Bonsoir bonsoir ! Allez, en ce moment, chuis productive, donc je poste mon deuxième chapitre (à noter que le troisième est prêt aussi huhuhu). J'voulais attendre de probables reviews, mais visiblement, les seuls qui lisent (car il y en a, je les ai vus ò.ô) ne sont pas décidés à poster des commentaires. C'est méchant, et ça rend l'écrivain malheureux éè... Mais bon. Je suppose que j'ai rien à dire.

J'ai rien d'autres à dire... Bonne lecture


Chapitre deux

« Ainsi donc, en l'an 1980 a.t.b., l'Empereur... »

Histoire britannienne. La matière la plus ennuyeuse qui soit. Elle consiste à écouter pendant trois longues heures le professeur déblatérer au sujet des différentes périodes de l'Empire. Encore, l'histoire avant 1776 était intéressante, on parlait des puissances européennes, du japon un peu, puis après... C'était l'émergence de la Grande Britannia, qui en quelques décénnies devint un empire d'une puissance que l'on comparait à l'époque à celle de l'Empire romain. Et Viletta était fière de clamer la grandeur de son pays dans ses cours. Difficile alors de croire qu'elle était la femme froide qui abattait des Elevens. La Baronne Viletta Nu, des services secrets.

Mais là, il n'y pensait pas. Non, Lelouch l'avait remarqué dès son arrivée à l'académie le matin même, Suzaku n'était pas sur la même planète qu'eux, aujourd'hui. Il avait le regard dans le vague, hochant de temps à autres la tête lorsque Viletta prenait l'expression du visage qui demandait un acquiescement de la part des élèves, et, quand on lui parlait, il répondait par monosyllabes. C'était d'ailleurs assez étonnant de le voir aussi déconcentré. Pour un peu, le prince déchu aurait envie de le prendre par les épaules et de le secouer comme un prunier en lui disant : « Mais réveille toi bordel, t'es censé me surveiller, tu t'souviens?! » mais n'en fit rien. Cet acte serait aussi stupide qu'irréfléchi, même si cela remettrait son ancien ami d'aplomb. Mouais, autant rester camper sur ses positions et ne rien lui demander. Laissons le dans ses rêveries.

L'avantage qu'il avait, dans ces situations, c'était que la professeure ne le rappelait pas à l'ordre. Une complaisance sans doute due au rang militaire du jeune homme, et à la pensée qu'il eût pu passer sa nuit à faire quelque chose d'important pour l'Empire – dont il n'avait pas le droit de parler. Préférant rester sur cette idée, Viletta ne l'avait pas interroger, ni fait remarquer son inhabituel manque de concentration.

Cependant, ça ne passait pas inaperçu auprès des quelques autres élèves. Loin s'en faut. Les petites pestes futiles bavardaient à toute vitesse, créant des chuchotis insupportables, les mecs virils du fond ricanaient en faisant remarquer que « cet imbécile n'est pas digne de son rang de Knight of Round », le groupe d'intellos à l'avant le dévisageaient d'un air tout bonnement outré entre deux prises de notes. Et Lelouch, à côté de lui, avait fini par opter pour sa technique préférée pour dormir en cours, à savoir la tête posée sur le poing, dans une posture proche du penseur de rodin. Et Rivaltz, derrière eux, tentait d'échauffauder des possibilités toutes les plus folles sur la raison de l'absence de l'esprit du chevalier en cours.

Lorsque la sonnerie retentit, ce fut un sursaut général qui secoua la classe d'étudiants. Viletta fit une moue mécontente mais ne dit rien, s'éloignant à grands pas. Suzaku, sorti de sa rêverie, rangea précipitemment ses affaires.

Il est dix neuf heures cinquante huit. Deux minutes restant à attendre. Il doit bien avouer qu'il n'est pas vraiment à l'aise... Il n'a pour ainsi dire jamais eu de rendez-vous galant. Oh, bien sûr, il n'a pas passé son adolescence en parfait célibataire jusqu'à ce que sa route croise celle de Euphemia, mais... Ce n'est plus un adolescent. Et les relations à venir qu'il entretiendra seront différentes des flirts qu'il a eus par le passé. Peut-être est-ce cela qui le stress autant. Ou tout simplement est-ce parce que sa timidité prend lentement le dessus. Ou parce qu'il a peur de...

