Chapitre 1 – RETOUR MOUVEMENTÉ VERS POUDLARD

POV Elizabeth Williams :

Gare de King's Cross, Londres, lundi 1 septembre, 10h45

À peine dépassée la barrière séparant le quai 93/4 du reste de la gare, je suis envahie par une douce sensation. Ces couleurs, ces bruits, ces odeurs… Ça a quand même du bon la rentrée, quel est l'idiot qui a dit le contraire ?

- Bon à partir de maintenant tu évites de venir me voir quand je suis avec mes potes, ok ?

Ma sœur, toujours aussi sympa. Son apparence de douceur et de gentillesse n'est qu'une façade et elle ne montre sa vraie nature qu'avec moi. Ou alors je fais appel à ses pires démons intérieurs, allez savoir. J'aime à penser que a sœur n'est pas aussi parfaite qu'elle en a l'air.

Sur ce, elle me plante là, au beau milieu du quai, me faisant un dernier signe de la main. Sympa, merci. Un geste de la main comme ça c'est tout sauf un gentil au revoir. En fait ça serait plutôt : « A jamais », « Salut ma vieille, j'ai trouvé mes amis et toi tu vas rester là comme une idiote » ou encore « Au plaisir de ne pas te revoir » … Si, si, si ça peut vouloir dire beaucoup de choses un geste de la main.

Je tente de me frayer un chemin parmi tous les morpions pour rejoindre le train et m'extirper de cette foule de nains quand un appel me fait m'arrêter net

- Eli !

De nombreuses têtes se retourne dans ma direction.

- Quelle discrétion, Tristan, dis-je tournant vers mon ami. Vraiment, je ne pouvais rêver d'une meilleure entrée en matière.

- Oui merci, je vais bien, j'ai passé de bonnes vacances, ça me fait plaisir que tu y penses ! me répond-t-il, tout sourire.

Il se fout de moi. Bah tiens, ça doit être ma fête aujourd'hui.

- Désolée. Je suis juste pas d'humeur.

Je ne suis pas souvent d'humeur de toute façon.

- Hélène ? demande-t-il simplement.

J'opine du chef.

- Je vois, je vois … Comment va ce cher petit monstre ?

- Trop bien à mon goût.

Je lui fais signe que la conversation s'arrête là, ma sœur n'est pas mon sujet de conversation favori, loin de là.

Toujours tout sourire, Tristan passe son bras autour de mes épaules – ce qui n'est pas bien difficile comme il fait bien 10cm de plus que moi– et m'entraîne vers l'entrée la plus proche du train tout en m'expliquant pourquoi les liens fraternels sont importants et que je devrais faire un effort avec ma sœur. Il peut toujours parler, de toute façon je n'écoute pas.

Tristan me précède dans le train. Je lui tends mes valises puis la cage d'Adonis, mon chat. Cadeau de mes parents pour mes 16ans.

- C'est quoi ça ? demande Tristan en désignant le matou

- Un chat.

Il éclate de rire. Je ne savais pas que j'étais doté d'un pouvoir comique si important.

- C'est cette pauvre bête qui va faire l'effet de ta mauvaise humeur tous les matins ?

Merci, j'apprécie. Vraiment.

Connard.

- Rappelle-moi pourquoi nous étions amis toi et moi ? Soudainement je ne vois plus aucune bonne raison.

Il explose de rire. Encore.

- Crois-moi cette « pauvre bête » est loin d'être à plaindre, mais toi par contre tu risques de l'être si tu n'arrêtes pas tout de suite. Je te jure que je vais te botter les fesses !

- Bien m'dame.

Il commence à s'éloigner avec la première partie de nos affaires à la recherche d'un compartiment libre.

J'étais sur le point de monter dans le train à suite quand des gloussements en provenance d'une fenêtre du train me firent sursauter. La gare de Poudlard se serait-elle soudainement transformée en poulailler ? Je jette un coup d'œil sur ma droite et aperçois trois filles accoudées à la fenêtre du compartiment le plus proche de l'entrée en pleine admiration de quelque chose derrière moi. Comment un tel son peut-il sortir de la gorge d'humains ? Cet espèce de bruit entre le rire et le roucoulement, ce n'est pas humainement possible, on dirait le cri que font les oies.

J'aime pas les oies.

