Disclaimer: Au risque de me répéter, tout l'univers de Twilight est la propriété de Stephenie Meyer.
A/N: Cette fois-ci, penchons nous sur la version d'Alice...
Chapitre 2 – Une douce imprudence
Je m'étais réveillée en sursaut, craignant d'avoir manqué le réveil. J'allais me retourner pour vérifier l'ampleur des dégâts, quand un bras qui ne m'appartenait pas m'empêcha de me retourner. Mon regard encore vitreux suivi le membre confortablement enroulé autour de ma taille pour remonter jusqu'à son propriétaire. Il appartenait à un homme incroyablement séduisant, mais apparemment profondément endormi.
Mes souvenirs refirent doucement surface comme j'essayais de m'extraire de son étreinte pour rejoindre la salle de bain. Heureusement, je n'eus pas à chercher longtemps où elle se trouvait, car ce loft était si grand qu'on eût dit un labyrinthe ! En chemin je remis la main sur mes escarpins et aussi ma robe qui avait atterris à l'autre bout de la pièce. Je souris en me rappelant comment tout était arrivé grâce à cette petite robe…
La veille, j'avais décidé de quitter le boulot de bonne heure. Mes rendez-vous s'étaient terminés relativement tôt, ma paperasse était à jour et je venais de rappeler mon dernier client. Pour me féliciter de mon bon travail, je m'étais octroyée une heure de shopping, et j'avais craqué sur cette magnifique petite robe rouge au décolleté généreux, et qui aucun doute possible était faite pour moi. Ne me risquant pas à regarder le prix je l'avais achetée, j'aurais bien le temps de me le reprocher plus tard au moment de faire mes comptes… J'étais ensuite repassée chez moi, où je l'avais essayée. Exactement comme je le pensais, elle m'allait comme un gant. C'est ce moment qu'avait choisi mon frère Edward pour m'appeler.
Prétextant vouloir prendre de mes nouvelles, il m'avait en fait appelée pour me demander de lui rendre un service, et je devais donc le retrouver dans ce petit bar près de son bureau d'ici une bonne heure, le temps pour lui d'en finir avec ses interminables réunions. Parfait, avais-je pensé, ce sera l'occasion d'étrenner ma nouvelle robe ! Je l'avais assortie de mes magnifiques escarpins de la même couleur, et j'avais un peu arrangé mes cheveux et mon maquillage.
J'avais ensuite attrapé mon sac à mains où j'avais glissé porte-monnaie et portable avant de quitter la maison pour ledit bar. J'avais fait fi des sifflets et remarques désobligeantes des passants mâles dans le métro, resserrant ma veste sur ma poitrine. Je voulais plaire certes, mais certainement pas ressembler à une prostituée !!! Une fois sur place, je m'étais trouvé un tabouret au comptoir, bousculant un type énorme qui était visiblement déjà bien éméché et qui criait à qui voulait l'entendre qu'il allait se marier. Je plaignais sincèrement celle qui avait dit oui… Elle ne savait visiblement pas à quoi elle se préparait…
Et puis quelqu'un était venu s'asseoir sur le tabouret à côté du mien. Sur le coup, je crus avoir à faire à Edward, c'est pourquoi je m'étais tournée vers l'inconnu en déclarant « Tu m'as fait attendre ! ». Aussitôt les mots avaient-ils franchi mes lèvres que je m'apercevais que ce n'était pas mon frère, mais un jeune homme blond aux yeux bleu nuit, faisant battre la chamade à mon pauvre petit cœur. Le moment de confusion passé, il me sourit et répondit « Je suis navré M'dame » avec un accent texan à couper au couteau. En temps normal je me serais vexée, ou je l'aurais ignoré, mais il fallait reconnaître qu'il était particulièrement beau garçon, et qu'un peu de flirt n'avait jamais tué personne.
J'avais donc accepté le verre qu'il m'avait offert, et nous avions commencé à échanger des banalités. Peu bavard, il m'avait quand même dit son nom. Il était né à Houston, Texas, mais avait emménagé à Philadelphie après ses études quand il avait décroché un poste ici. D'où l'accent. Il m'avait fait rire en me disant qu'à présent que je connaissais son prénom et son lieu de naissance, je l'avais sous ma coupe, et pouvait lui faire subir toutes sortes de tourments. Lorsque je lui avais demandé pourquoi il disait ça, il avait simplement répondu de sa voix chaude et terriblement sexy qu'à la seconde où il m'avait vue entrer dans le bar, j'avais dû lui jeter un sort car il n'avait pas pu décrocher ses yeux de moi une seconde. Une fois encore, j'avais ri. Deux fois en moins de cinq minutes, il était très fort. Ca ou bien la seconde Margarita que je venais de boire faisait déjà effet…
J'avais ensuite reçu un coup de fil de mon frère s'excusant de ne pas pouvoir venir me rejoindre, une réunion importante le retenant au bureau jusque tard dans la soirée, voire la nuit. Il me demandait de prévenir sa fiancée Bella qui était également ma meilleure amie, afin qu'elle ne se fasse pas de soucis. Un peu contrariée, j'avais raccroché le téléphone et avait envoyé un message à mon amie pour la prévenir du retard de son aimé.
