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Nda : L'auteure n'a rien de particulier à ajouter si ce n'est : LISEZ ET COMMENTEZ (pendant que je suis inspirée..)
3 mois, 13 semaines, 91 jours, 2 184 heures, 131 040 minutes, 7 862 400 secondes. Tch, vous imaginez combien de clop je peux fumer en attendant que ça passe ?
« C'est hors de question. »
Je refusai, catégorique. Je tournai la tête à l'air abattu de Juudaime et au sourire compatissant de Yamamoto.
« Mah, mah, dit-il, ne soit pas si radicale.
- Toi, la ferme.
- M-mais...Hayate-chan, me supplia ma boss.
- Tsuna-chan, repris-je à l'étonnement de ce yakyu baka – je ne l'appelai par son prénom que lorsque nous étions en privé. Je suis ta meilleure amie, ton gardien de la Tempête et ton bras droit. J'ai juré sur ma vie, mon sang et mon honneur que je ferais de toi le dixième parrain Vongola, te protégerais, t'assisterais et te soutiendrais jusqu'à ma mort. Mais ça. Une mission comme ça ! Non, je ne peux pas !
- Hayate-chan...
- J'suis pas faite pour des infiltrations de ce calibre !
- Il n'y a que t-toi qui puisses assurer.
- Et rattraper ses boulettes ? Je ne suis pas d'accord.
- Tu es l-la seule à avoir les capacités pour.
- Alors explique-moi pourquoi c'est cet idiot qui travaille dessus ?
- Ne sois pas de si mauvaise foi. Tu sais que Takeshi-kun est brillant sur ce genre de chose. Il est dans ce milieu depuis des mois. M-mais les choses se compliquent de semaines en semaines et je ne veux pas risquer sa couverture. J'ai besoin de toi en soutient sur cette affaire, seule toi saurait t'infiltrer sans te compromettre. On a trop besoin de ces informations.»
J'hésitai, comprenant le bienfondé de son raisonnement.
« Mais sérieusement ! Moi ?! S'il te plaît...regarde-moi ! Je n'ai pas l'allure et encore moins les manières pour ça ! Et le milieu des affaires ? Je n'ai pas le moindre goût ou compétence particulière dans ces domaines, je ne pourrais pas assurer.
- Tu aurais deux semaines pour te mettre à jour. Il n'y a que toi qui a les capacités pour assimiler autant de théorie en si peu de temps. Et je suis certaine que tu en connais bien plus que tu ne veux le laisser entendre. Quant à ton al-allure... Il te...il te suffirait de faire un tout petit effort, Hayate-chan... Ce n'est pas comme si tu ne portais mal le tailleur, bien au contraire ! Au pire Haru-chan et Kyoko-chan seraient ravis de nous accompagner faire les boutiques...
- Jamais !
- Cette mission, reprit-elle comme si je n'avais rien dis, j'aurais bien voulu la faire moi-même. J'ai essayé d'apprendre, m-mais je n'y comprends absolument rien ! C'est beaucoup trop complexe pour moi. Je ne sais pas comment tu fais tout ça Takeshi-kun ! »
Cet imbécile d'idiot rigola bêtement en se grattant stupidement la tête, gêné du compliment de notre boss, honteuse. Elle se prit d'ailleurs un coup de Léon sur la tête.
« Itaiiii ! Reborn ! Pourquoi ? s'exclama-t-elle en pleurant.
- Tais-toi, baka-Tsuna. Gokudera, m'interpela-t-il durement ensuite.
- Hmm..?
- Vas-tu le faire oui ou non ? Tu en es capable et on a besoin de toi. »
Fais chier bordel de salop'rie de merde à la con. Je grognai avant de capituler.
« Tch. Développe, agressai-je Yamamoto.
- Un congrès commencera dans l'hôtel d'une des cibles, reprit-il, subitement sérieux. Les autres font également partie des invités.
- L'objectif ?
- Nous avons besoin de contrôler les informations qui circuleront pendant les différentes présentations et d'infiltrer les groupes dirigeants. Le séminaire n'est qu'un prétexte. On soupçonne le propriétaire de l'hôtel, un homme d'affaire connu sous le nom de Byakuran, d'organiser une réunion secrète avec des émissaires de familles mafieuses. Je pense qu'il veut faire des recrutements ou passer des alliances, c'est assez inquiétant.
- Je suis censée commencer quand ?
- Tu as dix-sept jours avant qu'on s'installe.
Il se foutait de ma gueule là ? C'était une putain de blague ?
« Haha, ce sera le 1er Avril !
- Tch, bordel.
- On a déjà mis au point une couverture pour toi... »
Et là, à la tronche qu'il tira je compris que la suite me plairait encore moins.
