Aomine soupira de soulagement, les zombies étaient loin derrière lui.

Il se retourna lentement pour découvrir la nature de la nouvelle pièce.

Et se figea.

Une chambre d'enfant, de petite fille plus précisément.

Il fronça les sourcils, en quoi une chambre de fillette pouvait être effrayante ?

Le brun sentit la prise de Momoi se resserrer contre son bras, il la regarda, étonné de sa réaction.

La jeune fille fixait un point en hauteur, la lèvre tremblante et livide comme jamais.

-Qu'est-ce qu'il y a ? demanda le brun, soucieux, en essayant de comprendre ce qu'elle fixait avec tant d'intensité.

La rose déglutit difficilement et se tourna rapidement vers Daiki.

-Les poupées, murmura-t-elle, je déteste les poupées…

Le brun eut un sourire goguenard.

-En quoi les poupées sont effrayantes ? Ricana-t-il, en regardant les poupées de porcelaine perchées sur une étagère.

Un flash de lumière aveugla les deux amis un court instant, quand la luminosité revînt à la normale, Aomine remarqua immédiatement que quelque chose avait changé.

Il se passa la main dans les cheveux, agacé de sentir quelque chose lui échapper.

-Les poupées, souffla Momoi, les poupées… Elles ont bougé, elles se sont rapprochées !

Elle gémit de terreur en se cachant à moitié derrière le grand brun.

Il rit doucement.

-Arrêtes de délirer, Satsuki, les poupées sont des objets, ça ne bouge pas… Allez viens, on se taille d'ici…

La rose le retînt par la manche. Daiki écarquilla les yeux en la voyant à deux doigts de la crise de nerfs.

-Je te dis que les poupées ont bougé ! s'énerva-t-elle.

Un nouveau flash de lumière, rouge cette fois.

Aomine regarda attentivement les poupées cette fois-ci.

Il hoqueta en se rendant compte que la rose avait raison.

Les poupées n'étaient plus sur l'étagère, elle étaient disséminées un peu partout dans la pièce, notamment une charmante petite poupée aux anglaises blondes parfaites et aux grands yeux verts qui semblait les fixer, sur une table juste en face d'eux.

Le brun déglutit, il fallait bien avouer que cette saloperie de jouet n'était pas franchement rassurante…

-On se taille, j'ai dit ! S'exclama le brun.

Il entraîna Momoi dans son sillage, renversant plusieurs bibelots dans sa course vers la porte.

La jeune fille prit, pour la première fois de la visite, les devants.

Elle attrapa la petite poignée, de porcelaine également, et la tourna de toutes ses forces.

La porte ne s'ouvrit pas.

Momoi gémit d'angoisse en tirant plus violemment sur la porta, elle s'y arcbouta même.

Rien.

Aomine la poussa et s'y attela également.

Sans succès.

Un rire cristallin retentit dans leurs dos.

Nouveau flash de lumière.

Le brun se retourna vivement, et écarquilla les yeux.

Bordel, Momoi avait une des poupées dans les bras. La petite blonde justement.

-S-satsuki, balance ce truc immonde, faut qu'on trouve un pied-de-biche ou un machin dans le genre pour forcer la porte…

La rose avait une tête… étrange. Le regard vide, un léger sourire aux lèvres, d'autant plus étrange qu'elle avait une peur bleue des poupées…

-Aomine Daiki… siffla-t-elle

Oh putain… pensa le brun

Il souffla, et s'approcha lentement de Satsuki.

-Eh, l'appela-t-il, lâches ce truc…

Momoi sourit doucement et sortit une petite clé en argent de nulle part.

-C'est ça que tu cherches ? demanda-t-elle, le regard exorbité.

Il fronça les sourcils en remarquant que la jeune fille avait une légère teinte émeraude dans le regard…

-Ouais, passe-moi ça, faut qu'on dégage de là !

La jeune fille eut un nouveau rire, moins enfantin cette fois, plus… perturbant. Le genre de rire qu'une personne normale ne ferait pas.

Un nouveau flash de lumière.

Momoi était assise sur une petite chaise en bois blanc, un napperon en dentelle dégoulinant de rouge sur les genoux.

