Les personnages ne m'appartiennent pas, je ne touche pas d'argent en écrivant cette histoire.

Chapitre2

J'attendais depuis maintenant quelques minutes et je commençais à perdre patience...

« Putain de gonzesse », lâchai-je tout en mordillant la peau de mon pouce.
Depuis quand je fais ce qu'une fille me demande ?! Putain si Merle était là ... Non, il n'était pas là, mais je l'entendais très clairement me dire : Alors p'tit frère, on écoute les femmes maintenant? Je soupirai, Bordel de merde voila que je me parle tout seul, pensai-je.
Lors d'un énième soupir la jeune fille sortit, elle avait un jeans, un gros pull en laine rose pale et des baskets noires.

Oh putain, pensai-je. Bon reprends-toi... C'est vrai qu'elle est belle mais tu ne vas pas baver non plus.


Je sortis de la chambre au bout de quelques minutes. L'homme à l'arbalète était la, je l'avais entendu faire les cents pas et je m'attendais à ce qu'il hurle, mais il ne dit rien. Quand il se tourna vers moi, je le vis me dévisager quelques secondes avant de reprendre un visage grave.
« Putain on a pas dix ans qu'est-ce que tu foutais ?! »
Il avait dit cette phrase calmement un peu comme un murmure mais quel que soit le ton qu'il pouvait prendre, l'effet aurait été le même, cet homme m'effrayait au plus haut point. Mais il est quand même pas mal foutu...

Reprends-toi merde, il a voulu te tuer et tout ce à quoi tu penses c'est son physique... Il me regardait dans les yeux ce qui eut pour effet de me faire baisser les yeux et trembler légèrement.
Lorsque je relevai les yeux une nouvelle fois, ce Daryl m'observait encore, mais son regard était tourné vers mes poignets qui, dépassant légèrement du pull, laissaient apercevoir des cicatrices. Par réflexe, j'abaissai les manches pour les cacher, gênée mais également humiliée qu'un inconnu les voie de cette façon.
Il dut le remarquer car il fronça légèrement les sourcils avant de partir hâtivement en direction de la sortie.


J'attendais, tendu au volant de la voiture, pensant à ma femme et à mon fils, je ne pouvais m'empêcher de lancer de petits regards en direction de l'hôpital. Bien que jamais je ne l'avouerais j'étais soucieux, après tout on allait ramener avec nous une patiente peut être dangereuse. Mais d'un autre coté cette fille avait l'air réglo... Lorsque je m'étais retrouvé près d'elle, elle semblait effrayée, bien plus que moi et c'est peut être ça qui m'inquiétait.

Cette fille a eu peur de nous alors qu'elle côtoie de dangereux psychopathes...
« Je la sens bien cette fille ! » T-Dog avait murmuré cette phrase entre deux soupirs de douleur. Sa blessure n'était pas grave mais il fallait qu'il se fasse soigner et au plus vite, ce n'était vraiment pas le moment pour qu'il chope une infection.
« Vraiment ? » Je regardais toujours vers la sortie mais je savais pertinemment qu'il souriait.
« Toi aussi, sinon jamais tu ne l'aurais emmené avec nous » répondit T-Dog. Je le regardai et hochai la tête pour le pousser à continuer, « C'est une patiente, ça on le sait tous mais tu as vu comment elle s'occupait des autres malades... On a aussi vu ses cicatrices, c'est peut être pour cela qu'elle à été enfermée. Et tu as bien vu comment elle a eu peur de nous, si cette fille n'est pas dangereuse je me sentirais vraiment mal de la laisser dans ce genre d'endroit, et ce n'est pas comme si elle avait quarante piges, c'est une gamine ça se voit. » Il fit une pause « Juste une gamine un peu perdue... »


Je suivais cet homme qui marchait rapidement, plantant de temps à autres des flèches dans la tête des patients qu'on rencontrait. On repassa devant le bureau du directeur, bureau dans lequel j'avais récupéré mon dossier un peu plus tôt et je ne pus m'empêcher de penser à lui, à la promesse que je lui avais faite...