« Tu seras l'une des élèves en formation qui a été sélectionnée pour assister aux réunions dans le cadre de tes études et ma co-...Comme un stage quoi... »
J'ignorai la suite du discours de monsieur Takeshi ''Kishimoto'', banquier, courtier ou je ne savais quoi de génie pour isoler l'information principale.
« Ta QUOI ? Tu te fous de moi ?!
- Ma...partenaire, se rattrapa-t-il avec une moue gênée. C'était le seul moyen pour que tu puisses venir ! Il n'y a pas d'autre chambre disponible ! Attends ! »
Trop, c'était trop. Sur ce, je calai ma clop au coin de mes lèvres et m'en allai par la baie vitrée que j'explosai d'un coup de pied. J'ignorai les protestations et autre appels de Tsuna ou Takeshi et rejoignis directement le jardin. Fais chier, merde.
#KHR#
Il me fallut un putain de quart d'heure pour arriver à mon garage. Je montai dans ma caisse, les clés m'attendaient déjà sur le contact. Je pris la peine d'attacher ma ceinture et démarrai le moteur. Celui-ci rugit, heureux comme s'il sentait mon humeur prometteuse pour une longue ballade. Tout doux ma belle, oh que oui putain, elle allait être bonne et longue. J'attendis que le volet électrique finisse de remonter en m'allumant une autre clop. Puis je sortie en trombe, remontant l'allée jusqu'aux immenses portes de fer forgé gardant le manoir Vongola. Je tirai une longue taff, appuyai sur play et enfonçai mon pied à fond sur l'accélérateur. Mon Audi R8 fusa sur l'allée terreuse de campagne : décollage.
Cruise contrôle – Kid Ink
A chaque arbre, chaque panneau que je dépassais, une de ses putains de pensées parasites se décollait de mon crâne pour rejoindre ma corbeille mentale. Autant dire que je me retrouvai rapidement avec la tête aussi pleine que celle du dorénavant macabé que Mukuro avait écervelé la semaine dernière – au sens propre. L'aiguille du compteur frôlait les 130 et mon cœur tenait la cadence. J'avais à peine le temps de voir et encore moins de réaliser. Virage dangereux. Freiner. Tourner. Accélérer. Ligne droite. Accélérer. 150. Route nationale. Accélérer. Clignotant. Doubler. Clignotant. Se rabattre. Accélérer. 180. Autoroute. Accélérer. Doubler. Rouler. Rouler. Rouler. 200. Le soleil en face de moi. Beauté. Rouler. Rouler. Rouler.
Ma tête était vide de tout ce bordel émotionnel dominé par la colère qui m'habitait et je ne savais depuis combien de temps mon pied n'avait pas quitté l'accélérateur. J'avais juste suivis mon instinct, tournant lorsqu'il me prenait l'envie de tourner, doublant lorsqu'il me prenait l'envie de doubler, mais ne m'arrêtant pas. Je suivais le soleil dans sa course.
Je me garais au bord d'une falaise, face à la mer. Loin, très loin de tout. Je me foutais du paysage. Enfin seule, je me détendis. Tch, en vrai, j'étais une asociale. Je n'aimais pas les gens et les gens ne m'aimaient pas. Il y en avait certain que je tolérais, d'autres que j'avais adopté, quelques-uns que je supportais. Mais le reste du monde m'emmerdait profondément. L'espèce humaine m'exaspérait et je lui montrais bien. Je me plaisais à me voir en marge de la société. Loin de l'anarchie démocratisée de la populasse. Quand il s'agissait de les haïr je le gueulais juste le plus fort possible. J'aimerais tous les faire exploser. Là ils gueuleraient enfin pour une bonne raison. Et après ils la fermeraient. Mais tout ça, ce n'était qu'à moitié vrai. Autant que je chérissais ma solitude, je la haïssais. Jusqu'à Tsuna. Elle m'avait appris ce qu'aimer voulait dire mais le concept avait encore franchement du mal à passer. J'espérais qu'il ne passe pas de sitôt pour ce que cette bêtise faisait aux gens !
Lorsque j'eus finis mon paquet de Philip Morris, je remarquai que la nuit était tombée. J'écoutai encore un peu le bruit de la marée frappant la roche et finis par retourner à ma voiture dont la portière était restée ouverte. Démarrant, je remis la sono à fond avant de rapidement envoyer un message à ma boss pour lui dire que je rentrai. Je récupérai mon paquet de secours dans la boîte à gants et tirai ma ceinture. Un sourire sauvage flottait sur mon visage lorsque j'enfonçai mon pied sur l'accélérateur. Il fallait que je me dépêche si je voulais être rentrée pour le dîner.
#KHR#
Pensive, j'inspirai puis soufflai.