Je leur jette un regard noir, mais elles sont trop concentrées sur l'objet de leur admiration pour me voir. Je les vois qui commencent à trépigner d'excitation dans le compartiment. D'accord, il faut que j'intervienne. Ma santé mentale en dépend.

- Hey ! C'est fini oui ce bordel ? Vous vous croyez au zoo ?

Les pintades me dévisagent, effarées.

Soudain elles rougissent et rentrent précipitamment la tête dans le train en marmonnant des mots inintelligibles.

Je décide que leur cas ne vaut pas la peine d'être examiné et me prépare à rentrer dans le wagon quand un bras s'interpose entre moi et l'entrée. Je soupire. Quoi encore ? Mes yeux remontent le long du bras jusqu'à l'épaule puis le visage de Black. Sirius Black. Je me disais aussi.

Je m'apprête à lui lancer une vanne de mon répertoire quand il prend la parole.

- Tu n'es vraiment pas obligée d'être agressive comme ça, Williams. On aurait dit un Serpentard. Pauvres gamines tu les as terrorisées.

Je soupire. Ça fait plus de cinq ans qu'on se côtoie et je ne sais pas… Il y a quelque chose qui ne me revient pas. On a jamais vraiment pu s'encadrer tous les deux. Je n'ai jamais supporté ses manières et son air arrogants et lui me trouve trop « masculine pour une fille ». Ce qui veut dire en gros que je dis ce que je pense quand je le pense, et ça Môssieur n'est pas habitué. Il les préfère douces et calmes. Comprenez : bêtes et ennuyeuses. Un peu comme ma sœur en fait.

- J'aurais dû me douter que tu n'étais pas loin. Pour que des filles à peu près saines d'esprit se changent en pintades, tu n'es souvent pas loin.

- Que veux-tu mon charme naturel …

Ah la bonne blague. Je lève les sourcils, sceptique.

- Tu n'as pas pris la résolution d'être plus aimable pendant les vacances ?

- Et toi d'arrêter de draguer tout ce qui a une jupe et d'être moins con par la même occasion ?

Quand je suis de mauvais poil je suis vulgaire et je m'en fous.

Il ne répond rien, mais il semble vexé. Je soupire intérieurement. Il est facilement vexable maintenant, on aura tout vu. Avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit d'autre, je lève son bras et m'engouffre dans le train, le laissant en plan derrière moi. Si j'étais restée plus longtemps on aurait fini par se battre. Verbalement. Physiquement je ne fais plus le poids face à lui depuis la deuxième année quand cet idiot a commencé a joué au Quidditch.

-~.ooOoo.~-

Compartiment 4 du Wagon 5, Poudlard Express, 15h18

- Ohé Eli tu planes ?

Quelqu'un m'appelle, mais je n'ai aucune envie de prendre part à la moindre conversation là tout de suite. Faites comme si je n'étais pas là.

- Youhou Eli il y a quelqu'un ?

Voix différente. Vous êtes sûrs que c'est vraiment à moi que vous voulez parler ?

- ELIZABETH WILLIAMS !

- QUOI ?

Il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre mais là je ne peux continuer à les ignorer ou ils vont finir par en venir aux mains.

- As-tu écouté le moindre mot de ce que l'on vient de dire ? me demande Emily

Emily Adams, ce que les gens appellent une « meilleure amie ». Personnellement je trouve ce mot totalement idiot et enfantin même si techniquement Emily est ma meilleure amie. C'est compliqué. Je suis une fille compliquée.

Nous nous connaissons depuis la première année, Tristan, 'Mily et moi. Le tout premier jour de notre scolarité sorcière nous ne connaissions alors personne et nous avons atterri dans le même compartiment. Nous avons lié connaissance et au fil des premiers mois nous avons construit une amitié solide même si Tristan a été réparti à Serdaigle.

Quant à la réponse à la question, euh.. Non ?

- Bien sûr, je mens.

- Ah vraiment ? Et donc on disait…

Grillée.

- Bon d'accord, de quoi est-ce que vous parliez ?

- Des préfets de cette année.

- Je suis le préfet de Serdaigle cette année ! s'exclame fièrement Tristan

Ok, j'aurais mieux fait d'écouter ce qui se disait avant, je suis larguée là.

- Pardon ?

