Voilà le nouveau chapitre, vous allez savoir ce qui s'est passé au hueco Mundo entre Gin et Tôsoshirô.
En partie car le chapitre devenant plus long que prévu je l'ai coupé en deux. Voilà la première partie.
Bonne lecture.
Bises.
CHAPITRE 2.
Partie 1.
Tout Las Noches était en révolution. La forteresse était soumise au siège des shinigami depuis plusieurs semaines mais ça ne semblait pas inquiéter Aizen plus que ça. Il avait une confiance inébranlable en l'invincibilité de sa forteresse. Bien que plusieurs espada soient déjà mort, comme Aaronierro Alieri, Szayel ou Zommari, pour ne citer qu'eux, le maître de Las Noches s'obstinait à rester calmement tapi derrière les murs du château. A l'en croire, les shinigami seraient morts d'épuisement avant d'avoir pu ouvrir la moindre brèche dans les murs.
Tôsen était plus inquiet, lui. Il passait la majorité de son temps dans la salle de surveillance à observer les moindres mouvements des shinigami. Gin n'avait pas cette inquiétude mais il s'efforçait à prendre un air inquiet dés qu'il croisait quelqu'un dans les couloirs. Son seul problème pour le moment c'était de savoir quand les shinigami décideraient de passer à l'attaque et comment il parviendrait à leur ouvrir les portes des la forteresse. Il en avait assez de cette situation et ne rêvait plus que d'une chose: retourner au Seireitei auprès de tout ceux qui comptaient pour lui. Il était anxieux cependant. Il savait parfaitement que plus l'assaut approchait, plus il risquait d'être démasqué. Il n'avait pas du tout l'intention de mourir ici.
Quand il entra dans la salle du trône, Gin ne fut pas surpris d'y trouver Aizen en grande conversation avec Tôsen. Encore une fois, l'aveugle essayait de convaincre son maître de lancer une offensive contre les shinigami menant le siège. Gin savait qu'une bataille avait lieu en ce moment même entre quelques arrancar menés par Hallibel et un groupe de shinigami qui avait essayé de s'introduire dans la forteresse en passant par des souterrains presque impraticables. L'espada avait reçu l'ordre de repousser l'assaut et de condamner ce passage.
- Du calme Kaname, ordonna Aizen. Las Noches existe depuis longtemps, ce n'est pas une poignée de shinigami qui va la faire trembler. N'oublie pas que dehors les shinigami doivent combattre la chaleur, la sécheresse et les hollow sauvages, tout en essayant de trouver un moyen d'entrer ici. Le désert s'occupera d'eux en quelques semaines. Et si le désert n'est pas suffisant, les escarmouches avec les arrancars achèveront les derniers survivants. Tu n'as pas à t'inquiéter. Le Seireitei sera à genoux devant nous avant que Las Noches ne cède devant les shinigami.
Le noir ne semblait pas du tout rassuré par cette tirade.
- Regardes Gin, continua Aizen. Il n'a pas peur lui, n'est-ce pas.
Gin se força à afficher son sourire le plus sinistre sur son visage. Il commençait à être sérieusement fatigué de sourire comme ça tout le temps.
- Nan, pas du tout, fit-il, simplement.
Tôsen n'accorda aucune attention au nouvel arrivant.
- Mais Aizen-sama, les shinigami mènent un assaut dans le secteur douze en ce moment même, et ils sont aussi sur le point d'attaquer les secteur vingt-trois et quarante-quatre. Ils finiront bien par trouver une faille.
- Quand bien même ils en trouveraient une, le temps de rassembler leurs troupes dans ce secteur et nous aurons déjà eu le temps de condamner tous les accès à ce secteur. Ils n'entreront pas.
Gin en avait assez de cette discussion déprimante, il voulait que les shinigami entrent une bonne fois pour toute mais visiblement le Vieux n'avait pas encore donné l'ordre d'attaquer la forteresse. Il commençait à en avoir vraiment assez de cette situation. Il avait ses amis à portée de la main, il pouvait même les voir depuis les remparts de la forteresse mais le Vieux lui refusait encore la joie de les revoir. Il préférait attendre que Gin ait mis la main sur le Hogyoku pour lancer l'assaut. Mais ça pouvait durer encore longtemps. Il ne savait pas où se trouvait la pierre, Aizen la changeait de place chaque jour et la forteresse était immense, c'était comme chercher une aiguille dans une botte de foin pour lui. Gin poussa un soupir, il devait trouver le Hogyoku et vite, s'il voulait rentrer chez lui.
