Pardon pour ce retard inexcusable, mais entre les fêtes et la reprise des cours, je n'ai pas eu une seconde à moi. Mais me revoilà en vous promettant de poster la suite bien plus rapidement.

Je n'ai pas le temps de répondre aux reviews, mais je le ferais la prochaine fois. Je vous remercie malgré tout pour vos encouragements, ils m'ont réchauffé le cœur.

Sans plus attendre, voici le second chapitre.


Chapitre 2

La nuit du match de football arriva et après une brève prestation de l'hymne de l'école, je passais le reste de la soirée assis dans les gradins.
Nom de Dieu ! La tenue de football sied parfaitement à Arthur. J'en bavais presque, le contemplant dans son uniforme rouge et or, son maillot étroit laissant transparaître sa fine musculature et son short faisant ressortir le galbe parfait de ses fesses.
Purée...me renfrognais-je, j'aurais du prendre mes jumelles.

Dès que le match fut terminé (nous gagnâmes, bien entendu), je montais sur mon vélo rouillé et rentrais rapidement à la maison. Là bas, je boudais dans mon coin en écoutant de la musique. Je réalisais soudain quelque chose. Mes sentiments pour Arthur étaient en train d'évoluer. Je ne le voyais plus comme un beau gosse sans cervelle, il commençait sérieusement à me plaire. Je veux dire, soyons honnête, je passais la moitié de mon temps à l'admirer et l'autre moitié à foudroyer sa petite amie du regard. Je vous laisse deviner que, comme par hasard, cette dernière, Sophia, était à la tête des pom-pom girl.

« Merde », je soufflais à haute voix.

C'était juste cruel qu'entre tous, j'ai un faible pour Arthur ''Putaindeparfait'' Pendragon. Le problème n'était pas uniquement qu'il était hétéro. Bon oui, j'avoue que ça jouait beaucoup. Il était le plus hétéro des hétéros, mais même s'il ne l'avait pas été, il serait demeuré totalement et irrémédiablement inaccessible.
Je vous le donne en mille, devinez ce que le petit loser gay accidentellement-accro-au-capitaine-de-football que je suis fit pour remédier à cette déprimante révélation?
Indubitablement, je suis intelligent, mais parfois, je peux être un vrai imbécile...
Donc, je me rendis au rez-de-chaussée puis cambriolais la cuisine d'une tablette entière de chocolat et d'une bouteille de vodka, avant de me saisir d'un carton de jus d'orange dans le frigo et de me retirer dans ma chambre.

Une demi-heure, une moitié de tablette et le quart de la bouteille de vodka plus tard, je me retrouvais à écouter de la musique à fond, dansant autour de ma chambre uniquement vêtu d'un tee-shirt et d'un boxer noir. Tout cela avec mes rideaux grands ouverts.

Stupide !

Mais j'imaginais qu'Arthur n'allait certainement pas rentrer chez lui avant un bon moment, parce qu'il serait dehors en train de fêter sa victoire avec ses potes et... elle. De plus, j'étais certain qu'il ne voudrait plus me parler après mon échec de la dernière fois. Donc, je n'avais pas jeté un seul regard en direction de sa fenêtre, la mienne étant grande ouverte pour me permettre de profiter de l'air frais de la nuit pendant que je dansais.
Je poussais un petit cri lorsque l'une de mes chansons préférée passa à la radio.

You Belong With Me – Taylor Swift.

Ce qui, quand on y pense bien, était plutôt amusant étant donné que c'était exactement ce qui était en train de se produire entre Arthur et moi... enfin, pas totalement. Oui, l'étrange correspondance que nous entretenions rappelait beaucoup les événements relatés dans le clip de la chanson, mais ça s'arrêtait là.
Oh et puis de toute façon, j'étais biiiieeeen trop saoul pour penser clairement alors que je commençais à chanter, ma souris sans fil en main, imitant la star de la country. Balançant mes hanches au rythme de la musique, je m'amusais comme un fou en mimant les paroles quand soudain, mes yeux se posèrent involontairement sur la fenêtre d'Arthur. Son bloc était posé contre sa fenêtre aux volets grands ouverts. Une vague de terreur me figea sur place.

Putain... Il m'avait vu dansé comme un abruti. Sur Taylor Swift qui plus est. Fuck My Life.

Prenant mon courage à deux mains, ainsi que ma paire de jumelle, je lus le message :

TU AS L'AIR HEUREUX QUAND TU DANSES

Et puis merde, je m'en foutais, j'étais saoul après tout. Mais entre toutes les choses qu'il aurait pu dire, pourquoi avoir écrit cela ?
Je me glissais donc dans mon lit presque immédiatement après cet indicent, mon trip était mort de toute façon et je décidais d'oublier l'étrange message d'Arthur jusqu'au lendemain.

Samedi, je fis mes devoirs, rédactions et étudiais pour un test. La soirée arriva et je m'assis à ma fenêtre, attendant Arthur pendant plus d'une heure. Il ne vint pas. Pas de trace de lui dimanche soir non plus. J'étais complètement et amèrement déçu, j'en étais presque arrivé à penser que nous étions amis (même si mes attentions à son égard étaient bien plus qu'amicales).
Il ne réapparut pas à sa fenêtre avant le mardi de la semaine suivante. J'avais déjà presque abandonné mon habitude de jeter un œil à sa fenêtre dans l'espoir d'apercevoir un nouveau message, le moindre signe de vie, et lisais dans ma chambre.

