Bonsoir ! Une semaine depuis mon premier chapitre !

Remerciements aux fidèles lectrices : isatis2013 (70 chapitres tu voudrais patienter si longtemps ?!), Jade181184 (Peu exploité, d'où mon choix d'écrire dessus), Rochelle17 (je me le suis demandée aussi, mais j'ai tout remis à ma sauce héhé), ColJayjay (Même idée, mais histoire différente ! La suite est quelques mots plus loin !) et Val81 ( Contente de te revoir, Harold suicidaire.. j'y ai cru mais je savais qu'il ne nous ferait pas ça. Pas de crêpage de chignon cette fois-ci !).

Maintenant, je vous souhaite une bonne lecture !


Chapitre 2 : Guérison.

Il était trois heures du matin. Reese était toujours réveillé mais se sentait parfois piquer du nez. Finch n'avait pas bougé d'un poil depuis qu'il était revenu après sa conversation avec Root. L'écran affichait cependant un rythme un peu irrégulier et élevé sans que cela ne soit dangereux. Reese restait sur ses gardes. Quelques minutes plus tard, Finch remua avec un rictus de douleur. Reese se redressa.

Finch ouvrit les yeux et serra les dents, portant une main sur sa poitrine. Ce geste inquiéta Reese qui se leva pour se poster à ses côtés.

-Finch ? Un problème ? Demanda -t-il inutilement.

Finch ferma les yeux et enfonça sa tête dans l'oreiller. Reese remarqua qu'il cherchait la télécommande d'urgence et s'en empara, appuyant à sa place.

-J'ai appelé Finch, ça va aller ils vont venir. Rassura l'agent.

Ce fut le cas car une infirmière débarqua avec le Dr Patterson, qui spécialement, assurait une garde cette nuit. Il se rapprocha de son patient, et écouta son cœur avec son stéthoscope pour vérifier les résultats affichés sur l'électrocardiogramme.

-Mr Wren, pouvez-vous me dire ce que vous ressentez exactement ?

Reese s'était mit à l'écart pour laisser le personnel faire son travail.

-Un étau … Répondit difficilement Finch.

-Je vois, la neurotoxine agit encore sur votre cœur, on va vous injecter une dose adaptée, vous devriez aller mieux dans quelques minutes.

Le cardiologue fit signe à sa collègue de préparer la seringue. Il en profita pour ausculter la respiration pulmonaire avec son matériel. De ce côté, tout se passait bien. Il prit la seringue qu'on lui tendait et l'injecta dans l'intraveineuse directement.

-Essayez de vous détendre et de vous reposer. Si vous avez un souci, appelez-nous.

Finch hocha la tête positivement et les observa quitter la pièce. Puis, comme au ralenti, son regard se posa sur l'agent qui se tenait au milieu de la pièce. Le contact dura un bon moment, aucun des deux n'osant quitter les yeux de l'autre.

-John…Commença Finch.

-Je resterai, peu importe ce que vous allez dire. Je dois veiller sur mon ami.

Reese qui s'attendait à une réplique, fut étonné de voir son ami lui offrir un timide sourire.

-Dormez Finch, votre corps doit se reposer.

Finch referma les yeux aussitôt et se cala plus confortablement. Reese reprit sa place dans le fauteuil. Le reste de la nuit se déroula sans incident. Lorsque Finch se réveilla, il vit son agent debout devant la fenêtre, admirant le lever du soleil. Il fronça les sourcils. Il était rare de voir Reese plongé dans ses pensées, aussi serein et détendu. Finch suivit du regard les courbes de l'agent, chacune des formes était mise en valeur par le costume sur mesure qu'il portait. Cette nuque qui donnait envie d'y déposer un baiser, même plusieurs, ces épaules si carrées sur lesquelles on pourrait glisser ses mains, rien que pour sentir les muscles rouler, ce dos qui avait une si jolie courbe, ces fesses rebondies légèrement cachées par la veste. Finch déglutit. Reese pivota à ce moment-là et lui sourit.

-Bonjour Finch.

-Bonjour Mr Reese. Coassa-t-il.

Finch afficha un air contrarié, ne pensant pas avoir la gorge sèche. Reese émit un petit rire et lui rempli un verre d'eau, qu'il alla lui donner. Finch le remercia et bu doucement l'eau fraiche puis soupira. Reese reposa le récipient sur la table de chevet.

-Vous avez encore mal au cœur ?

-Un peu. Admit Finch.

-Mais ça va mieux ? Tenta Reese.

-Oui.

