas censée finir à 14h ton entraînement ? demanda Hermione en lui tendant un sandwich.
-Si si, c'est juste que...ça a un peu traîné en longueur vu qu'on se prépare pour l'examen blanc de vol, se justifia alors Ginny, gênée.
-Nan, en vrai, elle a juste pris 20 ans à se doucher, expliqua Blaise en riant.

Ginny rougit et lui frappa le bras, alors que les autres la charriaient.
Puis tout le monde piocha dans les différentes boîtes, et on fit un effort pour ne pas parler de l'éléphant dans la pièce, à savoir, Drago et Hermione qui avaient été forcés de se mettre à côté, et qui redoublaient d'ingéniosité pour faire plaisir à l'autre.
Par exemple, Hermione aida Drago à manger ses tomates en lui faisant la technique de l'avion, tandis que lui se penchait régulièrement vers elle pour retirer les traces de mayonnaise au coin de sa bouche avec sa serviette.
On savait que le trait était forcé, mais cela avait le mérite de distraire Pansy, Théo, Blaise, Harry et Ginny.

Drago profita que les autres se resservent du dessert pour se pencher de nouveau vers Hermione. Celle-ci, qui riait à une blague de Blaise, eut un frisson en sentant Drago se rapprocher, comme à chaque fois qu'il se tenait un peu trop près.

-Je peux te parler deux secondes ?

Elle tourna la tête vers lui, surprise.

-…seul à seule, confia-t-il, un brin gêné.

Elle eut une petite moue inquisitrice, mais devant les yeux suppliants de Drago, abdiqua.
Il se leva, et tendit la main pour l'aider à se relever.
Hermione hésita deux secondes, sa fierté de Gryffondor lui soufflant que c'était un piège, et que de toute façon elle pouvait très bien se relever toute seule.
Drago lui fit un petit sourire encourageant, et elle accepta finalement sa main.

Les autres firent mine de n'avoir rien vu, mais chacun tendit l'oreille pour savoir de quoi il s'agissait. Les trois Serpentard restant ne se gênèrent ensuite pas pour parler ouvertement du « couple », se demandant ce que Drago mijotait, tandis que Ginny et Harry, eux, s'inquiétaient plus du possible mal qui pourrait découler des plans de Drago. Evidemment, les trois Serpentard ne firent rien pour les détromper.

Drago lâcha la main d'Hermione, et s'avança sur la berge, faisant implicitement comprendre à Hermione qu'il voulait s'éloigner un peu pour pouvoir lui parler tranquillement. Il s'arrêta sur les rives du lac, et attendit qu'Hermione le rejoigne.
Elle se posta près de lui, croisant les bras.

-Je t'écoute.

Drago fit le gêné, une main dans la poche et l'autre qui se grattait nerveusement le cou.

-Ecoute…par rapport à tout ce qui s'est passé depuis le début de l'année, et tout ce qui risque de se passer à l'avenir… je voulais mettre les choses au clair avec toi. Je sais que t'es quelqu'un de sensible, et je voulais te dire que si tu te sens pas de jouer parce que t'as peur de t'attacher trop à moi, je le comprendrai tout à fait. On a lancé ce défi sur un coup de tête, et j'ai pas envie que tu souffres ni que tu sois blessée par rapport à ce qui risque de se produire…

Plus Drago parlait, plus Hermione était consternée.

-Oulà, je t'arrête tout de suite, Malefoy, c'est très gentil de t'inquiéter pour moi, mais je suis consciente de ce que j'ai fait, et que tout ça c'est juste un défi. T'inquiète pas, je sais qu'en vrai tout est faux.

Drago haussa un sourcil, surpris. Il s'approcha d'Hermione, les yeux rieurs et la moue charmeuse.

-Je suis sérieux Granger. Et de quoi tu parles ? Quel tout est faux ? Ok toi et moi on sait qu'on en rajoute des couches, mais…

Tout en parlant, il se rapprocha d'elle, et posa ses mains sur les épaules de la Gryffondor.
Celle-ci se crispa, se demandant ce qui lui passait par la tête.

-Moi je suis pas d'accord. Il y a des choses vraies dans ce qui se passe entre nous. Je le pense vraiment quand je te dis que j'adore ton parfum, continua-t-il en approchant son nez du cou d'Hermione.

