Voilà voilà ! La lecture est servie, bon appétit ! Merci à tout le monde vos rewiews.
" OUCH !"

Riza venait d'atterrir durement sur le sol. Elle se redressa, et constata qu'elle était en pleine forêt. Oo Oo !!! Comment y était-elle arrivée ça ...

" Ce doit être parce que j'ai traversé la porte. Elle ouvre sur un autre monde. Re-Oo ! Comment je sais ça moi ?" dit-elle en se levant.

La réponse lui vint aussitôt. En traversant cette porte, Riza avait accumulé un nombre impressionnant de connaissances. Donc elle n'était plus à Amestris. Dans ce cas, où était-elle ? La jeune femme décida de commencer par sortir de la forêt. Tout à coup, elle perçut un bruit de moteur. Le coin était habité, c'était déjà ça. Riza se dirigea vers la route au pas de course. Puis elle perçut un bruit d'explosion, de frein et de tôle qui grince. Et pour cause, la voiture en question, ou plutôt le fourgon, venait de verser.

" V'là aut'chose !" s'exclama-t-elle.

Riza vit alors tout un tas d'hommes armés jaillir des buissons et attaquer le convoi. Les passagers en uniforme répliquèrent aussitôt. Mais leurs attaquants avaient la supériorité nurmérique. Ils furent donc contraints d'abandonner le véhicule et de se sauver. Trop étonnée par ce spectacle, ajoutée au choc de son arrivée, Riza n'eut pas le réflexe de se cacher. Elle se vit donc encerclée par ces types en uniforme sombre. Ils jurèrent dans une langue qui sembla proche de la sienne.

Pis ils la mirent en joue aussi. Ben tiens, pourquoi pas. Riza leva les mains. Tout à coup, plusieurs coups de feu claquèrent. Riza réagit alors au quart de tour et dégomma aussi ses adversaires.

" Et merde plus de balles ! " pesta-t-elle.

Quoi qu'il en soit mieux valait ne pas rester là. Riza enjamba un corps et remonta dans la forêt. Soudain, quelqu'un attrapa son poignet. Le lieutenant allait se défendre, quand elle reçut un choc en découvrant la personne qui la retenait ainsi.

" Colonel Mustang ?" demanda-t-elle.

" Colonel ? Ah non. En revanche Mustang c'est bien mon nom. Et vous qui êtes-vous ?"

Riza avait en face d'elle la copie parfaite de Roy. Son jumeau même. Avec des habits différents toutefois.

" Vous avez de drôle de vêtements. D'où venez-vous ?" reprit Roy.

" Euh ... de loin. De très loin. Je me suis retrouvée dans cette forêt sans savoir comment ni pourquoi." répondit Riza.

" Dans ce cas vous pourriez rester avec moi et mes gars." proposa Roy avec un sourire.

Aussitôt il se demanda ce qu'il lui prenait. Ce qu'il venait de faire était on ne peut plus imprudent. En l'état actuel des choses, il ne pouvait pas se permettre d'inviter n'importe qui dans son réseau. Mais cette fille lui inspirait confiance. Avec son air perdu elle éveillait en lui un instinct protecteur, et ses yeux caramel l'attendrissaient. Sans parler de son teint pur, ses traits fins et ses lèvres roses qu'on dirait deux bonbons. Tout bonnement irrésistible.

" D'accord." répondit Riza.

Après tout, quitte à suivre quelqu'un autant que ce soit une personne qui était le sosie de son colonel. Roy lui prit alors la main, ce qui ne manqua pas d'accélérer le rythme cardiaque de Riza. Il la fit descendre vers la route, où les assaillants pillaient la cargaison du fourgon. Et là, deuxième choc pour notre Riza nationale.

Parmi ces hommes se trouvaient les sosies de ses collègues. Jean, Kain, Heymans, Vato, ils étaient tous là. Ils les regardèrent venir la mine intriguée.

" Où t'as trouvé ça Roy ?" demanda le sosie de Jean.

" Dans les bois."

" Tiens, je savais pas que les jolies filles poussaient dans la forêt !" lança Kain.

Eh ben ! Venant de quelqu'un que Riza pensait timide ...

" Au fait, comment vous appelez-vous ?" demanda Roy.

" Riza. Riza Hawkeye."

" Riza ... ça sonne comme un nom de paradis ça." fit Roy un brin rêveur.

Tsssk ! Que ce soit dans un monde ou dans l'autre, il était le même.

" Que compte-tu faire d'elle ?" demanda discrètement Vato à Roy.

