Ginny s'ébouriffa les cheveux et observa son reflet dans le miroir de la salle de bains. Elle en écarquilla les yeux de stupeur.
« Regarde ce qu'un peu d'alcool peut te faire… » pensa-t-elle avec un sourire ironique.
Elle prit son temps pour s'essuyer le visage tandis qu'elle attendait qu'Hermione sorte des toilettes. Lorsque ce fut le cas, les deux jeunes femmes s'évaluèrent du regard.
Tu as trop bu, Ginny…
Et qu'est-ce qu'il t'est arrivé à toi ? demanda Ginny en riant et en montrant du doigt sa jupe déchirée.
C'est ton idiot de frère, répondit Hermione tout en essayant, tant bien que mal, de bien renouer la chemise de Ron autour de sa taille.
Il déchire tes vêtements maintenant ? Et bien, il était temps ! dit Ginny, tous sourires.
Hermione sourit d'un air las. Avec quelqu'un d'autre elle aurait rougi et nié tout en bloc. Mais avec Ginny c'était différent car Ginny savait. Alors elle soupira de façon dramatique mais ses yeux se mirent à pétiller.
Non, il n'a rien fait de la sorte… Malheureusement ! Et moi, je crois que j'ai tout gâché…
« Parce que j'ai dû vraiment le vexer. »
Ginny se mit à rire en voyant l'évidente déception de son amie. Elle secoua la tête, faisant valser ses jolies boucles rousses. Puis elle observa Hermione qui essayait toujours de cacher sa jupe.
Pourquoi tu t'entêtes, Hermione ?
Quoi ? J'aime bien porter des jupes et ce serait dommage de –
Non, je ne parlais pas de ça… Pourquoi tu t'entêtes à ramener des cavaliers ? Comme pour le mariage hier ?
Hermione soupira, soulagée.
« Pas la peine de mâcher ses mots avec Ginny. »
Et bien, ils font l'affaire.
Ah oui ? Moi ce que je vois c'est que ça vous empêche, toi et Ron, de vous mettre ensemble !
Hermione hocha la tête. « C'est exactement ça. »
Ginny la fixa longuement du regard.
Mais Ron vient sans cavalière, lui…
Hermione ricana.
Et il a surement de bonnes raisons. Il serait trop gêné à l'idée de nous présenter.
Ginny se mit à rire.
Peut-être… Mais toi, tu ramènes souvent quelqu'un.
Et pourquoi pas ? Je m'ennuie toute seule et si Ron est dans les parages…
Elle haussa les épaules et sourit un peu trop malicieusement. « Mon Dieu… »
Avec Ron, c'est un peu trop dangereux, pas vrai ? dit malicieusement une Ginny souriante. C'est mon frère mais je vois bien l'effet qu'il a sur toi.
Elle grimaça tout en remettant un peu de rouge à lèvres.
Tu as peur de ne pas pouvoir te contrôler, c'est ça ?
Hermione se mit à rire et hocha la tête.
C'est ça. Je vais lui sauter dessus et le trainer jusque dans mon lit. Ben voyons…
Ginny sourit comme si c'était, effectivement, une très bonne idée.
Et bien, tu ne vas sûrement pas me dire que tu passes du bon temps avec ces binoclards du Ministère !
Hermione grogna.
Crois-moi, je ne teste même pas, Gin. Tu te souviens d'Adam ? Je crois que j'ai officiellement perdu goût au sexe…
Ginny ricana.
C'est impossible puisque tu prouves le contraire dès que toi et Ron êtes ensemble ! Vous ne pouvez pas vous empêcher de vous toucher. Et Harry dit tout le temps que vous n'en pouvez plus d'attendre de coucher ensemble…
Hermione soupira tout en réappliquant doucement un peu de rouge à lèvres.
Je ne peux pas faire ça, sauf si, bien sur, je lui jette un sort d'Oubliettes après…
Les deux jeunes filles se mirent à rire, puis Ginny ajouta calmement :
Ce ne serait pas très juste…
Hermione hocha la tête.
Je ne peux pas l'utiliser comme ça. On est trop proches.
Proche comment ? demanda Ginny en haussant les sourcils. Tu sais ce que tu devrais faire, Hermione…
Ce ne serait pas juste d'essayer !
Crois-moi, ça ne le dérangerait pas, dit Ginny en ricanant à nouveau. Et puis tu aurais bien besoin de t'amuser un peu.
Hermione regarda Ginny.
Ginny, j'ai vraiment ramené Chris chez moi hier soir …
Il est sympa, dit rapidement la jeune femme rousse, mais pas d'étincelles, pas vrai ?
