Jabert traversa le petit passage circulaire qui menait à la salle commune de Poufsouffle. Il se retrouva dans une pièce accueillante où au centre, de nombreuses chaises et des fauteuils dépareillés attendaient les élèves à la façon d'un sympathique salon. Des tables de bois blond délimitaient les lieux d'études et tout le tour du plafond bas, de jolies frises de bois sculptées apportaient une touche gracieuse où dominaient les jaunes et les noirs.
Devant les hautes fenêtres arrondies qui donnaient sur la pelouse du château, de nombreuses plantes profitaient du soleil qui faisaient luire les jolis pots de cuivre suspendus. Les murs étaient percés de quelques portes toute rondes dont deux devaient sûrement mener aux dortoir. Mais le plus remarquable, c'était le nombre de toiles qui ornaient les murs. Il devait bien y en avoir une centaine de toutes les tailles mais la plus grande de toutes ornait le dessus du foyer et représentait une sorcière, Helga Poufsouffle de toute évidence, qui levait sa coupe à leur endroit dans un gracieux geste de bienvenue.
Dans cette salle joyeuse qui donnait une impression de calme et de confort, il était facile de s'imaginer prendre du bon temps avec des amis ou encore lire tranquillement dans l'un des sofa moelleux du salon. Jabert sourit en se disant que s'il avait la malchance d'être tombé chez les ploucs, au moins la salle commune n'avait rien de décevant.
Tandis que les poufsouffles déplaçaient les fauteuils et les chaises avec des rires et des blagues d'élèves heureux de se revoir, les préfèts menèrent la cohorte sur la gauche de la salle, devant un grand mur de pierres jaunes. Au milieu, le grand blason de la maison était gravée profondément dans la vieille roche. L'ouvrage était un peu brut et moyenâgeux, à quoi on devinait sans peine qu'il devait dater des premiers temps de l'établissement. Dans le coin droit, un petit escalier permettait d'accéder à une mince estrade qui courait tout le long du mur. Elle était longue de plusieurs mètres mais si étroite qu'elle faisait à peine deux pieds de large. Jabert se demanda à quoi pouvait bien servir un perchoir pareil. L'étroit parapet pouvait certes se montrer utile pour surplomber le public mais à moins d'avoir du sang de chèvre de montagne, mieux valait ne pas se risquer à faire des cabrioles dessus. À ce moment, Mary et Gabriel grimpèrent la volée de marche pour s'avancer jusqu'au milieu de la mince estrade où ils avaient sans doute l'intention de prononcer l'ennuyeux discours d'accueil de toute maison qui se respecte.
Les préfets attendirent un instant que les élèves aient approché les sièges autour des nouveaux. Ils s'installèrent dans un calme surprenant et Jabert songea qu'ils donnaient tous l'impression que quelque chose d'important allait se passer. Peut-être s'attendaient-ils à ce que les nouveaux se mettent à danser pour leur bon plaisir. Au quel cas, ils allaient être déçus puisque pour sa part, la danse n'était pas son fort. Mary s'éclaircit la gorge et le silence se fit autour des nouveaux.
- Je crois que plusieurs parmi vous venez de passer la pire soirée de votre vie. Est-ce que je me trompe? demanda la préfète en frais d'introduction.
Un silence éloquent lui répondit et Mary haussa un sourcil compréhensif.
- Vous venez d'être répartis dans la pire maison de Poudlard. Celle où vous espériez ne jamais atterrir, c'est bien cela?
Tous les nouveaux la regardaient avec de grands yeux, interloqués à l'idée qu'on ose aborder de front un sujet aussi sensible.
- Alors, qu'est-ce que vous savez sur Poufsouffle? Ne me cachez rien, je veux savoir tout ce que vous avez entendu de pire.
Mary ne se laissa pas démonter par le silence gêné qui s'en suivit et désigna Jabert.
- Jabert, toi qui vient juste d'arriver, est-ce que tu as déjà entendu de mauvaises choses à notre sujet? demanda Mary avec un sourire engageant.
- Moi? Heu … Et bien que … Que Poufsouffle n'a pas gagné le coupe depuis soixante-dix ans?
- En fait, soixante-douze ans. C'est exact. Quelqu'un d'autre?
- Que c'est la maison des cancres? dit d'une toute petite voix, la jeune fille à l'air tragique.