Je dois vraiment faire une tête bizarre pour qu'Emily explose de rire. Sympa la copine.

- Mais et ah euh…

Suite illogique et incohérente de mot : ma spécialité.

- Tu n'a pris que les voyelles cette année ? Les consonnes étaient trop chères ? se moque Tristan.

Emily explose de rire alors que Tristan me regarde avec un grand sourire, signe qu'il se fout ouvertement de ma pomme.

- C'était Ambrose Matthews l'année dernière, finit Tristan à ma place.

Voilà c'est ce que je voulais dire.

- Comment ça se fait que tu deviennes préfet en sixième année ? Je croyais qu'ils étaient choisis en cinquième année ?

Tristan lève les yeux au ciel, signe que j'ai dit une connerie. Aie.

- Si tu avais écouté ce qu'on disait tout à l'heure tu le saurais.

Oui bon ça va, pas la peine d'en rajouter. Emily intervient, sachant très bien que Tristan n'aura pas la patience de répéter. Cette fille a de la patience pour nous trois.

- Flitwick a demandé à Dumbledore de le démettre de ses fonctions, ses résultats aux BUSES étaient trop catastrophiques et il faisait ses rondes de nuit tous les 36 du mois.

- C'est vrai que je ne l'ai pas vu souvent l'année dernière.

- Je ne te dis pas la réaction de sa famille, repris Emily. Il paraît qu'il a dû bosser tout l'été pour remonter son niveau et malgré l'influence de sa famille Flitwick n'a rien voulu entendre.

- On n'est pas encore à Poudlard que tu connais déjà tous les potins de l'été, il faudra que tu m'expliques comment tu fais.

- Le talent, chérie, le talent, rigole-t-elle.

J'éclate de rire tout comme Tristan qui en profite pour cacher subtilement qu'il était en train de la dévorer du regard. Enfin, subtilement, tout est relatif, on va plutôt dire qu'Emily est totalement aveugle.

Au même moment, la porte du compartiment s'ouvre et nous sursautons tous les trois.

- Lily !

Décidément on fait dans la synchronisation, on sursaute tous ensemble, on parle tous ensemble… On devrait fonder un trio comique qui s'appellerait : … euh… j'ai pas d'idée là tout de suite mais je garde ça sous le coude.

- Salut ! s'exclame la rouquine

- Tu n'es pas avec Alice ? je demande.

- C'est pour Tristan que je suis là …

Oh ? Vraiment ?

- La préfète de Serdaigle te cherche partout la réunion a commencé.

Ah. Même pas drôle.

- La réunion ! s'exclame Tristan comme s'il venait d'avoir une révélation. J'avais complètement oublié. Je file, merci Lily.

Il se lève d'un bond et sort du compartiment bousculant au passage des premières années qui passaient par là. Lily s'excuse auprès des premières années pour Tristan et referme la porte du compartiment derrière elle.

- Ça ne vous dérange pas si je reste un peu dans votre compartiment ? Je crois que Potter me cherche et il ne viendra pas me chercher ici.

- Penses-tu pour te trouver il irait fouiller le fond du lac pour te sauver des griffes du calamar géant !

- Ça n'a pas de griffe un calamar, 'Mily. j'interviens, tout à fait inutilement.

Emily me décroche un regard noir et commence à raconter à Lily les derniers potins qu'elle vient d'apprendre. Moi je préfère regarder le paysage. Certes je commence à le connaître par cœur le paysage, mais bon je ne m'en lasse pas… Et puis c'est tellement grisant de savoir que personne ne peut nous voir. Je m'ennuierais si j'étais un moldu.

Je ne sais pas depuis combien de temps, j'ai perdu le fil de la conversation, mais quand je le reprend, 'Mily et Lily en sont venues au sujet « BUSES ». Je crois que je vais continuer à ne pas écouter.

Merlin, je t'en supplie ne me laisse pas dans cette situation. Envoie-moi un signe. N'importe quoi !

Un énorme fracas se fait entendre dans le couloir. Euh… Merlin je n'ai pas non plus demandé que tu fasses dérailler le train.

Des éclats de voix nous parviennent du couloir. Lily se lève et à vu sa tête, les fauteurs de trouble vont en prendre pour leurs grades. Dix contre un que c'est Black et Potter.

