Chapitre 1
Aveu
.:.
Un vingt-septième coup de sifflet retentit. Strident, fluide, et dont le but était clair : rassembler les joueurs fatigués au milieu du terrain pour une vingt-septième remarque sur leur jeu. Non qu'ils s'en plaignaient - après tout, ils étaient là pour ça -, mais l'entraînement, qui avait déjà duré quatre heures, après deux heures passées à faire des exercices physiques, commençait à se faire long. La seconde partie avait consisté à faire jouer les poursuiveurs contre le gardien, et à conserver le rôle habituel des deux batteurs et de l'attrapeuse.
La météo n'était pas en leur faveur, et la neige qui tombait sur leur nez gelé n'avait rien d'attrayant. Ils avaient tous opté pour leurs gants souples et protégés contre le froid par la magie, pour des bonnets qui leur cachaient les oreilles, et pour des lunettes auxquelles ils avaient envoyé un sort, sur ordre de leur entraîneur, Olivier Dubois.
Les joueurs se rassemblèrent rapidement autour de ce dernier pour recevoir un commentaire sur leur tactique, sur leur vitesse, sur leur position, ou sur leur fatigue. Comme à son habitude, il pratiqua la politique du prénom :
- Ryan, commença-t-il comme toujours, car Ryan Peter occupait le poste que lui-même avait obtenu quand il était plus jeune. Attention à ton épaule droite quand tu bloques la balle de ce côté. Un jour, tu vas te la faire arracher.
Le joueur dénommé Ryan hocha la tête une fois, et Olivier Dubois passa à la personne suivante :
- Sharon, c'était bien, sauf au moment où Steven avait le souafle, il y a cinq minutes - tu as dû le remarquer : tu manquais de cohésion avec lui et avec Brad.
Sharon Leduc acquiesça mais ne dit rien, car elle savait quelle avait été sa faute, et il était inutile de s'excuser. C'était le jeu.
- Brad, attention à ton cinquante degrés gauche. Il va falloir travailler sur ta souplesse de ce côté-là. Steven, achète-toi des gants dignes de ce nom, j'ai entendu la peau de tes doigts crier au meurtre depuis l'autre bout du terrain.
Les deux interpelés, qui, avec Sharon, étaient les trois poursuiveurs de l'équipe du Club de Flaquemare, esquissèrent un léger sourire en réponse à la dernière remarque, et notèrent dans un coin de leur tête la réflexion qui leur avait été faite.
- Hortense, essaie de bouger à la fois verticalement et horizontalement, dit-il à la jeune fille dont les cheveux courts dépassaient à peine du bonnet. Tu n'es pas assez imprévisible.
Il se tourna ensuite vers les deux Potter qui fermaient le cercle :
- James, attention à ne pas te laisser submerger ; et Albus, frappe plus sur l'extrémité de ta batte quand le cognard arrive par le côté. Ta trajectoire pourrait être revisitée.
C'était le genre de discours que cet entraîneur donnait à ses joueurs le plus souvent : une note détaillée sur la façon de jouer de chacun d'eux, des conseils adaptés à une progression rapide, et un sourire encourageant qui les poussait à rester motivés. En revanche, ce à quoi ils ne s'attendaient pas fut ce qui suivit :
- On arrête pour aujourd'hui, vous en avez assez bavé. Hortense, n'insiste pas, poursuivit-il en lui jetant un bref coup d'œil.
Car oui, il connaissait Hortense mieux qu'aucun de ses autres joueurs. Il savait quand elle en voulait plus (elle n'en voulait jamais moins, de toutes façons), il savait si elle était énervée et pourquoi, il connaissait ses moindres défauts, mais aussi ses qualités les plus cachées ; et il y avait une simple explication à cela. Hortense s'appelait en réalité Hortense Dubois. En d'autres termes, c'était la fille d'Olivier Dubois. Et comme elle était aussi bonne attrapeuse qu'il avait été gardien et qu'il était maintenant entraîneur, cela ne posait de problème à personne. S'il y avait qualité, on ne discutait pas.