- Très bien. Quoi d'autre?
- Que tous ceux qui viennent ici sont là parce que les autres maisons n'ont pas voulu d'eux. Que c'est la maison-poubelle de Poudlard, dit Henry, le jeune garçon qui avait pleuré en se rendant à sa place.
- Qu'il n'y a que des tarés et des stupides qui ne feront jamais rien de bon dans la vie! ajouta une petite blondinette aux immenses yeux bruns.
Soudain, comme si une écluse s'était ouverte, tous les enfants se mirent à balancer l'ensemble des infamies dont ils avaient eu vent. La piètre réputation du blaireau, leur nullité au Quidditch, leur faiblesse de caractère, une mollesse congénitale, les brimade des autres maisons, le ridicule de facto, tout y passa. Lorsque la source se tarit enfin, Mary hocha la tête.
- Vous avez parfaitement raison. Poufsouffle n'est jamais la première. Que ce soit le Quidditch, la coupe des quatre maisons ou les résultat scolaire, nous sommes rarement les premiers. Mais il y a de très bonnes raisons à cela et je vous le donne en mille, ça n'a rien à voir avec l'intelligence. Nous sommes aussi brillants que les autres. Alors, est-ce que vous avez déjà entendu parler de ces raisons qui expliquent pourquoi poufsouffle n'est jamais première ?
Les enfants hochèrent la tête et Mary les approuva.
- Non, vous n'en savez rien et savez-vous pourquoi? Parce que personne n'en sait rien! Personne ! cria-t-elle en les faisant tous sursauter. Personne sauf les autres poufsouffles ici présent, vos compagnons et les seules personnes au monde à partager ce secret. Les professeurs n'en savent rien, les directeurs de maison n'en savent rien, sauf le nôtre bien entendu, et même le directeur lui-même n'en sait rien! Personne ne sait rien sur nous! *1* Et nul autre qu'un Poufsouffle n'est entré ici depuis la construction de cette salle il y a plus d'un millier d'année!
Des cris enjoués et des applaudissements jaillirent d'un peu partout dans la salle commune car il était vrai que tenir les intrus à distance au fil de tous ces siècles représentait un sacré tour de force.
- Car cette pièce est remplie de secrets épatants! Incroyables! continua la préfète. Ici, vous verrez des choses que personne n'a jamais vu, vous ferez des choses que nul autre que nous n'a la possibilité de faire et vous ferez partie d'ordres secrets dont vous n'avez même pas idée. Ici se trouvent de véritables joyaux du monde magique que seuls les poufsouffles sont appelés à connaître car ils sont ignoré de tous les autres depuis toujours et pour toujours.
Fasciné, Jabert fixait Mary avec d'aussi grands yeux que les plus jeunes. Est-ce que c'était vraiment possible? Cette maison était-elle réellement la gardienne d'un coffre au trésor dont personne n'avait la clef? Personne, sauf eux?
- Et ils doivent être ignorés ! Je ne blague pas! Comprenez que si jamais quiconque en savait quoi que ce soit, ce serait la fin de Poudlard ! Des gens du monde entier seraient prêts à démolir cette école brique par brique pour mettre la main sur notre salle commune! C'est pourquoi la loyauté est l'une de nos qualité principale. Ces secrets ne doivent jamais au grand jamais sortir d'ici. Jamais.
La préfète regarda les nouveaux Poufsouffles avec tant de sérieux que personne ne douta un instant que les plus grands malheurs s'abattraient sur le monde s'ils osaient parler de quoi que ce soit.
- Chacun, chacune ici est digne de confiance car tous les poufsouffles sont les gardiens d'objets magiques légendaires et si un seul parmi vous devait nous trahir, nous serions tous en grand danger, insista la préfète en les fixant d'un air d'outre-tombe.
- Bon écoutez, ne vous en faites pas trop non plus, tempéra Gabriel en remarquant que des nouveaux semblaient près de faire dans leur froc. Ce n'est rien de compliqué. Tout ce qu'on vous demande c'est de la fermer.
- La fermer, exact, approuva Mary. Et pour la fermer, les poufsouffles sont les grands champions toutes catégories. Qui a parlé tout à l'heure que nous sommes des perdants et que nous ne faisons jamais rien de bon dans la vie?
