Bon et bien voilà, le deuxième chapitre de ce délire mythologique ! Je suis navrée de le poster si tard, j'essaierai de me rattraper pour la suite ^^

Alors comme le disait si bien un certain Time Lord avec des cheveux impossibles, Allons-y !


Le calme était revenu sur le mont Ida : plus de déesse écumante, plus d'étranges inconnus, plus de moutons affolés, plus de menaces de mort… Seulement un Pâris complètement dévasté. Et alors qu'il pensait en avoir fini avec toute cette folie, une ultime apparition se matérialisa sous son nez.

- Salutations, futur prince, futur guerrier, futur adultère, futur mort, et présentement servant d'Eris !

Pâris ne réagit pas : le regard vide, la bouche pendante, l'air hagard et la vivacité d'un poisson flasque, le berger semblait avoir définitivement abandonné son enveloppe charnelle. Celui qui l'avait interpellé ainsi se gratta la tête, l'air ennuyé. Ce n'était pas la réaction qu'il escomptait. Enfin de toute manière, les choses n'avaient pas été telles qu'il les avait escomptées en général. Il n'était pas dans les petits papiers de Zeus, mais tout de même, il aurait bien voulu être au courant que la mission que son seigneur et père lui avait confié, à savoir : amener les deux pimbêches et la reine de son cœur en bas, pouvait déclencher une guerre. Héra était revenue sur l'Olympe absolument furieuse, clamant à tue-tête qu'Aphrodite avait corrompu le juge et qu'elle allait plonger ce monde dans le sang. C'était d'ailleurs étrange qu'elle l'ait crié ainsi sur tous les toits, reconnaissant donc sa défaite. Héra était plutôt orgueilleuse, elle aurait eu tendance à minimiser l'évènement et à planifier une froide vengeance. Le dieu était perplexe. Cette histoire n'était pas encore tout à fait claire à ses yeux. Tout du moins connaissait-il la responsable de tout ceci : Eris avait vraiment bien réussi son coup la petite peste. Il l'avait vu jeter la pomme, un sourire mauvais aux lèvres. Enfin, elle adorait son frère, et Arès devait effectivement être aux anges en ce moment, à regarder les Olympiens choisir leur camp à grands cris, et à préparer la guerre. En parlant de cri, un immense venait de retentir :

- Hermèèèèèès !

Le dieu se retourna, surpris. Il pensait qu'il n'y avait plus que Pâris sur cette colline. Son visage s'éclaira cependant, lorsqu'il vit qui l'avait hélé ainsi. Athéna, dans sa tunique déchirée et ses cheveux défaits, courait vers lui, éperdue. Hermès ouvrit grand les bras, et la déesse vint s'y réfugier en pleurant.

- Allez, allez, c'est fini, ne t'inquiète pas, tout va bien.

Athéna sanglotait toujours, sans qu'Hermès sache si c'était parce qu'elle avait perdu le concours ou parce que Héra avait réussi à la mettre à terre. Enfin, les pleurs se turent, et Athéna commença à vociférer à voix basse contre « ces deux rejetonnes de harpyes et descendantes des Erinyes ». Le messager se contenta de l'enlacer plus fort, espérant calmer sa vindicte. Après une farouche déclaration de haine éternelle, la déesse de la sagesse daigna embrasser son amant. Elle commençait juste à se détendre lorsque retentit la voix égrillarde de Pâris juste derrière elle.

- Alors là, non, non, non, et non ! J'en ai vraiment eu assez pour ma journée, je ne VEUX PAS de dieux se bécotant sur ma montagne, devant mon troupeau !

Athéna se retourna lentement, tandis que le berger se rendait compte qu'il avait peut-être fait une erreur.

- Pâris, fils de Priam, tu es sur le point d'être pris en main par Aphrodite, alors à ta place, je me tiendrais tranquille.

Hermès toussa.

- En fait, c'est moi qui me charge de lui. Aphrodite a déjà organisé le lieu de la rencontre, il faut juste que je lui amène Pâris. Eeeh, ne prend pas cet air déçu, mortel. Crois-moi, tu ferais mieux de profiter de ces derniers moments de tranquillité avec moi. Oui, qu'y a-t-il ma Pallas ?

Athéna s'était brusquement rembrunie :

- Répond franchement à cette question : est-ce qu'Aphrodite portera sa ceinture lorsque tu iras la voir ?