Presque...

Et je vis soudain une ombre s'asseoir dans l'interstice des ses volets à moitié fermés. Il ne les ouvrit pas. Il pleurait à nouveau, je le savais et cela me brisa le cœur de savoir que je ne pouvais rien faire pour y remédier.
Cinq minutes plus tard, les persiennes s'écartèrent doucement pour révéler le visage gonflé de larmes de ce jeune homme pour qui mes sentiments ne cessaient de grandir. Et ce fut cette nuit que tout changea entre nous, la nuit où nous devînmes de vrais amis, la nuit où je tombais irrévocablement amoureux d'Arthur Pendragon.

Nous restâmes accoudés à nos fenêtres jusqu'aux premières lueurs de l'aube. Il me révéla la raison de ses pleures. Son père était, en surface, un homme d'affaire à succès extrêmement influent, mais sous cette apparence, c'était un alcoolique abusif qui blâmait Arthur pour la mort de sa mère. Son père le haïssait et Arthur ne le supportait plus. Voilà pourquoi parfois, ne pouvant contenir sa frustration et sa peine, il éclatait en sanglots.
Il ne fut pas le seul à se dévoiler. Je lui avouais de mon côté pourquoi je me sentais si minable. Mon raisonnement sembla néanmoins le faire rire.

JE NE PENSE PAS QUE TU SOIS UN LOSER

Il ajouta :

TU ES PROBABLEMENT MON MEILLEUR POTE ET JE NE T'AI JAMAIS ADRESSE LA PAROLE

Je souris tristement en guise de réponse. C'était vrai, Arthur savait plus de choses à propos de moi que tous mes autres amis réunis. Notre amitié secrète était, à mes yeux, pure et magnifique parce que personne d'autre ne savait. Et si Arthur le désirait, personne n'avait besoin de savoir. Mais j'avouais éprouver l'envie désespérante de pouvoir lui parler au lycée. Je voulais entendre sa voix me confesser toutes ces choses dont nous parlions le soir à travers nos fenêtres.
J'écris donc, hésitant :

TU CROIS QU'ON POURRAIT ?

TU ES LIBRE SAMEDI ?

J'avalais nerveusement ma salive. Allais-je réellement passer la journée avec Arthur ?

OK. ON VA OU ?

VIENS AVEC MOI A LONDRES

Oh mon Dieu ! J'allais aller à Londres avec Arthur, et nous serions SEULS. J'étais sur le point d'avoir une attaque cardiaque.

ON Y FERAIT QUOI ?

STP, dis 'on fera l'amour comme des ados en chaleur'. STP, dis 'on fera l'amour comme des ados en chaleur'.

JE DOIS ACHETER DES BOUQUINS. ON POURRAIT Y DÉJEUNER.

Crotte...

OK. JE DOIS ACHETER UN NOUVEAU BLOC A DESSINS...

Avant qu'Arthur n'ait eu le temps de répondre, son portable sonna. Il me fit signe qu'il revenait tout de suite. Je le regardais à travers mes jumelles alors qu'il décrochait. Au début, il semblait heureux de parler à son interlocuteur, quel qu'il soit, mais très vite, son expression souriante se transforma en une grimace tempétueuse. D'après ce que je pouvais voir, son échange cordial devint un match de cris. Finalement, il poussa un profond soupir et regarda son portable piteusement. On venait de lui raccrocher au nez.
Presque immédiatement, il fut de retour à sa fenêtre et sans que j'eus besoin de lui demander, il leva un nouveau message à mon intention.

DRAME DE FILLES... *SOUPIR*

JE NE PEUX PAS SAVOIR

Cela le fit rire. Il me gratifia d'un sourire qui faillit me faire tomber de ma chaise. Purée... J'étais totalement foutu. Comment étais-je supposé passer une journée entière en sa seule compagnie sans au moins tenter un attouchement inapproprié ?
Arthur ajouta:

JE SAIS QUE TU ES VIERGE, MAIS TU AS DÉJÀ EMBRASSE QUELQU'UN AU MOINS ?

Je ne pouvais que remarquer que sa question n'impliquait aucun genre. Putain, il sait que je suis... Merde.
Je devais vite penser à une réponse quelque peu spirituelle pour cacher mon embarras.

JE SUIS AUSSI PUR QUE LA NEIGE

Purée, bon, s'il doutait que j'étais gay, maintenant je venais de le lui confirmer.
Je marmonnais dans ma barbe « Merde, Merlin, tu parles d'une réplique spirituelle – c'était surtout putain de mièvre ».
Je ne pouvais décemment pas continuer à lui parler si la conversation m'entraînait sur un terrain si glissant. Cela rendrait les choses bien trop embarrassantes samedi. De plus, je ne voulais pas que le mec sur lequel je craquais soit le premier à savoir que je suis gay.

JE DOIS Y ALLER. ON SE VOIT DEMAIN. BONNE NUIT

Je n'attendis pas sa réponse.


Votre avis ?

A très bientôt.