Quelques pas plus loin, le groupe avait arrêté de faire semblant de continuer à manger, et regardait plus ou moins discrètement les deux élèves, comme la totalité des élèves présents dans le coin.
Un petit Troisième année en charge du journal prit une photo du « couple », Drago se penchant sur le cou d'Hermione alors qu'elle détournait la tête, la chaleur du soleil et le lac de Poudlard en toile de fond.
A côté de lui, ses camarades informaient les autres que Drago était en train de jouer de ses charmes.

Drago se pencha vers son cou et ses oreilles, comme s'il s'apprêtait à lui confier un secret.
Hermione n'en menait pas large, toujours crispée.

-Et…je le pense vraiment quand je te dis que j'adore …. Te rendre furieuse ! acheva-t-il en éclatant de rire, tout en la poussant en arrière pour qu'elle tombe dans le lac.

Hermione ne vit rien venir, et chavira quand il poussa sur ses épaules des deux mains pour la faire tomber. Elle atterrit les fesses les premières dans l'eau, et se retrouva immergée en un rien de temps.
Elle remonta aussitôt à la surface, une expression choquée sur le visage.
Elle planta son regard dans celui de Drago, fier de son coup. Et eut un sourire en coin.

-T'es mort.

Puis, sans prévenir, elle jeta des éclaboussures sur Drago en s'aidant de ses mains, tout en murmurant un amplificatum.
Résultat, une grosse vague le frappa, le trempant en entier.
Drago, qui n'avait pas fait un mètre en tentant d'échapper à Hermione, se retourna net, et la regarda.

-C'est toi qui es morte.

Il s'élança vers elle, alors qu'elle tentait vainement de se protéger en tendant les mains en signe de reddition, mais rien à faire. Il l'attrapa par la taille, et la posa sur son épaule comme un gros sac à patates, avant de la jeter de nouveau de toutes ses forces dans le lac.
Hermione refit surface deux secondes plus tard, éclatant de rire.
Drago n'attendit pas qu'elle ait retiré toute l'eau de son visage, et utilisa exactement le même procédé qu'elle.
Hermione se retrouva une nouvelle fois trempée, bien que là, ça ne change plus grand-chose.

-Punaise Malefoy, j'ai compris ! lui cria-t-elle en riant, tout en se débarrassant des dernières gouttelettes qui perlaient sur ses cils.

Drago, lui, prit un instant pour l'observer.
Mouillés, ses cheveux étaient bien plus longs, et les lourdes boucles qui faisaient habituellement partie de la masse broussailleuse des cheveux d'Hermione avaient disparu. Son uniforme était trempé, et elle tentait vainement d'essorer sa chemise et sa cravate.
Soudain, il eut une idée.
Il s'assura d'être bien de dos aux autres, et s'approcha d'Hermione, mains levées pour lui faire comprendre que ses intentions n'étaient pas mauvaises.
Il fit un signe de tête en direction du groupe, et Hermione comprit sur-le-champ.

Drago et elle les voyaient rigoler ouvertement d'elle, alors elle hocha la tête, et ils les rejoignirent, aussi innocents que des bébés le jour de leur naissance.
Les autres s'arrêtèrent de rigoler en les voyant approcher, et Théo leur demanda ce qui venait de se passer.

-Granger avait un peu chaud, fit Drago en riant.

Pendant ce temps, l'un et l'autre récupéraient discrètement leur baguette, tout en reprenant leur place.

-Euh Herm, c'est pas que je t'aime pas, mais t'es trempée, du coup je vais me décaler, hein ! dit Ginny, tout en se poussant vers Blaise.

Drago et Hermione se regardèrent, puis, pointant leurs baguettes vers les autres, prononcèrent d'une même voix : « aguamenti ! »

Ils profitèrent alors de voir tous leurs amis se retrouver aussi trempés qu'eux, et la mine ébahie.

-Fallait pas se moquer de moi ! expliqua Hermione en riant, tout en tapant dans la main levée de Drago.
-Granger…grogna alors Harry en se tournant vers Hermione.