- C'est … heu, c'est moi, dit la petite fille aux cheveux blonds, mais je ne le pensais pas vraiment, tenta-t-elle pour se racheter.
- Il n'y a aucun problème à le penser vraiment parce que c'est bien ce qu'il semble, dit Mary avec un clin d'oeil. Et ce n'est pas pour rien! Si personne ne se doute de ce que nous faisons, c'est que nous sommes tous formés à garder des secrets qui sont parmi les plus importants du monde magique. C'est une compétence rare et très prisée. Difficile à trouver ailleurs qu'ici.
Elle laissa ses yeux courir sur le groupe des recrues comme pour leur faire comprendre qu'elle était loin de leur débiter des sornettes et que tout ça était on ne peut plus sérieux.
- Saviez-vous que presque tous ceux et celles qui travaillent au département des mystères viennent de notre maison? Et que dans les départements les plus secrets et les plus puissants d'Angleterre, on engage des poufsouffles en priorité? Et plus encore, qu'à chaque année des ministères et des Ordres secrets du monde entier viennent jusqu'ici et se battent pour être les premiers à recruter les meilleurs finissants?
Les nouveaux faisaient des têtes si incrédules que la réponse allait de soi.
- Non, bien entendu vous n'en saviez rien. Et vous n'en saviez rien parce que la preuve de notre loyauté c'est justement le fait que personne n'en a jamais rien su. Personne. Jamais. C'est ce qu'on appelle un secret de blaireau.
- Aucune autre maison de Poudlard ne peut se vanter d'un pareil prestige, ajouta fièrement Gabriel. Les autres se croient tous meilleurs que nous mais dans les faits, nous sommes la seule véritable maison d'élite de cette école! Les dignitaires des autres pays n'ont rien à cirer des serdaigles, des gryfondors ou des serpentards. Ils traversent la planète et viennent ici uniquement pour nous. Pour nous seuls. Mais bien sûr, aucun poufsouffle digne de ce nom ne s'en vantera jamais et c'est d'ailleurs pour cette raison qu'on vient nous chercher de si loin.
- Est-ce que … Est-ce que ça veut dire que les poufsouffles peuvent devenir des agents secrets? demanda un jeune rouquin avec des yeux agrandis d'espoir.
- Agent … secret? répéta Gabriel qui n'avait jamais entendu ce mot.
- C'est comme un genre d'Auror qui travaille sous couverture, expliqua un jeune poufsouffle assis sur le bras d'un divan et qui lui aussi devait avoir grandi en pays moldu.
- Ah... Et bien, j'imagine que oui, répondit Mary. Mais ce genre de métier est très exigeant. Ce n'est pas tous les des Poufsouffles qui se retrouve au service des mystères de Russie.
- Ce n'est pas tout le monde non plus qui aime remplir des formulaires barbants, cria une voix dans la salle en provoquant les rires de l'assemblée.
- En effet, ce genre de travail n'est pas toujours aussi excitant qu'on l'imagine mais si tu travailles bien et que tu le veux vraiment, je suis certaine que tu pourras devenir une sorte «d'agent secret», dit-elle avec un sourire encourageant. Du moins, c'est ici la meilleure maison pour y arriver.
- Whoaaaa! Ça c'est trop génial! s'exclama le petit rouquin qui afficha un air tellement ravi qu'il était aisé d'en conclure qu'il n'avait prêté aucune attention à l'histoire des formulaires.
- Tout au long de vos études ici, vous serez sous-estimés, continua Gabriel. Les autres nous prennent pour des imbéciles qui ne feront jamais rien de bon et mettez-vous bien ça dans le crâne : c'est ce que nous voulons. Avant ce soir, vous n'auriez jamais pu imaginer que Poufsouffle faisait quoi que soit d'important pas vrai? Vous aviez l'impression que nous n'avions rien d'intéressant? Et bien c'est exactement ce que les autres doivent croire.
- C'est en effet une excellente couverture et pour qu'elle tienne, il nous faut trois choses : l'honnêteté, la fidélité et surtout, la loyauté.
- C'est pourquoi personne ne vous a parlé à la table ce soir, expliqua le préfet. Aucun parmi vous n'a encore prêté serment de loyauté. Et tant que vous n'aurez pas fait ce serment, aucun d'entre vous n'est digne de notre confiance, aucun n'est digne de s'asseoir à notre table, aucun n'est digne d'être un poufsouffle.