Gin allait quitter la salle du trône lorsque la porte s'ouvrit en grand devant lui, laissant passer Hallibel et ses trois Fracciones. Le coeur de Gin fit un bond lorsqu'il vit que deux des filles traînaient un corps derrière elles. Ses cheveux blancs étaient brunis par le sang coagulé mais il n'y avait pas de doute, c'était Hitsugaya!
- C'est fait, Aizen-sama, annonça l'espada. Les souterrains ont été détruis, les shinigami ne passeront plus par là.
Un sourire satisfait apparut sur le visage de Aizen.
- Et que m'amenez-vous là?
- Il a dit qu'il était capitaine, fit Hallibel en jetant un coup d'oeil à Hitsugaya. J'ai pensé que vous voudriez peut-être l'interroger.
- Tu t'es trompé Hallibel, je n'ai rien à faire d'un shinigami, capitaine où pas. Tue-le.
- Non!
Gin ne comprit que c'était lui qui avait crié que quand il vit les regards se tourner vers lui. Il se hâta d'afficher un sourire de conspirateur sur son visage en essayant d'ignorer les battements de son coeur dans sa poitrine. Il réfléchit à toute vitesse pour trouver une explication à son intervention.
- Si t'en as à rien à faire, je vais le prendre moi, fit-il. Tu vois, je m'ennuie vraiment en ce moment et je serais pas contre un peu d'amusement.
Aizen le fixa un instant et Gin parvint à maintenir son air sadique sur son visage.
- D'accord, concéda Aizen d'un ton dédaigneux. Mais s'il cause le moindre problème, tu devras le tuer toi même.
- D'ac, d'ac, fit Gin en souriant toujours.
Il se dirigea vers Hitsugaya et l'empoigna par la peau du dos pour le jeter sans ménagement sur son épaule. Le jeune shinigami laissa échapper un cri de douleur qui amena un sourire mauvais sur les lèvres de Aizen. Gin se dirigea vers la porte. Aizen ne fit aucun geste pour l'en empêcher.
- J'emmène le petit dragon dans sa nouvelle cage, chatonna-t-il.
Il fit suivre sa phrase d'un ricanement à glacer le sang.
Une fois que la porte se fut refermée derrière lui, Gin laissa échapper un soupir de soulagement et son sourire sadique s'effaça de son visage. Il se hâta de regagner ses quartiers avant que quelqu'un ne le voit. Une fois chez lui, il déposa Hitsugaya sur la table et se rendit à la salle d'eau. Il en revint deux minutes plus tard avec une bassine d'eau tiède, une éponge, des serviettes et des bandages. Il posa le tout sur la table près de Hitsugaya et entreprit de déshabiller le gamin. Son torse musclé portait divers trace de coups et de blessures mais rien de vraiment sérieux. Gin nettoya soigneusement le sang à l'aide d'une serviette humide avant de commencer à retirer le hakama du shinigami. Hitsugaya poussa alors un cri de douleur qui le fit sursauter. Le gamin s'agita pour échapper à la douleur. Comprenant qu'il devait souffrir d'une blessure qu'il n'avait pas encore vu, Gin tira Shinsô de son fourreau et s'en servit pour découper le tissus. Il ne trouva rien sur sa jambe gauche. En revanche, il ne put retenir un hoquet de surprise quand il vit la droite.
L'angle étrange qu'elle formait indiquait sans conteste qu'elle était fracturé au niveau du milieu du tibia et du péroné et les os bisés avaient percé sa peau et déchiré ses chairs pour ressortir de deux ou trois centimètres. Il manquait une bonne partie de sa cuisse, comme si une mâchoire lui avait arraché un morceau de muscle et son mollet portait aussi des marques de morsures. Du sang s'écoulait à flot des blessures.
- Hitsu-chan, soupira Gin. Mais qu'est-ce qu'elles t'ont fait ces sorcières?
S'emparant d'une serviette propre, Gin commença à nettoyer la jambe estropiée du jeune shinigami à geste doux. Cependant, Hitsugaya poussa des cris de souffrance dès que les mains de Gin le touchèrent. Ces cris déchirèrent le coeur du jeune homme qui ne suspendit pourtant pas ses soins.
- Je sais, je sais ... Mais c'est pour ton bien, Hitsu-chan. Tu me remercieras plus tard.