Un taxi vient de s'arrêter devant le restaurant. Un carillon, non loin, lui signale qu'il est huit heures précises. Il a une boule dans l'estomac. Jamais il n'aura penser que ce simple rendez-vous pourrait le mettre dans un état pareil. Mais il doit bien s'avouer une chose : cette femme lui plait, malgré les quelques excentricités évidentes qui constituent sa personne.

La porte du taxi s'ouvre et une jeune femme, tout de bleu vêtue, en sort. Ses longs cheveux noirs sont relevés au dessus de sa nuque à l'aide d'une pince, et les quelques mèches folles qui s'en échappent tombent gracieusement sur ses épaules. Sa robe est d'un bleu pâle s'accordant magnifiquement avec son teint. Ses gants, quant à eux, sont d'une nuance ciel, marquant l'accord avec ses yeux. Et la ceinture de tissu, au niveau de la taille, qui fait toute la bordure de la robe, en bas, au niveau du timide décolleté, des bras, sont d'un bleu marine si profond qu'il en serait presque noir. Elle porte des chaussures, cette fois. Une paire d'escarpins sans talon, mais avec des ficelles de tissus qui remontent en s'entrecroisant jusqu'à la mi-mollet. A la mi-cuisse, la robe est fendue, et laisse apercevoir ces jambes fines et rosées.

Mais il ne dut sa reconnaissance physique qu'à ce regard vif et malicieux, accompagné de ce sourire calme et mesuré, pour s'accorder avec sa démarche assurée. Il s'approche d'elle avec un sourire, et lui tend la rose – rouge pour la passion, a insisté la vendeuse – qu'il noue dans une mèche de ses cheveux. La jeune fille a un charmant petit rire, conquise. Il lui tend le bras et l'entraine avec lui dans le restaurant.

« ...ade s'il te plait?
- Pardon? »

La demande de Shirley l'a sorti de sa rêverie. Ils sont assis dans le parc de l'Académie, et, comme ils n'ont pas cours cet après-midi et que Suzaku n'a rien de spécial à faire, ils ont décidé d'en profiter pour pique-niquer. Quelques courses ont été faites, et, assis en cercle, les quelques amis mangent en discutant gaiement – excepté lui qui pense encore à sa sortie de la veille.

« Je t'ai demandé si tu pouvais me passer la salade.
- Ah oui, excuse moi, fit-il en s'emparant de ladite salade pour la lui tendre. Voilà.
- Tu as l'air ailleurs, Suzaku ! Enchérit la Présidente. A quoi tu penses?
- R-... Rien de particulier.
- Ooooh, regarde, Présidente, il rougit !
- Ca cache une jolie fille tout ça ! Raconte nous, Suzaku ! »

Grâce à l'intervention de Lelouch qui détourne le sujet, le chevalier parvient à échapper à la discussion en laissant sous-entendre qu'il n'y avait aucune fille là dessous. Vilain menteur.

Il avait longuement hésité quant à la tenue à prendre. Il avait tout d'abord pensé à sa tenue officielle, qu'il mettait pour des banquets ou des mondainités auxquelles il se devait de participer. Et puis, il s'était dit qu'elle ne semblait l'avoir reconnu en tant que Kururugi Suzaku, et qu'il préférait que ça reste comme ça. Les Britanniens le considéraient souvent avec mépris, et il préférait ne pas partir avec elle sur de faux-semblants. Au moins, si elle l'appréciait, ce serait pour ce qu'il était, et pas autre chose. Alors, il avait pensé au traditionnel costard. Mais il n'avait jamais su nouer une cravate, et il avait peur que ça fasse trop prétentieux, trop mondain. Alors il avait craqué et s'était enquéri de demander conseil à Cecil.

Au final et grâce à elle, il était resté avec sa chemise blanche et son pantalon de toile noire. Pas de veste ou de cravate, lui avait-elle dit. Ainsi, il conserverait un style un peu classe, pour le restaurant, mais aussi un côté décontracté, soulignant sa jeunesse, et pour le côté séducteur, elle avait insisté pour qu'il ne ferme pas tous les boutons du haut de sa chemise. « Tu as un superbe torse, tout en muscle, tu vas pas le cacher. » Il n'avait pas pu s'empêcher de rougir, et avait insisté pour ne pas laisser ouvert jusqu'au milieu du buste, comme elle l'aurait voulu. En plus des boutons du col, seul un était resté ouvert.

