Hello! Je viens juste de terminer ma fic :"La fille du Capitole"!

J'en profite donc pour reprendre cette fic -ci! :D Je vais pouvoir m'y consacrer avec plaisir! C'est tellement excitant de retenter l'expérience mais avec un personnage aussi passionnant que Johanna!

Je reposte le chapitre un parce que je l'ai légèrement modifié et que j'ai ajouté un nouvel élément! Et puis ça vous permet de prendre la fic tranquillou :)

Merci à ceux qui me review et me suivent, ça fait vraiment énormément plaisir ;D


-Jooohanna Masonnnn.

La voix aigüe me donne des frissons. Si je pouvais lui fermer le clapet à l'autre pie dans son costume orange citrouille, je ne me gênerais pas. Et je prendrais même un malin plaisir à lui arracher de la tête cette touffe immonde jaune fluo. Je garde les yeux baissés comme si je n'avais rien entendu, et pourtant, d'ici, je vois très bien les pieds en ballerine s'éloigner de moi, suivit de soupirs de soulagement. Comme si j'avais la peste, comme si, on ne sait jamais, les pacificateurs allaient les prendre elles au lieu de moi. Aucun risque. Alors, c'était quoi le plan ? Prendre mes jambes à mon cou ? Inutile. Me battre contre les pacificateurs, histoire que soit : ils me tuent, soit j'impressionne tout le monde? Inconsciemment j'ai dû penser à cette question pas mal de fois car la réponse est évidente : il n'est jamais bon de se faire remarquer dans un district aussi peu victorieux que le Sept. C'était pas difficile à remarquer, de toute façon, c'était devenu une légende : Aucune fille n'avait gagné les Jeux dans le District Sept. Si encore j'étais du Onze, qui avait pas mal de victoires, j'aurais pu me permettre de rouler des muscles. Je n'étais pas du Onze. Si bien qu'il n'y avait aucune gagnante dans mon district et c'était donc l'une des principales raisons pour laquelle je n'aurais aucune crédibilité. Alors le plus ingénieux serait d'être le plus discret possible. Pour ça, il n'y a pas grand-chose à faire : baisser la tête, avoir une expression malheureuse et on passait pour une gamine plutôt que pour une combattante qui va risquer sa vie dans une arène mortuaire. Mais ce n'était pas encore assez. Non, il fallait que je me fasse remarquer des carrières, mais de la façon la plus ridicule et minable possible.

Je commence à créer de soubresauts dans mon ventre, je sens un lent frisson parcourir tout mon torse et des larmes se mettent à couler sur mes joues. C'est à ce moment que j'entends une nouvelle fois mon nom et que je fais mine de sursauter de peur. C'est une seconde plus tard que l'on me soulève du sol sans aucun ménagement. Je me débats un moment, protestant d'une manière désespérée, faisant mine d'être le plus effrayé possible mais finit par rester immobile dans les grands bras. Quand j'arrive sur l'estrade, je tremble, si bien que Renac, la citrouille obèse à la moustache tout aussi jaune que sa touffe, s'exclame d'une voie insupportable :

-Ohhh ma chériiiiieee.

Il gémit avec une impression d'infinie compassion, posant une main sur son cœur et l'autre son mon épaule. J'ai la plus grande peine à ne pas lui jeter un regard meurtrier. Cependant je hoquète et fais semblant de cesser de pleurer. Heureusement, ça marche, puisqu'il retire sa main d'un air désolé pour s'approcher de la boule de cristal des garçons. J'étais certaine que si je lui plaçais un coup de pied où il fallait, il se mettrait à rouler par terre comme un bon ballon bien gonflé ! Evidemment, même si l'idée était bonne, je ne pouvais rien y faire, et je m'en mordais la lèvre inférieure. Je crois surtout que j'avais du mal à réaliser que je venais d'être sélectionnée pour les Jeux. A l'intérieur, au plus profond de moi, j'étais d'un calme qui m'étonnait moi-même. Je n'avais pas peur, je n'étais pas excité, je n'étais pas désespérée mais je n'étais pas pressée. A vrai dire, à la seconde où j'avais entendu mon prénom, j'avais tout de suite agit comme j'avais toujours prévu de le faire, au long des nuits interminables qui précédaient chaque moisson. Cinq nuits avaient suffi à élaborer un plan unique dans les Jeux. Une poignée de seconde avait suffi à l'exécuter. Ça devait être une réussite. Je n'avais pas le choix. C'était ma seule chance de survie.