Aomine fronça les sourcils, tentant de repérer d'où provenait le sang.

Il écarquilla les yeux en voyant la poupée blonde, une aiguille de couture à la main, en train de lacérer lentement les poignets de la rose.

-Bordel ! S'écria-t-il en s'élançant vers son amie.

Sauf qu'il s'écrasa lamentablement par terre.

Momoi éclata de rire, et se leva doucement, laissant tomber le napperon au sol, salissant de rouge sombre le tapis de couleur crème.

Le brun se débattit, et jura en se rendant compte qu'il était immobilisé au sol par ces saloperies de jouets.

Comment de stupides poupées pouvaient le battre, lui le Grand Aomine Daiki ? Impensable.

Son égo reprenant le dessus, il continua de se débattre.

Il entendit à nouveau le rire flippant de Satsuki.

-Putain, Satsuki ! Aides-moi ! Je te rappelle que t'aimes pas les poupées, aides-moi et lâche cette saloperie ! hurla-t-il.

Il glapit en sentant une douleur sourde dans ses poignets. Cette connasse de poupée blonde enfonçait minutieusement son aiguille de merde dans son bras.

-Lâches-moi ! gronda-t-il.

Il se débattit encore, tentant désespérément de faire lâcher prise ses assaillants.

L'aiguille s'enfonça plus profondément dans ses veines. Et il devînt livide.

Il se crispa sous la douleur, il devait y avoir des trucs pas nets sur cette aiguille.

Il tenta de réfléchir, la douleur annihilant ses sens, et crevant dans l'oeuf ses tentatives de raisonnement.

Le brun serra les dents et ferma les yeux, tentant de se concentrer sur un moyen de s'en sortir…

Il fallait d'abord qu'il détruise le cerveau de l'affaire. La poupée blonde, sans aucun doute.

Ensuite, il récupérait la clé et Satsuki. Puis il se barrait.

Les autres poupées, n'ayant plus de chef, ne devraient pas le poursuivre, n'est-ce pas ?

Il soupira, cette situation était vraiment ridiculement horrible. Il sentait que, s'il survivait, il allait faire de beaux rêves… peuplés de cadavres, de zombies, et de poupées possédées…

Aomine hurla en sentant quelque chose de plus… dangereux qu'une aiguille en tout cas, lui lacérer la main. La douleur était insoutenable, il avait l'impression que son bras était en train de brûler dans les flammes des Enfers.

Il eut un dernier réflexe de survie, et sursauta de tout son corps. Il sentit la plupart des poupées tomber au sol, tandis que d'autres s'accrochaient tant bien que mal dans son dos. Il rugit en se redressant.

Il faillit tomber dans les pommes à la vue de son bras droit : il se résumait à une masse de chair sanguinolente. Daiki eut un haut-le-coeur et remarqua soudain la poupée aux yeux verts, tranquillement installée dans les bras de Momoi. Celle-ci était dans une position de défense, comme si elle souhaitait protéger ce jouet démoniaque…

-Satsuki, déconnes pas… Passes-moi la clé.

Elle fronça les sourcils, son regard était toujours aussi absent, une pointe de vert s'y était ajoutée, ça se voyait encore mieux.

Un souffle, semblant provenir de la poupée, se fit entendre.

La rose écarquilla les yeux, puis acquiesça.

Un nouveau flash de lumière, vert cette fois.

Aomine tomba à nouveau au sol, il hurla en sentant son bras rencontrer brutalement le parquet ciré.

Les doigts de Momoi se resserrèrent autour de son cou.

Elle le surplomba, et s'humecta lentement les lèvres.

-Gomen, Dai-chan, je n'ai pas le choix, sourit-elle, ses yeux semblant briller d'un éclat émeraude.

L'intéressé suffoqua sous le manque d'air, et réalisa que plus il laissait passer de temps, plus la poupée prenait possession du corps de Satsuki.

Il jura faiblement, commençant à apercevoir des tâches blanches dans son champ de vision.

Le brun ne pouvait pas blesser Momoi, mais il ne voulait pas mourir, surtout pas assassiné par elle.