Le caillou dans lequel je shootai vola à plusieurs mètres et mon voisin de marche me lança un regard curieux. Je l'ignorai et enfonçai ma tête entre mes épaules pour bougonner de plus belle.
« Tch, tu regardes quoi ?!
- Toi, répondit-il comme si c'était une évidence - quand bien même c'en était une.
- Et pourquoi tu me regardes yakyu baka ?
- Tu es belle Hayate. »
Je m'étouffai avec la bouffée de cigarette que je venais de prendre, sentant mes joues et mes oreilles chauffer désagréablement.
« Mais ça va pas dans ta tête d'idiot de dire des trucks comme ça ! Que je gueulai en essayant de le frapper.
- Hahaha, qu'il rit comme un imbécile heureux, pour changer. On dirait que tu vas mieux.
- Arrêtes de te foutre de moi, connard, grognai-je encore en finissant par atteindre son estomac avec mon pied. »
Plié sous le coup dans son habituelle exagération, il continua à rire comme l'idiot écervelé qu'il était. Je le doublai pour avancer sans lui, effectivement d'humeur plus légère après avoir réussi à lui en foutre une. Je me retournai cependant quelques pas après, pour le voir m'observer avec...
« Quoi encore ?! »
Ses traits se détendirent et son sourire l'illumina derechef quand il reprit le contrôle de ses émotions.
« Haha, je pensais juste à notre miss...
- Et bah ne penses pas ! Tch, que je le coupai. Ca ne te va pas, tu risquerais de faire griller le peu de neurones en état de marche qu'il te reste. »
Il ne me répondit pas et s'imposa une allure semblable à la mienne, reprenant silencieusement sa place à ma droite sur le chemin escarpé slalomant entre les arbres. Croyait-il que je ne voyais pas l'inquiétude dans son regard ? La préoccupation dans ses rires ? Le malaise de sa voix ? Mais je ne disais rien, n'envahissait pas ses secrets ni son espace personnel. Contrairement à d'autres…
J'allumai une autre cigarette avec le mégot de la première en me baissant derrière un arbuste pur me protéger du vent. Je tirai dessus avant de le rejoindre quelques pas plus haut pour observer le sentier se dégager enfin pour nous permettre d'apercevoir l'objet de notre escapade en terrain sauvage. A une trentaine de mètres en contrebas, protégé par le bout de forêt entrecoupé de collines rocheuses que nous venions de traverser ainsi qu'une rangée de barbelés doublée d'un grillage métallique ; le manoir apparut. Retrouvant un semblant de sérieux appréciable, Yamamoto hocha sévèrement la tête.
Je sortis le viseur d'un de mes bébés - sexy fusils d'assaut - d'entre mes seins pour avoir une meilleure précision des lieux. A vu de nez, il y avait un bon kilomètre et demi à parcourir pour atteindre les limites du terrain, et 300 mètres de pelouses entre celles-ci et le bâtiment. Je sifflai en observant une rotation de gardes lourdement armés alors que mon futur "partenaire" me détaillait quelques nouveaux points stratégiques et m'indiquait quelques issues de secours. Je ne lui répondis rien, concentrée alors que mes estimations et prévisions fusaient dans mon crâne. Ils avaient du beau matériel mais rien ne se dresserait entre moi - nous - et le succès. Pour Tsuna, pour les Vongola. Quelques points techniques plus tard, nous revoilà à crapahuter dans les collines pour redescendre près de sa Porsche.
« ...jamais trop prudent. Je te propose de revenir lundi prochain pour installer du matériel dans la forêt. Proposa-t-il en démarrant.
- Ouai, j'ai déjà de bonnes idées. Mais lundi je dois aller à Rome faire sauter un connard de sénateur, tch. Mardi, ce sera mieux.
- Comme tu veux. »
Le silence nous repris. Quelque chose me gênait mais je n'arrivai pas à m'être le doigt dessus. Tch, la bouche fermée de cet idiot de bavard me hurlait qu'il savait pertinemment de quoi il s'agissait. Je n'avais qu'un mot pour décrire ce sentiment qui me prenait aux tripes : danger. Je comprenais maintenant un peu mieux la raison pour laquelle le beau gosse avait besoin de moi. Par ce qu'à coups sûr, c'était de son initiative et à son expresse demande que Tsuna m'avait ajoutée à sa mission. Cela faisait quand même des mois qu'il bossait avec tous les bureaucrates. Il fallait dire que j'étais impressionnée. Mais que cherchait-il à faire ? Cette histoire de congrès et de supposée réunion était trop louche. J'aurais trois mois à tenir, hein ? Je retins un rictus. Finalement, il risquait d'y avoir de l'action sous couverture, ce qui ne pouvait que se révéler...motivant.