L'effet était réussi. Il ne faisait pas faux bourgeois, ni nouveau riche, ni chevalier. Il faisait jeune homme de dix huit ans ou plus, venu ici pour un rencard. Ce qu'il était.
La jeune femme, cependant, lui avait semblé plus classe, avec quelque chose de différent, comme si elle s'accordait à merveille avec le décor. Il fallait comprendre par là qu'elle avait des manières, des réflexes, qui trahissaient l'éducation probablement noble qu'elle avait reçu. Plus tard dans la soirée, il réussirait à lui faire avouer qu'elle est issue de la haute noblesse, mais qu'elle préfère taire le nom de sa famille qui considère qu'elle les déshonnorre.

Elle a pris le bras qu'il lui a tendu, et avance avec lui à l'intérieur du lieu hupé. Elle semble gênée par l'ambiance des lieux. Non... Gênée n'est pas le mot. Mal à l'aise, même si la nuance est minime, serait plus approprié.

« Monsieur, Mademoiselle. Vous avez réservé une table? »

Là encore, Suzaku remercia intérieurement Cecil de lui avoir conseillé de réserver. Car la question du serveur semblait purement rhétorique : c'était bondé. Alors, il répondit, sans réellement réfléchir.

« Oui, au nom de Kururugi Suzaku. »

Il sut son erreur en entendant la stupeur étranglée de la jeune fille qu'il avait invitée. Le serveur, sans s'en formaliser, les conduisit à une table, à laquelle ils s'installèrent sans se soucier du reste. Mais le sujet revint.

« Je n'avais reconnu le Knight of Seven... »

La désignation de son rang faisait ressortir son accent Britannien absolument impeccable. Pas une trace d'intonation japonaise, qu'on retrouvait ancrées dans ses paroles à lui. Il pensa à nouveau qu'elle ne devait pas être de la colonie, mais de ces nouveaux arrivants, qui venaient prendre pied dans cette terre qu'ils voyaient comme un espoir, malgré les rebellions. Ce qui s'accordait bien avec le fait qu'elle soit issue d'une famille de la haute noblesse, même si elle en était déshéritée.

« Je suis désolé... Je préférais ne pas le dire, pour ne pas...
- Je ne suis pas de ces gens qui s'attardent sur les préjugés. J'en ai assez subi moi-même. »

Il aurait aimé en savoir plus sur ce demi-aveu, mais dès qu'il s'était aventuré sur ce terrain, elle avait intelligemment détourné le sujet de la conversation en évitant soigneusement d'y revenir.

« Raaaaaaaah ! J'ai trop mangé ! »

La réflexion de Rivaltz déchaine un concert de rires, autour des restes du pique-nique. Arthur dans les bras, Suzaku rit de bon coeur, comme Lelouch, qui a passé un bras autour des épaules de son 'petit frère'. Shirley dévore cet homme qu'elle aime des yeux, Millay continue d'agrémenter la conversation de ses petites remarques futiles et terriblement agréables. Sa bonne humeur, son côté désinvolte, peut-être est-ce cela qui a fait d'elle la fiancée de Lloyd. Quoiqu'elle s'intéresse plus aux êtres humains que lui, qui ne voit que les machines...

Il est heureux, dans cet ambiant bon enfant, entre jeunes étudiants, encore adolescents, pas tout à fait adultes. Bien qu'ils aient pour la plupart au moins un pied dans ce monde froid et sordide. Surtout trois d'entre eux. Lelouch, Rollo, et lui-même. Suzaku poussa un soupir et se laissa tomber dans l'herbe fraîche pour admirer le ciel, les mains derrière la tête. Son esprit est plein de souvenirs. Il pense à elle. Pourtant, il ne la connait qu'à peine. Mais il a passé une superbe soirée, avec elle. Sa distinction, son franc parler, sa vivacité d'esprit, sa douceur... Il avait été étonnemment surpris de voir tout ce qu'il avait toujours pensé contradictoire se retrouver chez une seule personne. Plus que jamais, elle lui faisait autant penser à la princesse Cornélia, génie militaire, qu'à Euphie, tendre déterminée. En même temps, il retrouvait chez elle des côtés de Lelouch, dans sa façon froide de décortiquer un problème. Elle leur était semblable à tous. Et en même temps, étonnament différente.