Il nettoya soigneusement les plaies et eut du mal croire ce qu'il voyait. Les blessures étaient incroyablement profondes et étendue. Il n'y avait aucune chance qu'il parvienne à les soigner avec ses compétences en kido curatif. Il doutait même que Unohana puisse y parvenir elle même. L'espace d'un instant il maudit ce fichu rouquin d'avoir ramené la gamine dans le monde des humains. Elle aurait peut-être pu aider Tôshirô, elle.
- Tu n'as pas de chance, on dirait, Hitsu-chan.
Gin plaça les mains au dessus de la jambe estropiée et invoqua le sort curatif le plus puissant qu'il connaissait. Ça allait être long.
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Hitsugaya reprit lentement connaissance. Son esprit était encore embué mais il sentait clairement la douleur qui ravageait son corps. Il ouvrit les yeux mais la lumière qui l'entourait l'aveugla et il cligna des paupière tandis des larmes coulaient sur ses tempes. Quand il se fut habitué à la luminosité des lieux, il regarda autour de lui. Blanc! Du blanc partout. Murs blancs, plafond blanc, sol blanc, même le baldaquin et les draps du lit étaient blancs.
Un minute! Un lit? ...
Hitsugaya se redressa un peu pour regarder autour de lui et ce simple geste provoqua une telle douleur dans son corps qu'il se laissa retomber sur les oreillers en gémissant. Il était allongé dans un lit, dans une chambre qui ne ressemblait pas vraiment à une prison. Il était surpris d'être encore en vie. A la façon dont ces trois femelles arrancars jouaient avec lui, il était certain d'y passer. Pourquoi était-il toujours en vie? Aizen se mettait son zanpakutô dans l'oeil jusqu'à la tsuba s'il croyait qu'il allait lui donner des informations sur les plans de batailles des shinigami. Plutôt mourir.
La porte de la chambre s'ouvrit et Gin, attiré par les gémissements de son invité, entra sans faire de bruit. Hitsugaya se tourna vers lui et le transperça d'un regard mauvais. Loin de se laisser impressionner, Gin s'approcha du lit en trottinant.
- Tu es réveillé à ce que je vois.
- Ichimaru, grogna le gamin.
D'un mouvement rapide pour quelqu'un dans son état, il repoussa les couvertures et bondit sur le supposé traître pour l'étriper à mains nues. Mais sa jambe blessée le trahit aussitôt que son pied droit se posa sur le sol et il s'effondra en hurlant. Il serra les deux mains sur sa jambe mutilée en gémissant.
- Qu'est-ce que tu peux être impulsif, Hitsu-chan. Si tu m'avais laissé le temps de parler j'aurais pu te dire qu'il valait mieux éviter de te lever pour le moment.
Gin s'approcha et se pencha pour prendre Hitsugaya dans ses bras. Le gamin essaya de lui échapper en se débattant comme un démon.
- Ne me touche pas, gronda-t-il en foudroyant Gin d'un regard féroce malgré la douleur qu'on pouvait voir dans ses yeux.
Sans tenir compte de l'ordre, Gin souleva le gamin dans ses bras et le déposa dans le lit.
- Qu'est-ce que tu ne comprends pas quand je dis pas touche! Fit Hitsugaya en se débattant.
- Tu vas te calmer, oui!
D'une main Gin le plaqua contre le matelas et le fixa de ses yeux ouverts. La vision de ses yeux bleus si intense cloua le gamin sur place. Hitsugaya cessa de s'agiter.
- Bien, fit Gin. Maintenant écoutes moi bien parce que je ne dirai ça qu'une seule fois. Tu es prisonnier à Las Noches. Mon prisonnier, ce qui aurait pu être pire, mais bon, là n'est pas le problème... Las Noches, c'est la forteresse où Aizen règne en maître absolu et justement Aizen ne tient pas à t'avoir dans ses jambes et il est prêt à te tuer à la moindre alerte. Sans compter tout un tas d'arrancar complètement cinglés qui ne rêvent que de faire de toi leur prochain casse-croûte, s'il ne te font pas subir autre chose avant. Tu ferais donc mieux de te faire oublier le plus longtemps possible. Fais toi tout petit, ne pose pas de questions idiotes et je pourrai peut-être te protéger.
Le gamin le fixa avec une stupéfaction presque risible.