Mais quand je redresse mes yeux embués vers la foule, c'est pour rencontrer les regards surpris de quelques ados de ma classe, ou de mon école. Personne ne m'avait jamais vu pleurer je crois. Soit parce qu'ils ont pitié –et ils peuvent se la mettre où je pense, leur pitié, je n'en ai pas besoin-, en s'imaginant que je suis terrifiée, soit ils sont étonnés, parce que je n'ai jamais montré d'attitude de faiblesse auparavant. Dans les deux cas, tant mieux, ça fera croire que j'étais bien aimé et que c'est un véritable crève-cœur de me voir aller dans l'arène. Parce que je n'avais pas mon âge de mon côté. J'avais déjà seize ans. Généralement, les gens sont attendris pour les plus jeunes, que le sort n'a pas pris en sa faveur, comme ils disent, ces imbéciles du Capitole ! Alors, même si j'étais plutôt fluette, pas bien impressionnante, et pas d'une beauté saisissante, j'avais le gros handicape de mon âge. La stratégie des filles du Sept avait toujours été de se montrer digne à notre District. C'est vrai. Mais ça ne les avait pas fait gagner, à ces pauvres filles. Alors que moi, une ado qui aurait dû se montrer forte pour son âge, j'avais des chances avec la stratégie de me rendre ridicule et misérable. Quelque part, j'avais un peu honte. J'aimais mon District du plus profond de mon cœur, et je n'aimais pas voir la pitié ou le dégout dans les yeux de ses habitants. Mais après tout, du moment que je pouvais expliquer à ma famille que tout irait bien, je m'en fichais pas mal.

Parce qu'en vrai, je ne suis pas des plus tendres. Pas une brute, mais mes parents m'ont appris à me faire respecter. Heureusement, ma robe cache bien mes bras et mes pectoraux fins. Rien n'annonce, en moi, que je sais manier les haches comme personne dans le district. Mon père ne m'a pas seulement appris à couper le bois depuis petite, il a aussi pris la liberté de m'entrainer à lancer la hache. Au moins, je sais faire ça. Et je me défends très bien en lutte. Sans l'apprentissage de mon père et le soutien permanent de ma mère, je n'aurais jamais envisagé de gagner. J'aurais fait comme les autres filles. J'aurais au moins gardé ma dignité jusque ma mort. Tout ça ne veut pas dire que je survivrai, mais je pourrais au moins en crever quelqu'un, des carrières, qui ont massacrés autant d'autres tributs sans le moindre scrupule. Je n'en aurais pas non plus.

Enfin, la grosse dinde sort ses doigts boudinés du bocal –je pourrais parier qu'il a failli se coincer la main- et s'exclame avec fantaisie :

-Jaack Palerineeee.

Il scande le nom fièrement, scrutant la foule des garçons, en secouant le bras avec le papier chiffonné. Je suffoque de nouveau, la gorge enrouée, comme si le spectacle de ce jeune homme de dix-sept voir dix-huit ans, m'effrayait encore plus. Vivement que l'on me donne déjà pour morte. Mes larmes coulent sans interruption et j'ai de plus en plus de mal à les créer. Pour ça, je vais chercher de la force dans les yeux dévastés de mes parents, étreint au loin, et dans ceux que j'essaie d'éviter au maximum : Noctua et Messor, mes deux frère et sœur : sept ans. J'espère qu'ils ne croient pas un instant que mes larmes sont sincères.

Le garçon monte sur l'estrade en roulant un peu des muscles mais sans en faire trop. Il devrait. Sa carrure est impressionnante, comme beaucoup de jeunes bucherons du District –je devine donc que s'en est un-. Couper du bois à longueur de journée, ça aide à avoir une carrure impressionnante. Je n'ai pas pitié pour autant, parce qu'il doit penser dans sa petite caboche qu'il est plutôt bien tombé avec moi, que je suis une vraie pleurnicheuse –et je ne l'ai jamais vu de ma vie, il ne me connait pas, tant mieux-. Je lui jette un regard malheureux. Les soixante-huitième Hunger Games. J'ai seize ans. Je ferais tout pour rentrer chez moi, dans le District Sept, ma maison. Tout.

Alors le public nous applaudit, et au choix, j'aimerais bien cracher sur certains d'entre eux qui doivent intérieurement rire de joie. Riez. Je reviendrais.