" La ramener avec nous." répondit Roy en prenant une caisse qu'il déposa dans un fourgon amené par son équipe.

" QUOI ? Non mais t'es tombé sur la tête ? On peut pas ramener tous les gens errants de la terre !' s'exclama son compagnon.

" Et on ne peut pas non plus la laisser là." reprit calmement Roy.

" Roy, c'est peut-être une espionne !"

" M'enfin Vato regarde-là ! Tu trouve qu'elle a vraiment l'air d'une espionne ?"

" Justement, ça la rends insoupçonnable."

" Pense ce que tu veux. Mais moi je lui fais confiance."

Vato se dit que Roy était devenu fou. Ce genre d'imprudence ne lui ressemblait pas pourtant. Lui qui était si soucieux de la sécurité et du bien-être de ses hommes, le voilà qui parlait de ramener une parfaite inconnue dans leur planque.

Roy revint vers Riza et lui tendit la main.

" Vous venez ?" sourit-il.

Riza lui rendit son sourire et nicha sa main dans la sienne. Les membres de son équipe le regardèrent avec des yeux ronds. Roy fit monter Riza à l'arrière du véhicule, et la fit asseoir près de lui. Quand tout le monde fut à bord, il frappa contre la cloison qui les séparait du chauffeur. Le camion démarra. Riza sentait que tous la regardait avec méfiance, aussi trouva-t-elle ses pieds soudainement fascinants.

Après quelques heures de route, le camion stoppa dans un pré désert, à l'exception d'une grange et d'une ferme. Tout le monde descendit, et Riza découvrit que Kain avait été leur chauffeur. Le jeune homme portait des bandeaux autour des poignets, et sa chemise était largement entrouverte.

Il la regarda avec surprise, puis aida ses compagnons à décharger les caisses raflées. Riza décida de les aider. Elle attrapa donc une des lourdes caisses, et suivit les hommes jusque dans la grange. Le butin fut planqué sous la paille.

" Houlà attention ! C'est lourd pour une femme !" fit Roy en s'approchant d'elle.

" Ca va je me débrouille." répondit Riza.

Elle posa sa caisse et la camoufla comme les autres. Puis elle se frotta les mains.

Roy lui adressa un nouveau sourire, et l'invita à se joindre à eux pour le déjeuner. Elle fut placée bien entendu à côté de lui, autour d'une grande table. Le lieutenant les compta : ils étaient une quinzaine. Un grand rouquin versa une soupe dans l'écuelle devant elle. Le fumet qui s'en dégagea lui fit un peu plisser le nez. Néanmoins elle mangea comme les autres.

" Eh ben ! Quelle conversation !" songea Riza face au silence qui régnait.

Elle percevait très bien la suspicion dont elle faisait preuve. Ca lui pesait d'ailleurs. Quand elle eut terminé de manger, Riza se leva, rendit sa gamelle et sortit. Roy la suivit du regard, puis remarqua celui de ses gars.

" Je sais ce que vous pensez. Non je ne suis pas fou." dit-il les yeux clos avant de poursuivre son repas.

" Franchement Roy, on aurait jamais cru que tu ramènerais quelqu'un comme ça sans savoir d'où il vient." dit un des gars.

" C'est vrai ça, tu nous mets tous en danger là." dit Kain.

" Bah laissez-le ! Voyez pas qu'il est amoureux ?" lança Jean.

" Non mais t'es pas bien ?" protesta Roy.

" En tout cas j'espère que tu sais ce que tu fais. Je vois bien qu'elle est mignonne, mais ce n'est pas une raison à mon sens pour lui faire confiance." dit Vato.

" Ouais. Quoique je pense qu'une présence féminine nous fera du bien. J'avais presque oublié à quoi une femme ressemblait." ajouta Breda.

Roy lui jeta un regard neutre. Cependant, cette phrase ne lui plaisait guère. Quand il eut achevé son déjeuner, Roy partit à la recherche de Riza. Il la trouva accoudée à une barrière, lui offrant ainsi une belle vue sur son arrière-train. Roy eut un sourire appréciateur.

" Est-ce que ça va ?" demanda-t-il en se posant à côté d'elle.

" Moyennement. Pourriez-vous me dire où nous sommes ?" répondit Riza.

" Dans un pré il me semble." répondit Roy en voulant plaisanter.

" Je vois bien merci, mais dans quel pays ?"

Il la regarda avec de grans yeux étonnés.

" Mais ... en France voyons !"

" Et en quelle année ?"

Là Roy fronça les sourcils.

" 1943. Vous ne vous souvenez de rien ou quoi ?" demanda-t-il.