- Autre chose maintenant, soupira Gin. Ta jambe droite à été très abîmée durant ton combat. A tel point que je n'ai pas pu la soigner entièrement. J'ai réussi à remettre tes os cassés en place mais c'est insuffisant, j'en ai peur. Il te manque aussi la majeur partie des muscles de la cuisse et du mollet. Il y a peu de chance que tu puisses remarcher correctement.
Hitsugaya le fixa d'un regard incrédule, ce qui n'empêcha pas Gin de continuer.
- Mieux vaut que tu restes allongé dans mon lit encore un moment.
- Dans ton lit? S'écria le gamin, outré.
Gin hocha la tête.
- Il n'y avait pas de place ailleurs, je n'allais pas faire dormir un blessé sur le canapé.
Gin lui adressa un sourire sincère mais le regard de Tôshirô se fit plus froid et plus dur.
- Je ne sais pas à quoi tu joues, Ichimaru, mais c'est pas la peine. Tu diras à Aizen que le coup de l'amitié ne fonctionne pas avec moi. Je sais que tu es un salaud et y'a aucune chance pour que je crois en ta stupide sollicitude. Je ne vous dirais jamais rien alors épargne ton temps et le miens.
Le regard de Gin se troubla un instant tandis qu'un air déçu se peignait sur son visage. Pourtant, il se reprit rapidement. Il ferma les yeux et accrocha son habituel sourire sur ses lèvres.
- Mais, je ne t'ai rien demandé, Hitsu-chan, fit-il en se retournant.
Il quitta la chambre si rapidement que le gamin n'eut pas le temps de râler.
Les jours qui suivirent furent irritants et épuisants pour Gin qui devait subir la mauvaise humeur et la mauvaise volonté de Hitsugaya tout en paraissant comme d'habitude auprès d'Aizen. Tous les deux semblaient d'ailleurs s'être mis d'accord pour le faire tourner en rond à longueur de journées. Sa recherche du Hogyoku s'en trouvait largement compromise. Il passait la majorité de son temps à errer dans les couloirs afin d'éviter Aizen, espérant vaguement que le hasard le mettrait sur la piste de la pierre. Il ne voulait pas retourner chez lui car le caractère de Hitsugaya lui donnait vraiment des envies de meurtre. Comment pouvait-il laisser ce gamin l'irriter tant que ça, lui qui était si calme habituellement? Il lui arrivait de maudire le jour où il avait posé les yeux sur Tôshirô la première fois.
Gin revenait vers sa chambre, un plateau en main, afin de donner son repas à son invité. Hitsugaya était infernal avec lui. Soit il boudait en silence pendant des heures, ne faisant rien d'autre que rester allonger sur le lit à regarder le baldaquin, soit il hurlait après lui et l'insultait à longueur de temps. Gin en avait assez. Il voulait que le gamin cesse de se comporter de la sorte. Il voulait être apprécier. Il ne demandait pas grand chose, pas de remerciement, pas de gratitude, juste un peu de considération.
Avec un soupir, Gin entra dans la chambre et fut soulagé de ne pas entendre Hitsugaya se mettre à hurler contre lui. Il devait certainement être encore dans une phase de bouderie intensive. Gin déposa le plateau sur la table de nuit:
- Ton repas! Annonça-t-il.
Pas de réponse. Gin s'approcha du lit et se pencha sur Hitsugaya pour le faire réagir, mais il s'aperçut que le gamin dormait. Le visage de Tôshirô était si détendu, tellement différent sans son froncement de sourcils et son air sévère. Gin soupira. A le voir comme ça, il comprenait d'où pouvaient venir ses sentiments. Si seulement le gamin cessait de le voir comme un salaud. Il détestait cette mission!
- Qu'est-ce que tu regardes comme ça? Grogna soudain une voix.
Arraché à sa contemplation, Gin se rendit compte que Tôshirô était réveillé. Fini, son air détendu si craquant, le froncement de sourcils et l'air furieux étaient de retour sur son visage. Déçu, Gin se détourna en soupirant.
- Ton repas.
Puis il s'éloigna du lit et s'installa sur le canapé non loin et ouvrit un livre horrible que Aizen lui avait prêté mais qu'il lisait quand même pour tromper son ennui.
- J'ai pas faim! Fit Hitsugaya en lorgnant le plateau comme s'il était dangereux.
Gin soupira et baisa son livre pour lancer un coup d'oeil vers son invité.
