Et le chapitre deux à la suite parce qu'un prologue tout seul c'est naze :)


Le lendemain matin s'avéra être un samedi pluvieux. Pourtant cela ne découragea pas Ivy qui se leva comme à son habitude un peu avant sept heures alors que ses amies dormaient toujours. Elle troqua son pyjama contre un ensemble de survêtements, chaussa ses baskets et descendit dans la salle commune pour attendre son compagnon de jogging, bien qu'elle se doutait qu'il ne viendrait pas courir ce matin-là, probablement trop fatigué pour se lever. Une dizaine de minutes plus tard, elle se décida à partir seule. Elle sortit de la salle commune et se dirigea vers la statue d'un chevalier sans-tête derrière laquelle se dissimulait un passage secret qui lui permettrait de sortir du château sans se faire remarquer par le concierge. En effet, il n'était pas toléré que les élèves partent se promener seuls de si bon matin. Ivy tira l'épée du chevalier vers elle et la statue pivota, dévoilant une petite ouverture dans le mur de pierres. Elle s'engouffra à l'intérieur et partir en trottinant tandis que la statue se remettait en place.

Le passage partait de l'étage où se trouvait le dortoir des Gryffondors puis un escalier en spirale menait à un tunnel qui passait sous le château puis sous-terre, si bien que lorsqu'on ressortait à l'air libre, on se trouvait à l'abris dans les arbres de la forêt interdite, et invisible du château.

Lorsqu'elle émergea du tunnel, Ivy frissonna. Une petite bruine fine tombait, accompagnée d'une brise fraîche, aussi accéléra-t-elle le pas pour se réchauffer. Elle respirait profondément l'odeur des feuilles mouillées qui s'élevait partout autour d'elle. Elle ne comprenait pas pourquoi ses amies détestaient tant courir. Pour elle, il n'y avait pas de meilleur moyen pour se réveiller que celui d'aller se dépenser dans le silence apaisant de la forêt. Plus que d'entretenir sa forme physique, la course à pied était pour Ivy un bon moyen de se vider la tête, d'évacuer les tensions, de se concentrer uniquement sur les mouvements de son corps et sa respiration. Une journée qui ne commençait pas par un jogging, même court, était souvent synonyme de mauvaise journée pour Ivy qui était devenue une droguée de la course à pied.

Alors qu'une chaleur familière naissait dans ses cuisses, elle entendit un fort halètement derrière elle et ne fut pas surprise lorsqu'un chien noir apparut à ses côtés, se calant sur son rythme. Ivy sourit :

_J'ai cru que tu m'avais laissée tomber ce matin.

Une heure et demie plus tard, la jeune fille et le chien était de retour à la sortie du passage qui les ramèneraient au château. Ivy ralentie sa course avant de s'arrêter complètement et commença ses étirements. A ses côtés, le chien noir disparu pour laisse place à Sirius qui s'étira aussi. En effet, le jeune homme était un animagus non-déclaré qui prenait donc la forme d'un chien. En général il accompagnait Ivy sous forme humaine, mais lorsqu'il devait la rattraper, comme ce matin, il préférait sa forme animale, qui lui permettait de courir plus vite. Dans ces cas-là, il courait devant son amie, revenait vers elle, s'arrêtait pour reprendre son souffle en l'attendant. Il se comportait comme n'importe quel chien qui va courir avec son maître. Quant à Ivy, elle était au courant de ce petit secret depuis sa cinquième année. Un jour où, comme ce matin-là, elle était partie courir, elle avait aperçu devant elle un magnifique cerf qui galopait, accompagné d'un chien noir. Cela l'avait déjà intriguée, mais qu'elle n'avait été sa surprise lorsque au bout d'une vingtaine de minutes, le cerf et le chien s'était arrêtés, et avait laissé place à James Potter et Sirius Black. Déboussolée par ce qu'elle avait vu, la jeune fille avait voulu tourner les talons et faire comme si de rien n'était, mais les deux garçons l'avaient aperçu. Après l'avoir rattrapée, ils lui avaient donc fait promettre de ne rien dire. Depuis, Ivy courait en compagnie de Sirius, parfois humain parfois chien.