Le groupe de novice sentit que sur eux, pesaient tous les regards. Certains relevèrent la tête fièrement et d'autres plus timides se tassèrent sur eux même mais tous pressentaient que quoi qu'il arrive, ce qui allait suivre serait déterminant.
- Si vous voulez rester ici, vous devez faire serment de loyauté, dit Mary. Mais êtes-vous vraiment prêts à faire ce serment ? Réfléchissez bien. Ne le faites pas à la légère. Avant de décider, sachez que jamais vous ne pourrez de parler de ce qui se passe à Poufsouffle. Rien du tout! Jamais. De toute votre vie. Alors si vous êtes du genre à aimer vous vanter, pensez-y bien, dit-elle d'un ton grave.
- Ce serment est magique, il n'y aura aucun retour possible, reprit Gabriel. Où que vous soyez et quel que soit votre âge, si vous dites quoi que ce soit à quelqu'un qui n'est pas un poufsouffle l'Ordre du souffle d'Helga le saura et vous pourchassera où que vous soyez. Et croyez-moi, je ne ne voudrais pas être à votre place dans ce cas.
Devant des menaces aussi inquiétantes, Jabert ne put retenir l'évidente question qui le tourmentait.
- Mais.. si jamais on s'échappe, qu'on dit quelque chose sans le vouloir … Je veux dire ça peut arriver. Qu'est-ce qui se passera?
Les plus jeunes le regardèrent avec reconnaissance, soulagé de ne pas avoir eu besoin de poser une question aussi compromettante.
- C'est heureux que tu soulèves ce point Jabert. J'y arrivais, dit Mary. Comme l'a dit Henry en parlant de «maison-poubelle», Poufsouffle accueille ceux qui ne cadrent nulle part ailleurs et si vous ne cadrez nulle part, ce n'est pas parce que votre place est dans une poubelle, c'est au contraire parce que vous êtes quelqu'un de spécial. Ici, nous le sommes tous. Mais même si vous êtes la personne la plus spéciale du monde, il y a une chose et une seule qui vous empêchera à jamais de passer cette porte. Et qu'est-ce que c'est?
- UN COEUR NOIR! crièrent les élèves avec un bel ensemble.
- Un coeur noir. C'est le seul critère de rejet de notre maison et il est là pour protéger les secrets que vous aurez à garder. Aucun d'entre vous n'a un coeur noir alors aucun d'entre vous ne VOUDRA trahir sa maison. C'est de cela dont il s'agit.
- Oui et nous avons des formations très complètes sur les meilleures façon de s'en sortir lorsqu'on dit une bêtise sans le faire exprès. Il y a même des ateliers et des concours. On est très bien organisé, ajouta un un garçon rondouillard d'une quinzaine d'année qui tenait visiblement à les rassurer.
- Et si on ne veux pas faire le serment qu'est-ce qui arrive? demanda une petite fille noire aux cheveux crépus.
- La directrice de notre maison viendra vous chercher, vous fera tout oublier et le choixpeau vous enverra dans une autre maison. Il n'y a aucune honte à cela. Aucune. Et votre fameux souhait se réalisera. Vous n'étudierez pas à Poufsouffle ... Tout sera réglé en moins de cinq minutes. Alors dites-moi, est-ce que quelqu'un parmi vous veut partir ?
Pour Jabert, les choses étaient plus que claires. Il allait étudier dans cette maison coûte que coûte à moins que quelqu'un ne le sorte de force, et encore, il s'accrocherait aux fauteuils. L'instant d'avant, tout lui avait semblé perdu mais maintenant, tout lui semblait fabuleux et plus excitant que dans ses rêves les plus fous. Bien sûr, il n'était pas le seul dans ce cas et les autres élèves levaient la tête d'un air décidé, indiquant qu'il n'y aurait aucune défection dans la cuvée.
- Personne ne souhaite partir? Alors êtes-vous prêts à prêter serment et ainsi devenir de véritables poufsouffles?
Tous les élèves acquiescèrent.
- Excusez-moi, je n'ai rien entendu, dit Mary en mettant la main derrière son oreille.
Un oui bien franc jaillit de tous les gosiers mais la préfète ne sembla pas des plus émue.
- Pardon?
