Chapitre 2

Castiel Novak, professeur d'économie depuis trois ans au lycée de Harrington, s'installait pour prendre son déjeuner dans la cafétéria. Il avait demandé un rendez-vous formel dès le lendemain de la visite de l'entreprise, au directeur du lycée, pour pouvoir lui parler de l'offre de stage qu'on avait proposé à une poignée d'élèves. Le dit directeur, Balthazar Langlais, avait été surpris de cette demande étant donné qu'ils étaient devenus amis depuis l'arrivée du professeur et qu'ils parlaient de tout sans problème de hiérarchie. Castiel lui avait expliqué que c'était une offre vraiment incroyable et qu'il voulait tout faire dans les règles pour donner cette chance à ses élèves. Ils avaient donc passé un long moment à parler organisation et planning et le directeur avait donné son accord pour que le stage se déroule dès la fin des examens jusqu'à la fin du mois de juillet.

Assis à une table, seul et près des fenêtres donnant sur le parc, Castiel faisait le point sur les documents qui seraient utiles aux élèves pour constituer leur dossier de candidature. Pour cela il avait fait appel à madame Mills qui avait été heureuse d'apprendre cette nouvelle quand le président l'avait prévenue et elle lui donna toutes les informations dont il pourrait avoir besoin.

Anna était venue le rejoindre à table avant la reprise des cours, et ils avaient été retrouvés par le directeur une fois que la sonnerie avait retentie et que les derniers élèves avaient pris la direction des salles de classe. Celui-ci s'assit à côté d'Anna, face à Castiel, piocha une frite froide dans son assiette qu'il avait repoussé, fit la grimace en la goutant avant de l'avaler tout de même et de lui demander où il en était. En une matinée, ils avaient prévus les dates qui devraient être confirmées par l'entreprise, Castiel avait dressé la liste des pièces à fournir et il devait maintenant en parler à ses élèves.

- S'il faut un encadrant, je veux bien me dévouer, proposa Anna avec un grand sourire.

Balthazar sourit face à son enthousiasme et Castiel répondit sérieusement en la regardant.

- Non, ça ne devrait pas être utile. Il n'y aura que cinq étudiants que je prendrais en charge car ils sont dans ma classe.

- Tu n'es vraiment pas prêteur !

- Prêteur ?, lui demanda-t-il en fronçant les sourcils comme n'étant pas sûr d'avoir bien compris.

- C'est bon tu as passé une heure à discuter en tête à tête avec le directeur beau gosse et tu veux le garder pour toi.

Castiel soupira de consternation et baissa le regard sur les documents posés devant lui.

- Il a discuté pendant une heure ?, s'étonna Balthazar en sur-jouant la surprise en se tournant vers Anna.

- Oui, répondit Anna en hochant la tête exagérément et en écarquillant les yeux.

- C'est quoi cette idée ? Vous voyez bien que je parle, là.

- Oui parce que tu es avec nous. Arrête, tu parles même moins que Raphael. La seule chose c'est que toi tu ne fais pas flipper les élèves, ajoute-elle en riant. Admet que tu as un caractère plutôt taiseux, depuis un an que je suis là, je ne connais pratiquement rien de ta vie.

Castiel gardait la tête baissée, il n'était pas de nature à se confier et si c'était pour remuer le passé, il ne préférait pas. Il parlait de son travail, juste ce qu'il fallait, ni trop, ni trop peu. Il n'allait pas dire aux gens que ce qu'ils racontaient ne l'intéressait pas, entre les ragots et les potins de stars, qu'il ne connaissait pas d'ailleurs. Très peu pour lui.

Il avait Balthazar ça lui suffisait, il avait su le mettre en confiance pour qu'il lui parle à un moment où il en avait eu besoin, et il y avait Anna. Elle était plutôt vive et intelligente pas focalisée sur sa petite personne, mais il n'était pas du genre à étaler sa vie. Il savait que la plupart des gens ne l'approchait pas car il leur paraissait un peu trop bizarre dixit Balthazar qui savait toujours dire les choses avec tact. Ça lui allait, ça lui permettait d'éviter de les entendre parler pour ne rien dire.