'Mily se lève à son tour et passe la tête hors du compartiment. Hey ! Et moi alors, je ne vois rien.

- Hey tous les deux vous allez arrêter ça. Maintenant ! hurle Lily

Bon à défaut de l'image, j'ai le son… J'ai moyennement envie de m'en mêler. On va dire que j'ai la fâcheuse manie de m'attirer des ennuis très rapidement.

- Bouhou j'ai peur, répond une voix masculine que je ne connais que trop bien. Rabastan regarde qui vient nous faire la morale.

Heureusement que je n'ai parié mentalement qu'avec moi-même parce que je viens de perdre mon pari. Ce n'est pas du tous les deux abrutis de Gryffondor ce sont ceux de Serpentard. Finalement je crois que je vais m'en mêler. 'Mily se retourne vers moi prête à me dire de rester en dehors de ça, mais avant qu'elle ait pu dire le moindre mot, je lui fais signe de me laisser passer. J'ai un compte à régler avec le zouave qui est dans le couloir.

Pile au moment où je déboule dans le couloir, des nains - probablement des élèves de première année - me bousculent pour s'enfuir à l'autre bout du wagon. De nombreuses personnes ont passé la tête dans le couloir, mais dans un murmure général tout le monde rentre illico dans son compartiment. Quelle bande de trouillards.

Je ne me rappelle plus comment ni à quel moment mais toujours est-il que j'ai ma baguette en main, prête à servir.

- Tiens, mais c'est la Sang-de-Bourbe préférée de Rogue. Et … Oh mais quelle surprise ! Elizabeth ! Tu te joins à nous ? demande Rodolphus Lestrange en me reconnaissant.

Je vais tuer ce bâtard.

Écartant Lily au passage, je me retrouve face à face avec Rodolphus et alors que je pointe ma baguette sous son menton, il perd un peu de son sourire prétentieux.

- Un souci avec les premières années et mon amie Lestrange ? je lui demande d'une voix enjôleuse

- Comment ça va chérie depuis le temps ?

« Chérie », il m'a appelé « chérie ». Retenez-moi je vais lui lancer un impardonnable. Non en fait ne me retenez pas ça fait longtemps que j'attends ce moment. Du coin de l'œil, je vois Lestrange-frère s'appuyer nonchalamment contre le mur du couloir, les bras croisés, en attendant que ça passe. Ce salopard a l'air de beaucoup s'amuser, je le vois faire sortir de petites étincelles de toutes les couleurs de sa baguette.

- Vous commencez vraiment très mal l'année tous les deux ! Vous agressez des premières années et vous insultez une Gryffondor…Lestrange tu as déjà oublié à quel point je meurs d'envie de te lancer un Avada Kedavra depuis déjà un moment ?

Ma baguette s'enfonce un peu plus dans la peau de son menton, mais ça n'a pas l'air de l'inquiéter.

- Comme si tu en étais capable, réponds Rabastan alors que son frère se marre doucement devant moi.

Je serre les dents.

- J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? demande Rodolphus en tournant la tête vers son cadet.

- Tu as juste dit « Sang-de-Bourbe », rien que la vérité.

Rabastan hausse nonchalamment des épaules. Je vais les tuer. Tous les deux. Lentement. Douloureusement. Intimement.

- Williams baisse ta baguette et dégage, on n'a pas que ça à faire.

- Mieux à faire ? Comme quoi ? Effrayer d'autres premières années ? Vachement classe.

Lily qui était restée muette jusqu'à maintenant vient de cracher ça à la figure de Rabastan Lestrange. Je sens Rodolphus se tendre sous ma baguette. En clin d'œil Lily et Rabastan avaient sorti leurs baguettes et se menaçaient mutuellement.

Le couloir est totalement désert, il n'y a plus que nous quatre nous menaçant mutuellement. Un silence pesant s'installe. Lily fixe Rabastan qui lui-même fait passer son regard de moi, menaçant Rodolphus, à Lily qui le menace de sa baguette. Ça ne peut que mal se terminer. Je vais déjà avoir des ennuis et on n'est même pas à Poudlard.

