Comme promis, dans ce nouveau chapitre il se passe un peu plus de choses, en espérant que ça vous plaise.
Merci pour les reviews et n'hésitez surtout pas à récidiver. Bonne lecture
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Chapitre 2.
Arrivés sur Valaria, John admit presque immédiatement que Rodney avait bien fait de rester sur Atlantis. Il faisait tellement chaud qu'il était clair qu'il n'aurait cessé de se plaindre s'il avait été là.
« - La vache, quelle chaleur !
- Et c'est ainsi toute l'année d'après les habitants. Je l'avais précisé dans mon rapport, s'amusa Evan. Le docteur Weir ne vous a pas prévenus ?
- Elle a dû préférer l'idée que nous le découvrions par nous même afin d'éviter de nous entendre râler.
- Certainement colonel, sourit le major.
- En même temps, c'est plus Rodney qui râle que nous en général, remarqua Ronon.
- C'est pas faux. Mais j'ai pourtant remarqué récemment que vous tentiez de lui faire concurrence, dit John en riant. »
Ronon éclata d'un gros rire en confirmant. C'était vrai que depuis qu'il s'était habitué au confort de la Cité des Ancêtres, il avait plus de mal qu'avant à supporter les désagréments de leurs missions interplanétaires, même s'il ne les aurait évitées pour rien au monde, contrairement à un certain scientifique allergique aux citrons.
« - Major, d'après le docteur Weir il y a des cultures abondantes sur cette planète. Mais comment font-ils pousser quoi que ce soit avec cette canicule ? demanda Teyla. Il doit faire près de quarante degrés.
- Le soleil cogne effectivement fort la plupart de l'année, mais ils ont également régulièrement des pluies abondantes. Ils ont manifestement su adapter leurs cultures au climat.
- Certainement.
- Vous aviez déjeuné avec eux si je me souviens bien ? intervint John. Leurs légumes valent le coup ?
- Absolument, confirma le major. Ils nous permettront d'avoir un peu de variété, ce qui nous changera des légumes que produisent les Athosiens sur le continent. Sauf votre respect miss Emmagan, rajouta-t-il avec un regard désolé pour Teyla.
- La terre et le climat sur le continent ne s'adapte malheureusement pas à un grand type de cultures, expliqua Teyla. Je dois admettre que moi aussi j'apprécie l'idée de pouvoir apporter de la diversité dans nos assiettes. »
Elle échangea ensuite un sourire entendu avec Lorne. Décidément, Evan appréciait de plus en plus cette femme à mesure qu'il apprenait à la connaître.
John fixa son second avec amusement tandis que celui-ci dévorait Teyla du regard. Voilà qui était intéressant. Il fallait qu'il se souvienne d'en parler à son compagnon dès son retour. Rodney, qui avait déjà aidé en quelque sorte Elizabeth et Radek à prendre conscience de leurs sentiments réciproques, s'était autoproclamé entremetteur en chef sur la Cité. Nul doute donc qu'il veuille venir en aide au major et à Teyla.
« - Quelque chose vous amuse John ? demanda soudain Ronon, interrompant le cours de ses pensées.
- Euh non, bafouilla-t-il, j'étais simplement en train de me demander si le village était encore loin.
- Nous arrivons bientôt, répondit Evan en se détournant enfin de Teyla, qui marchait à quelques pas devant lui. »
Et effectivement, quelques minutes plus tard le groupe, après avoir traversé une petite forêt, arriva aux abords d'un village entouré de champs à perte de vue.
« - Jolie, murmura John. »
Pour ce qu'il en voyait c'était tout à fait le genre de petit village dont lui et Rodney raffolaient. Le genre d'endroit dans lequel ils s'imaginaient prendre quelques jours de vacances. Rêve illusoire s'il en était étant donné leur charge quotidienne de travail sur la Cité, mais dont ils avaient besoin. Aussi, à cet instant, l'absence de Rodney se fit plus pesante que jamais pour John. Pourtant, il se reprit bien vite, remettant ses états d'âme à plus tard, pour se concentrer sur son travail. Inspecter les lieux c'était bien, mais c'était avec des yeux professionnels qu'il devait le faire et non avec ceux d'un amant débordé rêvant de farniente.
Au même moment, Evan avisa un homme qui arrivait vers eux.