Cette impression d'étrangeté était aussi accentuée par le fait que le lycée Harrington était un des mieux côté de la ville, que la plupart des élèves venaient de familles aisées et que les professeurs revêtaient tous des vêtements d'une certaine qualité. Balthazar portait ses costumes plutôt comme un déguisement qui devait coller au poste qu'il occupait mais son esprit était beaucoup moins borné que celui de la plupart des professeurs et des parents d'élèves.

Lui, avec son costume stricte, sa cravate nouée à la va-vite et son pardessus, paraissait négligé à côté d'eux. Mais il n'allait pas changer pour se faire accepter. Il avait été embauché pour ses capacités professorales et son niveau de compétence, c'est tout ce qui importait après tout. Anna non plus ne correspondait pas à ce cadre avec sa nature plutôt bohème, ce qui les avait surement rapprochés. Il avait été surpris au début quand elle était venue d'elle-même discuter avec lui, elle lui avait parlé de sa vie, de ses élèves, son parcours et il s'était fait à sa présence petit à petit. Elle avait bien essayé d'en apprendre plus sur lui et il lui avait parlé, un peu.

- Donc, reprit Balthazar pour changer de sujet de conversation, quand est-ce que tu sauras pour les dates ?

- J'ai un rendez-vous prévu la semaine prochaine avec le directeur.

- C'est le directeur qui s'occupe de ça ?, s'étonna son ami.

- Oui, il m'a dit qu'il voulait suivre le dossier car c'est lui qui a accordé la journée porte ouverte et qui a proposé l'idée du stage.

Balthazar souleva les sourcils, regarda en coin Anna et celle-ci hocha la tête.

- Oui, souffla-t-elle, il est vraiment beau gosse.


Dean Winchester assis à son bureau repassait le fil des événements de ces derniers jours. La société fonctionnait bien, son frère et lui se partageaient le travail ce qui leur permettait de souffler quand ils en avaient vraiment besoin. Il avait rencontré une avocate à un repas d'affaire, il y a quelques jours, qui n'avait pas arrêté de lui faire de l'œil et ils avaient passaient un bon moment. Mais tout ceci n'était que le remake d'un jour sans fin, travail, bon temps (qui se résumait à une partie de jambes en l'air avec une semi-inconnue) et retour au travail.

Jodie lui avait parlé, il y a quelques semaines de ça, d'une demande pour accueillir des élèves et cette note imprévue lui avait fait espérer un peu de nouveauté. Il avait accepté avec entrain surprenant Jodie qui allait argumenter pour lui faire accepter cette idée. Il avait besoin de nouveauté, d'avoir l'impression de changer d'air même s'il ne bougeait pas. Et il n'avait pas été déçu d'avoir accepté.

Cette journée avait été comme une parenthèse hors de son travail et de sa vie routinière. Il avait parlé de ce qu'il faisait et même si ça ne le passionnait pas, il savait qu'il était doué. Ça n'avait pas été comme son frère qui avait suivi naturellement les traces de son père mais il s'était plutôt bien débrouillé pour s'adapter et apprendre sur le tas. De plus avec sa facilité pour parler et charmer son auditoire, il pouvait faire passer sa lassitude pour une fatigue due à une motivation de tous les instants.

Cette journée avait aussi apporté son lot de nouvelles têtes, ce qui était plutôt plaisant vu qu'il passait son temps au travail avec toujours les mêmes personnes. Il aurait pu sortir pour draguer, faire le tour des bars mais il avait perdu cette habitude avec l'âge et il ressentait plutôt un ennui de se retrouver seul dans cette situation. Il n'avait pas vraiment d'amis, son petit frère passait tout son temps libre avec son petit-ami qu'il ne pouvait que modérément supporter. Heureusement qu'ils travaillaient ensemble, ils pouvaient se voir au bureau. Et il y avait Bobby qu'il pouvait passer voir quand il voulait, toujours présent depuis qu'il était gamin.

