CHAPITRE 2

Le réveil sonna dans la chambre de Stiles. Il était 7h du matin et l'adolescent devait se préparer pour aller en cours, mais la fatigue et le manque de motivation l'emportant encore une fois, il éteignit son portable et au lieu de se lever, il préféra enfoncer son visage dans son oreiller pour retourner dans les bras de Morphée quelques minutes de plus.

Ce n'est qu'une demi-heure plus tard que son père vint frapper à sa porte voyant qu'il ne descendait pas et qu'il allait être en retard. Il ouvrit la porte, ne recevant aucune réponse.

-Stiles lève toi tu vas être en retard.

Le jeune homme grogna quelque chose que le shérif ne compris pas alors il décida de passer aux choses plus directes et ouvrit les volets de la chambre du dormeur. Ce qui lui fit crier quelque chose d'encore plus incompréhensible.

-Allez Stiles lève toi, lui dit-il en lui tapotant l'épaule.

Son père sorti de la chambre et Stiles soupira, puis fit preuve de la plus grande volonté du monde pour se lever et sortir de son lit. Il ne regarda pas la fenêtre. Le soleil se levait sur Beacon Hills, malheureusement lui ne voyait pas les teintes d'orange et de gris qui parsemaient le ciel, il ne voyait que des nuances de gris.

Il soupira une nouvelle fois.

Bon allez Stiles bouge toi il ne faut pas que t'arrive encore une fois en retard se dit-il à lui même

Il alla dans la salle de bain prendre une très rapide douche et s'habilla d'un vieux jean et d'une chemise à carreaux de couleur bleu qu'il affectionnait, bien qu'il ne sache pas qu'elle était bleu. D'ailleurs acheter des vêtements lorsque l'on était dans l'incapacité de voir les couleurs était un problème dont Stiles et beaucoup d'autres gens se seraient bien passé.

Il dévala les escaliers en s'approcha de la cuisine dans laquelle son père, habillé de son habit de shérif, se trouvait.

-T'as finalement réussi à te lever ! Tu devrais essayer de te coucher moins tard les réveils seraient plus faciles tu ne penses pas ? Demanda son père, assis en train de boire un café.

-Oui, sûrement, répondit l'adolescent en attrapant son sac de cours et ses clefs.

Il ne parla pas plus longtemps à son père et quitta la maison en vitesse car il ne pouvait se permettre d'être plus en retard qu'il ne l'était déjà. Il monta dans sa Jeep et démarra.

Une dizaine de minutes plus tard il arriva devant les grilles du lycée de Beacon Hills. Il se gara dans le parking où se trouvaient déjà beaucoup de voitures, de vélos et de motos. Il remarqua que celle de Scott était placée non loin de là.

Pour une fois, Scott n'est pas en retard.

Il ferma sa Jeep à clé et couru en classe. Il commençait, comme tout les lundis matins par un cours de mathématique, donc la salle se trouvait dans le bâtiment le plus éloigné de la porte d'entrée. Lorsqu'il arriva devant la porte de sa salle de classe il fut soulager de voir qu'elle n'était pas fermée, le cours n'avait pas encore commencé. Il alla s'asseoir à sa place, à côté de Scott.

-Encore en retard ? T'es pire que moi, lança Scott avec un sourire, ce qui fit rire Allison derrière lui.

-J'ai pas réussi à me lever.

Ils ne purent continuer la conversation car le professeur de mathématique arriva. Le cours se déroula normalement, Stiles n'écoutait qu'une phrase sur deux et passait le plus clair de son temps à regarder par la fenêtre. Les maths n'avaient jamais été son fort. Il y arrivait, certes, mais il trouvait qu'il y avait des choses plus intéressantes à apprendre que des formules compliqués et des théorèmes qu'il n'utiliserait sûrement plus après ses études. Le professeur le réprimanda plusieurs fois à cause de son inattention et tenta de se concentrer un peu.

Lorsque la sonnerie retentit, Scott, Allison et lui se dirigèrent vers le prochain cours.

Stiles trouvait le lycée ennuyeux, il avait l'impression d'y perdre son temps. Devoir rester assis sur une chaise, à écouter un cours dont il ne voyait pas l'intérêt pendant des heures était un calvaire pour l'hyperactif qu'il était. Alors il comblait son ennuie en cours en parlant à Scott, en dessinant, en observant l'extérieur terne qu'il voyait de la fenêtre. Du coup il se faisait souvent coller, ce qui énervait son père.