Leur entraîneur souffla un dernier coup dans son petit sifflet, et ce fut le signal de départ des joueurs couverts de neige. Albus suivit les autres sur son balai et, d'une main agile, retira son bonnet. Il n'allait sentir le froid que durant quelques secondes avant de rejoindre les vestiaires, mais il aimait la sensation du vent dans ses cheveux procurée par la vitesse ; cela le faisait se sentir plus vivant que jamais. Il aurait aimé ôter ses gants pour que ses sens saisissent pleinement son environnement, mais cela n'aurait pas été raisonnable. Les craquelures déjà présentes sur sa peau n'étaient pas belles à voir, et il savait qu'il se ferait tirer les oreilles par sa mère dès qu'il la verrait s'il ne s'en débarrassait pas au plus vite. Car si Albus Potter était plus proche de son père, il détestait décevoir sa mère (ou être receveur de sa colère). Il détestait décevoir, tout court, d'ailleurs. Même s'il avait passé sa vie à jouer des tours aux autres avec James, Albus était quelqu'un de calme. Même s'il adorait discuter vivement un sujet qui le passionnait et donnait incontestablement son avis, Albus évitait à tout prix les disputes. Il n'hésitait pas à rétablir l'égalité si celle-ci était menacée, mais, à l'issue de ce genre de situations, le jeune Potter ne pouvait jamais s'empêcher de se sentir coupable. C'est en cela qu'il ressemblait à son père. Pour son caractère posé, et pour sa façon de se soucier constamment des autres.
Mais il ressemblait aussi à son père pour son physique : il avait les mêmes cheveux noirs indisciplinés qu'ils avaient tous hérité du premier James Potter, et il avait reçu les yeux de son père et de sa grand-mère : verts et brillants. Il était assez grand, aussi.
Cependant, la carrure du sportif de haut niveau qu'il était différait de celle d'Harry Potter. La manière dont il était bâti le faisait paraître plus vieux que vingt ans, l'âge qu'il avait vraiment, et cela était dû aux années d'entraînement qu'il avait effectuées avec son frère. Et puis, bien sûr, il ne portait pas de légendaires lunettes rondes.
Albus descendit de son balai et, balai à la main, suivit ses coéquipiers mâles dans le vestiaire qui leur était réservé, non sans lancer un coup d'œil à l'attrapeuse alors qu'elle entrait dans la partie destiné aux femmes. C'était une habitude qu'il avait prise depuis qu'il se trouvait presque constamment en sa présence - à savoir depuis quelques mois, quand lui et James avaient intégré l'équipe officielle à la fin de l'été. Il avait mis du temps à se rendre compte que ses yeux étaient aimantés à elle de cette manière, mais il lui était maintenant impossible d'oublier qu'elle était là, et ainsi, impossible de l'ignorer. C'était comme ça.
Il se dirigea vers son casier, où il rangea son attirail de vol : balai, battes, gants, et bonnet. Il ôta le haut de son maillot de Quidditch dégoulinant et l'enfouit sans un sac vide qu'il laissa ouvert, prêt à recueillir le reste de ses vêtements de sport. A côté de lui, James en fit de même avant de sortir une serviette propre et de la poser sur son épaule.
- Comment ça va, frérot ?
- Comme toujours, James. Une bonne douche bien chaude ne fait que conclure un si bon moment.
- Ah, on mène une belle vie, déclara James, pensif.
Après une "bonne douche bien chaude", les joueurs se trouvèrent chacun devant leur casier en train de s'habiller et de discuter allègrement. Il ne leur restait que deux jours d'entraînement avant les fêtes de Noël, et tous attendaient celles-ci avec impatience. Non seulement ils allaient avoir deux jours de repos, mais ils auraient l'occasion d'aller dans leur famille et de se goinfrer à souhait sans avoir peur de se sentir trop lourds pour pouvoir voler sans problème le lendemain.
- Au fait, on vient pour quelle heure pour votre Nouvel An, la semaine prochaine ? demanda Ryan à l'autre bout de la pièce.
James et Albus se regardèrent, n'ayant pas décidé d'horaire pour l'arrivée de leurs invités, et haussèrent les épaules.
- Quand vous voulez, à partir de vingt heures ? proposa Albus en interrogeant son frère des yeux.
Celui-ci acquiesça :
- Ouais, ce sera parfait.
- Génial, répondit Steven comme si c'était lui qui avait posé la question.
Toute l'équipe de Flaquemare avait été invitée chez les Potter le soir du 31 décembre pour fêter la nouvelle année. Viendrait qui voudrait. Ils avaient eu l'autorisation de leurs parents d'utiliser leur maison ; Harry et Ginny Potter iraient se joindre à Hermione et Ron Weasley pour l'occasion, chez qui seraient probablement invités les parents et frères de Ron et Ginny. La maison des Potter, communément appelée "Le Bois Rouge" en raison de la petite forêt qui entourait la demeure – forêt dont les arbres ne perdaient jamais leur couleur rougeâtre –, située dans le Devon, abriterait donc Albus, James et leur équipe, leurs amis, leur petite sœur Lily et ses amis à elle, Rose Weasley et ceux qu'elle aurait invités, probablement son frère, Hugo, ainsi que d'autres jeunes Weasley. Les deux batteurs en étaient les organisateurs, même si leur mère avait insisté pour mettre son nez dans leurs plans : elle avait tenu à acheter de la nourriture en plus, leur avait fait promettre de venir l'aider à faire du rangement la veille de la fête, et leur avait fait un cours sur le transplanage en état d'ivresse (ou plutôt sur son interdiction). Bref, la routine, comme tous les ans depuis qu'ils étaient en droit de fêter le Nouvel An avec leurs amis.