Un grincement de roues se fait entendre. Le chariot à friandises apparaît à la porte du wagon. Nous savons tous très bien que nous ne pouvons pas êtres aperçus en train de nous battre dans les couloirs du Poudlard Express, nous risquerions des sanctions bien plus importantes qu'une simple retenue. Sans ajouter un mot, nous abaissons tous nos baguettes. Rabastan jette à Lily un dernier regard menaçant avant de se diriger vers l'endroit où son frère et moi nous nous tenons. Il passe à côté de moi sans regarder et murmure quelque chose à l'oreille de Rodolphus qui hoche simplement de la tête sans me quitter des yeux. Le cadet Lestrange disparaît dans le wagon voisin.

Je m'autorise finalement de respirer. Je ne m'étais pas rendu compte que je retenais mon souffle. Je me retourne pour voir la sorcière poussant le chariot à friandises froncer les sourcils puis rentrer dans un autre compartiment à l'autre bout du wagon. Elle a probablement décidé que le risque de bataille rangée n'était plus d'actualité.

Lily hésite à rentrer dans notre compartiment, mais je lui fais que tout va bien. Je me retourne une dernière fois pour faire face à Rodolphus qui n'a pas bougé d'un cil. Il me regarde avec cette expression qui m'est trop familière que je n'ai jamais réussi à déchiffrer.

Je n'ai vraiment aucune envie de me retrouver seule avec lui au même endroit parce que si on continue à se regarder en chien de faïence ça va ENCORE dégénérer et ça va ENCORE être de ma faute. J'aurais droit à un sermon de la part d'Emily et une engueulade avec Tristan…

Je lui lance un dernier regard méprisant avant de tourner les talons. Malheureusement, celui-ci n'est vraiment pas d'accord. Quel emmerdeur, vraiment. Quoi qu'il en soit, il m'a attrapé par le bras et il commence à me tirer dans le couloir loin de mon compartiment.

Je me laisse faire de toute façon, il ne me fera rien. Moi par contre c'est une autre histoire, je ne garantis rien, c'est à ses risques et périls et il le sait très bien.

- Lâche-moi Rodolphus… je dis sur un ton las.

Il n'a pas encore ouvert la bouche qu'il me saoule déjà. Je ne saurais dire si je progresse ou si je régresse, faudra que j'en parle avec 'Mily.

- Il faut qu'on parle !

Elle est bonne celle-là, il me l'avait jamais encore faite.

- Laisse-moi réfléchir... Non.

J'essaye de dégager mon bras mais évidemment encore une fois, il n'est pas d'accord avec moi et resserre sa prise sur son bras et me plaque contre la paroi du train entre deux compartiments. Je le vois sortir sa baguette. Morgane, il est devenu fou ?

- Et là ? Tu vas m'écouter ?

Il pointe sa baguette sous mon menton. J'ai pas l'impression d'avoir réellement le choix en la matière.

C'est marrant cette scène me rappelle quelque chose. Quelque chose qui s'est passé il n'y a même pas deux minutes. Enfin non, ça n'a rien de marrant c'est une façon de parler, ça n'a jamais été drôle d'être menacé par une baguette.

- Expelliarmus !

La baguette de Rodolphus lui échappe des mains, j'en profite pour le repousser. Nous nous retournons en même temps pour voir mes « sauveurs ». Et merde. Black & Cie. J'ai la poisse aujourd'hui. En fait j'ai jamais eu de chance dans ma vie mais là c'est le pompom.

- Ça va Williams ? me demande Potter

Il me prend pour quoi ? Une damoiselle en détresse ? Il m'a bien regardé récemment ?

Je l'ignore et me rapproche de Rodolphus en le regardant droit dans les yeux. Depuis le temps que j'attends ça…

CLAC

La gifle est partie. Rodolphus me regarde, surpris, en se tenant la joue. Surpris ? Comment peut-il être surpris ? Ça fait des mois que je rêve de ça. Il comprend le regard que je lui lance et – non sans me lancer un dernier regard qui signifie que nous n'avons pas fini – se dirige vers la sortie du wagon. Il s'avère que j'ai un dernier problème : la sortie est également l'endroit par lequel sont entrés les trois Maraudeurs.

Lorsqu'il passe à côté d'eux, je crains le pire. Si on pouvait éviter une troisième guerre mondiale, ça m'arrangerait. Vous n'avez pas idée à quel point.

- Bon les Trois Fantastique vous avez assez fait dans la démonstration de force alors on est mignons et on se pousse !