Je suivais une infirmière, longeant les couloirs, croisant certains patients et certains membres du corps hospitalier. Je n'étais pas dangereuse et ça tout le monde le savait, je parlais régulièrement avec les infirmières, les psychiatres qui me posaient à chaque fois la même question, à savoir « Pourquoi je ne sors pas » et à chaque fois je sortais la même réponse... J'étais dans cet hôpital de mon plein gré, ça peut sembler idiot mais je suis effrayée par le monde qui se trouve en dehors de ces murs. J'arrivai devant le bureau, j'entrai et me mis à sourire. La pièce était éclairée par le beau soleil qui se trouvait dehors, des fleurs trônaient dans un vase et il y avait toujours de la musique classique en fond. Cette pièce était chaleureuse et accueillante. Mark (le directeur) m'invita à m'asseoir. Ce jour-là il arborait comme toujours un magnifique sourire mais pour la première fois dans ses yeux on pouvait lire de la peur. Il nous servit un thé, rituel que nous avions et il m'expliqua.
Il m'expliqua comment le monde était parti à la dérive, comment les hommes revenaient d'entre les morts tout en ayant perdu leur conscience, autant dire leur âme. Il m'avait dit combien il était fatigué de tout cela, comment tout le personnel avait donné sa démission, le fait que demain il n'y aurait plus personnes pour s'occuper des patients, patients pour lesquels il avait consacré sa vie. Les jours qui suivirent, il m'apprit tout ce qui fallait savoir, quelles pilules pour quels patients, tenir le registre, les faire sortir dans la cour chaque jour. Mark durant les deux années ou j'étais sa patiente était devenu comme un père, d'ailleurs il me présentait comme sa fille, alors lorsque je l'ai retrouvé mort, un flingue dans une main, une lettre dans l'autre j'ai continué à m'occuper de l'hôpital, à mettre des fleurs dans le vase, à ouvrir la fenêtre et mettre de la musique. Je tournai le fauteuil, incapable de le sortir, parlant tous les jours à un fauteuil retourné le suppliant de me dire quoi faire...

Je m'arrêtai soudainement , les larmes perlant mon visage. Pourquoi je faisais ca ?! Pourquoi est-ce que je suivais cet homme que je ne connaissais pas ? Pourquoi les suivre ? Pourquoi voulaient-ils que je vienne avec eux ?
Je n'eus pas le temps de continuer qu'une main s'empara de la mienne et me tira vers l'entrée du bâtiment. Je relevai la tête, ce garçon, ce certain « Daryl » me traînait, un air agacé sur le visage.

« C'est pas joli une fille qui pleure. »

Il ne me regardait toujours pas, mais je compris que c'était sa manière à lui de réconforter quelqu'un, idée qui me fit sourire.


« C'est pas joli une fille qui pleure. » Je n'avais pas réfléchi, cette phrase était sortie toute seule ce qui m'étonna.
Voila que j'étais gentil avec elle, ca peut ressembler à une insulte mais c'en était pas une, même si au fond de moi j'espérais qu'elle le prenne comme telle. Je tournai rapidement la tête vers elle et vis son sourire. « Putain c'quelle est belle ! » pensais-je avant de me reprendre subitement et de continuer ma route sans pour autant lâcher sa main.
Qu'est-ce qui m'arrive putain, si Merle était là il me traiterait de pédale, de lâche... Quoi que non, le connaissant il me dirait de sauter sur l'occasion, de me la taper et de la laisser là. Imaginer mon frère dire ça me fit sourire, un tout petit sourire, mais assez grand pour que cette gamine s'en rende compte.
Elle me regardait étrangement, après tout je venais de sourire sans raison apparente, « Arrête de rigoler pour rien, elle va te prendre pour un fou... quoi qu'elle ne se sentirait pas dépaysée ! » songeai-je, souriant de plus belle.
On arriva à l'entrée et je vis la p'tite hésiter, c'est vrai après tout depuis combien de temps n'était elle pas sorti dehors ?! Presque inconsciemment je serrai un peu plus sa main et la traînai à l'extérieur.