James et Steven étaient déjà sortis quand Albus, Brad et Ryan prirent leurs sacs et refermèrent la porte du vestiaire masculin derrière eux, qui se verrouilla magiquement. Olivier Dubois était parti dans son bureau, où il disposait d'un vestiaire privé, et il ne restait que les joueurs, qui renfilaient peu à peu leurs gants et leur écharpe. Le plus jeune des deux Potter était en pleine discussion sur la chute de Brett Holmes, poursuiveur de l'équipe d'Irlande, avec Brad et Ryan, lorsqu'il entendit dans son dos la voix d'Hortense, qui avait dû s'approcher des deux autres hommes en compagnie de Sharon.
- Dis, James, fit-elle d'un ton familier, est-ce que je peux emmener quelqu'un à votre soirée ?
Les yeux d'Albus errèrent sur un point du terrain de Quidditch qui s'étendait devant lui en attendant la réponse de son frère - même si celle-ci ne pouvait être que positive. Lui-même aurait accepté, malgré la situation. Le nombre d'invités n'était pas limité, et il se voyait mal interdire à Hortense de venir accompagnée de... son petit-ami ?
- Oui, bien sûr ! répondit James, avant d'interpeller son frère. Al ; c'est bien ce qu'on avait dit, hein ?
- Euh, oui, oui, lâcha-t-il en forçant un sourire à se poser sur ses lèvres.
Il s'était tourné vers l'auteure de la question et avait été suivi par Brad et Ryan, les sept joueurs créant ainsi un cercle désordonné. Il posa son sac à terre et, avec un peu plus de force, récapitula aux deux joueuses la nouvelle information ainsi que ce qui s'était dit dans le vestiaire des hommes :
- Vous emmenez qui vous voulez, frères, sœurs, copains, fit-il en choisissant un mot au sens large, et vous venez à partir de huit heures du soir.
- Super, opina Hortense tout en resserrant sa prise sur son sac de sport. Bon, je vous dis pas à demain !
Les joueurs s'éparpillèrent en lui lançant des "Amuse-toi bien !", des "Tu vas nous manquer" (auxquels elle répondit par "Eh ben pas moi !"), et quelques gentilles claques dans le dos. Albus garda les yeux rivés sur elle lorsqu'elle s'éloigna en souriant de toutes ses dents, et, alors qu'elle avait disparu à la sortie du terrain, il ramassa son propre sac, non sans avoir intercepté un regard confus de la part de James. Les yeux baissés, il le rejoignit et ils transplanèrent en silence jusqu'au seuil de leur appartement. Il avait oublié qu'elle ne serait pas là le lendemain ; et cette nouvelle, après l'avoir entendue parler de son invité, ne l'avait pas enchanté. En entrant dans la chaleur de leur habitation, cependant, Albus déposa ses affaires dans l'entrée, les lèvres presque étirées malgré les événements.
- C'est lundi, on commande chez Pablo ? proposa James en consultant l'horloge de leur salon.
- Comment refuser ? répliqua Albus en souriant franchement, le ventre grondant rien qu'en pensant à la cuisine du sorcier mexicain qui habitait leur rue.
Il s'installa sur l'un des canapés marron et agita sa baguette en murmurant un "Accio". Parchemin, plume et encre arrivèrent gentiment à lui et, en prenant appui sur la table basse, il se mit à faire gratter avidement sa plume sur le papier tout en marmonnant quelques paroles qui ressemblaient à "James et Albus", "habituel", et "dix-neuf heures". Pendant ce temps, James était nonchalamment installé sur le canapé qui lui faisait face, et observait son frère avec un air intrigué dessiné sur la figure. Albus ne le vit pas, trop occupé à attacher son parchemin à la patte de Suçacide, leur hibou, et à lui planter deux Gallions dans le bec. Quand l'oiseau se fut envolé à travers la neige de cette fin de décembre, Albus revint s'avachir dans le sofa et sourit faiblement à son frère.
- Bon, on va chez papa et maman, demain ?