Hermès blêmit et balbutia :

- Je vois qu'on s'est mal compris ma douce, je ne vais pas voir Aphrodite, je lui amène seulement Pâris à l'endroit qu'elle a décidé.

- Aaah bon, si ce n'est que ça…

- Voilà voilà, je vais devoir y aller hein, je prends Pâris avec moi, je suis pressé, j'espère que tu n'es pas trop triste d'avoir perdu, de toute façon tu es toujours la plus belle pour moi je t'aime à plus tard mon cœur !

- Hein, attend, je n'ai pas..

Hermès attrapa le bras de Pâris et disparut.

- .. perdu le concours, la pomme a été volée ! Rah, non, Hermès, reviens !

Athéna se laissa glisser sur le sol. Elle n'était pas très étonnée au fond qu'Héra n'ait pas dit la vérité. C'était bien trop invraisemblable, et de plus, elle pouvait l'humilier elle, Athéna. Avec un soupir, elle se prépara pour retourner à l'Olympe, où elle serait sûrement accueillie par les cris bestiaux d'Arès, les ricanements déplaisants d'Eris et toutes ces manifestations bruyantes auxquelles sa famille se prêtait trop volontiers. Il n'empêche, ces apparitions de mortels étaient plus qu'étranges… Il faudrait qu'elle rende visite à Hécate.


Le dieu et le maintenant futur prince s'étaient matérialisés au beau milieu du public déchainé d'une arène qui acclamait un superbe mouton à la laine blanche et bouffante. Les cris se firent plus forts encore à l'apparition d'un homme mûr, qui portait avec assurance un lourd spectre d'or, orné de joyaux. Pâris écarquilla les yeux :

- Mais… Mais… Mais c'est mon mouton ça !

Hermès se retourna vers lui, l'air surpris :

- Comment ça ton mouton ?

- Mais oui mais oui j'ai bien vu mon mouton ! C'était le chef de mon troupeau, le plus beau, ma fierté ! Qu'est-ce qu'il fait là ?

Le dieu rigola doucement :

- Eh bien j'ai comme l'impression qu'il est le prix de ces jeux funéraires.

- Le, le prix ? Mon mouton n'est pas un prix ! … Des jeux funéraires ? En l'honneur de qui ?

- Du fils perdu de Priam. C'est-à-dire toi.

- … Oh.

Pâris se sentit soudain pris d'un immense élan d'affection pour la bête bêlante. Il était si beau ce mouton, si doux ! Quelle honte de le voir exposé ainsi à tous les regards. Il ne le permettrait pas plus longtemps. Le jeune homme partit comme une flèche en direction des tribunes. Hermès le laissa faire, et sans même prendre la peine de se retourner, articula :

- Bonjour Aphrodite… Tu n'as pas perdu la main à ce que je vois… Enfin quand même, un mouton…

La déesse sortit de l'ombre, boudeuse.

- A qui la faute aussi ! Tu n'avais aucune idée de comment le convaincre de participer à ces jeux, avoue !

Hermès grogna pour toute réponse.

- Oh, je vois, tu es fâché parce que ta petite Athéna adorée a perdu ! Pauvre choute, elle ne faisait pas le poids, tout simplement.

- Tu avais ta ceinture de toute manière, c'est de la triche !

- Ooooooh, le petit coq qui essaye de faire bouffer les quatre seules misérables petites plumes qu'il possède… C'est a-do-rable. Eh bien petit poulet, figure-toi que je ne l'avais pas justement, Héra avait insisté. Et comme de juste, il a bien été prouvé que je n'avais nul besoin de cet accessoire pour être encore la plus belle des déesses.

Hermès ne réagit pas, son attention ayant été soudain captée par autre chose.

- Aphrodite, ton protégé fait des siennes on dirait.

En effet, Pâris se trouvait à présent dans les tribunes, fermement enroulé autour de son mouton et clamant qu'il ne le lâcherait pas avant d'être sûr qu'aucun mal ne lui serait fait. Les gardes, quelque peu désarçonnés par cette situation inhabituelle, s'étaient contenté de former un simple cercle autour de lui, le jeune homme ne paraissant pas réellement dangereux. Priam, agacé par toute cette agitation, demanda à ce qu'on arrête le perturbateur et qu'on le lui amène. Pâris se retrouvé donc encadrés de deux soldats et mis à genoux devant Priam. Encore sous le coup du sortilège d'Aphrodite, Pâris ne pensait qu'au mouton et au moyen de le sauver d'un destin certainement funeste. Le roi considéra le jeune homme avec froideur :

- Qui es-tu, et pourquoi viens-tu troubler ces jeux ?