La matinée passa relativement vite. Le temps de midi, lui et ses amis allèrent s'installer au réfectoire pour manger. Stiles s'installa à côté de Scott qui était lui même assis près d'Allison. En face se trouvaient Lydia et Jackson, et également d'autres membres de l'équipe de Lacrosse qu'il connaissait vaguement.

Stiles n'écoutait pas vraiment les conversations qu'avaient ses camarades, il entendait certains termes comme « fête » « match » « devoirs » mais préférait se concentrer sur la nourriture que lui avait servit la cantinière. Il mourrait de faim mais ce qui se trouvait dans son plateau ne lui semblait pas réellement appétissant.

-Donc Stiles t'en penses quoi ? Demanda Lydia, ce qui surpris Stiles.

-Pardon ?

La rousse soupira et leva les yeux au ciel

-Tu pourrais écouter un peu ce que l'on dit...soupira-t-elle

-Désolé. Donc vous parliez de quoi ?

Il releva la tête et s'intéressa à la conversation. Jackson prit la parole.

-Lydia veut nous inviter tous chez elle ce soir après les cours pour réviser pour le test de jeudi. Il y aura nous deux, dit-il en désignant lui et Lydia, les deux amoureux, Danny et d'autres membres de l'équipe.

Stiles comprit évidemment qu'ils n'allaient pas réellement réviser pour le test, c'était simplement une excuse pour inviter ses amis à faire une soirée. Lydia adorait organiser ce genre de chose, elle était celle qui organisait les plus belles fêtes de la ville et tout le monde le savait. Le jeune homme ne voyait pas d'inconvénient à y aller, même si le lendemain il y avait cours. Le seul problème était qu'il avait peur de se retrouver seul. Scott avait Allison, Lydia était avec Jackson, il restait bien Danny mais ils ne s'entendaient pas à merveille, comme avec les autres membres de l'équipe de Lacrosse d'ailleurs.

Il lança un petit sourire à ses amis qui attendaient sa réponse.

-Oui c'est bon je viendrai, de toute façon sans moi vous vous ennuieriez.

Cette fois ce fut Jackson qui leva les yeux au ciel. Lui et Stiles n'étaient pas ce qu'on l'on pourrait appeler des amis, ils se lançaient des pics sans cesses, se parlaient avec sarcasme, et se querellaient souvent. Jackson n'appréciait plus Stiles depuis le jour où il avait apprit qu'il était en quelque sorte amoureux de Lydia. Bien sûr, aujourd'hui, ce n'était plus le cas, mais ils ne s'entendaient toujours pas.

Le repas se termina et l'après-midi se déroula en quelques sortes comme la mâtiné des cours, de l'ennui, des menaces de se faire coller et un test qu'il réussi plutôt bien.

A 17h il quitta ses amis en leur promettant de les retrouver une heure plus tard chez Lydia. Il rentra chez lui en voiture pour y déposer son sac et se préparer. Son père n'était pas encore rentré, il travaillait tard comme tout les soirs. Il se posa sur son canapé et se mit à réfléchir, devant la télévision qui était éteinte.

Il en avait marre des cours. Parfois il pensait à quitter le lycée pour partir tout seul dans sa Jeep, abandonner tout cet ennui et partir loin. Mais il ne pouvait pas quitter son père et ses amis. Et puis quand il y pensait, sa vie n'était pas si mal après tout. Le lycée se passait bien, il n'avait pas de gros problème, il avait d'excellents amis et il pouvait aider son père sur certaines affaires parfois. En fait « aider » n'était pas réellement le mot approprié, Stiles enquêtait sur les affaires sur lesquelles son père était la plupart du temps. Parfois il trouvait des solutions, résolvaient certaines enquêtes, mais il lui arrivait de se mettre en danger et son père était loin d'apprécier ça.

Il alluma la télé. Il n'y avait rien d'intéressant à cette heure, si ce n'était du télé-achat et de la télé-réalité dont Stiles se fichait royalement. Il l'éteignit donc et monta dans sa chambre. Il s'approcha de sa fenêtre pour observer la vue une nouvelle fois.

Cette fois le soleil se couchait, le ciel qui était bleu au dessus de lui se teintait de rose à l'horizon et des nuages se baladaient ici et là. Il faisait encore chaud et beau à Beacon Hills. Stiles regrettait de ne pas pouvoir voir les couleurs qu'offrait les couchés de soleil. On lui avait raconté comment c'était des dizaines de fois. Scott avait parlé pendant des jours lorsqu'il avait récupérer la vision, ça l'avait rendu jaloux et énervé, mais Stiles comprenait que son ami avait besoin d'exprimer sa joie.