Il fait frais. Il regretterait presque de ne pas avoir pris de veste. C'est terriblement classique, mais il aurait bien aimé pouvoir l'enlever pour la mettre galamment sur les frêles épaules de la jeune fille.
Il avait proposé de lui appeler un taxi, mais elle avait refusé poliment, préférant rentrer à pied jusque chez elle. Parfait dans son rôle de chevalier servant, il avait proposé, malgré tout, de la raccompagner. Elle avait accepté avec plaisir.

Elle est à nouveau pieds nus et tient ses chaussures à la main. C'est étrange et attendrissant à la fois. Elle s'en est excusée, quelques minutes plus tôt, mais a avoué qu'elle préférait marcher pieds nus qu'avec des chaussures. Habitude de son enfance, avait-elle expliqué sans s'étendre sur le sujet. Cette fois, le jeune homme n'avait pas cherché à en savoir plus : elle était un peu réservée, et conserver cette part de mystère dans ce qu'elle représentait lui semblait être une bonne idée. Après tout, il ne savait pas si ce petit côté secret ne le séduisait pas davantage.

Ils avaient marché durant une demi-heure, poursuivant leur discussion. La jeune fille possédait un diplôme en théologie et en sciences politiques. Elle avait avoué avoir également fait un peu de sociologie. Impressionné, il n'avait pas pu s'empêcher de lui demander son âge : dix neuf ans. Elle n'avait qu'un an de plus que lui et possédait des diplômes qu'il n'espérait même pas avoir, tant ça lui demanderait de temps d'études. Nouvelle constatation : vive d'esprit, mais aussi cultivée et loin d'être une imbécile.

Arrivée en bas d'une sorte de maison. Un coup d'oeil plus attentif permettait de savoir que ce qui semblait être une grande maison dont la porte donnait directement sur la rue – au lieu d'avoir un portail et une petite cour – devait être une location, dans laquelle étaient construits plusieurs appartements. Elle avait sorti ses clefs et avait ouvert la porte. Il l'avait suivie.

« Suzakuuuuu !!
- Hm? »

Il lui faut un temps pour s'apercevoir que Shirley le secoue légèrement en le tenant fermement par les épaules. Rivaltz ricane dans son coin, Rollo et Lelouch observent la scène, un verre d'orangeade à la main.

« Bon sang, mais tu va arrêter de rêvasser en permanence?
- Désolé, je pense à... »

A quoi au juste? Il n'allait pas leur dire, non plus...

« Qu'importe, Suzaku ! Fais un peu attention à ce qu'on te dit ! T'écoutes rien... »

Aurait-il manqué un point important de la conversation pour qu'elle s'emporte ainsi? Peut-être avait-il manqué sa langoureuse déclaration d'amour envers son ancien ami, peut-être avait-il raté quelque chose... Mais il advint que ce n'était que parce que, une nouovelle fois, il n'avait pas entendu la question qu'on lui avait posée.

Lelouch décide d'en profiter pour le taquiner. Il est toujours amusant de voir Suzaku s'empêtrer dans des explications sans raisonnement, avec des rougeurs au niveau des joues trahissant sa gêne.

« Tu es certain qu'il n'y a aucune femme là derrière?
- Hein ? Mais... Mais non, pourquoi vous voulez absolument que...
- Ta façon de rougir pour un oui pour un non, Suzaku...
- C'est parce que vous m'embarrasser avec vos insinuat...
- Ce manque de concentration pourrait nuire à tes actes à venir. Que ferions-nous si l'un des Knight of Rounds, censés protéger l'Empire, se montre incapable d'agir? »

Le teint indigné que prend le jeune homme montre à Lelouch qu'il a touché là où il fallait. Indigné, le teint cramoisi, Suzaku gonfle les joues avant de se lever, fusillant son ancien ami du regard.

Il aurait des dizaines de choses à répliquer. Mais toutes comprometteraient la mission. Aussi se contenta-t-il de prendre la fuite à grands pas, sous les protestations des autres, qui accusèrent le prince déchu de cette ambiance mise en l'air.

Le chevalier avance à grands pas, et finit par monter sur le toit, Arthur sur les talons. Il s'assit, et prend le chat contre lui, lui caressant distraitement le crâne, comme il l'avait vue faire. Lelouch l'a énervé, avec ses propos. D'autant plus que rien ne prouve dans ces derniers qu'il ait retrouvé la mémoire. Et ça, ça l'énerve. Allez, calme-toi... Pense à autre chose, vieux, ça te fera du bien.