Il avait espéré que ces stagiaires le feraient sortir de sa routine, ce qui avait été une réussite et en prime il avait fait une rencontre intéressante qui était ce professeur. Ils avaient passé un moment ensemble et sa conversation était intéressante, maîtrisant son domaine d'enseignement et le monde de l'entreprise, ce qui était plutôt inattendu pour des professeurs plutôt habitués aux modèles économiques théoriques. Il était passionné par son travail et très impliqué auprès de ses élèves qui semblaient très attachés à lui. Il y avait longtemps qu'il n'avait pas rencontré quelqu'un d'aussi plaisant pour passer un moment et qui lui permettait de s'évader un peu de son quotidien. Il avait été heureux de lui avoir parlé d'une possibilité de stage, il aurait ainsi l'occasion de le revoir et passer du temps avec lui et discuter avec quelqu'un qui n'avait pas été formaté pour faire du fric ou qui cherchait à gravir les échelons pour atteindre le pouvoir. Dernier point qui le freinait pour avoir des relations amicales dans le cadre du travail. Il ne pouvait pas être lui-même avec les employés, il y avait toujours une petite voix dans sa tête qui le mettait en garde sur ce qu'on pourrait tirer de lui, son père avait sût bien le préparer à avoir confiance en l'espèce humaine.

Dean à son bureau repensait à leur première rencontre, il avait ressenti un étrange sentiment. Il avait réussi à la mettre mal à l'aise, chose quasiment impossible. Il avait ressenti ce malaise deux fois dans la même journée, pourtant quand ils s'étaient retrouvés à manger ensemble, le contact avait été plus neutre. Il avait été intrigué, c'est le mot, par cet homme, qui avait un regard ... dérangeant, et il s'était surpris à attendre leur prochaine entrevue avec impatience.

Il avait mis beaucoup d'espoir dans une possible relation amicale et il faisait reposait sur ses épaules une attente dont le professeur n'était pas conscient. Il voulait s'en faire un ami et autant les premiers jours il avait été de bonne humeur à cette idée, autant maintenant il se rendait compte qu'il devenait irritable à attendre de ses nouvelles. C'était nouveau ça, il devenait impatient et pour quelque chose sur laquelle il n'avait pas de prise. Il pestait mais ça n'arrangeait rien. Il organisa plusieurs réunions, il avait du travail et devait s'occuper l'esprit. Ce n'était tout de même pas à lui de relancer ce prof et même s'il invoquait une raison en lien avec le stage ça restait bancal, un directeur d'entreprise ne pouvait pas se sentir autant concerné par l'organisation d'un stage, ça aurait paru bizarre. Il fallut qu'il attende encore deux jours avant que sa secrétaire n'aborde le sujet un matin.

- Bonjour monsieur Winchester.

- Bonjour Gloria, des nouvelles ?, lui demanda-t-il en attrapant la liasse de courrier qui attendait sur le bureau et en passant en revue les expéditeurs.

- Oui, j'ai noté dans votre agenda le rendez-vous avec le professeur Novak.

Il marqua un arrêt. Enfin !, pensa-t-il. Ne voyant pas de réaction, elle précisa.

- Vous savez le professeur qui accompagnait les élèves en économie. Il devait vous recontacter pour des stages.

- Oui, oui, je me souviens. Quand lui avez-vous fixé un rendez-vous ? Dean tentait de garder un ton détaché.

- Vendredi, en début d'après-midi, en vérifiant sur l'agenda.

- Mon emploi du temps est si vide pour que vous ayez pu fixer le rendez-vous aussi vite ?

- Vous m'avez demandé de le fixer le plus tôt possible quand il appellerait, j'ai déplacé un autre de vos rendez-vous !, lui répondit-elle étonnée.