- Mon nom est Pâris, berger, et ce mouton est mien, je le récupère.

Les narines de Priam frémirent :

- Quelle audace ! Ce mouton a été payé, tu n'y as plus aucun droit !

- Alors je le regagnerai ! Laissez-moi participer aux jeux !

Les lèvres sèches s'étirèrent en un sourire moqueur :

- Toi, aux jeux ? Et comment un simple berger compte rivaliser avec mes meilleures athlètes, mes propres fils ?

- Eh bien ! Etant moi-même votre fils ça ne serait pas très étonnant ! répliqua Pâris avec fougue.

Ses paroles résonnèrent fortes et claires dans l'arène, sur qui le silence s'était soudainement abattu. Aphrodite murmura quelque chose au creux de l'oreille d'Hermès (qui venait d'avoir cette idée) qu'on ne répétera sûrement pas ici ! Toujours est-il que le dieu se para d'une belle couleur pourpre et qu'Aphrodite émit un petit rire cristallin qui se répercuta dans l'arène. Personne ne le remarqua cependant : tous les regards étaient rivés sur les tribunes royales, où le temps paraissait s'être arrêté. Priam était plus immobile que la pierre, Pâris pétrifié par sa propre audace, la famille et la cour du roi unies en un même état de choc, et les gardes, la bouche grande ouverte, étaient en train de réévaluer tous leurs choix de vie, compte tenu du fait qu'il y avait peut-être une minuscule chance qu'ils aient maltraité un prince. Puis un cri immense retentit, brisant définitivement le calme avant la tempête. C'était Hécabe, qui s'élança vers Pâris en hurlant :

- Mon fils ! Mon fils ! Mon fils n'est pas mort ! Il est mon fils, toute ma chair me le dit !

Hermès soupira. Il n'y avait vraiment qu'Héra pour utiliser le bel instinct maternel aux fins d'une guerre. Un taon bourdonnait effectivement au-dessus d'Hécabe, mais il disparut bien vite. La reine était à présent agenouillée, serrant contre elle un Pâris dans un état d'ahurissement total (état qu'il n'avait d'ailleurs jamais tout à fait quitté depuis l'apparition fracassante des trois déesses sur son petit mont si paisible). Priam, lui, était toujours statufié, le visage inexpressif. Il faut croire que c'était de famille. Puis, lentement, si lentement que Hermès ne le remarqua que lorsqu'il eut fini, le roi parvint à se mouvoir miraculeusement jusqu'à son sceptre, s'en saisit, s'avança sur l'estrade, et prit une grande inspiration :

- HADES ! Roi d'en-dessous, je te nomme par ton nom, entends ma prière ! Si mon fils mort sans nom quelque temps après sa naissance est le berger Pâris ici présent, manifeste-toi !


[palais du seigneur du monde d'en bas]

- Seigneur, on vous demande.

- J'ai entendu, je ne suis pas sourd ! Il est rare que mon nom soit proféré à la surface. Enfin, je vous écoute : requête à accepter ou bien à rejeter ?

Minos hésitait. Il était plus au courant que son maître de ce qu'il se passait là-haut, c'était certain, et il connaissait l'enjeu véritable de cette demande. Cependant, s'il se cantonnait à son rôle, il n'y avait aucune raison qu'il ne la valide pas. De plus, la rumeur courait à présent qu'une guerre allait éclater, créée spécialement par les Olympiens, avec les mortels pour pions. Et il n'avait aucun intérêt à empêcher cela. Pourtant, il ne pouvait se résoudre à dire toute la vérité, à savoir que Priam était un hypocrite. C'était le roi lui-même qui avait ordonné la mise à mort de son enfant, et sa demande à Hadès n'était pour lui qu'une mascarade. Mais après tout, cela, Minos n'était pas obligé de le dire n'est-ce pas ? Il allait simplement présenter la requête, et la faire approuver. Il ne faisait rien de contraire aux intérêts de son maître. Le juge infernal avait pris sa décision :

- Vous pouvez l'exaucer seigneur. Il s'agit du roi Priam et si vous lui rendez son fils, il ne fait aucun doute qu'il sacrifiera en votre honneur. Pour ne rien gâcher, ce jeune homme est réellement son fils.