Sur le chemin du retour, aucun des deux amis n'ouvrit la bouche, encore légèrement plongés dans l'état d'euphorie dans lequel la course les avait mis. De retour au château, ils montèrent se doucher rapidement puis descendirent prendre le petit-déjeuner avec leurs amis.

_Voilà les grands sportifs, lança Peter en les voyant arriver.

_Je meurs de soif, déclara Sirius en s'asseyant avant de se servir un grand verre d'eau fraîche qu'il descendit d'un seul tenant.

_Ca ne te dérange pas de courir sous la pluie ? demanda Lily à son amie qui entamait un pancake dégoulinant de sirop d'érable.

_Au contraire, c'est ce que je préfère. Sentir les gouttes froides alors que notre corps est en surchauffe, c'est complètement grisant.

_Ou alors tu es simplement folle, renchérit Olivia, une autre de ses amies qui était une grande partisane du moindre effort.

Tout en mangeant, les Gryffondors réfléchissaient au meilleur moyen d'occuper ce samedi pluvieux.

_Je vous signale que l'entraînement de cet après-midi est maintenu, lança James, le capitaine de l'équipe de Quidditch des Gryffondors. Je sais que les conditions ne sont pas parfaites, mais notre premier match approche.

_J'espère qu'il ne pleuvra plus alors, répondit Sirius qui détestait voler sous la pluie.

_Vous me prenez déjà pour une folle parce que j'aime courir sous la pluie alors un entraînement ne va pas me tuer, rit Ivy, qui occupait une place de batteuse depuis sa quatrième année.

Après le petit-déjeuner Ivy et Lily montèrent chercher leurs affaires afin de commencer leurs devoirs. Profitant qu'elles soient seules dans leurs chambres, Ivy posa à son amie une question qui lui trottait dans la tête depuis la veille.

_Tu sais Lily, tu parles en dormant.

La rousse la regarda en rougissant lorsqu'elle repensa au rêve qu'elle avait fait cette nuit-là. Lily espérait n'avoir rien dit d'embarrassant, puisqu'elle avait rêvé d'un certain Maraudeur aux cheveux noirs et aux yeux bruns cerclés de lunettes rondes, qu'elle était censée détester, mais avec elle avait été très proche dans son rêve.

_Ah bon ? dit-elle en essayant de prendre un air détaché.

_Quand je suis revenue me coucher, tu as dit quelque chose comme « c'est bien que vous vous soyez réconciliés" ou quelque chose comme ça.

La jeune fille rousse souffla d'apaisement.

_Je me souviens avoir dit ça, je ne dormais pas.

Son amie l'interrogea du regard.

_J'ai dis ça parce que, enfin, depuis la rentrée j'avais l'impression qu'avec Sirius, vous étiez en froid, que la situation était tendue, tu vois. Mais ça petite farce d'hier soir prouve bien que tout est revenu dans l'ordre, et j'en suis heureuse.

_Tu t'es inquiétée pour rien, répliqua la blonde avec un sourire forcé. Tout allait, et va toujours bien avec Sirius. Tu t'es fait des idées c'est tout.

Elle détourna le regard, gênée. Son amie avait raison. Durant les trois semaines qui s'étaient écoulées, sa relation avec son ami avait été tendue, mais elle n'avouerait pour rien au monde la raison de cette distance qui s'était instaurée entre eux et que, à son grand soulagement, Sirius avait réussi à briser la veille.

_Désolée de m'être trompée alors. On y va ? demanda Lily, les bras chargés de livres et de parchemins.

_J'ai l'impression que ça va mieux avec Ivy, dit James à Sirius, avec qui il avait commencé une partie d'échecs.

_De quoi tu parles ? demanda-t-il, l'air faussement étonné, bien qu'il savait parfaitement ce que son ami voulait dire.

_L'ambiance était un peu froide depuis la rentrée entre vous deux, non ?

_Non, répliqua le jeune homme aux cheveux bruns, un peu plus sèchement qu'il l'aurait souhaité.