Il semblait mangé par la fatigue, mais cela lui plaisait. Il aimait être exténué le soir, en sachant que la nuit lui apporterait un repos confortable. Cependant, un poids s'était posé sur son cœur un peu plus tôt dans la soirée, et il n'arrivait pas à s'en défaire. Il savait que s'il le laissait paraître, James s'en rendrait rapidement compte, et il n'était pas franchement d'humeur à parler de sa récente découverte. Le plus tard son frère le remarquerait, le mieux ce serait. C'est pourquoi il avait préféré lancer lui-même un sujet qui ne risquait pas de le faire marcher sur des clous.
James soupira.
- Je préférerais rester ici. De toutes façons, on va les voir à Noël.
- Et on est allés au dîner de mardi dernier, renchérit Albus.
- Voilà, dit James en souriant malicieusement.
Un autre silence s'installa, ponctué des tics et des tacs de la pendule qui surplombait la pièce. Les pensées d'Albus revinrent à Hortense contre sa volonté et ses lèvres s'élevèrent quand une image d'elle, triomphante après avoir attrapé le Vif d'Or, s'apposa devant ses yeux ouverts.
- Tu as de plus en plus souvent ce regard, l'interrompit James avec un regard pénétrant qui fit presque rougir Albus.
Bon, d'accord, il avait bel et bien rougi. Mais il ignora la chaleur de ses joues et haussa les épaules.
- Ouais, avec l'hiver, je suis un peu fatigué, répondit-il d'un ton qui se voulait détaché.
- Et moi je te trouve bien évasif, rétorqua James.
Les deux frères s'affrontèrent du regard ; l'un était rusé, et l'autre se fit très, très froid.
- Qu'est-ce que tu insinues là, Jamesie ?
- Oh, rien, fit l'intéressé en jouant les innocents. Mais bon, je crois avoir appris quelque chose d'intéressant, aujourd'hui.
- Oui ?
- Je pense que tu es jaloux qu'Hortense ait été prise dans l'équipe d'Angleterre pour la Coupe du Monde de l'année prochaine, et que tu aimerais être à sa place.
Albus ne put s'empêcher de pouffer de rire en entendant l'hypothèse sans queue ni tête de son frère, qui s'était aussi mis à s'esclaffer. Il était de notoriété publique qu'il fallait un à deux ans d'entraînements dans une équipe de Quidditch (et donc qu'il fallait jouer un certain nombre de matchs décisifs) pour qu'un joueur ait la chance d'être sélectionné pour faire partie de l'équipe du pays. Quatre mois ne suffisaient pas.
Et Albus n'était pas du genre à envier quelqu'un de cette manière, ce que James savait mieux que quiconque.
- Non, sans rire, reprit James après s'être calmé. J'ai vu comment tu l'as regardée, Al. Il y a quelque chose que tu ne m'as pas dit ?
Le jeune Potter soupira. Il était à présent inutile de mentir à celui qu'il considérait comme son meilleur ami, en plus des liens familiaux très forts qui les unissaient de manière flagrante. Il découvrirait tout, un jour ou l'autre, de toutes façons. Et s'il ne lui disait pas tout maintenant, tout de suite, James allait le faire parler de force. Il avait les astuces requises pour cela, et Albus ne voulait pas jouer à ce jeu-là. Il opta donc pour la facilité, même s'il était loin d'être simple de s'ouvrir de la sorte. Il n'avait jamais ressenti cela pour une fille, même pour Bridget, la seule petite amie qu'il avait eue jusque là, et en parler allait lui demander du courage, même si c'était à son frère qu'il s'apprêtait à se confier.
- Ouais.
James lui laissa le temps de continuer avant de l'interrompre inutilement. Après tout, ils n'étaient pas pressés. Il leur restait une quinzaine de minutes avant de devoir aller chercher leur repas chez Pablo.
- En fait, j'appréhende un peu la journée de demain, parce que ce sera le premier entraînement où Hortense ne sera pas là. Et je sais que, bah, qu'elle va me manquer, quoi. Tu vois ?
- Je vois, Al, fit James en réponse à la question rhétorique qui planait dans l'atmosphère.
- Euh, voilà.
Il afficha une mine contrite en lançant ces derniers mots, sachant pertinemment que cela ne s'arrêtait pas là. Mais il faisait confiance à son frère pour le mener sur la bonne voie pour lui faciliter la tâche. Il vit James appuyer ses coudes sur ses genoux et le fixer intensément. Albus lui renvoya son regard, espérant lui montrer qu'il avait besoin d'encouragements.