- Ça fait deux jours que tu me fais le coup, râla Gin, agacé. Tu crois que tu vas te débarrasser de moi en t'affamant? Tu te fourres le doigt dans l'oeil. Je continuerai à veiller sur toi aussi longtemps qu'il faudra.
Hitsugaya lui lança un regard polaire que n'aurait pas renier Byakuya Kuchiki.
- Si tu ne manges pas de ton plein grès, je te ferai manger de force.
Le gamin lui lança un regard de défi. Gin posa son livre sur le canapé et se leva.
- Tu imagines peut-être que je n'oserai pas?
Gin s'arrêta près du lit, dominant son occupant de toute sa taille.
- Mange!
- Non! S'obstina le gamin.
- Très bien, mais je pense que tu ne vas pas apprécier.
Gin s'empara de la cuillère posé sur le plateau et la plongea dans le plat de riz. Il se tourna ensuite vers Hitsugaya, D'un mouvement vif, il le plaqua contre le matelas et lui empoigna le menton pour lui faire ouvrir la bouche avant de lui enfourner la cuillère dans le bec.
- Avale, ordonna-t-il.
Tôshirô se débattit si bien qu'il parvint à se libérer de la poigne de Gin. Il lui cracha alors la nourriture à la figure.
- Vas au diable avec ta bouffe infecte, s'écria le gamin furieux.
- Sale morveux! S'emporta Gin.
Il se jeta sur Hitsugaya et ils luttèrent un instant. Sans force et sans arme, Tôshirô dû se résoudre à faire avec les moyens du bord. Il mordit la main de Gin qui essayait de lui faire à nouveau ouvrir la bouche. Il mordit de toute ses forces, arrachant un cri à son adversaire, et ne lâcha prise que lorsqu'il sentit le goût du sang dans sa bouche. Gin recula d'un pas, tenant sa main ensanglantée. Une profonde marque de morsure y était visible et saignait abondamment.
- Ça ne m'empêchera pas de te faire manger.
Sans lui laisser le temps de dire "ouf", Hitsugaya empoigna le plateau et le jeta violemment au visage de Gin. Sous le choc, le jeune homme recula de plusieurs pas, ses cheveux et ses vêtements couverts de nourriture. Le coin du plateau lui avait ouvert le front au dessus de l'oeil et du sang s'écoulait sur son visage. Il tourna un regard réellement furieux vers Tôshirô. La gifle partit avant qu'il ait eu le temps de comprendre. Hitsugaya fut projeté hors du lit par la violence du coup.
- Tôshirô! S'écria Gin en se rendant compte de ce qu'il avait fait.
Horrifié, il fit le tour du lit et s'agenouilla près du gamin qui était prostré sur le sol.
- Je suis désolé, je ne voulais pas, je ... je ...
Il tendit les mains pour le prendre dans ses bras et le remettre dans le lit, mais Tôshirô se traîna loin de lui:
- Ne me touche pas, sale traître. Ne t'approche plus de moi. Tu n'es qu'une brute. Tu ne vaux pas mieux que Aizen. Tu me dégoûte.
Blessé, Gin se redressa:
- Comme tu veux, laissa-t-il échapper d'un ton sec.
Il tourna les talons et s'enferma dans la salle de bain en claquant la porte avec tant de violence que de la poussière se détacha du plafond.
Soupirant, Gin resta un instant appuyé contre la porte. Pourquoi avait-il fait ça? Quel idiot il était. Hitsugaya ne lui pardonnerait jamais. Son coeur se serra à cette pensée. L'attitude de Tôshirô l'irritait tellement qu'il ne parvenait pas à garder la maîtrise de ses nerfs. C'était infernal. Avec un soupir de frustration, il se décolla de la porte et se déshabilla, abandonna ses vêtements souillés sur le sol. Il débarrassa ses cheveux du riz et de la viande qui y étaient accrochés et entra sous la douche. L'eau emporta avec elle la nourriture et le sang qui le couvrait, mais elle ne parvint pas à éloigner sa culpabilité. C'était de sa faute. Hitsugaya était perdu dans un monde qu'il ne comprenait pas et y était prisonnier, pas étonnant qu'il soit de si mauvaise humeur. Pour couronner le tout, il se retrouvait enfermé dans la chambre de celui qu'il haïssait le plus. Cette pensé lui fit mal, mais il savait qu'il ne pouvait plus rien y faire. Il venait de ruiner ses dernières chances de se rapprocher du jeune capitaine. Las et morose, il se laissa glisser au fond du bac et enroula ses jambes repliées contre son torse de ses bras, laissant la douche le débarrasser de toutes les erreurs qui lui collaient à la peau. Il y resta longtemps, permettant à son humeur de se calmer.