_Bon, répondit simplement le garçon à lunettes. Si son meilleur ami lui disait que tout allait bien, il n'avait aucune raison de ne pas le croire, aussi se concentra-t-il sur sa partie en oubliant cette discussion.

Sirius au contraire était ailleurs. La réflexion de James l'avait plongé dans des souvenirs de l'été qui venait de s'écouler.

Après le déjeuner, James, Sirius, Ivy ainsi que les autres joueurs de l'équipe se rendirent au terrain de Quidditch, la plupart en bougonnant. Après deux heures d'entraînement, le capitaine mit fin à leur calvaire et les félicita :

_Vous avez bien joué aujourd'hui, malgré le mauvais temps. Vous pouvez y aller.

Ivy ne se le fit pas dire deux fois. Elle se précipita dans les vestiaires et s'habilla en quatrième vitesse. Elle avait une vengeance à accomplir. Elle se rendit à l'entrée du vestiaire des garçons et jeta un coup d'œil à l'intérieur. Ils étaient tous partis prendre une douche, elle avait le champ libre. Elle pointa sa baguette à l'intérieur et murmura :

_Accio vêtements de Sirius Black.

Lorsqu'ils atterrirent dans ses mains, elle repartie vers le château d'un pas énergique, imaginant déjà la tête que ferait son ami lorsqu'il constaterait que ses vêtements avaient disparus et qu'il devrait rentrer en serviette au château, sous la pluie.

En arrivant dans la salle commune elle se dirigea vers ses amies qui discutaient, confortablement installées dans les gros fauteuils rouges de la salle.

_C'est quoi ça ? demanda Alice en pointant du doigt les affaires en boules que Ivy avait dans ses mains.

_Ma vengeance sur Sirius, déclara-t-elle en souriant.

Elle jeta un regard à Lily pour voir si la préfète était fâchée et elle constata que malgré le regard de réprimandes qu'elle lui adressait, Lily ne pouvait s'empêcher de sourire.

_Mais, alors il va rentrer… nu ? demanda Alice.

_Je lui ai quand même laissé une serviette, je te rassure, ria-t-elle en voyant sa timide amie dont le rouge montait aux joues.

Ivy balaya la pièce du regard en se demandant quoi faire des vêtements, et décida finalement de les cacher sous le canapé qu'elle partageait avec Olivia. Maintenant, elles n'avaient plus qu'à attendre l'arrivée du pauvre garçon, qui ne se fit pas attendre. Une dizaine de minutes plus tard, un groupe de filles de cinquième année entra en gloussant et en chuchotant. Ivy tendit l'oreille. Il semblerait que ces jeunes filles aient croisé un maraudeur se promenant torse-nu dans le parc du château. Elle échangea avec ses amies un regard plein de sous-entendus. James arriva à son tour et adressa un grand sourire à la blonde lorsqu'il l'aperçut, en lui adressant un signe de félicitations, le pouce relevé. Mais il rangea bien vite sa main dans sa poche lorsqu'il vit son ami à ses côtés. Malgré l'ai décontracté qu'il essayait de se donner, les yeux du jeune homme lançaient des éclairs qui redoublèrent en croisant le regard d'Ivy. Sirius avait les mains crispés autour de sa serviette de peur qu'elle ne tombe et, d'une démarche qu'il voulait assurée, il s'avança vers celle qui l'avait mis dans une telle situation. Mais le beau brun fut interrompu en chemin par une grande fille aux cheveux ondulés châtains qui l'accosta, la poitrine en avant et les fesses en arrière.

_C'est le nouvel uniforme des joueurs ? Parce que dans ce cas, je vais peut-être commencer à m'intéresser au Quidditch, minauda-t-elle.

_Tu n'es pas une fan ? répondit-il en lui adressant l'un de ses fameux sourires charmeurs.

_En fait, je n'y comprends rien, dit-elle en se mordillant la lèvre inférieure et jouant avec une mèche de ses cheveux.

_Je pourrais peut-être te donner une leçon particulière si tu veux ?

_Pourquoi pas ?