- Et donc, quand est-ce que tu t'es rendu compte que tu... qu'elle allait te manquer ?
- Euh, commença Albus en essayant de compter les jours, ou les semaines qui avaient passé depuis qu'il avait compris qu'il était attaché à elle... ou qu'elle allait lui manquer, pour reprendre le code de son frère. Je crois que ça fait un peu plus d'un mois.
- Tout ça ? s'étonna James. Et tu ne m'as rien dit ?
Albus lui adressa un sourire d'excuse, et trouva assez d'assurance en lui pour s'asseoir au bord de son fauteuil et poursuivre :
- En fait, je crois que même mon plus vieux souvenir d'elle est important. Tu te souviens ? C'était il y a des années, on a fait une course sur balai avec elle.
- Ah ! La pâtée qu'elle nous avait mise ! s'exclama vivement James, n'ayant apparemment pas oublié cet épisode.
- Voilà, lui dit Albus en souriant avec affection ; affection pour son frère, avec qui il a vécu toute sa vie, et affection pour Hortense, qui, à quinze ans à peine, aurait surpassé presque n'importe quel joueur de Quidditch. Je me rappelle que j'étais super impressionné, à l'époque. Et quand on a mis les pieds sur le terrain de Flaquemare et que je l'ai vue, là-haut, plus agile que jamais, eh bien j'ai été ramené huit ans en arrière.
- Et puis tu t'es aperçu qu'elle était jolie, avec ses cheveux blonds et ses yeux bleus et... C'est bon, Al, ne me regarde pas comme ça !
Le silence revint, durant le quel ils regardèrent dans le vide. Il était aisé de deviner où leurs pensées les avaient emmenés. Cinq bonnes minutes passèrent sans qu'ils ne les remarquent.
- N'empêche, insista James, c'est vrai qu'elle est jolie.
- Tu n'as pas idée, répondit Albus dans un souffle, sans se rendre compte que sa phrase était absurde.
Le plus âgé des deux Potter sourit de manière indulgente devant l'expression de son jeune frère. Il voulut lui laisser un peu d'espace, mais il ne put s'empêcher de poser une dernière question, qui lui rongerait les os à coup sûr si elle restait sans réponse.
- Al, est-ce que tu l'aimes d'amour ? lui demanda son frère en se sentant un peu idiot d'avoir choisi cette formulation.
Albus se renfonça dans le canapé et ferma les yeux, cherchant désespérément à éviter le regard lourd de sens de James.
- Je crois bien que oui, avoua-t-il, le coin de ses lèvres s'étirant légèrement en imaginant la tête de son interlocuteur.
Il ne perdit pas son sourire quand il repensa à l'absence d'Hortense sur le terrain le lendemain, ni quand il se rappela qu'elle viendrait à leur soirée accompagnée. Après tout, il ne pouvait lui souhaiter que du bien. Et si cela passait par une nomination qui l'éloignait de lui deux jours par semaine et par un petit ami qui la rendait heureuse, qu'il en soit ainsi.
- Bon, je vais te laisser penser à ta belle, et moi, j'vais chercher la bouffe chez Pablo, déclara James en se levant brusquement, mettant ainsi fin à leur conversation.
Albus eut à peine le temps de grogner que James avait déjà claqué la porte.
- On verra quand ce sera ton tour, marmonna-t-il avant de soupirer longuement.
A/N
- Hé, t'as vu ? Il y a une lectrice, là-bas...
- Naaan, c'est pas vrai... T'es sûre ? Merde, où sont mes lunettes ?
- T'as pas de lunettes. Tu te rappelles ?
- ...
- Tu penses qu'il faut qu'on lui dise bonjour ?
- Euh, je sais pas. Elle a l'air bizarre, quand même, non ?
- Mais noooon... (Fait de grands signes) BONJOUUUUR !
- T'es folle ! Arrête de gesticuler, tu vas lui faire peur ! Et bah voilà, t'as vu ? Elle fait demi-tour. (Élève la voix) NON, ATTENDS !
- Je croyais qu'elle était bizarre. (Boude)
- Chut, elle pourrait t'entendre. HÉ HO ! TU VIENS ? TU VEUX UN BOUT DE GÂTEAU AU CHOCOLAT ? C'EST MOI QUI L'AI FAIT !
- Oh, regarde, elle revient !
- T'as posé le panneau Review ?
- Ouais, il est là.
- C'est quoi ces gribouillages jaunes et verts ?
- Euh... J'ai voulu le décorer un peu...
- ...
- Quoi, tu aimes pas ?
Si vous n'aviez pas compris, Del veut des reviews... (Et Plume aussi.)