Il soupira une nouvelle fois et regarda sa chambre. Il n'avait aucune idée de la couleur qu'avaient ses murs, son sol ou les draps de son lit et quand Scott y était aller la première fois après sa rencontre avec Allison il lui avait dit que ses murs était gris et bleue et ses draps l'étaient également. Mais qu'est ce que ça voulait dire bleu au juste ? C'était, d'après ce qu'il avait entendu, la couleur du ciel, mais pour lui c'était juste un mot. Il rêvait du jour où il pourrait enfin le voir, ce bleu dont on lui avait autant parlé, celui de ses draps, de sa chemise, du ciel et de la mer.

Mais pour le moment il devait surtout se préparer pour la soirée. Il alla dans la salle de bain se laver le visage et se brosser les dents. Il changea de vêtements, et s'assit sur son lit.

L'heure affichait 17h20. Lydia habitait à moins de 5 minutes en voiture mais Stiles trouva l'idée plus intéressante de s'y rendre à pied, pour profiter du beau temps. Elle n'habitait qu'à 20 minutes à pied de toute façon.

Il décida donc de ne pas prendre sa Jeep. Il prit les affaires de cours dont il avait besoin -même s'il savait pertinemment qu'il n'allait pas réviser beaucoup, une bouteille de Coca Cola qu'il plaça dans son sac à dos et écrivit un mot pour son père qu'il mit sur la table de la cuisine expliquant qu'il mangeait chez Lydia et qu'il ne rentrerait pas tard. Puis il se mit en route.

Il faisait chaud à l'extérieur, et c'était l'heure à laquelle les gens quittaient leur travail, ainsi la rue était assez remplie. Stiles aimait marcher, profiter de la chaleur et se balader. Il prenait sa Jeep pour aller au lycée simplement car s'il y allait à pied, il arriverait trente minutes en retard chaque jour. Il croisa beaucoup de monde, certain qu'il connaissait et leur adressa donc un sourire, d'autre qu'il n'avait jamais vu auxquels il ne lança pas même un regard.

En observant les gens autour de soi, il était facile de distinguer ceux qui avait vécu la Rencontre, et ceux qui attendaient encore. Les plus chanceux, avec le visage plus lumineux. Ils regardaient plus facilement le ciel, souriaient plus fréquemment, se baladaient souvent avec l'élue de leur cœur. Ce qui était normal pour Stiles, mais également frustrant. Il voyait tout ces gens, tout ces visages, mais aucun n'était celui qui comptait réellement pour lui.

Il marcha donc, pendant environ 10 minutes puis il entendit des cris. Beacon Hills était une ville assez calme, on n'entendait pas souvent des hurlements de ce genre. C'était le cri d'un homme, pour ce qu'en avait reconnu Stiles. Il se demanda d'où cela pouvait bien venir quand il vit quelqu'un courir à l'autre bout de la rue, à quelques centaines de mètres de lui. Il se rapprochait de Stiles à une grande vitesse. L'adolescent découvrit alors que le coureur était poursuivit par 2 personnes, Stiles supposa que l'un d'entre eux était la personne qui avait crié. Qui était l'homme qui courait en face de lui ? Stiles resta debout au milieu du trottoir étroit, incapable de détacher les yeux de la personne qui courait dans sa direction. C'était une scène très inhabituelle qui attira l'attention de beaucoup de passant. L'homme qui tentait d'échapper à ses assaillants se rapprocha de lui. Il regardait le sol et semblait à bout de souffle. Il n'observait pas où il allait, si bien que lorsqu'il arriva au niveau de Stiles, celui-ci n'eut pas le réflexe de s'écarter et l'inconnu percuta l'épaule de l'adolescent. Stiles fit un demi tout et se rattrapa au lampadaire qu'il y avait derrière lui, tandis que l'inconnu manqua de tomber et se retourna pour voir sur qui il avait foncé.

Leurs regards se croisèrent.

Une seule seconde. C'est ce qu'il leur fallu.

Une seule seconde plongé dans les yeux l'un de l'autre.

Une seule seconde et ça les foudroya tout deux.