Il n'a rien à voir avec Ron, commença Hermione.
Ginny haussa un sourcil.
Est-ce que ce ne serait pas là tout le problème ?
Elle ne reçut qu'un silence pour toute réponse. Alors elle continua.
Pourquoi tu n'arrêterais pas ce petit jeu pour simplement essayer –
Essayer ? la coupa la brunette. Qu'est-ce que tu crois que je devrais essayer exactement, Ginny ?
Essayer d'obtenir quelque chose de mon frère, répondit Ginny, un léger sourire sur le visage. Il adorerait ça, tu sais…
Bah voyons… dit Hermione en ricanant.
« Un garçon comme Ron ? Se laisser posséder par une fille ? »
Cette simple idée la faisait frissonner de bonheur. Elle se força à rire et dit à contrecœur :
Comme s'il serait d'accord pour ce genre de chose !
Les bonnes conditions réunies, dit Ginny en souriant légèrement, il accepterait. Met donc fin à tout ce non-sens !
Mais c'est tellement mieux comme ça ! argumenta Hermione en faisant la grimace alors que les deux jeunes femmes sortaient des toilettes.
Mais tu ne détestes pas ça ? demanda calmement Ginny en prenant son amie par le bras.
Elle dirigea Hermione vers le coin de pelouse où les invités se pressaient désormais autour de Fred qui semblait se préparer à expliquer le fameux jeu aquatique qui intriguait tant.
Tu as perfectionné la notion de flirt entre vous, mais cela n'aboutit jamais à rien. La vie est trop courte…
C'est drôle, c'est exactement ce que les Jumeaux m'ont dit le jour de mon anniversaire juste avant de me donner leur peinture corporelle !
Ah, ils se sont dit que tu aimerais t'en servir, gloussa Ginny.
« Oh Ron… » songea Hermione, l'esprit embrumé par le souvenir de ses mains déboutonnant lentement sa chemise immaculée. Hermione attrapa un verre de cocktail mêlant champagne et jus d'orange sur un plateau. Elle en but une bonne gorgée.
Je déteste le fait de ne pas pouvoir le posséder, avoua-t-elle en observant discrètement Ron.
Oh, dans un sens, il est à toi, c'est certain… mais – Ginny lui jeta un rapide regard ennuyé – tu ferais mieux d'aller réclamer ton dû avant qu'une autre fille célibataire le fasse !
Lorsque Ginny et Hermione eurent rejoint le groupe d'amis, Fred et George étaient occupés à organiser une sorte de jeu sur la pelouse de la propriété, juste derrière les tables sur lesquelles ils avaient déjeuné. Il n'y avait toujours aucun signe de Lee et Carmela mais personne ne semblait se plaindre de leur absence. Tout le monde avait quitté sa table respective pour se rassembler autour des jumeaux. Tous plissaient des yeux à cause du soleil et essuyaient régulièrement de la sueur sur leur front. Il y avait plus d'un visage rougi par le soleil et l'alcool et les gloussements et démarches instables de ses amis prouvèrent à Hermione qu'elle n'était pas la seule à être joyeuse.
« Heureusement. Comme ça, peut-être qu'on ne remarquera pas ma jupe déchirée. »
Ron souleva un seau en métal et l'apporta à Fred. Hermione contempla ses muscles jouer sous son tee-shirt serré. Il se tourna et soudain, l'idée de gribouiller avec sa peinture corporelle lui vint à l'esprit.
« Et je commencerais par… son torse ! »
Ron surprit son regard insistant. Il rougit mais ne détourna pas les yeux.
« Peut-être qu'elle m'a pardonné ? »
Quand il se rendit compte qu'Hermione ne baisserait pas les yeux non plus, Ron lui fit signe du doigt pour qu'elle approche et fit deux pas dans sa direction.
Viens jouer ! proposa-t-il avec un sourire charmeur.
Ginny éclata de rire et Hermione rougit au ton suggestif qu'il employait.
« Si seulement il pouvait parler d'autre chose ! »
Ginny la poussa délicatement vers Ron puis partit rejoindre Harry qui lui tendait le bras.
A quoi on joue ? demanda Hermione en s'approchant de lui.
« Ce sourire coquin qu'il a sur le visage… Est-ce qu'il vient de se lécher les lèvres ? »
Son cœur bondit dans sa poitrine.
Ron sentit son hésitation et en profita pour jouer sur les mots.
Qu'est-ce qui te ferait plaisir ? dit-il d'un ton taquin.