Mais j'avoue avoir pensé échapper aux Jeux. Plus que deux ans et j'étais tranquille jusqu'à ce que mon frère et ma sœur atteignent la "majorité". J'ai vraiment cru y échapper. J'essuie mes larmes discrètement alors que nous entrons dans l'hôtel de Justice du Sept, encerclé par une forêt dense. Tout le district est composé d'une forêt où s'éparpillent des maisons en bois. Des sapins se dressent fièrement durant l'hiver. C'est ce qui me manquera le plus, je suppose, l'odeur des sapins, la vue de notre petite maison en bois, couper les troncs sous des éclats de rires avec mes parents. Conventionnellement, les femmes ne coupent pas le bois, elles ne sont pas assez productives. Mais ma mère ne s'est pas gênée pour faire comme elle le voulait : « C'est bien la seule liberté qu'il me reste, je fais comme je veux ! ». Voilà d'où je tire mon caractère insupportable, selon nos voisins. Ça me fait même bien rire. Ma mère a toujours été un modèle. Je parie que si elle avait été dans les Jeux, elle les aurait gagnés. Et cela achève de me convaincre que je peux parfaitement le faire.

Quand j'arrive dans la salle immense, c'est pour faire face à un canapé en cuir qui nourrirait parfaitement ma famille, une fois vendu, pendant au moins plusieurs mois, et permettrait de nous acheter des chaussures. Nous étions pauvres, comme la plupart des gens du Sept et de plusieurs autres districts, mais nous nous débrouillions plutôt bien. Nous mangions souvent convenablement. Je connais l'écorce de tous les arbres qui jonchent la forêt et toutes leurs propriétés. Je reconnais ce qui est comestible de ce qui ne l'est pas, surtout pour ce qui est des baies. Petites, quand nous étions prêts à aller à l'école toutes seules –Triana et moi, vu que je devais l'accompagner-, nos parents nous avaient rappelés toutes les baies que nous ne devions pas toucher. Bien sûr, la règle était de n'en manger aucune, mais comme tout enfant, nous nous arrêtions toujours pour les cueillir quand nous en trouvions. Pour ce qui est des fruits, ou même des légumes, c'est autre chose. Je n'ai vu pousser que rares d'entre eux dans les jardins communs. Les autres viennent des marchés dans la ville. Je serais bien incapable d'en trouver. Quant à la chasse, je n'y pense même pas. Je n'ai jamais tué d'animaux, et ceux que nous avons eu la chance de manger ont étés achetés à la ville également. Notre seule crainte, dans le District, était de rencontrer un loup. Mes parents m'ont racontés qu'une fois, ils s'étaient retrouvés en face de l'un d'entre eux et qu'ils avaient dû grimper à un arbre pour échapper à la meute qui avait débarqué. Les pacificateurs étaient arrivés d'un tour de garde et les avaient tués.

Quoiqu'il en soit, même si je ne savais pas chasser, ni même reconnaître certains légumes, je savais comment survivre avec peu de moyens. Et je savais évidemment faire du feu (il n'y avait pas d'électricité dans le District). Je savais aussi où chercher de l'eau. Je ne mourrais pas de soif ou de faim dans les Jeux et c'est à se demander pourquoi AUCUNE fille n'a jamais gagné les Jeux en provenance de ce district !

Je me retrouve seule dans la salle, commençant à m'impatienter, lorsque la porte s'ouvre sur ma famille. J'ai cessé de pleurer, mes yeux sont comme des gros cailloux, mais je m'en fiche. Noctua et Messor me sautent dessus. Je les enlace fortement et ferme les yeux, savourant la chaleur de leurs petits corps.

-Pourquoi tu pleures ?

Messor murmure alors que Noctua le frappe au ventre pour le faire taire. Noctua a toujours été très perspicace et compréhensive, même à son âge.

-C'était la mouche qui rend gaga, je crois bien.

Il me fixe avec des yeux horrifiés. C'était une histoire qu'on nous racontait dans le district et qui était vieille comme le monde. L'histoire du moustique qui rend fou. Pas vraiment une histoire, apparemment, parce c'était une modification génétique qui rendait vraiment fou pendant les jours sombres. On en avait fait une histoire pour que les enfants ne se promènent pas seuls dans la forêt la nuit. Mais t'inquiètes pas, va, pleurer les éloigne, je dis comme en lui révélant un grand secret. Il semble éblouie, et ça me serre le cœur.

-C'est vrai ?

-Bien sur ! Regarde comment j'ai pleuré, et pas une seule piqure !

Et je lui montre mes yeux gonflés.

-Et je ne suis pas follllleee !

Je l'attrape par la taille et le fait tourner en l'air alors qu'il rit aux éclats.