« Pfff, il a une secrétaire pour ce genre de chose… Et comment je vais rentrer maintenant ?! »
« Si vous me faites confiance, nous pouvons partager un taxi. »
« Vous n'êtes pas sérieux… »
« C'est à vous de voir, mais ça m'ennuierait de vous savoir rentrer à pieds dans les rues de Philadelphie. »
Bien que toujours sur le ton de la séduction, elle avait senti une pointe de sincérité et d'inquiétude dans sa voix. Pesant le pour et le contre, elle avait finalement accepté son offre. Après avoir mis son ami, qui se trouvait être l'ivrogne de tout à l'heure, dans un autre taxi, nous étions montés dans le suivant, et il me laissa donner mon adresse au chauffeur, me promettant de ne pas la noter en guise de bonne foi.
Pour ajouter à ma malchance, dix minutes plus tard notre taxi était tombé en panne. Folle de rage, j'étais sortie dans la rue et avait commencé à marcher avec détermination et frustration en direction de mon appartement qui se trouvait une bonne dizaine de blocs plus loin. Une main chaude et large m'avait alors retenue, et une fois de plus je m'étais retrouvée à me noyer dans un océan bleu nuit qui me fixait intensément.
« J'habite à deux blocs d'ici, pourquoi ne monteriez-vous pas, le temps d'appeler un autre taxi ? »
« Très subtil Sherlock »
« Je vous promets que je ne ferai rien que vous ne désiriez vraiment… »
J'aurais dû le gifler. Pourtant il émanait une telle sensualité de lui que ma main resta le long de mon corps, et mes pieds fermement plantés dans le sol. Je ne pouvais pas me le cacher, j'avais envie de cet homme. Sauf que c'était un inconnu, et qu'aussi sexy et sympathique fût-il, je ne savais rien de lui.
« Juste pour appeler un taxi ? »
« C'est ce que j'ai dit… »
Et alors je l'avais suivi. Je sais, c'était complètement fou, et imprudent, et inapproprié, mais je le fis quand même. Nous étions montés dans son appartement, qui d'ailleurs avait la taille de tout l'étage de mon bâtiment. Chaque pièce était immense, et décorée avec goût. Je ne dénotai aucune trace d'une présence féminine, si ce n'est la propreté impeccable des lieux. Il m'avait entraînée vers le salon, et m'avait tendu le téléphone tandis qu'il s'était mis à la recherche de l'annuaire. J'avais composé le numéro, et avait effectivement demandé à ce qu'un taxi vienne me récupérer. Lorsque j'avais raccroché, il était revenu à mes côtés, un verre de vin dans chaque main.
« J'ai pensé qu'un verre serait le bienvenu en attendant votre taxi. »
Nous voyions tous les deux l'éléphant au milieu du salon, et pourtant nous continuâmes à jouer le jeu. Et puis le taxi était arrivé, et avait klaxonné. Je m'étais levée de la banquette, et m'étais dirigée vers la sortie. Quand ma main s'était posée sur la poignée de la porte, j'avais senti la sienne se poser sur mon bras.
« Reste… » avait-il murmuré, si bas que je n'étais pas sure de l'avoir vraiment entendu.
Tout ce dont je me souviens ensuite, c'est de ses lèvres sur les miennes, de mes doigts dans ses cheveux, de ses mains parcourant mon corps avec avidité. Nous nous étions embrassés passionnément un moment, appuyés contre la porte d'entrée, tandis que le taxi klaxonnait avec insistance. Mettant fin à notre étreinte il avait plongé ses yeux dans les miens, nos fronts se touchant, et quelques secondes s'étaient écoulées avec pour seul bruit celui de nos respirations erratiques. J'avais alors repris ses lèvres avec ardeur, glissant mes bras autour de son cou. Il m'avait alors portée jusque sa chambre, où il s'était empressé de me défaire de mes vêtements, pour me faire l'amour avec fougue une partie de la nuit.