Lorsque Gin sortit de la salle de bain, il vit que Tôshirô avait réussit à remonter sur lit par ses propres moyens. Il dormait, ou faisait semblant de dormir. Gin feignit de ne pas s'intéresser à lui. Il s'empara de sa couverture et de son oreiller et alla s'allonger sur le canapé, où il dormait depuis l'arrivée de Hitsugaya.
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Quand Tôshirô se réveilla, le lendemain, il était seul. Gin était parti en laissant sa couverture pliée sur le canapé. Il en fut soulagé. Il passa une main sur sa joue. Le coup lui faisait encore mal et un bleu d'une jolie couleur pourpre se développait à l'endroit où Gin l'avait frappé.
Ce bâtard!
Tôshirô était un peu déçu. Il commençait à croire que Ichimaru était différent de ce qu'il pensait. Mais il n'en était rien. Et dire qu'il avait faillit le faire douter, ce bâtard. Il avait faillit se faire prendre au piège que lui tendait ce serpent. Mais il ne l'y reprendrait plus. A présent, il savait à quoi s'en tenir.
Il devait s'échapper de cet endroit infernal et rejoindre les autres. Il ne pensait plus qu'à ça. Il savait que sa jambe serait un problème mais il devait faire quelque chose. Il quitta le lit et marcha jusqu'à la fenêtre en s'appuyant sur une chaise comme sur une canne. Il s'accrocha aux rideaux et tira jusqu'à ce que la tringle se décroche et tombe. Satisfait, il fit glisser les anneaux retenant les rideaux le long de la tringle et prit celle ci. Il la mesura avant de la briser à un endroit. Ce simple geste lui coûta une partie de ses forces. Maudit château, il semblait drainer ses forces. Raison de plus pour s'enfuir au plus vite. Tôshirô se redressa et, s'appuyant sur la tringle comme sur une canne, il clopina vers la porte. Serrant les dents, pour ne pas crier de douleurs, il ouvrit la porte de la chambre et s'aventura dans le couloir. Personne en vue. Il en profita pour s'éclipser aussi rapidement que sa jambe le lui permettait.
Il ne savait pas du tout où il devait aller et bientôt il se retrouva à tourner en rond dans les couloirs, incapable de dire s'il était déjà passé par là ou non. Les couloir se ressemblaient, les portes se ressemblaient, même les flambeaux accrochés aux murs se ressemblaient. Il n'y avait pas le moindre petit point de repère pour lui indiquait qu'il ne marchait pas sur place. Il continua malgré tout, marchant droit devant lui, espérant qu'il finirait par tomber sur un moyen de sortir de ce labyrinthe et de rejoindre les autres shinigami.
Il était incapable de dire depuis combien de temps il se traînait dans ces couloirs tous semblables mais ça lui semblait être une éternité. Il commençait à fatiguer et sa jambe lui faisait si mal qu'il devait se mordre la langue pour ne pas crier. Il sentait le sang couler le long de son membre estropié, souillant ses bandages. Il devenait de plus en plus difficile de marcher, même en s'appuyant de tout son poids sur sa canne de fortune. Il commençait à comprendre que sa tentative ne le mènerait nulle part, mais il refusait d'abandonner et de faire demi-tour. De toutes façons, ils ne pourrait jamais retrouver le chemin de la chambre de Ichimaru.
Il allait tourner un énième coin, il avait depuis longtemps cessé de les compter, lorsqu'il se heurta à quelqu'un arrivant dans le sens inverse. Sous le choc, il recula et se retrouva par terre. Une violente douleur remonta le long de sa jambe et il poussa un cri de douleur.
- Mais qu'est-ce qu'on a là? fit une voix au dessus de lui.
Tôshirô leva les yeux vers le type qui le regardait de haut. Il était très grand et très mince. Même si on ne voyait pas son masque c'était un arrancar sans doute possible. Son oeil unique le regardait avec une lueur amusée et cruelle qui lui fit froid dans le dos. Tôshirô sentit la peur le gagner lorsque le type passa une longue langue tatouée sur ses lèvres minces.