Tandis qu'il parlait il la rapprochait de lui d'une main ferme.
« Jusqu'où… »
Sa pensée s'arrêta lorsqu'elle sentit sa tête heurter doucement son épaule et elle en eut le souffle coupé. Son étreinte joueuse la protégea momentanément du soleil et lui procura une toute autre chaleur.
Pardon, murmura-t-il simplement, lui faisant ainsi oublier toute colère concernant sa jupe déchirée.
Son désir immédiat, et l'odeur d'alcool qui flottait sur ses lèvres lui rappelèrent qu'elle était dans une position des plus vulnérables.
« Oh la la… »
Hermione se laissa porter par cette étreinte, par ce moment d'intimité acceptable entre amis.
« C'est si tentant… »
Elle n'aurait qu'à lever un peu la tête pour faire glisser ses lèvres sur sa puissante mâchoire. Elle pourrait alors faire courir sa langue sur sa peau mal rasée et rugueuse, et gouterait enfin au doux picotement qu'offrirait sa bouche et elle en était sure, ce serait délicieux.
« Tente ta chance ! »
Hermione le fit presque. Le champagne dans son organisme la poussa à entrouvrir les lèvres. Etourdie, ses yeux se levèrent vers lui et rencontrèrent son regard azur. Il cilla comme s'il s'était rendu compte du désir qu'exprimait son regard.
« Oh non, il sait ce que j'ai envie de faire ! »
Ron aperçut comme une étincelle dans ses pupilles.
« Une étincelle synonyme d'embarras ? De colère ? De désir ? Non ça ne peut pas être ça… »
Il cilla de nouveau lorsqu'il s'aperçut que le regard d'Hermione ne le lâchait pas.
« Mais merde, et si c'était le cas… »
Une douleur irrémédiable commença alors à envahir ses attributs masculins, lui rappelant ainsi cette frustration interminable qu'était le fait de ne pas posséder quelque chose que l'on désire.
« C'est ce qu'on appelle être tenté bien plus que de raison. »
Délicatement, les oreilles emplies du brouhaha que faisaient leurs amis autour d'eux, Ron fit glisser sa grande main le long du dos d'Hermione avant de l'arrêter sur la cambrure de ses reins, juste au-dessus de ses fesses.
Hermione se surprit elle-même lorsqu'elle ne montra aucune résistance.
« Il fait comme si je lui appartenais », pensa-t-elle en frissonnant.
Elle se laissa donc aller contre ses hanches.
« Et j'aime ça… » Elle déglutit. « Dis quelque chose ! N'importe quoi ! »
Tu es beau comme ça, murmura-t-elle faiblement en touchant du bout des doigts le coton de son tee-shirt.
Sa tête se posa alors sur son torse.
Humm… Toi tu attends quelque chose de moi Mione ! taquina-t-il.
Le nez dans ses cheveux, l'odeur de framboise lui ouvrit l'appétit, mais cet appétit là n'aurait pas pu être comblé par un brunch…
« Si j'attends quelque chose de lui ? » pensa-t-elle en haussant les sourcils face à cette question bien directe. « Rien que je ne puisse obtenir facilement ! »
Et bien en fait, oui je veux quelque chose… commença-t-elle en posant furtivement ses doigts sur sa taille.
« Il est si détendu… pour l'instant ! » Elle retint sa respiration, anticipant sa surprise.
Je veux ma revanche pour ma jupe ! cria-t-elle en remuant ses doigts pour le chatouiller sans merci.
Ils riaient tous les deux, et Ron en particulier. Dean s'en aperçut et fit un grand sourire avant de s'écrier :
Weasley, arrête de flirter avec Mione et ramène tes fesses ici !
Comme d'habitude on doit le rappeler à l'ordre, ricana Seamus.
Ron jeta un regard faussement réprobateur à Hermione avant de se protéger le ventre de ses bras croisés.
Et nous qui pensions qu'ils arrêteraient de se disputer, murmura Padma, les mains sur les hanches tandis que tous observaient le futur couple.
Pas une chance, répondit Ginny en ne manquant rien de leurs joues rosies. A chaque fois, ça va un peu plus loin…
Hermione ! appela Padma. Viens voir à quoi on va jouer ! Tu vas A-DO-RER !
J'en suis sure ! chantonna Hermione gaiement tout en poussant Ron devant elle.
Il se laissait faire tout en appréciant ce contact autoritaire de sa part.
Ron, ne laisse pas les batteurs voir Hermione en train de te pousser comme ça ! ricana Fred.
C'est pas grave… J'aime ça, avoua-t-il timidement.