Et voilà comment maintenant, le lendemain matin, je me retrouvai dans la salle de bain de mon formidable amant d'un soir, à me demander comment j'allais faire pour rentrer à la maison me changer et arriver au boulot sans être en retard. Je me fis une rapide toilette à l'aide d'une serviette et d'un gant propre trouvés dans le meuble sous le lavabo, et avait entrepris de me remaquiller. Car je n'étais pas jolie jolie à voir. Mon mascara avait coulé, mon rouge à lèvres s'était en partie fait la malle, et c'était sans parler de mes yeux de panda et de mes cheveux en bataille. En plus, j'avais cet air de quelqu'un s'étant fraîchement envoyé en l'air, et il me serait difficile de le cacher au boulot…
Je me remis en état en un temps record, et quittai la salle de bain en laissant un petit message sur la vitre à l'aide de mon stick de rouge à lèvres. J'avais un jour vu ça dans un film, et avais toujours rêvé de le faire. Sur la pointe des pieds, je retraversai la chambre où il dormait encore. Je ne voulais pas le réveiller, un peu embarrassé sur ce que je pourrais bien lui dire. Et puis peut-être ne souhaitait-il pas avoir à me parler, me considérant comme la fille d'un soir qu'on ne rappelle pas. Car aussi blessant que cela sonne, c'était ce que j'étais. Attrapant mon sac resté dans l'entrée, je quittai l'appartement, prenant garde à ne pas faire de bruit en ouvrant la porte.
Je m'étais empressée de rentrer chez moi en prenant le métro, et après une bonne douche revigorante, avait sauté dans un tailleur beige qui je l'espérai cacherai la misère de ma nuit presque blanche. Attrapant une pomme sur le comptoir de la cuisine, je ressortis aussitôt, direction le bureau où je devais récupérer des papiers pour préparer ma rencontre avec une nouvelle cliente potentielle plus tard dans la journée. En chemin j'avais appelé mon frère pour lui passer un savon pour m'avoir abandonnée dans un bar douteux en pleine nuit, et il s'était excusé platement. J'avais fini par lui dire qu'un gentleman avait accepté de partager un taxi avec moi, sans rentrer dans les détails.
A peine installée à mon bureau Bella m'avait littéralement assaillie, curieuse de savoir comment s'était passée ma soirée de la veille. Mon abruti de frère avait encore parlé trop vite… Tout en me chargeant des formalités administratives habituelles, je m'empressai de lui raconter ma soirée de la veille, avec un enthousiasme non dissimulé. Elle était ma meilleure amie après tout !
« Et tu as passé la nuit chez ce type ?! Alice, il aurait pu être un psychopathe ! »
« Un psychopathe diablement séduisant alors ! Et ses yeux ! Bella je te promets, tu ne dis pas non à un type avec des yeux pareils. Sans parler de son accent, rien que d'y penser ça me rend toute chose…»
« Bref… Et il était aussi bon amant que sexy alors ? »
« Tu n'as pas idée !!! »
Prenant garde de ne pas me faire repérer par notre chef, je lui racontai tout ce qu'il s'était passé, et c'était de bien meilleure humeur que j'attaquai mon dernier rendez-vous de la journée. Je devais retrouver ma cliente à 17h45 au Starbucks quelques rues plus bas. Elle venait de se fiancer, et souhaitait absolument que son mariage soit parfait. Pour ce que j'en avais déduit au téléphone, c'était LA cliente qu'il ne fallait pas manquer. Jeune, jolie, riche, et insupportable. La meilleure publicité possible pour notre firme.
Nous avions bavardé un moment, celle-ci m'ayant expliqué que son frère avocat allait nous rejoindre pour s'assurer que tout était en ordre. Une fiancée mannequin, un frère avocat, pas de doute, c'était le contrat de ma carrière !
Mais je manquai de renverser mon café lorsque je vis une silhouette plutôt familière se rapprocher de nous, pour s'arrêter à notre table. Il se tourna d'abord vers la jeune femme blonde.
« Désolé pour le retard Rose, la session a duré plus tard que prévu, et j'ai dû prendre le métro. Je me présente, Jasper Whitlock, avocat et accessoirement frère jumeau de votre cliente. »
« Enchantée Mr. Whitlock. »
Prenant ma voix professionnelle, je fis de mon mieux pour ne pas laisser le trouble m'envahir. C'était lui, c'était mon bel inconnu de la nuit dernière…
Et voilà! Merci à tous pour les nombreuses mises en alerte et les reviews! Je ferai de mon mieux pour ne pas vous décevoir! A très vite je l'espère!