- Ah oui, oui, exact. Je vous remercie, que ferais-je sans vous ?

Il prit la direction de son bureau en accélérant le pas, un sourire satisfait commençait à poindre sur son visage. Il referma la porte de son bureau, jeta sa serviette en cuir sur son fauteuil, il allait pouvoir prendre un nouveau bol d'oxygène.

Le vendredi après-midi arriva. Les vice-présidents de Winchester Corporation avaient passé la matinée en réunion et l'état de Dean trahissait une impatience. Son frère cadet, Sam, dirigeait la réunion qui avait été organisée pour quelques actionnaires. Incapable de rester concentré sur la réunion, il s'était fait reprendre plusieurs fois par son frère, de façon plus ou moins discrète, preuve qu'il était totalement déconnecté de ce qui se disait autour de lui. Il savait, comme tout le monde, que ses capacités relationnelles était moindre que celles de son frère mais en contre partie, il savait diriger d'une main de maître. Ils étaient complémentaires. Ce n'était donc pas inhabituel que Dean ne soit pas concentré durant une réunion de travail mais à ce point-là, ça en devenait risible si son comportement ne retentissait pas sur le sérieux et la compétence de son frère.

A treize heures trente, assis dans son fauteuil moelleux et imposant, que tout président de société se devait d'avoir, il était au téléphone avec le directeur des ressources humaines, un œil sur la pendule. Treize heures quarante-cinq, il raccrochait, il rangea quelques documents, signa un parapheur déposé par sa secrétaire, en surveillant toujours l'aiguille qui ne semblait pas vouloir avancer.

Il se donnait l'impression d'avoir cinq ans et de vouloir se faire un nouvel ami. C'était pathétique franchement. Il chassa cette idée de son esprit avant de prendre conscience de tout ce que ça impliquait. Il faisait ça car c'était quelque chose d'important pour de futurs jeunes cadres qui entreraient dans le monde du travail. La sonnerie de son téléphone retenti.

- Monsieur Winchester, votre rendez-vous de quatorze heures est arrivé. La secrétaire l'entendit se racler la gorge.

- Je vous remercie Gloria, faites-le entrer.

- Entrez, lança-t-il d'une voix forte, quand on frappa à la porte.

Dean s'était rapproché de lui pour le saluer, en tentant d'analyser son regard. Est-ce qu'il allait lui faire le même effet que la dernière fois? Il ne se senti pas mal à l'aise, ni scruté, il en fut rassuré et déçu à la fois. Est-ce que ce petit quelque chose qui l'avait intrigué avait disparu?

Le professeur portait le même genre de costume qu'il avait la première fois qu'ils s'étaient vus. Ce qui l'étonnait c'était sa cravate à moitié dénouée qui pendait négligemment comme la première fois. Ils échangèrent une poignée de main.

- Professeur Novak.

- Merci de me recevoir monsieur Winchester, aussi rapidement !, ajouta-t-il dans un sourire.

- Je vous avais promis un stage pour vos élèves, je pense que pour leur organisation nous ne devons pas perdre de temps.

Il lui fit signe de s'assoir et il en fit de même. Dean déboutonna sa veste de costume et s'installa confortablement dans son fauteuil en détaillant le professeur. Il prit le temps de l'observer un moment, ses gestes tranquilles, son sourire discret et son regard qui devint plus intrusif. C'était peut-être une déformation professionnelle d'observer les gens comme ça, pensa-t-il. Il avait presque l'impression qu'il essayait de lire dans son âme et fut inquiet de ce qu'il pourrait percevoir. Ça devait être quelque chose de très pratique pour savoir les mauvais coups que ses élèves préparaient. Dean se redressa et s'accouda sur son bureau. Est-ce qu'il se doutait de ses pensées et de ses intentions?

- Je ne voudrai pas vous faire perdre le vôtre, je pourrai par exemple m'organiser avec madame Mills.