« - Voici Shandro, annonça-t-il. C'est lui qui nous a reçus quand je suis venu avec mon équipe et qui nous a fait visiter les environs. C'est également lui qui nous introduira auprès du chef du village pour les négociations. »
Shandro était un jeune homme qui ne devait pas avoir plus de vingt ans. Barbu, les cheveux longs, il était d'une maigreur à faire peur. L'espace d'un instant John eut la vision du Jésus dont on l'abreuvait en cours de catéchisme durant son enfance. Souriant à cette idée, il se dit néanmoins que c'était peut-être un bon présage. Le jeune homme, particulièrement jovial, serra vivement la main aux trois étrangers avant de s'entretenir chaleureusement avec Lorne, s'adressant à lui comme s'il le connaissait depuis des années. Ce détail fit grimacer John. Il se méfiait toujours des inconnus trop amicaux. Pourtant l'attitude de son second l'aida malgré tout à se détendre. Il avait une confiance absolue dans le jugement de cet homme, alors si celui-ci avait un bon feeling avec ce peuple autant faire pareil.
Se tournant justement vers lui, Evan sourit devant son air incrédule.
« - Je vois que vous êtes étonné colonel. J'avais pourtant informé le docteur Weir que ces gens étaient particulièrement accueillants.
- C'est ce que je vois, sourit John, un peu plus à l'aise. Je dois dire que c'est une surprise pour moi dans la mesure où jusqu'à présent seuls les Athosiens se conduisent de cette façon avec nous. J'ai plutôt l'habitude d'être trahi ou doublé par les autochtones que nous rencontrons.
- Je connais effectivement vos antécédents, s'amusa Evan. Mais ces gens sont très bien. Proco, leur chef, est prêt à nous recevoir.
- Parfait. Au moins ainsi nous ne perdrons pas de temps. Teyla, vous voulez vous joindre au major Lorne pour rencontrer le chef ?
- Bien sûr, acquiesça la jeune femme. »
Le sourire radieux d'Evan à cet instant n'échappa aucunement à John, qui pour le coup eut du mal à retenir le sien.
« - Ronon et moi allons inspecter les environs pendant ce temps. Nous restons en contact radio.
- Bien colonel, dit Evan avant d'entraîner Teyla à la suite de Shandro. »
Oui décidément, il fallait vraiment qu'il parle de cette découverte à Rodney dès son retour, pensa John en se tournant vers Ronon, qui suivait toujours du regard les deux Atlantes.
« - Quoi ? demanda John devant son air pensif.
- Je crois que Teyla ne laisse pas indifférent notre cher major, sourit Ronon en se tournant vers lui.
- Ah, vous avez remarqué vous aussi. Ça va, vous n'êtes pas jaloux ?
- Pourquoi devrais-je l'être ? John, je vous l'ai dit, je considère Teyla comme une sœur, rien de plus.
- D'accord, d'accord.
- D'ailleurs je trouve qu'elle irait plutôt bien avec lui.
- Elle pourrait trouver pire, confirma John.
- McKay par exemple, railla le Satédien.
- Ronon ! Qu'est-ce que ça veut dire ? s'offusqua le militaire.
- Je voulais simplement dire qu'il serait mal assorti à Teyla puisqu'il est avec vous.
- Ouais tu parles !
- Je plaisantais John. D'ailleurs vous savez parfaitement que lui et moi…
- Oui, je sais, s'amusa John, retrouvant finalement sa bonne humeur. »
Les rapports entre son homme et Ronon avaient effectivement toujours été particulièrement tendus, mais ces dernières semaines cela avait encore empiré. Estimant avec Elizabeth que Rodney avait besoin d'un peu d'entraînement physique, mais, décrétant qu'il était trop impliqué émotionnellement pour s'en occuper lui-même, il avait chargé Ronon dudit entraînement. Le Satédien, toujours prompt à faire du zèle, surtout en salle de sport, était depuis cordialement détesté par son élève, qui ressortait immanquablement de chacune de leurs séances hebdomadaires couvert de bleus. John avait bien essayé de raisonner Ronon, lui rappelant que Rodney était un débutant, mais le Satédien répondait immanquablement qu'il avait justement trop besoin de progresser pour être ménagé.
Devinant à quoi pensait son ami à cet instant, Ronon éclata de rire.
« - Ne vous inquiétez pas, il s'endurcira rapidement et bientôt ces entraînements seront de la rigolade pour lui.