Elle est jolie. Pas belle, non. Belle, c'est un mot trop vulgaire pour qualifier ce qu'il a sous les yeux. Non, elle est de ces femmes qu'on dit mignonnes, jolies. Belles... Décidément, ça n'irait pas. Un pâle rayon de lune entre dans le couloir par une fenêtre. Elle vient de mettre la clef dans la serrure, et d'entrouvrir la porte de son petit studio. Ca prouve qu'elle n'a plus le soutien de ses parents pour vivre. Elle doit se débrouiller par elle-même. Elle a sans doute un petit boulot, quelque part, en ville... Il devrait le lui demander à l'occasion.

Elle vient de tourner son visage vers lui, petit sourire aux lèvres. La rose, dans ses cheveux, commence doucement à fâner. Ca donne un air plus sérieux à son visage, mais aussi plus serein. Une comparaison frappe le jeune homme : ça lui donne des airs d'une personne condamnée par la maladie, qui attend le soulagement de la mort, avec l'espoir de guérir. Mais il chasse très vite cette pensée qui n'a rien à faire là.

Son regard à elle s'est détourné. Le silence est gênant, c'est le moment de se dire au revoir, mais on ignore comment, exactement. Doivent-ils se faire la bise? Se dire de but en blanc au revoir? Lui-même, si peu expérimenté dans le domaine, sent ses mains devenir moites. Il ne sait vraiment pas quoi faire, et a l'impression qu'elle attend de lui un premier pas.

Le calme ambiant se prolonge. Puis, une main frôle la sienne. Il frémit. Il a hésité à lui prendre la main pendant une bonne partie du trajet, et regrette de ne pas avoir tenté sa chance.

La suite se déroule très rapidement. Elle prend l'initiative, saisit sa main et vient lier ses lèvres aux siennes. Lui se raidit, mais ferme les yeux. Il n'a pas le temps d'en profiter, ni de le prolonger. Elle s'est déjà retirée et, avec un clin d'oeil, lui souhaite une bonne soirée. La porte se referme.

Il reste bien deux minutes, à contempler le panneau de bois, à lutter contre lui-même pour ne pas entrer. Elle l'a embrassé suffisamment pour qu'ils soient d'accord sur la tournure que prenait leur relation. Et assez pour qu'il s'en ressente frustré et ait l'impatience du prochain. Dans sa main, il sent qu'elle a glissé un bout de papier. Il le froisse et le met dans une poche, sachant qu'il s'agit de son numéro de téléphone. Il sourit finalement et se détourne, sort dans la rue fraîche, où souffle un vent doux. Un visage, derrière la fenêtre ouverte. Elle le regarde. Ils sont à moins d'un mètre l'un de l'autre, juste séparés par la hauteur.

« D'abord les mots, puis les gestes,
D'abord les yeux, puis les mains, enfin les lèvres. »

Elle a dit ces mots avec un naturel surprenant et ferme sa fenêtre, tire les rideaux. Suzaku hausse un sourcil et reprend sa route, en se demandant si elle a trouvé ces vers dans un recueil, ou si elle les a inventé elle-même.

Suzaku esquisse un sourire malgré lui, la main toujours dans le pelage de son chat. En fait, il ne regrette rien dans cette soirée. Non, pas même ce vague regret qu'il avait eu de ne pas lui prendre la main. Non, tout avait été parfait... Ou plutôt, idéal dans son imperfection.

Son portable sonne. Arthur crache et prend un des doigts de son maître pour le mordre. Un grognement de douleur plus tard, le chevalier a décroché.

« Suzaku ? C'est urgent, nous devons te voir au plus vite au siège gouvernemental !
- Mais, Cecil, le gouverneur n'arrive que dans deux jours !
- Ca ne concerne pas le gouverneur, Suzaku ! Dépêche toi, nous devons en parler au plus vite ! »

Cecil a raccroché, laissant le jeune homme perplexe. Zero aurait-il fait un nouveau mouvement? Impossible, il était encore en bas avec le groupe, et il l'avait eu à l'oeil toute la journée. Alors quoi? Va savoir, mon vieux... Le jeune homme se lève et porte un instant son regard sur le ciel dégagé. Là, maintenant... Il aimerait pouvoir la tenir dans ses bras.


Voilou Je quémande encore de la review, parce que j'ai bonne espoir qu'une âme charitable voudra bien m'en céder... pleeeeaaase...