Il se leva d'un bond, et, levant sa baguette, l'aspergea d'eau à son tour.
Une chose en entraînant une autre, tout ce joyeux petit groupe finit à l'eau, à faire une bataille, et ne rentrant qu'en fin d'après-midi, quand les filles commencèrent à claquer des dents.
Ils sortirent alors de l'eau, se jetèrent mutuellement un sort pour sécher les vêtements ainsi que les nappes et le reste, et rentrèrent se reposer au château.


29 octobre en soirée, volière

Hermione avait profité d'une sortie à Pré-au-lard pour faire des emplettes. C'était bientôt l'anniversaire de son père, et elle savait qu'il raffolait du chocolat enchanté qu'on pouvait trouver dans le monde magique.
Elle avait donc fait un tour chez Honeydukes pour trouver son bonheur.

Elle était revenue les bras pleins de sacs, avec une pensée pour Ron, qui aurait bavé devant ses achats.
Une fois son colis préparé, elle avait pris du Miamhibou, du parchemin et un stylo en plus du cadeau, et s'était dirigée vers la volière, regrettant de ne pas voir de ses yeux la réaction de son père en découvrant son présent.

Elle atteignit rapidement la volière, la bise glacée d'Ecosse la poussant à se dépêcher.
Elle passa la lourde porte en bois, monta les escaliers et atteignit enfin les nids.
Plusieurs hiboux gracieusement prêtés par l'école étaient là, certains étaient en train de dormir, d'autres de manger.
Elle salua la chouette qu'elle avait choisie, puis tendit la main pour lui offrir à manger. Elle s'approcha, curieuse, puis accepta l'offrande et se mit à manger goulûment.

Hermione se dirigea vers un petit recoin en pierre, taillé exprès pour qu'on puisse écrire dessus, et commença sa lettre pour ses parents.
Trop concentrée, elle n'entendit pas les pas qui se rapprochaient , et ne vit pas non plus la tête blond platine qui apparaissait peu à peu.

Drago avait besoin d'un livre qu'il avait laissé au Manoir, et alla à la volière pour écrire une lettre à sa mère, quand il se rendit compte que la pièce était déjà occupée.

Il aperçut une masse de cheveux caractéristique, et eut un sourire en coin. Hermione était là, en train d'écrire frénétiquement à il-ne-savait-qui.
Il s'approcha sans bruit, se plaça juste derrière son épaule, et murmura :

-Bouh !

Hermione sursauta, et gifla instinctivement son agresseur.
Drago la regarda, les yeux ronds.

-T'es sérieuse, là ?
-Punaise, Malefoy ! Tu m'as fait peur ! souffla Hermione en se rendant compte que c'était lui.
-Et toi tu m'as fait mal, répliqua-t-il, essayant d'être contrarié.

Une fois remise de son choc, Hermione rit.

-Et tu veux un bisou guéritout peut-être ? déclara-t-elle, malicieuse.
-Pourquoi pas ? répliqua-t-il, tout aussi joueur.

Hermione rougit, et s'abstint de tout commentaire. Elle savait que Drago était joueur, mais bizarrement elle avait des fois du mal à soutenir son regard.
Et à cet instant, il avait un regard si intense qu'elle se demandait s'il n'allait pas la transpercer du regard.

-Euh…j'ai fini, tu peux prendre ma place si tu veux, souffla-t-elle, s'empressant de débarrasser ses affaires.

Drago sourit, ne relevant pas le rouge aux joues de sa camarade, puisqu'il se satisfaisait déjà de créer le trouble chez elle.
Elle ramassa son colis ainsi que sa lettre, et Drago put s'asseoir sur le petit banc en pierre.

-Dis-donc, Granger, t'as les fesses chaudes ! s'exclama-t-il, en la regardant dans les yeux, un sourire en coin.

Hermione rougit encore plus au sous-entendu, mais choisit de ne pas relever.

-Ca fait un moment que je suis là, c'est pour ça, répondit-elle en guise d'explication.

