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Chapitre 2

Aomine regardait sans réel intérêt les quelques photos qu'il avait en main. Cet imbécile de mannequin avait dû croire par un malencontreux quiproquo qu'il devait lui plaire, ou alors il avait entendu parler de ce qu'il avait fait à Haizaki… Il ne savait pas. Toujours était-il que ce courrier était pour le moins déplacé. C'était-il trompé d'adresse ? Et encore, à qui aurait-il pu envoyer ceci ? A sa connaissance, Kise ne fréquentait personne. Il avait bien remarqué que son capitaine le regardait différemment, mais, de là à envoyer des clichés aussi suggestifs…

Puis il n'y avait pas d'adresse sur la grande enveloppe grise.

D'ailleurs, cet imbécile l'avait appelé déjà deux fois aujourd'hui, et il n'avait tout simplement pas répondu. Il n'avait pas envie de savoir ce qu'il lui voulait et ce crétin insisté en lui envoyant un message. Daiki avait quand même prit la peine de regarder ce qu'il y avait d'inscrit, et un rictus moqueur étant né sur ses lèvres.

« De : Ryôta.

Sujet : Stalker.

Yo Aominecchi. J'aurais aimé te voir au retour ce soir pour te parler d'un truc. Raccompagne-moi, s'il te plaît. »

L'ace de Too garda les photos en main, sans prendre la peine de répondre au blond qui, de toute évidence, était habitué à ses vents. Il se demandait tout de même qui avait prit ces photos, bien-sûr Aomine était loin d'être un professionnel de la photo, mais l'angle de prise était tel qu'on avait du mal à croire que les clichés avaient été pris de son plein gré.

En y repensant de cette façon, Daiki regarda un peu mieux son téléphone, le sujet était assez équivoque quant aux tirages qu'il avait sous les yeux. Un malaise le prit l'espace d'un court instant. Et si Kise se faisait réellement suivre ? Ce n'était pas la première fois, déjà au collège ça lui été arrivé –et Akashi avait vite mit fin à tout ce cirque lorsqu'il avait trouvé le faiseur de trouble. Puis c'était normal pour un mannequin connu comme lui d'avoir des fans trop enthousiastes. Il devrait sincèrement songer à prendre un garde du corps.

Le temps de penser à tout ça, Kise avait envoyé un second message, insistant pour connaître sa réponse au plus vite. Aomine soupira longuement, daignant enfin répondre. Même s'il courait le risque de se retrouver avec un pleurnichard sur les bras, il avait la curiosité de vouloir savoir ce que le blond avait à lui raconter, qui semblait si important.

« Je t'attends à dix-huit heure tapante devant ton bahut. Ne soit pas en retard. »

Sans savoir si c'était par chance ou non, Daiki avait toute la journée de libre –même s'il était plus juste de dire qu'il se l'était octroyé de son propre chef. Cependant il ne se sentait pas vraiment concerné par cette affaire, alors il décida de rester chez lui, tranquillement, attendant l'heure dite.

S'il avait accepté de le raccompagner et d'écouter ce qu'il avait à lui dire, loin de lui l'idée de fouiner partout à la recherche d'un potentiel fan un peu trop timbré. Et ça serait la bonne occasion pour lui demander ce qu'il en était de ces photos.


La journée était déjà bien avancée quand Kasamatsu s'intéressa de nouveau à son ace, se penchant tellement discrètement au-dessus de l'épaule de ce dernier qu'il ne l'avait pas senti venir et ne sentait même pas sa présence. La curiosité à vif, le capitaine scrutait l'écran de téléphone pour voir avec qui il parlait –enfin, qui il harcelait, plutôt. Non pas qu'il soit vivement intéressé ou quelque chose de ce goût là, loin de là. Il savait juste qu'au moment où le blond tournerait le visage il sursauterait de peur, et ça le faisait toujours rire.

Kise avait rapidement fermé le clapet de son téléphone avant de le ranger dans sa poche, comme Kasamatsu s'y était attendu, il s'était légèrement tourné et s'était figé d'effroi sur place en le voyant à peine, réalisant seulement après de qui il s'agissait. Comme soulagé que ce ne soit autre que son senpai, il porta une main sur son cœur en soupirant, les yeux fermés. Il lui avait fichu une de ces trouilles.

Encore heureux qu'il fut persuadé que Yukio n'y soit pour rien dans cette affaire. Car avec sa discrétion et sa finesse, il aurait été difficile à découvrir. En plus de ça, ça ne collait pas, le plus vieux habitait dans le même quartier de la ville et à peine sortaient-ils du lycée qu'ils se suivaient. Kise l'aurait certainement remarqué s'il le suivait –même si en y repensant bien, c'était le genre de blague qu'il aimait faire.

-Senpai ? Osa faiblement le blond en se mettant bien face à lui. Tu crois vraiment ce que je t'ai dis ?

-Hein ? Et c'est quoi cette tête ? Demanda le capitaine en haussant un sourcil. Bien-sûr que je te crois.

Le blond pencha un peu la tête, dubitatif. Il n'avait pas réellement de raison de l'être, mais même si le sujet était aussi sérieux Yukio était du genre à le reprendre avec une tape sur la tête à lui crier dessus quelque chose qui ressemblerait à « Ne me dit pas que tu as monté cette histoire de toute pièce, imbécile ! ». Oui, il n'y avait pas à dire, le mannequin était clairement sceptique sur ce coup.