- Alors parfait dans ce cas ! Quelle manifestation conseilles-tu ?

- Une crevasse émettant les plaintes du Tartare devrait suffire je pense.

Hadès hocha la tête, claqua des doigts, et apposa sa signature sur le registre de Minos.

- Bien à présent si tu veux bien m'excuser, il faut que j'aie une petite conversation avec mon frère…

Le juge s'inclina et sortit à reculons. Se pourrait-il qu'Hadès soit au courant ? Après tout, Perséphone était absente, et le roi s'ennuyait... Un squelette le héla, le tirant de sa réflexion inquiète :

- Votre Honneur ! C'est encore Tantale votre Honneur ! Il a remis ça.

Minos laissa échapper un soupir plaintif et, se composant son visage le plus ferme, emboîta le pas aux os cliquetants.


Le silence régnait toujours dans l'arène, mais plus pour les mêmes raisons : c'était maintenant la peur qui maintenait les bouches closes. Les échos de la proclamation de Priam finissaient à peine de résonner qu'un grondement sourd retentit. Tous les yeux se tournèrent vers le centre de la piste de sable. Le grondement se fit à nouveau entendre. Priam tentait tant bien que mal de conserver un visage de marbre inexpressif, mais sa paupière gauche tressautait nerveusement. Jamais il n'avait autant regretté un acte de sa vie. En son for intérieur, il se jura de sacrifier à tous les Olympiens si jamais il ne terminait pas carbonisé ou englouti par la terre. Oui, un grand, grand sacrifice. Jamais plus ne prendre les dieux à la légère, jamais plus. Pâris lui, avait déjà abandonné le peu de dignité royale génétique qu'il possédait, et s'était blotti contre son mouton en tremblant, tout en lui murmurant des paroles tendres (les sorts d'Aphrodite sont parfois vraiment persistants). Le grondement résonna une dernière fois puis tout redevint calme. Le roi se détendit :

- Eh bien, je crois que voici la répon-

Un gouffre immense s'ouvrit brutalement dans l'arène, laissant échapper entre autres odeurs fétides une terrible odeur de chien mouillé, des clameurs de pur désespoir et une ombre grouillante aux bords, qui semblait prête à fondre sur tous et à tout avaler. Parmi les visages pétrifiés d'horreur, il se trouvait cependant deux expressions plus que blasées, qui roulèrent simultanément des yeux d'un air excédé.

- Mais quel frimeur !

- Quel besoin de tout ce boucan ?

- Il ne sait vraiment plus quoi faire pour se divertir !

- Il n'y a qu'en hiver qu'on est tranquille.

Et pendant qu'Hermès et Aphrodite cassaient leur sucre, le petit spectacle du dieu des Enfers continuait. Etrangement, l'assistance était toujours muette et immobile. Le choc, sans doute. La crevasse émit encore deux ou trois cris, puis commença à se refermer. Un projectile en sortit soudain à toute vitesse, droit vers Pâris. Le garçon tendit instinctivement la main et… Rattrapa l'objet au vol. Tout à fait surpris, il le contempla une seconde avant d'être entraîné en arrière par son poids. On entendit alors un « scrouitch » parfaitement répugnant, ainsi qu'un « uuurghhh ». Le projectile, qui s'avérait être une hache, venait de se planter au milieu du front d'Anthéos, fils d'Agénor. Le corps bascula avec lenteur et s'écrasa au sol dans un fracas assourdissant dû à l'armure du mort. Ce fut le signal de la panique générale. Semblant soudain se souvenir qu'il avait sans aucun doute échappé de très peu à Thanatos, le public piqua une fantastique crise d'hystérie. Une déferlante humaine se rua vers toutes les issues possibles : on s'écrasait, on s'écrabouillait, on s'étranglait, on se piétinait, on s'époumonait… Hermès et Aphrodite, pris au dépourvu, se laissèrent entraîner malgré eux. L'arène se vidait de tout côté, telle une passoire. L'affolement avait également gagné les nobles qui abandonnaient leurs places ombragées en poussant les hauts cris. Pâris avait été saisi, et par les gardes, et par sa mère, les uns voulant le mettre aux arrêts, l'autre le défendant bec et ongles. Hécabe, avisant la hache toujours plantée dans le front du cadavre, s'exclama :

- Oh dieux ! Signe de plus, s'il en fallait un ! Cette hache appartenait à mon fils avant sa mort ! Gardes, lâchez immédiatement le prince : sa propriété a surgi des Enfers et a payé sa dette de vie, quelle preuve vous faut-il de plus ?