- Non, … je… c'est mon idée, je préfère la mener à bien. Et il n'allait pas manquer son occasion de bol d'air et de passer du temps avec lui. Vous avez pu trouver une dizaine d'élèves intéressées par le stage ?

- Oui, j'ai informé la classe de votre proposition et une quinzaine d'élèves trouvaient ça intéressant. Pour les autres, ils ne se destinent pas au travail en entreprise. Je vous ai apporté ces quinze dossiers pour que nous puissions en parler et choisir les dix qui passeront l'entretien.

Ils passèrent l'heure suivante à bloquer les dates de stage puis à comparer les dossiers des élèves, en examinant leur niveau scolaire et les études auxquelles ils se destinaient. Il fallait choisir des élèves qui auraient un avantage à faire ce stage pour leur future formation. Ils se mirent d'accord sur les dix qui allaient passer l'entretien et le professeur mis les dossiers de côté et retinrent une date pour la semaine suivante.

Comme promis, les élèves furent contactés pour passer leur entretien. Les rendez-vous se suivaient, de treize heures à dix-sept heures. Gloria avait contacté le professeur pour lui donner le planning des rendez-vous et les informations pour trouver la salle de réunion.

Le jour dit, Castiel arriva un quart d'heure en avance. Il se présenta à l'accueil, on lui remit un badge visiteur et il monta au douzième étage. Son esprit était focalisé sur ses élèves. Après cinq minutes de recherche, il trouva la salle de réunion, elle était petite, une table ronde pour une dizaine de personnes, quelques cadres décoratifs, avec pour thème la nature, suspendus et des murs crème. Il entra et déposa son sac sur une chaise quand on toqua à la porte, il se retourna pour voir madame Mills qui lui souriait.

- Professeur, je suis ravie de vous revoir.

- Moi aussi madame Mills. Castiel s'approcha pour lui serrer la main, il était heureux de la revoir, elle avait était tellement accueillante lors de la visite.

- Je suis heureuse de cette belle opportunité qui est donné à vos élèves. Et aujourd'hui vous faites passer les entretiens ?

- Oui, monsieur Winchester m'a demandé de les faire passer avec lui pour que les élèves soient moins impressionnés.

- Oui, bien sûr, lui dit-elle en souriant.

Dean Winchester arriva d'un pas rapide, accompagné d'une jeune femme brune.

- Jodie, comment allez-vous, en déposant une bise sur sa joue.

- Bien, merci et vous monsieur ?

- Un après-midi qui change de l'ordinaire, que demander de plus. Il se rapprocha du professeur pour lui serrer la main.

- Professeur voici Jane, c'est une des assistantes de madame Mills, elle introduira les étudiants cet après-midi. Il la salua d'un signe de tête. Je pense qu'on pourrait les laisser se présenter, qu'ils nous expliquent leur motivation et on leur posera des questions pour compléter l'entretien.

- Oui, très bien.

La responsable communication les laissa travailler et ils prirent place en bout de table face à la porte d'entrée, côte à côte. Et le président demanda à Jane de faire entrer le premier rendez-vous. La première étudiante à entrer dans le bureau était terrifiée, on aurait presque pu entendre ses genoux s'entrechoquer. Ils la saluèrent et Dean l'invita à s'assoir.

- Mademoiselle Harvelle, en lisant le nom de l'étudiantes dans le dossier ouvert devant lui, pour cet entretien dans le but de réaliser un stage dans notre société, j'aimerai que vous vous présentiez dans un premier temps et que vous nous expliquiez votre motivation à passer deux mois en notre compagnie.

La jeune fille se présenta, détailla son cursus et les études qu'elle voulait entreprendre. Puis elle expliqua que ce stage était une opportunité rare. Elle avait déjà fait des stages en entreprise mais pas dans une aussi bien cotée. Ça servirait son dossier pour son cursus universitaire, elle serait aussi dévouée durant son stage et ils ne pourraient qu'être satisfaits de sa capacité de travail. Sa voix tremblante et son discours hésitant au début, s'était raffermi pour terminer sur une note énergique. A la fin de son discours, le président repris la parole pour lui poser quelques questions, puis la libéra.