J'ai hurlé. Je crie souvent, faudra vous y faire.

Ils me regardent tous, complètement ahuris - ce qu'ils sont d'ailleurs - au moins, j'ai le mérite d'avoir été être claire puisqu'ils s'écartent pour laisser passer le Serpentard de 7ème année qui me regarde une dernière fois avant de quitter le wagon.

- Tu prends la défense de ce type toi ? m'agresse Black

Je lève les yeux au ciel. Comme si j'avais besoin de ça maintenant, un autre emmerdeur sur le dos. Je me rapproche de lui jusqu'à ce qu'il puisse lire dans le blanc de mes yeux et voir à quel point il m'énerve.

- Ecoute-moi bien toi…

Je pointe mon doigt sur son torse. Ce n'est pas parce qu'il est plus grand que moi - beaucoup plus grand – que je vais me laisser marcher sur les pieds. Pourquoi est-ce que tous les garçons de mon entourage font trois mètres de haut. Ah tiens Pettigrow au moins a une taille raisonnable.

- … je n'ai pas de compte à te rendre, aujourd'hui encore moins que jamais ! J'ai eu assez à faire aux emmerdeurs pour la journée, c'est clair ?

- Comme de l'eau de roche…

Mais quel crétin.

Le couloir est maintenant bondé d'élèves qui sont sortis de leur compartiment une fois que tous les dangers potentiels sont partis. Tu m'étonnes que personne ne soit sorti plus tôt il n'y a que des morpions. Alors que je m'apprêtais à re-rentrer dans mon compartiment, la tête de Lily apparut dans l'entrebâillement de la porte.

- Evans ! s'exclame James Potter dans mon dos

Oh non ! La paix par la barbe de Merlin.

-~.ooOoo.~-

POV Sirius Black :

Compartiment 2 du Wagon 4, Poudlard Express, 15h39

La porte s'est refermée aussi vite qu'elle s'était ouverte sur une Williams au bord de la crise de nerfs. Cette fille a vraiment un grain.

James soupire. Il me ferait presque de la peine, premier contact avec Evans, premier vent. Au moins, elle ne l'a pas insulté. C'est déjà ça.

- Ahlalala pas de chance Cornedrue mais ne t'inquiète pas tu vas l'avoir neuf mois pour toi tout seul ta Evans.

Je passe un bras autour de ses épaules et lui ébouriffe les cheveux avec mon poing.

- C'est ça moque-toi, mais on ne peut pas dire que tu te sois fait une amie, déjà que vous n'étiez pas très copains.

Je hausse les épaules et le relâche quand il commence à me donner des coups de poing dans les côtes. C'est définitivement pas de me faute si cette fille est complètement tarée.

- C'est l'émotion. Ce n'est pas tous les jours que l'on est sauvée par le grand Sirius Black en personne !

C'est parfaitement hypocrite, je sais, étant donné que c'est James qui a lancé le sort d'ailleurs il ne tarde pas de me le faire remarquer en explosant de rire. Ça attire l'attention de Remus qui lève les yeux de la Gazette.

- Tu as sauvé qui ? me demande-t-il

- Williams, intervient Peter

- Elizabeth Williams ? demande Remus

- Parce qu'y en a d'autres des Williams ?

J'ai peur là d'un coup. S 'ils sont tous aimables comme elle, Poudlard n'est plus un endroit sûr.

- Oui, elle a une sœur à Poufsouffle en quatrième année.

Comment il sait ça lui ?

- Comment tu sais ça toi ?

Merci Peter, mais j'allais le dire.

- J'ai été en binôme plusieurs fois avec elle en potions, c'est une fille marrante et sympathique.

- AH BON ? je m'exclame, un peu fort.

Ok, je crois qu'il faut que je calme avant que mes potes ne m'amènent à Sainte-Mangouste.

- Bon vous m'expliquez ce qu'il s'est passé pendant que j'étais en réunion avec les autres préfets ? Non parce que là je suis perdu. James a vu Lily, ok. Mais toi, c'est quoi l'histoire avec Elizabeth ?

Parce qu'il l'appelle par son prénom en plus. Ça crée de grandes intimités les potions. Merlin si un jour, je deviens pote avec Rogue, fais moi mourir d'un Avada Kedavra dans la seconde.