- Mais, reine Hécabe…

- Il n'y a pas de mais qui tienne !

L'attitude de tragédienne grecque de la souveraine s'était un peu froissée. Toujours campée en une position dramatique au possible (les bras étendus pour protéger son fils, la poitrine offerte au coup traître de l'épée, et le visage marmoréen), sa voix avait pourtant pris un ton légèrement hystérique, qui incita les gardes à reculer prudemment.

- Vous avez devant vous le second héritier de Priam, à genoux je vous l'ordonne !

Un des gardes osa risquer une ultime remarque :

- Il n'y a que pour le prince Hector que nous nous agenouillons…

La voix d'Hécabe atteignit alors une fréquence défiant les lois régissant le seuil de tolérance à la douleur sonore :

- OUI MAIS HECTOR N'EST PAS LA ALORS SALISSEZ-VOUS UN PEU LES GENOUILLERES NON DE ZEUS ! JE VIENS DE RETROUVER UN FILS QUE JE PENSAIS MORT PAR MA FAUTE. UN FILS POUR QUI SONT MORTS MA BELLE-SŒUR ET SON NOUVEAU-NE. COURBEZ-VOUS DEVANT CE CADEAU DES DIEUX OU ALLEZ VOUS FAIRE CRUCIFIER !

Décidant sagement de ne pas interroger la reine en furie sur la signification de ses paroles, les gardes s'agenouillèrent sans plus discuter devant Pâris, qui tentait tant bien que mal de se donner une contenance. D'un ton quasi-extatique, Hécabe se retourna vers lui en murmurant :

- Vois, vois ô mon enfant, vois le début de ta reconnaissance ! Mon fils, personne ne pourra plus jamais t'ôter à moi. Tout ce qui t'était dû te reviendra : les honneurs, le respect… Et mon amour. A Hector les ennuis d'héritage, de politique, de règne, de succession, de guerres, de conquêtes… Et à moi un fils, un prince libre de toute obligation. On ne m'enlèvera plus mes enfants non, plus jamais. J'ai accepté de céder Hector, sachant que c'était sa destinée d'héritier, mais toi, toi, Pâris, mon second, tu es tout à moi, ils n'enlèveront pas le soutien de sa vieillesse à une faible femme, tu les empêcheras dis ? Priam te traitera bien tu sais, toute cette histoire de prophétie est oubliée, et puis, les dieux ne t'ont-ils pas rendu à moi ? N'est-ce pas la preuve que cette future tragédie, si elle existait, a été effacée par les Moires ? Ah, mon Pâris, tu vas bien vivre !

Les neurones dudit Pâris se mirent soudain en branle : « Attends une minute… C'était la récompense d'Héra ça… Je n'étais pas sensé rencontrer Hélène moi ? Et me faire haïr par Héra le restant de mes jours ? Elle a déclaré elle-même vouloir voir provoquer une guerre… En plus c'est stupide la pomme a disparu, pourquoi les dieux se préoccupent de moi ? Et en parlant de ça, où est donc Hermès ? Et Aphrodite ? Ah c'est bien ma veine ça : la déesse de l'Amour veut me voir, et comme par hasard, le Tartare se manifeste. Je ne sais vraiment pas à quoi ils jouent là-haut, mais ils devraient revoir un peu les règles. Bon et puis c'est pas tout ça, j'ai mal aux côtes moi. »

Se dégageant plus ou moins doucement de l'étreinte de sa mère, Pâris ordonna aux soldats de se relever (bien plus obéissants que les moutons dis donc !) et se retrouva nez-à-nez avec Priam.

- Oh. Euh… Bonjour, père.

A SUIVRE...


Et vouala ! J'espère que ça vous a plu, et même si ce n'est pas le cas, une petite review ça fait toujours plaisir :)