Les entretiens s'enchainèrent, le troisième à passer fut un étudiant du nom de Garth Fitzgerald. Son physique incongru, chétif et une gentillesse débordante. Dernier point qui, pour Dean Winchester, était un défaut dans le monde de l'entreprise. Le jeune homme se présenta et expliqua sa motivation, il n'avait pas pu faire de stage et il voulait en apprendre le plus possible si on lui donnait la chance de passer deux mois dans cette société. Le président rebondi sur le fait qu'il n'avait pas fait de stage et l'étudiant lui expliqua que les stages qu'il avait pu trouver, il avait laissé sa place à d'autres élèves qui en avait besoin plus que lui. Il en resta bouche bée et lui expliqua que s'il voulait travailler, il devait se montrer plus offensif et se servir en premier. L'étudiant acquiesça avec un sourire doux, Dean décida sur l'instant qu'il devait le prendre en stage, il devait découvrir le monde impitoyable du travail avant de se lancer dans ses études universitaires.

Ils arrivèrent au dernier rendez-vous de la journée, Gordon Walker se présenta comme les autres élèves, s'en suivi des questions et une discussion sur le sujet d'un travail qu'il avait réalisé. Le président et son professeur le raccompagnèrent à la porte une fois l'entretien terminé. Castiel reçu un coup de fil, s'excusa, il devait répondre et les laissa seuls sur le seuil de la porte. L'étudiant insista de nouveau sur le fait qu'ils devaient absolument le prendre en stage et qu'ils pourraient leur apporter beaucoup de choses.

Le président hocha la tête lui fit un sourire courtois et le libéra, il ne le sentait pas, une mauvaise première impression qui persistait. Il s'installa à la table de réunion, ses notes sous les yeux et commença à dresser une liste de cinq noms en attendant le professeur. Celui-ci le rejoignit et ils confrontèrent leur liste, ils étaient d'accord sur la plupart des étudiants. Dean insista pour que Garth Fitzgerald soit absolument choisi, il devait faire ce stage, c'était une question de vie ou de mort. Le professeur le regarda avec un air interrogateur, Dean lui expliqua qu'il paraissait beaucoup trop gentil et qu'il devrait connaitre le monde du travail et ce qui l'attendait pour la suite. De son côté, Castiel pensait que Gordon Walker, fils à papa qui pensait que tout lui était acquis, avait besoin de faire ce stage et que ça pourrait lui ouvrir les yeux sur ses capacités et peut être, limiter ses ardeurs démesurées. Ils tombèrent finalement d'accord après une longue discussion et les cinq étudiants furent choisis: Johanna Harvelle, Garth Fitzgerald, Gordon Walker, Harry Spangler et Ed Zeddmore. Quand ce fut fait, Dean s'étira sur sa chaise en allongeant les jambes et Castiel se leva. Celui-ci rangea ses affaires et ouvrit la bouche pour le remercier et pour partir quand Dean l'interrompit.

- On pourrait prendre un verre, peut-être, lança le président. Pour fêter ça, ajouta-t-il. Il grimaça intérieurement, c'était vraiment navrant comme raison mais il avait envie de prolonger cet après-midi.

Dean resta à le regarder, c'était une activité tout à fait anodine pour se faire des amis mais il lui semblait qu'il avait perdu cette facilité. Il le vit réfléchir un instant.

- Oui, pourquoi pas. Ça sera avec plaisir, en hochant la tête.

Dean sentit son humeur s'alléger, il allait pouvoir discuter encore un moment, il l'invita à l'accompagner jusqu'à son bureau pour passer récupérer ses affaires.


Merci d'avoir lu et pour vos reviews sur le premier chapitre. Je vous embrasse.