_Super. Tu m'excuseras, mais je dois y aller. A bientôt, dit-il en lui avec un clin d'œil avant de s'éloigner.

S'il s'était retourné il aurait pu voir la fille sautiller vers ses amies qui la questionnaient, le regard admiratif, et envieux.

Pathétique, pensa Ivy. Elle avait l'habitude de voir ce genre de groupies aborder son ami, de même qu'elle avait l'habitude de le voir jouer le jeu, mais bizarrement aujourd'hui un nœud s'était formé dans son estomac et elle avait eu envie de percer les deux ballons qui tenaient lieu de poitrine à la fille durant tout leur échange.

_Sullivan !

_Ne m'appelle pas comme ça, menaça-t-elle Sirius.

_Je t'appellerais comme ça tant que tu n'auras pas rendu mes vêtements.

_Lesquels ? Ce que tu devrais porter en ce moment ? Tu ne vas sûrement pas me croire, mais je ne sais pas du tout où ils peuvent être, répondit-elle en levant vers lui un regard innocent. Mais comme tu me fais de la peine, je peux t'aider à les chercher si tu veux, ajouta-t-elle en se levant.

Ivy se promena quelques instants dans la pièce en soulevant les coussins, se baissant pour jeter un coup d'œil sous les fauteuils, sous le regard furieux de Sirius et celui amusé, de ses amies qui retenaient tant bien que mal leurs rires. Elle revint finalement vers eux et regarda sous les fauteuils de ses amies, puis sous le canapé où elle était assise quelques minutes auparavant.

_Je les ai ! C'est étrange, je me demande comment ils ont pu arriver là, dit-elle en se mordant l'intérieur des joues pour ne pas rire.

_Tu te fiches de moi.

Ce n'était pas une question mais une constatation.

_Je t'assure. Les filles, vous qui avez bossé là tout l'après-midi, vous avez remarqué quelque chose ?

Elles répondirent que non d'un signe de tête.

_Alors c'est un véritable mystère, ponctua Ivy.

_Allez, donne-moi mes fringues, je te pardonne. Et maintenant nous sommes quittes !

Elle lui tendit ses vêtements en souriant. Il monta se rhabiller, pour redescendre deux minutes plus tard. Entre-temps, Remus et Peter avaient rejoins James et les quatre filles. Le garçon à lunettes venait de raconter ce qu'il s'était passé et les deux autres Maraudeurs étaient hilares lorsque Sirius reparu.

_Au fait, qu'est-ce que Thompson te voulait ? lui demanda James en faisant allusion à la jeune fille qui l'avait abordé quelques minutes plus tôt.

_Que je lui donne des cours particuliers pour lui expliquer le Quidditch, répondit Sirius tandis qu'un sourire de prédateur se dessinait sur ses lèvres. Je dois admettre que ton petit numéro aura au moins servit à ça, dit-il à Ivy.

_C'est vrai qu'elle est pas mal, admit Peter en regardant la fille qui se tenait toujours à l'autre bout de la pièce avec ses amies.

_C'est un canon tu veux dire, renchérit James.

_De toute façon, du moment que ça possède du monde au balcon, y'a que ça qui vous intéresse, trancha Lily, irritée par la réflexion de son brun à lunettes, mais qui restait tout de même polie.

James la regarda, honteux de constater que le seul et unique objet de son amour le prenait maintenant pour un obsédé.

_Je préfère encore avoir de petits seins et quelque chose dans la cervelle que d'être une idiote qui n'est pas foutue de comprendre deux règles de Quidditch, répliqua Ivy.

Alors le silence se fit et tout le monde la regarda les yeux ronds. Elle n'avait pas pour habitude de réagir ainsi, et encore moins pour dire ce genre de choses.

_Bon, ce n'est pas le tout, mais j'ai devoir à terminer pour demain, ajouta-t-elle en se levant précipitamment.

_Moi aussi, dit Lily en s'empressant de rejoindre son amie qui s'éloignait déjà, sous le regard médusés de ses amis. Et plus particulièrement de l'un d'entre eux.