- Un vilain petit rat qui se promène seul dans les couloir. Tu sorts d'où, morveux?
- Qui tu traites de morveux, toi, grande asperge. Je suis Hitsugaya Tôshirô, capitaine de la dixième division du Gotei 13.
Un rictus mauvais naquit sur les lèvres de ce type.
- Un capitaine vraiment? Tu me parais bien faible pour un capitaine, morveux. T'es incapable de tenir debout tout seul et tu n'as presque pas de reiatsu. T'es pathétique, petit capitaine.
Tôshirô, furieux, essaya de se redresser en s'appuyant sur sa canne. Avec un sourire mauvais, Noïtora fit un pas et donna un coup de pied dans la canne. Tôshirô retomba sur le sol. L'arrancar éclata de rire.
- Les shinigami doivent vraiment être désespérés pour nommer un gamin comme toi capitaine. J'ai presque pitié pour eux... presque.
Il se pencha et attrapa Tôshirô par le revers de son kimono blanc et essaya de le soulever du sol. Tôshirô répliqua ne lui donnant un coup de sa canne au visage. L'arrancar poussa un cri de douleur et de colère tandis que Tôshirô essayait de s'enfuir en se traînant sur le sol, incapable de se relever.
- Lamentable, fit Noïtora.
Il se jeta sur Tôshirô et le saisit par sa jambe blessée pour le soulever la tête en bas. Tôshirô poussa un hurlement de douleur qui fit rire son tortionnaire.
- Tu m'amuses beaucoup morveux. Tu t'agites comme un poisson prit à l'hameçon. J'aime ça!
Il brandit Tôshirô à bout de bras juste sous son nez.
- Lâche moi, macaque dégénéré, grogna le gamin, essayant de retenir les larmes de douleur qui lui montaient aux yeux.
Il serra les poing et frappa l'oeil valide de Noïtora qui grogna de douleur à son tour.
- Ne fais plus ça, ver de terre.
L'arrancar donna une secousse sur la jambe blessé et la douleur fut telle que Tôshirô sentit sa conscience vaciller.
- Je vais m'occuper de ton cas, entendit-il l'arrancar dire. Quand j'en aurai fini avec toi, même tes amis ne te reconnaîtrons plus.
Il entendit aussi un petit rire mauvais puis une voix mécontente.
- Transperces, Shinsô.
L'arrancar poussa un hurlement de douleur et Tôshirô se sentit vaguement tomber avant d'être intercepté par quelque chose de doux et chaud. Il lui fallut un instant pour comprendre qu'il était serré contre un torse chaud et confortable. Il leva les yeux et vit le visage inquiet de Gin penché sur lui. Il se sentit soudain rassuré.
- Gin! Soupira-t-il en enfouissant son visage dans le kimono du supposé traître.
Gin fut surpris d'entendre le gamin l'appeler par son prénom et ça réchauffa son coeur. Il lui sourit doucement.
- Ça va aller, Hitsu-chan, chuchota-t-il à son oreille. Je suis là, je te protège.
Il se tourna vers Noïtora qui tenait d'une main le moignon sanglant de son bras droit.
- Que ça te serve de leçon, Noïtora Jirga, fit-il d'une voix menaçante, son sourire terrifiant aux lèvres. Voilà ce qui arrive quand on essaie de me prendre ce qui m'appartient. Je ne suis pas du tout partageur. Le gamin est à moi et à moi seul! Maintenant, disparaît.
Noïtora s'en alla en marmonnant dans sa barbe. Gin remit Shinsô dans son fourreau et prit Tôshirô dans ses bras.
- Je t'avais dit que tu ne devais pas quitter la chambre, sermonna Gin. Il y a des tas d'arrancar qui traînent dans les couloirs en ce moment, ils sont tous sur les nerfs. Mieux vaut ne pas les tenter. Ils rêvent tous de tuer des shinigami.
Ils regagnèrent la chambre et Gin installa Tôshirô sur le lit avant de soigner à nouveau sa jambe grâce au kido.
- Je t'appartiens? Demanda Tôshirô en boudant.
- Pour eux, oui! Fit Gin avec un sourire triste.
Tôshirô lui lança un regard agacé.
- Quand Hallibel et ses amazones t'ont ramené je n'ai pas eu beaucoup de temps pour trouver un moyen de te sauver. J'ai dit la première chose qui pouvait sembler crédible: que je voulais faire de toi mon jouet sexuel personnel.