Drago ne renchérit pas, se disant qu'il ne fallait pas pousser le bouchon trop loin, au risque de mettre la Gryffondor vraiment mal à l'aise.
Hermione se retourna, et put enfin reprendre sa respiration. C'était bien mignon de faire un pari sans réfléchir, mais elle se rendait peu à peu compte que Drago Malfoy était diablement doué à ce petit jeu-là. Il arrivait toujours à la surprendre, l'intriguer ou la gêner. Elle ne savait pas ce qui était le pire des trois.
Alors pour une fois, elle décida de lui rendre la monnaie de sa pièce.
Elle posa une seconde tout son fatras près de la chouette, puis se glissa à son tour derrière l'épaule de Drago.
Il ne l'entendit pas venir, mais sentit son parfum de rose noir avant qu'elle ne puisse lui faire peur.
Hermione se pencha vers son camarade, quelques mèches de cheveux éparses venant apporter aux narines de Drago le parfum si caractéristique de la belle Gryffondor.
Il s'efforça de ne rien laisser paraître, continuant d'écrire sa lettre à sa mère.

-Tu écris à qui ? demanda Hermione d'une voix douce.

Drago se retint de sursauter à son tour. Il ne pensait pas qu'elle était aussi près. Il tourna la tête, et faillit lui rentrer dedans.
Ils se regardèrent dans le blanc des yeux pendant une seconde, clairement surpris tous les deux d'être si près l'un de l'autre, sans que ça n'ait été calculé.
Hermione avait des yeux noisettes piquetés d'or.
Drago avait de longs cils épais et châtain, contrairement à la couleur de ses cheveux.

La seconde passa, et Hermione se recula prestement, tandis que Drago se raclait la gorge pour reprendre contenance.

-A ma mère. J'ai besoin d'un bouquin que j'ai laissé dans ma chambre au Manoir.
-Haaaaaan, ok.

Hermione se traita mentalement d'idiote. On n'envahit pas l'espace personnel de quelqu'un comme ça voyons !
Elle retourna vers sa chouette, attacha le colis ainsi que la lettre à l'intérieur, puis expliqua à la chouette comment trouver ses parents.
Elle s'approcha d'une fenêtre, et regarda la chouette s'envoler. En espérant que son cadeau arriverait à temps.
De son côté, Drago avait fini sa lettre, et se releva, se dirigeant un peu plus loin, vers un hibou qui tendit affectueusement la tête quand il vit son propriétaire.
Hermione se retourna, et fut bouche-bée.

-C'est ton hibou ? demanda-t-elle, émerveillée.

Drago se retourna, et sourit.

-Hermione, je te présente Alceste. C'est un hibou grand-duc que mes parents m'ont offert quand je suis entré à Poudlard, pour pouvoir toujours communiquer avec moi. Viens, il ne te pincera pas.

Hermione s'approcha, subjuguée par les yeux d'ambre et le plumage doux comme de la soie du hibou. Elle tendit une main timide vers le hibou, alors que Drago, toujours en train de caresser la tête de son animal, l'encourageait d'un signe de tête.
Alceste recula d'abord la tête, mais aux paroles douces de son maître, consentit à se laisser caresser.
Bientôt, il bénéficiait des caresses de Hermione et Drago, et ferma un instant les yeux, appréciant les gestes.
Drago baissa la main pour caresser le plumage doux des ailes de son hibou, et rencontra une main douce aux doigts frais.
Il continua de caresser comme si de rien n'était, et Hermione laissa sa main quelques secondes de trop, avant de l'enlever rapidement, comme si elle venait de se rendre compte de ce qui était en train de se produire.
Cette fois, Drago choisit de ne rien dire, et laissa Hermione croire que ni lui ni elle n'avaient remarqué ce qui venait de se passer.
Hermione se recula en souriant, s'efforçant de cacher son trouble tout en laissant de la place à Drago pour qu'il puisse nouer son message.
Une fois cela fait, il ramassa aussi ses affaires, et rejoignit la brune qui l'attendait devant l'escalier.

-Merci de m'avoir attendu.
-De rien, tu m'as quand même présenté Alceste ! fit Hermione en souriant.

Et ils rentrèrent au château, discutant de tout et de rien tandis que la moitié de Poudlard se demandait si des choses classées moins de 18 ans s'étaient passées dans la volière, tandis que l'autre moitié changeait les paris.


Aloooooooors ? Qu'est-ce que vous pensez de ces premiers échanges ?

Dites-moi tout dans les reviews, j'ai hâte de savoir ce que vous en avez pensé !

Des bisous **

Alice