Un grand oui s'éleva à en faire trembler les murs et Mary sourit, satisfaite.
- Vous comprenez bien que si vous faites ce serment, vous serez liées par votre parole pour toujours? dit gravement Gabriel. Est-ce que c'est bien ce que vous voulez?
Encore une fois la nouvelle cuvée cria un grand OUI à s'en faire éclater la gorge.
- Très bien. Qui veut commencer?
- Moi! cria la petite fille noire à la tête pleine de boucles.
Jabert soupira, heureux que pour une fois ce soir, quequ'un d'autre veuille bien briser la glace et risquer de passer pour un navet. Mary fit monter la jeune fille sur l'estrade et lui demanda de poser la main sur l'écusson de la maison gravé dans la pierre. Le blaireau de pierre au centre de l'écusson leva la patte devant lui et regarda la petite de ses yeux mal dégrossis.
- Pose ta main dans la patte du blaireau et répète après-moi : Je jure de garder tous les secrets de Poufsouffle même au-delà de la mort, que le souffle d'Helga soit mon témoin.
Amélie répéta la formule ainsi que tous les autres qui montèrent sur l'estrade à tour de rôle, jurer solennellement leur indéfectible loyauté. À la suite de quoi, Gabriel gonfla la poitrine pour dire la phrase consacrée.
- JE VOUS PRÉSENTE NOS NOUVEAUX POUFSOUFFLES! hurla le préfet en levant le poing.
Aussitôt, les autres élèves se mirent à applaudir et crier de concert pour célébrer l'arrivée de leurs nouveaux compagnons. Tous se levèrent pour leur taper l'épaule, leur ébouriffer les cheveux ou les féliciter avec effusions. On leur tira des chaises afin qu'ils s'installent confortablement et se sentent comme chez-eux. S'ils s'étaient sentis rejetés au bout de leur table, les nouveaux furent cette fois plus que bien accueillis par la maisons blaireaux, leur nouveau foyer.
- C'est bien, c'est bien, ne les abîmez pas trop, lança Gabriel en riant. Alors commençons par une récompense car on vous a promis des secrets et on ne voudrait pas que vous nous preniez pour des menteurs et préparez-vous parce que vous allez en avoir pour votre serment! Vous êtes prêts? Mary, à toi l'honneur.
- Tarino revelato! prononça la jeune femme en touchant le mur de sa baguette.
Dans ce chapitre, j'ai tenté de résoudre l'une des énigmes qui me semble parmi les plus fascinantes des HP : le caractère aimable des poufsouffles.
Lorsqu'on analyse l'ensemble du canon, on ne peut que se surprendre de l'attitude générale des blaireaux. On les prend pour des imbéciles et on se moque ouvertement de leur capacités mais au lieu de s'en défendre, les jaunes s'en fichent. Encore plus étrange, malgré ces railleries méprisantes, ils sont de l'avis général, «aimables et agréables» avec tout le monde. Cette attitude qu'on pourrait qualifier de méga-pacifique défie tous les codes de réactions observables chez les humains normaux. Lorsque quelqu'un vous traite de raté, vous n'allez pas lui faire un câlin, pas vrai?
Au niveau comportemental, nous nous trouvons donc devant une véritable énigme. Comment une maison au grand complet peut-elle être ridiculisée et méprisée tout en restant dans les meilleures dispositions envers ceux qui l'insulte?
Peu d'options sont envisageables et une des seules choses qui d'après-moi pourrait expliquer cette réaction contre-nature serait celle-ci : les poufsouffles encouragent eux-même ces préjugés à leur endroit et ils le font en toute connaissance de cause. Dans un tel cas, ils n'auraient en effet aucune raison de prendre ombrage de préjugés qu'ils ont créés de toute pièce et qu'il encouragent année après année. Il serait aussi tout à fait logique qu'ils se fichent complètement de ces racontars et surtout, n'éprouvent pas le besoin de s'en défendre.
Et voilà qui explique tout.
Cependant cela nous mène surtout à un nouveau problème. Pourquoi diable les blaireaux feraient-ils une chose pareille? Qu'est-ce qui peut motiver toute une maison à se placer volontairement en position de perdant? Pourquoi vouloir descendre au dernier des niveau et s'installer sur l'échelon le plus redouté de toute société normalement constituée ? Et ce, tout un millénaire!