Reese hocha la tête et s'installa dans le fauteuil. Il n'avait pas l'habitude de se retrouver dans une chambre d'hôpital avec son patron dans le lit. La situation était inédite et cela semblait freiner l'agent, le rendant moins bavard. Finch le regarda, étonné de son silence, lui qui était si communicatif habituellement. Il tenta de se redresser mais une violente douleur traversa son cœur fragilisé. Reese vit sa grimace et se dépêcha d'aller poser une main sur son épaule pour l'empêcher de s'asseoir. Finch grogna de frustration.

-Vous avez un lit électrique Finch. Fit Reese tendant la commande

Harold la prit d'un geste agacé, ce qui ne surprit pas John, et redressa le dossier du lit pour se retrouver en position mi-allongé-mi assis. Il se mordit la lèvre. Reese lui offrit un sourire triste, se doutant que cela devait mettre Finch en rogne intérieurement. Reese allait lui demander pourquoi il voulait se redresser mais fut interrompu par l'arrivée d'une infirmière, la même que celle de cette nuit. Elle lui demanda de sortir afin de procéder aux différents soins de routine. Une fois Reese dehors, la femme s'adressa au reclus.

-Comment vous vous sentez ce matin ?

-Un peu mieux.

-Avez-vous toujours des douleurs ?

-Oui.

-Est-ce que votre dos vous fait mal ?

-C'est supportable. Grinça Finch. La femme releva le ton mais ne rajouta rien.

-Bien, je vais prendre vos constantes, votre température, puis je ferais une prise de sang. Je vous laisserais tranquille après. Lui sourit-elle, ce qui eu le don d'adoucir Finch, qui se laissa faire. La femme nota tout sur le bloc notes et le reposa au bout du lit.

-Bonne journée Mr Wren.

-Hum, excusez-moi.

-Oui ? Fit-elle revenant vers lui.

-Mlle … ?

- Appelez-moi Anne-Sophie.

-Vous avez un joli prénom. Remarqua Finch, ce qui fit sourire la femme. Combien de temps vais-je devoir rester alité avant de me lever ?

-Au moins une bonne journée, voire deux. Il faut laisser le temps à votre cœur de s'habituer au rythme normal. Vous avez eu beaucoup de chance vous savez ?

-En effet j'ai entendu le Dr Patterson le dire. Deux jours … Soupira Finch.

-Vous avez besoin de quelque chose ? Questionna l'infirmière, pas dupe, armée de ses années d'expérience.

-Non, j'ai eu ce que je voulais. Merci. Bonne journée à vous aussi Anne-Sophie.

L'infirmière hocha la tête, bienveillante et laissa son patient. Reese rentra dans la chambre et pencha la tête en direction de Finch, qui l'invita à lui tenir compagnie. Satisfait, Reese se mit au bout du lit.

-Finch, pourquoi en voulez vous à Root ?

L'informaticien se raidit à l'évocation de son nom. Reese le remarqua immédiatement grâce aux pics de la machine.

-Si j'avais su, je n'aurai pas fait appel à ses services. Répondit Finch.

-Pourquoi ?

-Je suppose que Root vous a narré ce qui s'est passé ?

-Oui et j'aimerai savoir ce qui vous a poussé à ce geste. Répondit Reese, nerveux.

-Si je n'avais pas dis à Mlle Groves que j'avais un entretien avec Beth, elle ne m'aurait pas suivi. C'est pour ça que son numéro est sorti. Si elle ne m'avait pas vu avec elle, elle n'aurait rien planifié et j'aurai pu mener à bien mon plan.

-Un plan qui aurait pu vous tuer Finch.

-Un jour, nous mourons tous John.

Reese avait l'impression d'entendre à nouveau cette phrase qu'il lui avait dit la toute première fois quand il l'avait embauché. Mais cela ne lui fit pas le même effet. La première fois il n'avait rien ressenti mais cette fois-ci, son cœur se serra et il se mordit les lèvres.

-Certes. Mais vous savez que l'équipe a besoin de vous.

-Vous serez capables de vous en sortir sans moi. Répliqua Finch.

-Non. Répondit fermement l'agent. Finch écarquilla des yeux face à cette réponse froide.

-Vous avez quelque chose à me dire Mr Reese ?

-Hormis dire que nous avons besoin de vous car vous êtes capable de nous gérer ? Que vous savez comment nous parler pour nous calmer ? Que vous êtes celui qui a sauvé chacun d'entre nous ? Vous m'avez sauvé alors que je comptais mettre fin à ma vie, vous avez sauvé Root en lui donnant raison et un but dans sa vie, vous avez sauvé Shaw alors que son ancienne équipe allait la tuer. Vous avez même sauvé Bear en lui offrant une nouvelle vie auprès de vous. Vous avez aidé l'inspecteur Fusco à se tirer de certaines situations dont il n'aurait jamais pu se sortir seul.

