Je continue sur ma lancée, héhé :p

J'espère que ce ship plutôt inhabituel est à votre goût ;)


Chapitre 2


Quarante six ans de sa vie étaient passés, et il était toujours assis sur la même chaise capitonnée de la rotonde sénatoriale du Secteur Chommell, regardant les flots de petites plaintes s'échanger dans la massive pièce.

Palpatine soupira. Certains jours, son alter ego l'enchantait par comment il embrumait si facilement les esprits de ses pairs et des Jedi. D'autres jours, il voulait se tenir là où Valorum se tenait désormais, solennel et renfermé alors que le représentant de l'Ordre des Ffib déblatérait contre lui et le reste du Sénat.

Le prêtre était un invité d'Aks Moe, le Sénateur de Malastare. Le Gran regardait maintenant Palpatine d'un air suffisant et sans doute tentant d'en imposer autant que le prêtre. Par bien des droits, Palpatine, connu pour son soutien déterminé aux Jedi, aurait dû être offensé par la présence du Ffib. Il rassembla ses traits en un masque vide et studieux.

- Nous avons suffisamment de preuves que les Jedi sont des monstres, disait le Ffib en levant ses deux mains vers son audience en un geste de supplication. Ils kidnappent nos enfants et les envoient à leur Temple, où seul les Dieux savent ce qu'il se passe !

Valorum se pencha en avant.

- Les Jedi ne font aucune tentative pour masquer leur entraînement, Maître Ffib. Vos accusations sont infondées.

Sa voix était calme, mais son esprit beaucoup moins. Même de là où il se tenait, Palpatine pouvait atteindre et sentir les pensées du Chancelier tourner dans tous les sens, encore et encore. Il voulait que le Ffib s'en aille. Il voulait que la folie de cette session s'arrête. Il voulait rentrer à la maison et boire un brandy et faire l'amour à Sei Taria. Il voulait goûter à nouveau les lèvres du Sénateur Palpatine.

Le Seigneur Sith se raidit sur son siège lorsqu'il capta cette dernière pensée, bien qu'il n'en soit pas particulièrement embarrassé.

La nuit précédente dans le bureau du Chancelier n'aura conduit à rien de plus qu'à plusieurs baisers ardents, dans une danse de domination que Palpatine avait sportivement laissé l'homme le plus âgé gagner. Le refoulement tenace de Valorum avait finalement pris le dessus, et il avait supplié Palpatine de partir, et Palpatine, sentant la tourmente intérieure de Valorum, avait abandonné et quitté le bureau.

Il sourit à cette pensée. Valorum n'était pas aussi pur et aussi loyal qu'il tentait de se le faire croire. Il avait pris part à l'interdit, et rien de moins ne pourrait désormais le satisfaire. Palpatine tourna ses sombres pensées vers l'assistante et l'amante de Valorum. Sei Taria se tenait parfaitement à la droite de Valorum, mais il sentait sa confusion, et remarqua ses coups d'œil fréquents en direction du Chancelier. Elle était inquiète mais ne savait pas pourquoi.

Le Ffib était de nouveau en train de critiquer une multitude d'atrocités de Jedi, et Palpatine tourna son regard entièrement vers Valorum, curieux de voir jusqu'où cela pourrait aller entre eux. Comme s'il sentait son regard longuement fixé sur lui, les yeux de Valorum se tournèrent vers le Sénateur silencieux de Naboo, qui endossa une expression amicale. L'expression du Chancelier ne changea pas, entraîné comme il était par des décennies de Sabacc politique, mais Palpatine pouvait sentir son intérêt soudain à travers la Force.

Bien sûr, Valorum n'avait aucune idée que Palpatine pouvait ressentir de telles choses. Sans doute, il devait même se féliciter lui-même de son expression neutre et de son contrôle total. Palpatine décida de tester ce contrôle parfait, et il baissa son menton dans un mouvement de reconnaissance silencieux et autorisa un sourire énigmatique à apparaître sur son visage.