- Je l'espère, soupira John. Parce que vous pouvez me croire, nos jeudis soirs ne sont pas joyeux joyeux tellement il m'en veut après ce que vous vous soyez occupé de lui. Au départ j'avais bien pensé confier ses entraînements à Teyla, mais j'avais peur qu'il prenne mal le fait de se faire mettre minable par une femme. C'est pas pour rien que j'ai préféré lui confier plutôt Carson.
- D'autant que Teyla n'aurait pas été plus tendre que moi à son égard.
- En témoignent nos propres séances, confirma John en riant. Sans blague, cette femme est hallucinante. Parfois je me demande comment je fais pour sortir vivant de la salle de sport.
- Espérons pour Lorne qu'elle soit plus douce au lit. »
Echangeant un clin d'œil complice, les deux hommes rirent un moment à cette remarque. Décidément, sous ses dehors de brute de décoffrage, Ronon savait parfois être un sacré guignol. Pour le plus grand bonheur de John.
« - Bon, trêves de plaisanteries, se reprit enfin le militaire. Mettons nous au travail où les deux tourtereaux penseront à raison avoir été les seuls à s'investir dans cette mission. Je vous laisse faire un tour dans le village. Et inutile d'effrayer ces gens, contentez vous de vous assurer discrètement qu'il n'y a rien de louche. Moi je vais aller me promener un peu plus loin, expliqua John en indiquant les champs et quelques fermes éparses. On se retrouve ici dans une heure. »
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John se promenait tranquillement entre les différents champs et autres jardins où poussaient des céréales et des légumes qu'il n'avait encore jamais vu mais qui semblaient diablement appétissants. Mais puisqu'il était prévu qu'ils déjeunent ici, il aurait l'occasion de vérifier si tout était effectivement aussi bon qu'il lui semblait. Evan l'avait joint par radio quelques minutes plus tôt pour lui transmettre l'invitation et lui apprendre par la même occasion que les négociations se passaient à la perfection. Elizabeth serait plus que satisfaite quand il le lui apprendrait. Enfin ils auraient de nouveaux alliés dignes de ce nom – Proco devait leur montrer leurs armes et autres systèmes de défense après le déjeuner – et des partenaires commerciaux prolifiques qui leur permettraient d'attendre avec un peu plus de patience chacune des visites du Dédale. Bref, la journée, qui avait pourtant mal commencé après le désistement de Rodney pour cette mission, était finalement parfaite. Tout à fait le genre de journées pour lesquelles John aimait Atlantis et la galaxie de Pégase en général. Ici il avait trouvé un équilibre qui lui avait toujours fait défaut sur Terre, et malgré son importance dans sa vie, Rodney n'en était pas l'unique raison. Bien sûr, il aimait son scientifique, mais Atlantis et sa vie quotidienne depuis qu'il était ici lui apportaient également une sérénité rassurante.
Répondant bien volontiers à tous les gens qui le saluaient sur son passage, il décréta finalement que ce village était définitivement sans danger. Il s'était d'abord méfié d'eux, mais ces gens souriants et avenants lui faisaient bonne impression en fin de compte. Malgré la chaleur étouffante, cette planète faisait décidément un lieu de vacances idéal. Si seulement il parvenait à convaincre Elizabeth…
Marchant tranquillement, il arriva à l'orée de la petite forêt qu'ils avaient traversée en arrivant. L'idée de profiter pour quelques minutes de la fraîcheur des arbres avant de partir rejoindre Ronon à l'entrée du village le décida à continuer son chemin. Rapidement il remarqua un changement notable et ô combien agréable de température. Ici il faisait frais, et puis tout était tellement calme. Il n'entendait qu'une légère brise dans les feuilles des arbres et le bruit de ses pas lorsqu'il faisait craquer une branche morte sous sa semelle. Pour un peu on se serait cru au paradis. Dommage qu'il doive quitter ce havre de tranquillité, mais mieux valait qu'il reparte tout de suite pour éviter de faire attendre Ronon trop longtemps. Ronon n'était effectivement pas particulièrement réputé pour sa patience.
Au moment où il s'apprêtait à faire demi-tour, il entendit un bruit derrière lui. Curieux, il s'apprêtait à faire volte-face mais, alors qu'il esquissait un geste, ses oreilles eurent tout juste le temps de reconnaître le son typique d'une arme paralysante, alors que déjà tout son corps se tentait sous la douleur. Il se sentit irrémédiablement tomber en avant, mais plongea dans le néant avant même d'atterrir. Pas si parfaite que ça la journée eut-il tout juste le temps de penser.
TBC…