Je laisse Peter et James le soin d'expliquer ce qui s'est passé à Remus. Il éclate finalement de rire. Je suis presque vexé. Ce n'est pas souvent que Remus sait quelque chose à propos d'une fille que moi je ne sais pas.

- Fais-nous partager la raison de ton hilarité parce que là, je suis largué.

- Oh Sirius je t'en prie, qu'est-ce que tu espérais ? Qu'elle se mette à plat ventre à vos pieds pour vous remercier ? Ce n'est pas exactement le prototype même d'une jeune fille en détresse.

- C'est ce que je me tue à lui dire, intervient James

- Je connais assez bien cette fille pour te dire de ne rien espérer d'elle, je l'apprécie beaucoup, mais alors elle a un caractère affreux. On ne lui connaît aucun copain. Actuel ou ex.

- T'as tâté le terrain Lunard ? je demande étonné.

Il rougit. Naaaan j'y crois pas, il a essayé de sortir avec elle.

- Ne commence pas à te faire des films, il ne s'est strictement rien passé, se défend-il en rougissant.

- Tu aurais dû voir sa tête quand elle l'a traité, je cite « d'emmerdeur » ! s'exclame Peter.

James éclate de rire une nouvelle fois et Remus se permet un grand sourire moqueur. Mes potes sont contre moi sur ce coup-là. Pas cool.

- Très bien puisque vous semblez douter de mon charme irrésistible, faisons un pari.

- Oh non, Sirius pas encore. Tu ne crois pas que tu en as assez fait comme ça ?

Je regarde Remus, surpris. D'habitude, quand je lance ce genre de pari il soupire mais ne dit rien. C'est quoi son problème avec cette fille ?

- Bon c'est quoi le pari cette fois-ci ? Tu dois réussir à sortir avec elle avant Noël, Pâques, la fin de l'année… ? me demande James.

- Aussi loin que je me souvienne tu gagnes toujours tes paris, et moi je perds toujours de l'argent, râle Peter.

Ça, c'est parce que tu es assez bête pour parier de l'argent, Pete.

- Et la gente féminine te déteste un peu plus une fois que tu les as jetés, intervient James.

- Je tiens trop à la vie pour sortir avec cette fille. Non je vous parie simplement que je vais découvrir son petit secret d'ici… Halloween !

- Parce que tu penses vraiment qu'après ce qu'elle t'a dit elle va te raconter sa vie ? Tu te mets le doigt dans l'œil jusqu'au coude mon vieux Patmol ! assure James, hilare.

- Et puis qui te dit qu'elle a un secret ? demande Remus

- Tout le monde a un jardin secret mon cher Lunard. Nous en sommes la preuve vivante. Et puis pour le reste, c'était l'émotion, elle ne savait pas ce qu'elle disait. Elle était troublée par ma présence.

James et Peter éclatent de rire – une nouvelle fois – et Remus semble désespéré par mon comportement…

- Moquez-vous c'est ça … Mais vous verrez, dès qu'elle se sera calmée, elle reviendra me faire les yeux doux.

- Oh dans ce cas, je ne veux pas manquer ça. Ça promet ! lance James

Je suis sûr qu'elle a quelque chose à cacher. Elle ne semblait pas plus effrayée que ça par ce Lestrange. Elle l'a quand même giflé. J'avoue que sur le coup j'en suis resté tout con. Je ne m'attendais pas à ça. D'habitude quand une fille se fait un peu trop enquiquiner par un Serpentard, elle fond en larmes. Ceci dit c'est plus facile pour moi après ça de collecter les morceaux.

Tout ça pour dire que Lestrange-ainé fait quand même une bonne tête de plus qu'elle et en plus je suis persuadé que c'est un futur Mangemort…Elle n'est pas nette. Et puis l'année dernière j'ai entendu des rumeurs comme quoi elle disparaissait souvent le soir et personne ne savait où elle allait. Et puis un jour, les rumeurs se sont arrêtées et Williams semblait différente, comme une fille au cœur brisé maintenant que j'y pense… Il y a baleine sous gravillon, c'est moi qui vous le dit. Aurait-elle eut une relation secrète genre amour interdit ? Ah ça, ça va être marrant à découvrir. J'ai hâte.