Il soutint le regard de l'autre homme et laissa le bout de sa langue sortir de sa bouche et humidifia ses lèvres. L'effet fut instantané : une petite rougeur s'étendit sur les joues royales. Valorum détourna le regard avec un mouvement net et rapide de la tête. Le Chancelier tourna presque tout son corps à l'opposé du Sénateur, mais Palpatine sentit la poussée d'excitation et savait que l'esprit de l'autre homme était resté en arrière, bloqué sur l'image de ses lèvres entrouvertes.

Palpatine s'appuya sur le dossier de sa chaise, gloussant silencieusement. Qu'est-ce qu'il était facile que l'humain mâle puisse être défait par un regard significative, un bout de peau entraperçu, un doux toucher, un soupir injustifié. Le jeu étant suspendu pendant un moment, il recommença à écouter le Ffib et laissa le Côté Obscur l'engloutir tout en maintenant un air extérieur d'attention et de calme.

La Force ne lui apporta ni condamnation ni confirmation, et il prit ce silence pour un acquiescement. La plus grande question qu'il lui restait à résoudre était s'il devait informer Dark Plagueis de ce développement ou non. Étant pour le moment sur Sojourn, Plagueis n'était pas en bonne position pour apprendre ce secret, si Palpatine prenait soin de couvrir ses traces.

Et pourtant, le plus jeune Sith restait incertain quant à la question de s'il devait dissimuler cette affaire aux yeux de Plagueis lorsqu'il retournerait sur Sojourn, et lorsque le Muun viendrait réclamer le plaisir que lui procurait le corps du jeune humain, comme il le faisait toujours. Bien qu'ils étaient théoriquement égaux, Plagueis cherchait encore d'étranges marques de possession sur Sidious lorsqu'il s'agissait d'union charnelle. Palpatine le laissait faire, sentant une faiblesse chez le plus vieux Sith, un désir protecteur qui pourrait un jour être retourné contre lui avec une efficacité redoutable.

Mais... il la réclamait tout aussi bien, cette sensation que la peau froide du Muun laissait sur la sienne, le toucher des doigts fins le long de ses flancs, la douleur atroce qu'il ressentait chaque fois que Plagueis le prenait par la force.

Plagueis était fier de sa conquête de Sidious, et Palpatine se demandait maintenant si ce n'était pas l'opportunité parfaite de l'utiliser contre lui, pour le distraire. Comment Plagueis pourrait-il riposter contre Palpatine, alors qu'il avait lui-même dit à son apprenti, il y avait si longtemps déjà, qu'il devrait utiliser chaque arme à sa disposition pour poursuivre le Grand Plan ?

En amenant Valorum dans l'obscurité, pourrait-il au moins faire pencher la balance en sa faveur, plus tôt que Plagueis ne l'avait escompté ? C'était bien trop tôt pour penser à cela, s'admonesta Palpatine. Le Grand Plan était bien pensé, et Valorum n'était qu'une amusante diversion. Quand il aurait détruit l'homme plus âgé en le balançant contre le sol du Sénat, la victoire serait encore plus intense, plus... satisfaisante.

Lorsque la session se termina enfin, Palpatine avait pris sa décision. Il envoya une requête au Bureau du Chancelier Suprême, lui demanda humblement son avis sur une affaire à propos de la politique de Naboo qui pourrait impacter la sélection du prochain monarque. La réponse lui revint rapidement, trop rapidement, et le Chancelier s'assura ravi de l'assister dans tous les domaines qu'il pourrait.

Palpatine choisit la plus lisse de ses robes sombres, avec un haut col et une taille marquée, qui n'avait rien à voir avec ses tenues habituelles, mais une tenu qui suintait le pouvoir et l'attraction. Et même l'ambition. Valorum serait obligé de remarquer l'objet de son désir. Palpatine lissa ses cheveux grisonnant en arrière et sourit narquoisement au miroir de son bureau.

Il n'était pas étranger à la séduction.

Et bientôt, Valorum ne le serait plus.


Cette fanfiction est dans la prolongation d'une autre de celle de Darth Videtur, « Breaking, Breaking, Broken? », dont vous pouvez retrouver les deux premiers chapitres traduits déjà sur mon compte.

On se retrouve mercredi prochain pour les chapitres 3 et 4 :)