Les joues de Tôshirô s'embrasèrent immédiatement.
- C'était ça où être tué par Aizen.
- Pourquoi tu ne m'as pas touché dans ce cas.
- Je ne suis pas comme Noïtora. Je ne force pas les autres à coucher avec moi, il ne manquerait plus que ça.
Gin semblait offusqué.
- C'est fini, dit-il soudain. Je ne peux rien faire de plus. Désolé.
Tôshirô jeta un coup d'oeil à sa jambe mutilée et poussa un soupir.
- Pourquoi tu fais tout ça pour moi.
Gin le regarda un instant d'un air triste. Tôshirô se demanda ce qu'il avait.
- Pourquoi? répéta Gin en regardant ailleurs d'un air rêveur.
Il se tourna vers Tôshirô:
- Pour ça!
Il se pencha sur le jeune capitaine et avant que celui-ci ait pu comprendre les lèvres de Gin se posèrent sur les siennes en un doux baiser. Un instant Tôshirô resta complètement figé, les yeux grands ouverts. Puis il repoussa Gin qui s'écarta sans insister. Tôshirô le regarda d'un air atterré.
- Je ... Je suis désolé, fit Gin avant que Tôshirô n'ait eu le temps de se mettre à lui hurler dessus. Je n'aurai pas dû... Pardon.
Avant que Tôshirô ait eu le temps de dire quoi que ce soit, Gin avait disparut. Tout ce que le gamin entendit fut le claquement de la porte de la chambre.
Gin soupira avant de s'appuyer contre la porte. Pourquoi avait-il fait ça? C'était idiot. Tôshirô allait le prendre pour un pervers sexuel. C'était déjà assez difficile comme ça pour lui d'aimer un capitaine qui avait le corps d'un enfant de douze ans. Même si ses sentiments étaient sincères et qu'il n'y avait rien de malsain là dessous, il avait l'impression d'être un vulgaire pédophile attendant ses proies à la sortie des écoles. D'ailleurs, c'était là qu'il avait pour la première fois posé les yeux sur Tôshirô Hitsugaya. L'année où il avait enseigné à l'académie. Dés qu'il l'avait vu son coeur s'était mit à battre comme il ne l'avait jamais fait avant. Ce gamin caractériel et froid comme la glace provoquait en lui des sentiments comme jamais aucun homme ne l'avait fait. Mais ce n'était qu'un enfant et Gin avait honte de ses sentiments. Il lui fut très difficile de côtoyer le gamin et de rester parfaitement neutre. Il n'avait jamais fait le moindre mouvement déplacé, la moindre allusion sexuelle devant lui. Il essayait de se comporter aussi normalement que possible. Des années plus tard, Hitsugaya, devenait capitaine. Gin avait espéré qu'il se développerait rapidement, mais il avait garder l'apparence d'un gamin. Gin ne pouvait s'autoriser à aimer un enfant comme il aimait Tôshirô. Il fit tout pour que le gamin le déteste et s'éloigne de lui. C'était tellement douloureux mais c'était mieux pour eux deux. Tôshirô était un enfant et son âme était encore pure tandis que Gin restait un adulte corrompu par la proximité d'Aizen, même s'il n'était pas un traître. Il n'avait pas le droit d'aimer Tôshirô et de l'avilir comme Aizen l'avait fait avec lui.
Hors de question!
De son coté, Hitsugaya se demandait encore ce qui venait de se passer. Ichimaru l'avait embrassé! Et il avait aimé ça ... Enfin, il pensait qu'il avait aimé. C'était confus dans sa tête. Était-ce normal d'apprécier un baiser donné par un autre homme? Ichimaru l'avait embrassé tellement doucement, Tôshirô en était stupéfait. Comment un être comme lui pouvait montrer tant de douceur tout d'un coup? Il ne comprenait pas. Il haïssait Ichimaru, il ne pouvait pas apprécier de l'embrasser. Et Ichimaru était un traître. Il n'avait pas le droit de laisser un traître jouer ainsi avec son esprit et avec son coeur. Mais il avait l'air si sincère, et il lui avait sauvé la vie ... Deux fois ...
Tôshirô était complètement déboussolé. Il ne savait plus ce qu'il devait faire. Gin était-il son allié ou son ennemi? Il ne savait plus. Au fond de lui il espérait vraiment que le comportement de Gin n'était pas encore une manipulation de la part de Aizen.