Je veux amener ce rire partout avec moi. Les sourires de ma famille sont les choses plus précieuses dans mon monde. Si je les perdais… si je mourrais… Je ne sais pas comment je ferais sans eux. Je préfère mille fois mourir plutôt que de les voir souffrir. Je les aime tellement. Avec eux, ma carapace de fille froide et distante tombe en lambeau. Elle s'effondre sans retenue et je deviens quelqu'un de tendre et attentionné que personne n'aurait soupçonné. J'arrive même à jouer avec eux sans complexe, il y a bien assez de haine et de malheurs dans ce monde pour que j'y ajoute la mienne dans le leur. Ils seront épargnés, pas les autres tributs.

Noctua s'approche alors de moi et me murmure d'un air tout à fait sérieux :

-Fais attention à toi.

Elle me ressemble beaucoup, avec ses grands yeux marron et son sérieux infini.

-Ne tente rien de dangereux surtout. Tiens.

Elle me tend un bracelet en vielle ferrailles. Elle a dû le faire elle-même, vu que c'est dur de trouver cette matière dans la région.

-Regarde, j'ai fait un ours.

-C'est magnifique Noctua.

Et je peine à retenir mes larmes.

-Surveilles bien ton frère et continues de t'entrainer d'accord ?

Ma sœur me disait toujours qu'elle n'avait jamais peur avec moi dans la forêt, parce que j'étais comme un ours, je repoussais les autres prédateurs et j'étais toujours seule. C'était une vision bien élogieuse, je le sais, mais c'est dire justement l'émerveillement qu'elle éprouvait pour moi.

Je lui souris et l'embrasse sur le front avec tendresse.

Je me redresse alors pour enlacer mes parents avec force. Leur étreinte est aussi forte que le désespoir que je lis dans leurs yeux. Je tente de les rassurer, même si je sais qu'ils tentent de se montrer forts. Ils pourraient s'effondrer d'une minute à l'autre. Je leur explique ce que je compte faire et ils me regardent enfin avec un peu d'espoir. Je leur affirme que je compte ruser, passer pour une des plus faibles pour qu'on ne me craigne pas. Je m'échapperais le plus loin possible de la corne d'abondance, prenant juste un sac et un couteau, si je le peux. Tant pis pour la hache, je miserais le tout sur la chance de ce côté-ci. Je survivrais cachée le temps que les carrières fassent leur boulot, et enfin, quand il ne restera plus qu'eux, j'apparaîtrais. Et là, là, je me battrais. Je n'aurais aucun scrupule à les tuer. Pourquoi en aurais-je ? Ce seront des assassins ! J'en deviendrais une. Tant pis. Le plus important était de retrouver ma famille et mon district. Pour eux, je serais capable de tuer sans hésitation. J'en suis convaincue. Je n'ai pas de pitié pour les gens du Capitole, et ceux qui les soutiennent, ni même ceux qui se mettent au travers de mon chemin.

Quand ils doivent me quitter, j'ai le droit à une étreinte de chacun d'eux. Enfin, je leur tourne le dos quand ils sortent. S'ils ont fait l'effort de ne pas craquer, je ne peux résister une seconde de plus pour sentir un pincement intense au cœur. Je respire profondément. Je vais dans les Jeux, je le réalise, et je comprends nettement que je ne les reverrais peut-être jamais. Mais je me passe les mains sur le visage afin d'accueillir les prochains arrivants qui seront moins facile à gérer.

Bien sûr, j'ai une petite idée de la prochaine visite que je vais recevoir. Je ne suis donc pas du tout surprise de voir débarquer en éclat de drame Mme Tradel et sa fille, Triana. S'il faut savoir une chose sur la famille Tradel, c'est que le sort n'a jamais été en leur faveur. Officiellement, le père a quitté sa femme alors que leur fille avait cinq ans. Il a été pris d'un élan de folie et a cru qu'il pourrait dépasser la limite du sentier, à la frontière du district, sans se faire apercevoir dans nos grandes forêts. C'était prendre les pacificateurs pour des idiots, puisqu'il s'est fait attraper en faisant du feu. Mais les rumeurs sont plus libérés quant à la nature de sa mort : d'après une grande partie des bucherons et de leurs femmes, c'est à cause de Triana qu'il s'est suicidé. Je me souviens même que petite, les enfants l'avaient charriée assez violemment et qu'elle avait gardé cette tête innocente et cette expression d'incompréhension qui la caractérisait. Elle ne comprenait même pas que son père était mort. C'était surement mieux ainsi, parce qu'on avait beau éviter d'en parler à la maison, mais il semblait que la version des bucherons était la bonne. Triana n'était pas comme les autres enfants. Le père n'avait pas supporté l'humiliation et n'avait pas assumé d'avoir pu participer à la création de ce que les enfants appellent « un monstre ». Non pas que je défende sa cause ! Si j'avais pu éviter de devenir sa protectrice officielle, je m'en serais vraiment passé ! Chacun ses problèmes. Si elle était traité de monstre, elle ne semblait pas touchée par les remarques pour autant, alors pourquoi prendre sa défense ? Et puis je n'étais pas le genre à protéger la veuve et l'orphelin. Si Triana n'était pas une personne horrible, en revanche, elle les attirait comme la peste. Et moi, mieux je les évitais, mieux je me portais. Sauf que je devais me rendre à l'école avec Triana. La colle, merci.