Stiles sentit son cœur battre à cent à l'heure, il ne pouvait décrocher son regard des yeux de l'inconnu. Sa vision se troubla légèrement, le monde semblait disparaître autour de lui, mais lui ne voyait que les yeux de l'homme se trouvant à moins de deux mètres. Le temps sembla s'arrêter. Lui qui était habituer à un monde terne, uniquement fait de noir, de blanc, et de teinte de gris, vit apparaître pour la première fois une chose différente. Une couleur. La première couleur de toute son existence. C'était une couleur douce, mais qui le frappa avec la même violence que si une voiture l'avait heurté. Il ne pu pas mettre un mot sur ce qu'il voyait, mais ces yeux, à cet instant précis, furent la chose la plus belle que Stiles ait jamais vu. Il décrocha son regard pour observer la personne qui se tenait devant lui. Il était essoufflé, ses cheveux étaient noir, son visage était dur, il avait les sourcils fournit, la mâchoire carrée, mais dans un sens, tout s'harmonisait parfaitement chez cet homme. Ses yeux était écarquillé, la bouche entrouverte, il semblait profondément choqué par ce qu'il venait de se passer.

Ils auraient pu passer des heures là, dans cette rue, à se regarder. Mais l'inconnu du décrocher son regard de Stiles pour observer les hommes qui le pourchassaient. Ils avaient récupéré l'avance qu'il avait sur eux alors il lança un dernier regard plein de panique à Stiles, fit demi tour et reprit sa course, plus vite que jamais.

La scène semblait avoir duré plusieurs longues minutes mais en réalité tout ça ne s'était passé qu'en à peine 45 secondes.

L'adolescent vit l'inconnu disparaître au coin de la rue, suivi de près par les deux hommes qui le pourchassait.

Il resta là, appuyé contre le lampadaire, pendant un long moment. Il était encore sous le choc. Son cœur ne voulait pas ralentir l'allure qu'il avait. Des dizaines de pensées traversèrent son cerveau en même temps mais il était incapable de les comprendre.

Au bout de quelques minutes Stiles prit une grande inspiration, ferma les yeux et tenta de calmer son rythme cardiaque. Il se laissa tomber par terre, assis contre le lampadaire qu'il n'avait pas quitté. Il respira calmement, utilisant la même méthode qui lui servait quand il faisait des crises de paniques. Après quelques respirations Stiles avait retrouvé un calme acceptable, il se risqua à rouvrir les yeux.

Ce qu'il vit lui resta gravé en mémoire toute sa vie.

Il observa le ciel, l'immensité qu'il y avait au dessus de sa tête, et la première chose qu'il pensa fut que pour la première fois de sa vie, il voyait la couleur bleue. Le bleu du ciel, celui juste avant le coucher du soleil. Un dégradé allait du bleu clair avec des reflets, il le devinait, roses là où l'astre solaire se couchait à l'horizon, jusqu'à un bleu beaucoup plus foncé, de l'autre côté, presque noir. C'était magnifique, mieux que tout ce qu'il aurait pu imaginer. Il baissa les yeux vers ce qu'il y avait en face de lui. La rue s'était quelque peu vidée, mais deux vieilles se trouvaient là, devant une maison, elles lui souriaient, comprenant ce qu'il venait de se passer. L'une des deux s'approcha de Stiles, lui tendit la main pour l'aider à se relever.

-Ça va aller jeune homme ? Demanda-t-elle d'une voix douce, pleine de compassion.

Stiles ne pu dire mots, mais regarda la vielle femme dans les yeux et lui sourit. Elle avait de beaux yeux bleu, plus clair que le ciel, surligné par un trait d'eye-liner noir. Son amie lui sourit également et prit la parole.

-Vu votre air, je suppose que vous venez de rencontrer quelqu'un qui va changer votre vie !

Elles se mirent à rire et Stiles ne pu s'empêcher de sourire encore plus. Ces deux femmes étaient magnifiques, elles brillaient. Elles étaient colorées, elles semblaient totalement différentes du reste du monde, comme irréelles.

-Passez une bonne fin de soirée jeune homme, dit la femme qui l'avait aidé à se relever.

Il acquiesça et balbutia un « vous aussi » timide. Elles partirent en souriant et Stiles se retrouva seul au milieu de la rue.

Il eu du mal à faire le tri dans ses pensées tant il fut émerveillé par ce qu'il voyait. Le monde semblait tellement plus beau, féerique. C'était un sentiment qu'il n'avait jamais connu. Mais il décida quand même qu'il ne pouvait aller chez Lydia, pas dans cet état. Il fit donc demi-tour et rentra chez lui, pour tenter de faire le point sur ce qu'il venait de se passer.