Il se redressa au prix d'efforts incommensurables et la repoussa violemment en arrière, la rose retomba sur les fesses, le choc semblait lui avoir fait quelque peu reprendre ses esprits.

Elle regarda la petite clé qu'elle avait toujours dans la main, puis Aomine.

Le brun, qui tremblait de tout son corps, poussa un cri en voyant cette saloperie blonde sauter sur la jeune fille.

Il s'avança rapidement, son bras replié le long de son corps, et attrapa à une main le jouet.

Il le lança de toute ses forces contre le mur, la tête éclata en milles morceaux, laissant apercevoir un petit tas de porcelaine, quelques mèches blondes. Un œil en verre, de couleur émeraude roula même jusqu'au pied de Daiki.

Celui-ci eut un déclic, et écrasa violemment le globe. Il avança ensuite vers le reste du corps de la poupée, qui bougeait toujours faiblement, et le frappa avec force.

Il réduit son corps en morceau, retirant une immense satisfaction de sa violence.

Il cracha ensuite sur les restes du jouet démoniaque puis regarda autour de lui, son bras ensanglanté toujours replié sur lui-même.

Momoi, toute tremblante, était recroquevillée sur elle-même. Les autres poupées, n'ayant plus de chef, étaient mollement retombées sur le sol.

Aomine soupira en rejetant sa tête en arrière.

Putain, il détestait vraiment les poupées, il comprenait Satsuki maintenant…

Il se retourna d'ailleurs vers elle, toujours en boule au centre de la pièce.

-Satsuki… souffla-t-il en s'agenouillant à ses côtés.

Elle sanglotait, profondément choquée par la scène à laquelle elle venait d'assister, de participer même.

Elle releva lentement la tête, le brun fut rassurer de ne plus voir que du rose dans ses iris.

-Ça va aller Satsuki, donnes-moi la clé maintenant… On se taille.

Elle secoua la tête, et s'expliqua.

-J'ai été possédé Dai-chan, je suis faible… J'ai eu tellement peur… J'ai essayé de te tuer ! De te tuer !

Il soupira et souleva lentement son poignet pour voir ses blessures.

-C'était pas toi, du calme… On se sépare pas, ok ? C'est toujours ce qu'ils font dans les films d'horreur… Après on se demande pourquoi ça finit mal… sourit-il

La rose rit faiblement devant cette touche d'humour.

-La clé, demanda finalement le brun.

Elle acquiesça et lui tendit le petit objet.

Avant qu'Aomine ne se lève, la jeune fille l'arrêta.

Il fronça les sourcils.

-Quoi ?

Momoi se mordilla la lèvre, inquiète.

-Ton bras… Laisses moi le soigner.

Le brun sourit et souleva mollement son bras, comme celui d'une poupée de chiffon.

-Ce truc ? Demanda-t-il en souriant

Momoi fronça les sourcils.

-Ne plaisantes pas avec ça… Ça va s'infecter, on ne voit même plus la peau…

Elle n'attendit pas la réponse du brun et déchira un morceau de son t-shirt, déjà léger.

Le brun détourna le regard, se surprenant à rougir.

La rose, loin de ces états d'âmes, banda efficacement le bras droit du jeune homme.

-Voilà, souffla-t-elle en se levant.

Le brun l'imita puis alla directement ouvrir la porte suivante.

Il fronça les sourcils en voyant un simple couloir, large mais simple.

Il se tourna vers la rose.

-En quoi c'est sensé faire peur ? Demanda-t-il en posant un pied sur le sol.

À ce moment même, un mécanisme se mit en marche, le rouage semblaient tourner à travers les murs, et des pics sortirent lentement du mur et du sol.

-Putain, souffla-t-il, figé dans son mouvement, je croyais qu'on voyait ça que dans les films…

Bienvenue dans ton pire cauchemar, Aomine Daiki

Il faut savoir que je déteste les poupées, je les hais de toute mon âme… Ya rien de plus flippant (à part les clowns peut-être xD) Mais, bizarrement, écrire dessus ne m'a pas fait peur ^^

Voilà la deuxième partie de mon histoire pour Halloween (un peu en avance u_u)

Je pense qu'il y aura encore une ou deux parties, pas plus ^^

J'espère que ça vous aura plu !