Daryl m'emmena dehors, je ne comprenais pas cet homme, un moment il veut me tuer et quelques minutes plus tard il me tient la main... Il me traîna jusqu'à une voiture ou les deux autres hommes attendaient patiemment, elle il me fit rentrer dedans.

L'homme noir semblait souffrir mais arborait un sourire malicieux en regardant Daryl, et l'autre au volant me scrutait. Il resta quelques bonnes minutes à m'observer avant d'allumer le contact et de démarrer en trombe.

« Vous avez croisé des rôdeurs? » lança le conducteur tout en me lâchant un regard sympathique, il voulait ouvrir une discussion avec moi mais ce fut le beau mec, enfin Daryl qui répondit à ma place.

« Non que des patients pourquoi ?! » et en voyant le regard exaspéré du shérif il rajouta, « Elle parlera pas, elle n'a pas dit un mot... »
« Tu lui fais sans doute peur ! »rajouta le blessé tout en me lançant un clin d'œil ce qui me fit sourire.
Le voyage ne fut pas long avant d'arriver chez eux, ou comme Daryl l'appelle « C'te putain de prison ».


Placé au volant, je lançais de temps à autre quelques regards à la nouvelle, une question me brûlant les lèvres...
« Comment tu t'appelles ? » dis-je doucement, en espérant vraiment quelle me répondrait.
Elle me regarda longuement, puis se tourna vers mes deux acolytes qui répétaient des prénoms au hasard espérant trouver le bon.
Ils continuèrent tout le trajet et je me pris également au jeu, ce qui nous étonna fut d'arriver à la prison sans le trouver. La fille, dont on ne connaissait toujours pas le prénom, se détendit un peu, j'ai même pu apercevoir un petit sourire lorsque Daryl agacé de ne pas trouver la prénomma « Patrick ».
Glenn et Carl nous ouvrirent de grands sourires aux lèvres. Sourires qui disparurent en apercevant la nouvelle.
« T'es qui toi ?! »Avait lancé Carl à l'inconnue.

Comme je m'y attendais elle ne répondit pas, je lui fis donc signe de nous suivre chose qu'elle fit.

Enfin elle suivait Daryl mais je ne pouvais pas lui en vouloir elle avait passé plus de temps avec lui, elle ne devait plus le considérer comme une menace. Je regroupai tout le monde tandis que le chasseur emmenait notre invitée dans une cellule.


J'emmenai « Patrick » dans une cellule pour que l'on puisse décider de son sort, enfin décider... Si Rick la ramenait c'était qu'elle restait, mais il préférait parler avec les autres sans doute pour les rassurer.
Arrivé à une cellule, je la regardai pour voir si elle était effrayée, et à ma grande surprise elle rentra dans la cellule sans broncher.
Après réflexion ça peut paraître logique, elle avait vécu dans un hôpital psychiatrique.
Je restai planté comme un con tandis qu'elle s'asseyait tranquillement. A ce moment-là, je n'avais aucune envie de partir. Lorsqu'elle me lança un regard, je me tournai vers la sortie et lui lançai : « Je reviens te chercher après Patrick. »
J'étais presque sorti de la cellule lorsque mon bras fut arrêté.

Elle avait un stylo dans une main. Elle prit ma main et sur la paume écrivit quelque chose avant de retourner s'asseoir.
Je partis précipitamment sentant l'envie de lui sauter dessus en oubliant même de fermer la cellule.
La sentir près de moi m'avait fait plus d'effet que prévu...

Arrivé au milieu d'un couloir je m'arrêtai, me rendant compte que je n'avais pas lu ce qu'elle avait écrit. Sur ma main était écrit au stylo un seul mot : « Noé ».