Triana et sa mère avait donc vécue seules et difficilement, et elles étaient des amies proches de la famille. C'était donc une banalité de les voir dans l'encadrement de cette porte. Elles s'approchèrent rapidement et m'enlacèrent à force de pleurs et de plaintes. J'en avais mal aux oreilles à la fin ! J'avais bien envie de leur dire que c'était une comédie, mais, déjà, elles ne m'auraient pas cru, et ensuite, je craignais que l'une comme l'autre ne soit pas assez fufute pour saisir le stratagème. Pour elles, les Jeux étaient abominables, et elles ne pouvaient concevoir que j'étais déjà en train de planifier de les gagner. Elles avaient étés habituées à ne voir aucune femme rentrer des Jeux dans le Sept. C'était particulièrement chiant de les voir gémir ma mort prochaine alors que je tentais de la repousser très loin de mon esprit. Surtout que Triana était en train de m'étouffer et de m'agiter comme si j'étais une vieille poupée en chiffon ! Sérieusement, j'avais pas envie de mourir étouffée par une débile mentale ! Je la repoussais sans trop de ménagement, agacée et elle finit par me lâcher pour essuyer ses larmes. Je levais les yeux au ciel alors que sa mère lui donnait un mouchoir en tissus.

-Tu ne mérites pas ça, le sort n'est véritablement pas en ta faveur.

« Il n'est pas en ta faveur non plus », j'ai envie de répondre. C'est difficile de croire que certaines personnes dans les districts n'ont absolument aucune conscience des enjeux politiques des Jeux. Et je peux assurer que la famille Tradel est complètement endoctrinée par le message du Capitole.

-Ne pleure plus ma chérie, tu vas devoir être forte. Triana et moi, nous allons t'accompagner spirituellement jusqu'à l'étape décisive de ta vie. Ne laisse pas l'âme noire ensevelir ton cœur. La mort n'est qu'une étape dans le chemin de ton âme.

Alors là, je suis désolée, mais est-ce que je dois préciser que je suis tout de suite plus soulagée ? C'est sur qu'avec des arguments comme ça, j'ai tellement envie de gagner… Je souris doucement aux deux femmes. Certes, je ne conçois pas un millième de seconde de suivre un de leur conseil, mais je les respecte. Pour mes parents, mais aussi parce que je les connais depuis que je suis née. Quelque part, je sais que je me plains de leurs conseils pleins de pitié et de gentillesse, je sais que je vais souffrir de leur éloignement comme pour mes parents. Elles sont ma famille aussi. Elles sortent après m'avoir touché le visage plusieurs fois (c'est encore un de ces trucs spirituel bizarre) et je ressens un peu de pitié à savoir que Triana devra affronter seule les moqueries et la violence des ados de notre école. Mais ce n'était pas le moment d'avoir pitié. C'était le moment de baisser la tête et de me frotter les yeux pour les rendre bien rouge. Un pacificateur m'indique de le suivre et je me dirige faiblement vers la porte de sortie de la Mairie. Les portes s'ouvrent soudainement en grand. Je baisse les yeux vers le sol, je me pince à en pleurer et mes yeux rougis éclatent au grand jour. Des larmes strient mon visage, mes cheveux courts sont balayés par le vent et je laisse Panem tout entier découvrir mon visage désespéré. Une mauviette. Mon plan était enclenché, il ne me restait plus qu'à faire en sorte qu'il fonctionne.


Voilà! Je suis en train d'écrire le deuxième chapitre! J'aurais besoin de votre avis, cependant quant à mon type d'écriture! Je compte mélanger différents moments de la vie de Johanna, mais en mettant des connecteurs logiques. Je le ferais pour le chapitre deux et ainsi vous pourrez me dire ce que vous en pensez! (okkk, j'admets que cela comprend une discussion avec un personnage que vous aimez beaucoup :D)

Tchus! :D