Loin de lui l'idée de l'accuser, et sa confiance était toujours là, mais il était tellement sur ses gardes dernièrement que chaque comportement qui changeait un peu de l'ordinaire paraissait suspect. C'était n'importe quoi de douter de tout comme ça, puis Kasamatsu devait peut-être lui aussi avoir d'autres soucis dans lesquels il n'était pas impliqué. Sa raison venait de reprendre le dessus après ce court instant de doute. Il avait du être plongé trop profondément dans la blague que l'aîné avait fait plus tôt.

-Tu as trouvé quelqu'un pour toi ce soir ?

-Oui, senpai. Merci de demander. Aominecchi a dit qu'il viendrait me prendre à la sortie des cours.

Le brun tiqua au nom de l'ancien coéquipier de Kise. Pas qu'il ne l'aimait pas, il était même un bon adversaire et rêvait de le rencontrer de nouveau sur le parquet. Mais l'ace de Kaijo s'était blessé contre lui lors de leur match de l'Inter-High, et c'était hors de question de lui pardonner –même s'il savait parfaitement que l'ace de Too ne lui avait pas forcé la main. Ensuite, il l'avait ouvertement humilié devant les spectateurs, devant les deux équipes et s'en était moqué.

S'il y avait une chose de sûre pour Yukio, c'était que « Aomine » et « douleur » étaient deux mots qui allaient parfaitement ensemble.

-Tu comptes lui en faire part ? Continua de questionner Kasamatsu en enfonçant les mains dans les poches.

-Je suppose que oui. Au collège un détraqué m'avait déjà suivit et ils avaient été d'une bonne aide.

-T'as des muscles en carton ou quoi ?

Le blond rit un peu, l'espace d'un court instant. C'était même un peu moqueur et il se prit un coup dans l'épaule pour se « manque de respect envers son aîné ». Le comportement de son capitaine était de nouveau le même, ça le réconfortait quelque peu.

-Non, mais je ne peux pas me permettre de risquer, ni ma place de mannequin, ni celle de basketteur. Akashicchi avait fait ça finement. Tu sais, c'est un très bon stratège.

Seijuro Akashi. Ce nom sonnait amèrement mais pourtant c'était rassurant de savoir que, même après l'époque glorieuse de la génération des miracles et tout l'engouement que ça avait suscité, le capitaine de l'ancienne équipe de Teiko gardait toujours un œil sur eux. Même si ce mec lui filait des frissons dans le dos rien qu'à le regarder, il lui accordait son plus grand respect pour être si bon joueur et capitaine –et la défaite contre Seirin avait achevé de lui mettre les idées en place.

-Je vois. Souffla-t-il finalement en jaugeant le mannequin du regard. Fait attention à toi ce soir, ok ? Et tu devrais songer à prendre un colocataire ou quelque chose comme ça, ce n'est pas bon d'habiter seul.

-Aah ! Kasamatsu-senpai s'inquiète pour moi ? S'extasia le blond en joignant ses mains, le regard malicieux.

-Bien-sûr, crétin ! Avait asséné son aîné en lui donnant un coup sur la tête, ne manquant pas de le faire grimacer. Sans toi je n'aurais plus de défouloir.

Yukio était reparti comme il était venu, très discrètement, sans un bruit et Kise avait souri. Il avait confiance en lui, c'était indéniable.

Le blond s'adossa à l'arbre de la court, profitant des quelques rayons de soleil qui s'offraient à lui. C'était agréable –même s'il ne devait pas s'exposer trop longtemps sous peine de devenir rouge comme une écrevisse. Le printemps était une belle saison, douce et fraîche, probablement sa préférée. Il croisa les bras, savourant les dernières minutes qu'il lui restait avant de reprendre les cours, espérant secrètement que l'après-midi allait passer rapidement. Etrangement, il avait vraiment envie de voir Aomine ce soir.

Son cœur manqua un battement lorsqu'il cru entendre un bruit, se redressant vivement. Son oreille le trompait rarement et ce n'était pas l'écorce qui avait craqué. Il y avait eu quelque chose de mécanique, et plus aigu dans ce son et bientôt son épiderme manifesta un long frisson de panique. Et bien qu'il cherchait partout autour de lui, il n'y voyait rien. Son estomac se serra et, prit d'angoisse, il crut même un instant que son repas du midi allait repasser.

Le malaise le frappa avec une douloureuse migraine –qui était de plus en plus courante. Fébrile et la démarche mal assurée, il gagna un bâtiment pour s'y mettre « à l'abri », comme si ça allait éloigner tous les dangers. La respiration légèrement hachée, il porta une main à son cœur dont le rythme s'était démesurément emballé, il se sentait sous une pression malsaine et n'aimait pas ça.

A la sonnerie qui annonçait la reprise des cours, il s'était même demandé si ses jambes, terriblement tremblantes, allaient savoir le porter jusqu'à la salle en question. Et il fut soulagé de constater qu'il en avait la force lorsqu'il s'écroula sur la chaise, quelque peu rassuré.

Il s'était dit que maintenant il devrait songer à minimiser ses apparitions au dehors, pour se faire le moins voir possible. Kise priait pour que ce manège angoissant cesse au plus vite.


Voilà, voilà la fin du chapitre 2 ! Vous avez le droit de me frapper mais je ne suis pas certain de pouvoir poster après du coup… J'ai envie d'ouvrir les paris et d'envoyer un bonbon à tous ceux qui auront trouvé en fin d'histoire.

Je ne m'attendais pas à avoir des reviews si vite et sachez chers lecteurs que je viens de clôturer le chapitre 5 –en enchaînant aussi sec sur le 6.

Edit : Mon histoire est terminée ! Victoire, joie et tout et tout... Vous aurez le droit maintenant aux chapitres relus, corrigés et walà ! 10 chapitres au total et un épilogue.

En espérant que ça vous ait plu, merci de lire et à la semaine prochaine.