Finch était ébranlé par l'éclat soudain de son partenaire et resta muet.

-Vous représentez quelque chose pour nous tous. Même pour la machine. Personne ne veut que vous mouriez d'une manière qui aurait pu être évitée. Surtout pas à cause d'une neurotoxine.

Finch déglutit. Il ressentait la profonde colère de Reese et cela commençait à le mettre mal à l'aise.

-Vous avez réuni une équipe pour une bonne raison : pour sauver les numéros parce que vous ne pouvez pas pleinement aller sur le terrain. Parce que vous n'aimez pas la violence, ni les armes.

Reese contourna le lit et vint s'asseoir sur le matelas, se rapprochant de Finch.

-Vous oubliez parfois la vraie définition d'une équipe Finch. Une équipe doit être soudée, travailler ensemble. Or qu'est ce que vous avez fait en vous rendant seul à Hong-Kong puis en allant voir Beth à l'hôtel ici ? Vous avez travaillé tout seul sans vraiment en parler à quelqu'un.

Finch se sentait prit en faute et baissa les yeux honteusement.

-Vous voyez ce qui se passe quand c'est comme ça ? Ca finit mal Finch. Et ce sera toujours ainsi. Nous devons rester ensemble et tout mener à bien si nous voulons vaincre Samaritain. Nous ne devons pas nous disperser.

-Vous avez raison…murmura Finch, inspirant et expirant avec difficulté. Reese le remarqua alors et jeta un œil aux constantes, réalisant son erreur. Il se leva et passa une main sur son visage, furieux contre lui-même de ne pas avoir réussi à se contrôler.

-Désolé Finch, ce n'était pas le moment qu'on parle de ça.

-Ca va passer Mr Reese. Assura Finch.

Finch ferma les yeux et se concentra pour se calmer. Reese bouillonnait, remonté et en colère d'être responsable du stress que Finch subissait. Le reclus gémit et tenta de se redresser une nouvelle fois. Reese le vit faire et voulu le recoucher.

-Non. Ordonna Finch, qui avait ouvert les yeux en l'entendant bouger.

Reese ne fit rien, se contentant d'être proche au cas où. Finch agrippa les barrières du lit et s'aida de ses bras pour s'asseoir. Il resta assit et cela sembla lui être bénéfique. Reese remarqua une perle de sueur sur le front de son patron et s'inquiéta de nouveau. Hésitant, il posa une main sur son épaule, anticipant un rejet. Finch ne dit rien et Reese se pencha vers lui.

-Finch vous avez besoin d'aide ?

Harold grogna en retour.

-Harold ? Tenta John d'une voix plus douce, ce qui fit frissonner Finch.

Reese posa la deuxième main de l'autre côté, sur le haut de la poitrine, pour l'aider à se tenir. Finch se figea à ce contact si intime et en oublia de respirer convenablement. Il sentit ses joues virer au rouge. Combien de fois avait-il rêvé que les mains de l'agent étaient posées sur sa poitrine, le stimulant, le provoquant ? puis de cette langue râpeuse qui tracerait un étroit chemin sur tout le haut de son corps, le faisant gémir de satisfaction ? Ces douces mains, ces longs et fins doigts sur son corps, sur ses côtés, sur ses hanches, sur ses cuisses, sur ses joues, sur sa mâchoire ou encore dans ses cheveux.

-Finch ?! Retentit la voix paniquée de John.

Finch sorti de ses pensées plus déplacées les une après les autres et releva la tête vers son agent.

-Allongez-vous, cette position ne vous aide pas. Lui intima John. Finch se laissa faire, encore sonné par la vision qu'il venait d'avoir et retrouva le confort du matelas. Reese fut étonné par le regard étrange de son patron.

-Euh Finch vous avez vu un fantôme ?

-Non non. Rien du tout. Répondit-il précipitamment.

Reese ne put rien rajouter comme le personnel qui servait le petit déjeuner arrivait. Finch opta pour un chocolat, ne se sentant pas de boire un café. Reese, bien qu'il n'était pas un patient, eu droit à une petite collation et remercia la dame qui la lui donna. Finch profita de la chaleur de sa boisson pour se réchauffer les mains comme il avait l'habitude de le faire avec son thé tous les matins. Il se passa deux heures calmes, où Finch somnolait, encore épuisé, avant que le Dr Patterson ne vienne l'ausculter. Il sourit en voyant son patient à moitié endormi et se fit plus doux.

-Mr Wren ?