Vraiment ? Ca ne se voit pas du tout, répondit George. Branleur va…
Mais Ron continua de se faire pousser, un grand sourire placardé sur le visage et les mains d'Hermione posées sur son dos. Il finit par se tourner, faussement lassé, et tira sur sa chemise qui était toujours attachée autour de la taille d'Hermione, protégeant ses cuisses.
« Bon sang, pourquoi j'ai été lui donner quelque chose pour la couvrir ? »
Pris d'une pulsion soudaine il se pencha vers elle et lui dit :
J'aime bien ce look.
Oh, tu parles des vêtements déchirés ? demanda innocemment Hermione avant de se pencher vers lui l'air malicieux. C'est un genre de look que tu vois souvent chez les filles qui te tournent autour, Ron ?
Pas aussi souvent que je le voudrais, dit-il en fixant son regard au sien.
Ses yeux pétillants, ses joues rosies et son éclat naturel mettaient en transe.
Hermione haussa un sourcil, ravie de constater que ses yeux ne pouvaient pas la lâcher.
« Je ne pense pas qu'il parlait des fans des Cannons… »
Elle en eut le souffle coupé lorsqu'elle se rendit compte qu'à ce moment précis, elle avait toute son attention… et tout son intérêt ?
Ce que je voulais dire c'est que… j'aime bien te voir… avec ma chemise, dit-il.
« Et ça aurait été mieux que tu ne portes QUE ma chemise… »
Il ne donna pas voix à ses pensées bien sur, mais Hermione n'en eut pas besoin pour comprendre son sous-entendu. Hermione se jeta alors sur lui, joueuse, mais finit dans ses bras. Ron retint son souffle.
Le fait qu'Hermione se laisse aller à de tels comportements la rendait plus attirante aux yeux de Ron. Elle n'avait pas conscience qu'elle était observée et l'alcool laissait libre cours à ses émotions. L'instinct prenait le dessus sur la raison. Elle s'agrippa à ses avant-bras musclés. Elle n'eut aucun mal à imaginer ses bras en pleine action coquine : ses bras de chaque côté de sa tête supportant son poids, écartant ses cuisses pour permettre à ses doigts habiles de caresser son clitoris avec fougue.
« Ce serait la fin pour moi ! »
Hey Ron ! Ramène ce sceau ! appela Fred. Ca va, Hermione ?
Heu, oui… répondit-elle, hésitante.
Elle lâcha les bras de Ron et détourna le regard avant de lisser sa chemise dans un geste nerveux.
Mais je crois que je vais garder cette chemise, si ça ne te dérange pas.
Il sourit en secouant la tête et se tourna pour ramasser le sceau.
Je ne pensais pas que la voudrais.
« Oh que si je la veux, » pensa Hermione tout en appréciant les contours de ses pectoraux. « Et ça fait dix ans que j'attends. » Son regard descendit jusqu'à son postérieur rond et ferme. « Humm, le champagne m'affaiblit vraiment… »
Lorsque Ron fut revenu à ses côtés, elle lui demanda calmement :
Alors ? Ca veut dire que je peux l'avoir ?
Elle rougit lorsqu'elle se rendit compte que son regard n'avait pas bougé et était resté figé au niveau de ses hanches.
Quoi donc ? répondit-il malicieusement, bien conscient de ce qu'elle regardait.
« Elle n'a qu'à demander… et je ne pourrai rien lui refuser. »
La chemise, évidemment ! s'exclama Hermione dans un rire, qui n'avait d'autre but que de dissiper la tension. Arrête d'avoir des idées malsaines !
« Parce que sinon on sera deux ! »
Il haussa les épaules en riant. Son regard glissa alors le long de ses jambes avant de se figer de nouveau sur ses yeux.
Si c'est ce que tu veux…
Et Hermione laissa là la proposition de Ron : implicite et pourtant bien comprise. Flirter était normal pour eux, c'était même quelque chose d'habituel. Mais ils en arrivaient toujours à un point où l'un des deux arrêterait, pour éviter de passer à autre chose de moins amusant.
Ce fut alors une Hermione joyeuse qui l'aida à porter les sceaux vers les Jumeaux. Elle observa avec envie ses biceps lorsqu'il soulevait un des sceaux. Son dos bien dessiné et la courbure de ses épaules fortes lui donnaient envie de se trouver en dessous de son corps… pour le voir utiliser sa force pour tout autre chose.
Avec un petit sourire, Hermione se posa la question suivante :
« Et maintenant, comment je vais faire pour lui enlever son tee-shirt aussi… »