Riza ne répondit rien, et regarda les hautes herbes. Son expression soucieuse donna à Roy l'envie de la protéger, et même de la prendre dans ses bras pour la rassurer. La jeune femme était songeuse. Donc, elle se trouvait dans un autre monde, et dans le futur par rapport à son époque. Ca promettait.

" Qu'est-ce qui se passe ici ? Pourquoi avoir attaqué ce camion ?" reprit-elle en levant les yeux vers lui.

Roy était perdu. Si cette fille était une espionne, elle avait de bien curieuses questions. Ou alors elle était très douée. Mais devant son visage en plein désarroi, il ne put que parler.

" Parce que c'est la guerre. Nous sommes en guerre contre les Allemands, depuis 1939. Le pays est occupé, mais certains d'entre nous ne sont pas d'accord et poursuivent le combat, malgré une reddition officielle du gouvernement de Vichy. On les appelle les résistants." raconta Roy.

" Et c'est ce que vous êtes ?"

Il ne répondit pas tout de suite, sondant ce visage enfantin et ses yeux remplis d'inquiétude. Roy savait qu'il ne devait pas répondre, que ce serait d'une stupidité innommable. Mais ...

" Oui." s'entendit-il répondre.

" La guerre ... chic alors, ça m'avait manqué." ironisa Riza.

Roy haussa un sourcil intrigué. Riza laissa tomber sa tête sur ses avant-bras avec un soupir. Elle n'aurait pas pu tomber dans un coin tranquille, ça non c'était pas possible. Comme si y avait marqué " bonne pour les emmerdes uniquement " sur son front.

" Si vous me disiez maintenant d'où vous venez ?" dit Roy.

" Pourquoi faire, de toutes façons vous ne me croirez pas." répondit Riza tête baissée.

" Essayez toujours."

" Vous l'aurez voulu, reprit-elle en se redressant. En fait, je viens d'un autre monde. Je suis militaire, ça se voit à mon uniforme. Lieutenant pour être précise. J'étais en mission avec mon équipe, nous recherchions les traces d'une ville qui a disparu en un jour. Je me suis retrouvée dans un trou, qui était en fait l'entrée d'une crypte où se terrait le responsable de ce désastre. Figurez-vous qu'il a créé la pierre philosophale avec les vies de tous les citadins. Il m'a surprise, on s'est bastonnés cinq minutes puis je me suis retrouvée devant une grande porte. Elle s'est ouverte, m'a attiré dedans et me voilà." raconta-t-elle.

Roy cligna des yeux, puis éclata de rire. Ca dura un moment.

" Vous ne manquez pas d'humour vous ! Un autre monde, une femme dans l'armée ! J'avais pas ri comme ça depuis longtemps !" dit-il les larmes aux yeux.

" Vous voyez que vous ne me croyez pas." fit tranquillement Riza.

Et encore elle ne lui avait pas parlé d'alchimie. Sinon il l'aurait prise pour une foldingue. Pourtant c'était la vérité pure et simple, et Riza avait son uniforme et son arme pour prouver ses dires. M'enfin s'il ne la croyait pas tant pis. A propos d'arme, ça risquait d'accroître la suspicion des autres. Toutes façons elle n'avait plus de munitions. Mais il valait mieux pas qu'elle montre son pistolet pour le moment.

" Non sérieusement." reprit Roy.

Riza le regarda d'un air las. Mais je suis sérieuse mon choupinou. Seulement c'est trop gros pour que t'y croie. Elle reporta son regard sur l'étendue d'herbe.

" Comment vais-je rentrer chez moi ? Il faudrait que je rouvre la porte. Mais est-ce que l'alchimie fonctionne ici ? En traversant ce truc, j'ai acquis les connaissances nécessaires, je pourrais toujours faire un essai." pensa-t-elle.

" Hé ho !" fit Roy à côté.

" Je suis là."

Il lui attrapa le menton et lui fit tourner la tête vers lui. Le rose monta rapidement aux joues de la jeune femme.

" Vous m'intriguez Riza. J'espère juste que vous n'êtes pas dangereuse." dit-il en plantant son regard dans le sien.

" Uniquement si on me menace. Ou si on vous menace. Enfin je me comprends."

Roy sourit doucement, avant de passer le pouce sur la bouche de la jeune femme. Riza sursauta et se dégagea par la même occasion. Roy se rendit compte de ce qu'il avait fait.

" Excusez-moi je ... je suis désolé, je ne sais pas ce qui m'a pris." dit-il confus.

" Ce n'est rien." répondit Riza en détournant le regard.