Dans un pareil cas, la première question qu'on peut se poser est celle-ci : a-t-on déjà vu qui que ce soit se placer volontairement en perdant ? Une fois enlevés les masochistes, les saints et les cinglés -qui n'entrent pas dans le cadre de cette étude-, il ne reste pas des masses de postulants prêt à tout endurer pour avoir le plaisir d'être en queue de peloton. Mais on peut tout de même ressortir deux profils typiques : ceux qui ont quelque chose à y gagner comme par exemple les sportifs dans les matchs truqués et ceux qui ont quelque chose à cacher comme par exemple, les avares qui font semblant d'être de parfaits misérables alors que leur grenier croule sous les lingots d'or.
Sur la première possibilité, on ne voit pas très bien ce que les poufsouffle auraient à gagner à rester d'éternels perdants. Malgré que serpentard n'hésiterais probablement pas à verser des pots de vin pour se débarrasser d'un concurrent, après tout l'ambition n'a pas de limite. L'autre hypothèse, tout de même plus probable, c'est qu'ils pourraient bien avoir quelque chose à cacher.
Si c'est le cas, forcément, ils ont quelque chose de précieux à dissimuler. Bien sûr, il semble de prime abord peu probable que de jeunes élèves se retrouvent avec un trésor. Cependant si c'était le cas, il est évident que la stratégie de l'avare serait parfaite. Qui soupçonnerait qu'il y a des trésors magiques chez ces perdants sans intérêt? Des minables sans envergure qui ne sont connus que pour leur médiocrité ? Clairement personne.
Cette hypothèse est bien sûr étonnante et on demandera à bon droit s'il y a quoi que ce soit dans le canon qui ait l'air de pouvoir appuyer ce délire. À ceci je répondrai oui. La salle commune des poufsouffles a des particularités si exceptionnelles lorsqu'on la compare aux autres, qu'il pourrait bien y avoir anguille sous roche.
Premièrement, elle est la seule à avoir mis en place un dispositif de sécurité pour repousser les intrus. On parle de recevoir de pleins barils de vinaigre dans les yeux. Cela me semble un système quelque peu redoutable pour une simple salle commune. Après tout l'école n'est remplie que d'innocents gamins. N'est-ce pas étrange? D'autre part, la salle des poufsouffles est la plus inaccessible de l'école. C'est un cénacle inviolé où nul étranger n'a pu mettre ne serais-ce que le bout d'un orteil depuis mille ans (Pottermore) et ce, sans que personne ne sache pourquoi.
Évidemment, peut-être que les blaireaux sont complètement paranoïaques sans raison valable (après tout, le pourcentage de cancre est supposément substantiel) mais ne serait-il pas plus logique qu'il y ait une raison pour que cette salle soit si bien protégée ?
Ceci étant, je dirais qu'il n'est pas impossible d'avancer que les poufsouffles pourraient bien avoir eux même créés et encouragés leur mauvaise réputation afin de ne pas attirer l'attention sur eux en raison d'un trésor qui serait dissimulé dans leur salle commune. On l'aura deviné, c'est de cette hypothèse quelque peu rocambolesque que s'inspire cette petite fic.
La théorie du critère de rejet de Poufsouffle vient quant à elle d'un commentaire de Julia sur ff. net. Elle a remarqué que Peter Pettigrew n'était pas assez courageux pour Gryfondor, pas assez intelligent pour Serdaigle et pas assez ambitieux pour Serpentard. En toute logique, il aurait donc dû se retrouver à Poufsouffle. Cependant, la noirceur de son coeur l'en aurait empêché ce qui laisse penser que Poufsouffle n'accepte aucun sorcier de cette trempe. C'est une excellente proposition à laquelle j'adhère tout à fait. Surtout que cela expliquerait pourquoi Poufsouffle compte le moins de sorciers ayant mal tournés et expliquerait aussi que les dispositions de la maison soient naturellement pacifique au départ.
– Note
1- Dans les faits, on sait fort peu de chose des Poufsouffles et analyser soigneusement le canon le confirme hors de tout doute possible. Ce qui donne d'ailleurs raison à la comédie musicale « A very Potter musical» qui résume admirablement la situation : «What the hell is a hufflepuff?» (Mais bon sang, qu'est-ce qu'un poufsouffle?)