Deux heures plus tard, je tournai la tête pour voir le paysage uniforme défiler derrière la vitre. Putain ce que la route était longue malgré l'aiguille du compteur qui frisait en permanence les 150km/h. D'autres questions flottaient dans mon esprit. Ce con était peut être idiot mais je savais qu'il avait conscience, peut-être plus que moi, du fameux danger périlleux de l'entreprise.
« A quel point tu t'es investi dans cette mission ? » je lâchai sans me détourner des arbres rendus informes par la vitesse.
Je n'avais pas besoin de le voir pour savoir qu'il venait de pincer les lèvres en jetant des coups d'œil inquiets dans ma direction. Sa main droite allait ensuite quitter le volant pour passer dans ses cheveux fins. Puis le petit rire embarrassé dans trois...
Deux.
Un.
« Hahaha. Disons que...
- Tch, idiot prévisible, je soufflai.
- ...j'ai peut-être un peu trop prit les choses à cœur...
- Et ? m'impatientai-je.
-...et minimisé le risque.
- Tu as "peut être" QUOI ? Explosai-je. Nan mais tu te fous de ma gu… »
Il pilla dans l'instant, me coupant proprement et se plaçant sur le bas-côté.
« Hayate. »
Son ton me paralysa et fit cuir mon ventre. Son regard dur, mature, aiguisé comme ses lames figeant le chocolat lumineux de ses iris me surpris. J'ignorai mon étourdissement passager pour hausser un sourcil.
« Hayate. Ce type, Byakuran, il est dangereux. Laisse-moi t'expliquer. Il n'y aura pas que des mafieux dans cet hôtel. Je crois qu'il monte bien pire qu'une rébellion.
- Pourquoi le faire dans ce genre d'endroit, avec ce genre de personne ? Utiliser un prétexte civile n'a aucun...oh.
- Il veut se servir de nos compétences pour monter son projet, c'est ce que je pense. J'ai mentis, avoue-t-il avec une grimace, à Tsuna. Il y aura des ingénieurs, des scientifiques, des courtiers ! Il a réunis des spécialistes de tous les domaines, des mafieux de toutes familles. C'est trop gros. Et ce type...Il est malsain Hayate, on doit l'arrêter. Et pour ça on doit travailler avec lui sur son "projet Trinisette" pendant les trois mois à venir. »
Je ne répondis rien pendant quelques secondes, sondant la sincérité et la peur dans son regard. Je le détaillai, la manière dont sa mâchoire était serrée, la pression de ses lèvres courbées d'inquiétude, le froncement de ses sourcils, la raideur de ses muscles...eh merde.
« Tch, compte pas sur moi pour te sauver les fesses quand tout va foirer » finis-je par grogner en fuyant précipitamment son intensité.
Je l'entendis souffler l'air qu'il retenait depuis tout ce temps dans l'attente de ma réponse.
« Merci, qu'il se radoucit donc avant de redémarrer.
- Tch, abruti de joueur de baseball... Tu as conscience que Juudaime va faire une crise quand elle va s'en rendre compte ? C'est pas un putain de jeu cette fois. Si on se fait chopper on va se faire décapiter. Tch, ça a trop l'air d'un putain de piège. Tu as vu comme moi les gardes, je suis sûre qu'il y a des saloperies de mines dans la forêt, je l'ai sentis. Et puis c'est trop facile ton histoire d'infiltration, la menace est trop grosse. Surtout que s'il prépare quelque chose d'aussi gros, il aura forcément prévu que quelqu'un le trahisse. T'y a pensé à ça ? Bordel, quelles mesures il a prises pour assurer ses arrières ? Pourquoi est-il si sûr de lui ? Toutes les portes ont l'air blindées, même les fenêtres, sans parler des murs. Tch, je suis sûre qu'il prévoit de tous nous buter avant la f...
- Je sais, qu'il me coupe. Je le sais bien Hayate.»
Et encore une fois, son sérieux me cloua le bec et envoya mon ventre voler jusque dans mes poumons calcinés. J'en eus le souffle coupé. La voix de son sérieux. Trop profonde et intense. Cet idiot. Je m'autorisai un rapide coup d'œil à ses sourcils froncés avant d'éjecter ma clop par la vitre électrique. Je repris mes esprits dans l'instant. Je ne le laisserai pas m'impressionner.
Tch, ça allait être chaud chaud chaud.
« Aaaah ! C'était pour quoi ça ? hurla-t-il quand mon poing rencontra encore une fois ses côtes.
- Je t'ai dit mille fois de ne pas m'appeler Hayate, yakyu baka !
- Mah, mah. Gomen Gokudera-chan, sourit-il finalement avec malice. »
Je lui relançai un coup pour ce putain de suffixe embarrassant. Tch. L'imbécile. Il avait toujours le mot pour m'emmerder. Je me rendis compte que je souriais encore lorsqu'on aperçut le domaine Vongola.
