James entendit la porte du compartiment se fermer.
Je sens que cette année ne va pas être de tout repos.
Albus asquisca. Il pensait à autre chose. Il était inquiet pour Rose. Il avait peur que les Serpentards ne lui fassent du mal. Comme son frère avait encore l'air de bouder, il lui dit qu'il allait aux toilettes et il sortit. Il réfléchit. Comment tirer Rose de là ? Il ne pouvait pas. Pas tout seul. À moins que… Les oreilles à rallonge n'étaient pas la seule chose que James devait avoir à tester pour George. Albus retourna dans le compartiment pour expliquer son plan à son frère.
Tu veux quoi ? rugit James. Tu veux la ramener ici ?
C'est notre amie, protesta Albus, elle ne doit pas traîner avec des Serpentards.
Bon, d'accord, céda James, mais c'est juste pour couper l'herbe sous le pied des Serpentards. Viens voir, je vais te montrer ce qu'il me reste.
James vida ses poches. Il avait encore quelques oreilles à rallonge, une poudre d'obscurité instantanée, un Bracelet-Bouclier, un yo-yo clignotant, une petite bouteille rose en forme de fleur qui devait contenir un philtre d'amour et une baguette qui se transformait en souris quand on l'agitait.
Il m'a donné de tout, pour voir ce qui pouvait passer la sécurité et ce qui ne passait pas. C'est un véritable arsenal, sers toi.
Albus prit la poudre d'obscurité, le bracelet et la baguette. Discrètement, il se glissa devant le compartiment des Serpentards, entrouvrit la porte et jeta la poudre d'obscurité instantanée. Une fumée d'un noir d'encre emplit aussitôt le compartiment, Albus se rua à l'intérieur, lança la fausse baguette par terre, empoigna Rose et sortit. Il entendit au moins un sort l'atteindre avant de rebondir sur le bracelet mais il courut sans s'arrêter, Rose à sa suite.
Quand la lumière revint, Scorpius haussa les épaules. Un coup pareil était prévisible de la part des Gryffondors. De toute façon, pensa-t-il en ramassant la baguette qui traînait par terre, ils allaient devoir venir la récupérer. Celle-ci se transforma alors en souris dans un grand couinement. Ou alors, ils devaient bien se marrer là-bas. Mais pas pour longtemps. Foi de Malefoy. Les crimes des Gryffondors ne resteraient pas impunis. Il ne devait pas les laisser faire la loi. Mais pas maintenant. Le soleil couchant forçait tout le monde à plisser les yeux et le ciel semblait être entré en éruption. Le train allait bientôt arriver. Il était temps de se changer.
Quand le train s'arrêta enfin, il faisait nuit noire et plus d'un élève de première année faillit tomber en se prenant les pieds dans sa robe en descendant du train. James se sépara de son frère pour se diriger vers les carrioles. Albus se retrouva donc seul, dans la cohue des premières années. Il cherchait Rose mais il ne la voyait nulle part. Une lanterne attira son attention. Elle se balançait à plus de deux mètres du sol.
Les premières années par ici ! brailla une grosse voix.
Albus savait qui c'était. C'était Hagrid. C'était un ami de son père. Il avait beau savoir qui c'était, il ne put s'empêcher d'avoir peur. Hagrid était vraiment très, très grand.
Allez, allez, par ici tout le monde !
Il fit signe aux élèves de se mettre en mouvement et ils se retrouvèrent devant une flottille de petites barques. La traversée en barque. Ça aussi, il en avait entendu parler. En fait, il savait plein de choses sur Poudlard. Mais pas les plus importantes. Il ne savait rien sur la manière dont allait se dérouler les cours, sur ses camarades et surtout, sur comment ils allaient être répartis. James lui avait dit qu'il devrait combattre un troll. Il savait que c'était faux, aucun première année ne pouvait se battre contre un troll. À part son père. Lui, il avait vaincu un troll pour sauver Hermione. Il grimpa dans une barque, qui se mit à tanguer quand il monta. Un garçon monta après lui et manqua de tomber. Albus le rattrapa par le poignet et le tira à l'intérieur de la barque.
Merci, dit-il.
Pas de quoi, répondit Albus.
Moi c'est Lucas.
Moi c'est Albus.
Albus Potter ? s'écria-t-il avant de se calmer. Pardon, tu dois en avoir marre qu'on te demande ça.
Un peu mais, tu sais, j'y peut rien.
Bon, reprit Hagrid, le lac est assez agité en ce moment, je vous conseille de vous accrocher. On y va !
Lui même n'avait pas tellement l'air inquiet mais il était suffisamment fort pour transformer sa barque en allumettes s'il l'avait voulu. Lucas regarda Albus.
Tu crois qu'il a raison ? demanda-t-il en désignant Hagrid d'un mouvement de tête. Tu crois que le lac pourrait être agité à ce point là ?
Dans le doute, répondit Albus, je m'accrocherais. Le calamar géant est grincheux quand il est réveillé par un première année qui se noie.
Je sens que ça va être agréable comme traversée, grommela Lucas.
Effectivement, le voyage fut très désagréable. De gigantesques vagues fondaient sur les barques et leurs occupants burent la tasse très souvent. Hagrid dut même rattraper un élève qui faillit passer par dessus bord. Finalement, la traversée s'acheva, au grand soulagement de tout le monde. Aussi trempés que s'ils étaient vraiment tombés à l'eau, les premières années retrouvèrent avec délice la terre ferme. Hagrid leur ouvrit le chemin jusqu'à une salle où il les fit attendre, avant de partir. C'est alors qu'un homme traversa le plafond.