Roy s'adossa à la barrière et se mordilla la lèvre inférieure. Qu'est-ce qu'il lui arrivait bon sang ? D'abord il ramenait cette parfaite inconnue dans son réseau de résistance, au mépris de la plus élémentaire prudence, ensuite il lui passait carrément le doigt sur les lèvres ! Ses amis devaient avoir raison, il était devenu fou. Riza décida de retourner à la grange.

" Voilà Roy ! Tu l'as sûrement offensée, bravo ! T'es content de toi j'espère ?" se dit-il dépité.

Riza prit soin de s'isoler. Elle avait prit un pot qu'elle cassa sur le sol, priant pour que les résistants n'entendent rien. Ensuite, elle traça un cercle de transmutation et y déposa les débris du pot. Ceci fait, Riza se concentra et posa les mains sur les bords du cercle. Rien ne se produisit.

" De deux choses l'une : ou je manque d'expérience, ou l'alchimie ne marche pas ici. Comme j'ai acquis le savoir de base, et même davantage, pour faire une transmutation , ça veut donc dire que ça n'existe pas dans ce monde. Autrement dit, je suis dans le caca qu'à la pointe des cheveux." pensa-t-elle.

Riza débarrassa les débris du pot, et effaça le cercle. Puis elle rentra et s'affala les bras en croix sur la paille. La blonde se sentait encore plus mal qu'après les explications de Roy quand à sa situation. Si l'alchimie ne fonctionnait pas ici, comment diable allait-elle pouvoir regagner son monde ? Riza ferma les yeux et soupira bruyamment. Soudain, elle sentit une présence et rouvrit les yeux. Au-dessus d'elle se trouvait Jean. Riza lui jeta un regard fatigué.

" Ca n'a pas l'air d'aller." dit-il.

" Bien vu dit l'aveugle." soupira Riza en regardant le plafond.

Jean haussa les sourcils. Cette fille avait vraiment l'air étrange. Le blond se gratta la tête en se demandant si une espionne s'allongerait vraiment dans la paille en ayant l'air déprimée.

" C'est vrai qu'elle n'a vraiment pas l'air d'une espionne. Pis est-ce que les nazis engageraient une femme déjà ? Ce serait un homme, déjà Roy ne l'aurait pas ramené, et je comprendrais. A moins que le fait que ce soit justement une femme la rende insoupçonnable. Les nazis ont dû se dire qu'on ne la suspecterait jamais." réfléchit-il.

Mais n'importe qui ayant une once de logique, trouverait ça trop étrange pour ne pas avoir de soupçons, quelque part. Cette pensée embrouilla le résistant qui ne savait plus quoi penser.

" Vous désirez quelque chose ou vous êtes simplement venu me regarder ?" lança Riza.

" Euh ... non non, je ... m'en vais." bafouilla-t-il.

Jean lui tourna le dos et repartit, pas plus avancé. Quelques instants plus tard, ce fut au tour de Roy de la découvrir dans cette position.

" Ah vous êtes là."

" J'ai l'air d'être ailleurs ?" répondit Riza mentalement.

" Je venais vous montrer où vous pourrez dormir." annonça-t-il en s'approchant.

" Mmmh, je viens."

Riza se leva, et Roy la conduisit dans la ferme. Il lui montra une toute petite chambre qui avait un lit, une table de chevet, un miroir carré qui ne permettait sans doute de ne montrer que le visage, et une minuscule commode.

" Voilà ... ce n'est pas très chic mais ..." fit Roy.

" Ca ira très bien, je ne suis pas venue faire du tourisme de toutes façons." le coupa Riza en entrant dans la pièce.

" Par contre ... on a que des vêtement masculins à vous prêter." reprit-il embarrassé.

Riza se tourna vers lui.

" Oui enfin ... je suppose que ce n'est pas grave, vu que vous portez déjà ce genre de vêtements." continua-t-il en se grattant l'arrière de la tête.

Riza garda le silence, en se demandant toutefois pourquoi était-il distant tout à coup.

" Et eeeuuuh ... désolé aussi pour ... tout à l'heure. Quand je vous ai ... passé un doigt sur la bouche."

C'était donc ça. Riza sourit :

" Mais vous n'avez pas à vous excuser. Ce n'est pas grave franchement."

Roy eut l'air soulagé. Elle n'était pas fâchée, tant mieux. Il la laissa s'installer. Riza se laissa à nouveau tomber sur le lit. Elle était embarquée dans une drôle de galère encore une fois. Restait à voir comment elle s'en sortirait.