-Hum…

Le médecin posa une main sur l'épaule et Finch émergea.

-Oh excusez-moi. Se troubla Harold.

-Ne le soyez pas. C'est une bonne chose que vous vous reposiez. Vous vous sentez mieux ?

-Ca s'améliore.

-C'est bon signe. Vos analyses ne relèvent rien d'alarmant. Cependant, vous devez savoir que cette neurotoxine est quasiment indétectable.

Reese se tendit.

-Alors, vous resterez encore une journée en observation et demain on vous laissera sortir mais équipé.

-Equipé ? Demanda Finch, confus.

-Exactement. Vous aurez un appareil qui permettra d'enregistrer l'activité cardiaque en permanence.

-Comment est-ce possible ?

-Cet appareil n'est pas encombrant. C'est une nouveauté qui a déjà fait ses preuves. Le boitier principal n'est pas plus gros qu'un walk-man.

-Hum.

-Pour prendre votre pouls, vous porterez comme une sorte de brassard à votre poignet, sans fil.

-Tout communique par ondes radios ? Demanda Finch, intéressé.

-C'est ça. Cependant le boîtier qui permettra d'enregistrer les données ne doit pas être éloigné de plus de cinq mètres sinon la liaison sera perdue.

-Et si cela se produit ?

-L'appareil émettra un bip sonore que vous ne pourrez pas ignorer.

Finch hocha la tête.

-Mais en plus, cet appareil est capable de nous transmettre les données en temps réel. Il est équipé d'un système WiFi qui ne s'activera qu'à une condition.

-Et quelle est cette condition ? Intervient Reese, étonné.

-Quand le rythme cardiaque dépasse les 130 pulsations par minutes au repos. Sinon les 160 pulsations en activité physique. Pour l'un ou l'autre, si cela dure plus de trente secondes, l'alerte est donnée.

-Docteur, je ne pense pas que faire du sport soit approprié dans mon cas.

-Vous avez raison, mais rien ne vous empêche de pratiquer quelques petites activités, vous avez certes des limites mais elles ne doivent pas vous freiner.

Reese ravala sa salive. Il savait que Finch avait horreur qu'on aborde ce sujet houleux, mais là c'était lui qui avait commencé à en parler. Observant le visage de son partenaire, il fut étonné d'y lire comme une sorte de remerciement.

-Vous devrez garder cet appareil pendant 4 jours puis vous reviendrez, on estimera si vous êtes rétabli et apte à reprendre vos activités quotidiennes.

Finch approuva, ne voyant pas d'autres solutions. Il voulait sortir d'ici au plus vite possible, il détestait les hôpitaux. Le praticien vérifia une dernière fois l'état de santé de son patient et le laissa tranquille.

-Mr Reese, savez-vous où est mon portable ?

- Pas du tout, vous le voulez ?

-J'aimerai.

-Vous ne pouvez pas passer un appel avec le mien ? Demanda Reese.

Finch réfléchit un instant.

-Si je peux. Accepta Finch.

Reese lui tendit son portable et Finch composa un numéro qu'il connaissait par cœur. Reese haussa un sourcil. Des sonneries retentirent et un déclic se fit entendre.

-Oui grand ténébreux ? Fit la voix de Root.

-Bonjour Mlle Groves. Sourit Finch, regardant Reese qui grinça. Il n'aimait pas trop ce surnom même s'il lui collait à la peau depuis des années.

-Oh ! Bonjour Harry. Comment allez-vous ?

-Mieux. Serait-il possible que nous parlions Mlle Groves ?

-Vous comptez me punir ?

-Peut être pas. Je crois que je vous dois surtout des excuses.

-Je peux venir vous voir ?

-Oui cela ne me dérange pas.

-En début d'après-midi ? Le temps que je termine la mission que la machine m'a co… Hey !

Un coup de feu retentit dans le combiné, alertant Reese.

-Ah tu te croyais plus fort que moi mon gars ? Dommage tu es tombé sur la mauvaise personne.

-Mlle Groves ? Tout va bien ?

-Nickel Harry. Bon je raccroche !

Harold fixa le portable d'un œil étrange, surpris.

-Elle est toujours occupée. Tenta nerveusement Reese.

-C'est elle qui a voulu un lien avec la machine, elle savait ce qui l'attendait.

Reese reprit son téléphone et Finch se cala confortablement. John voyait qu'il luttait contre la fatigue et lui intima de dormir.

-Vous restez ? Fit Finch.

-Je resterai.

Comme rassuré, Finch ferma les paupières et se laissa aller. Reese se demanda s'il avait rêvé un instant. Que Finch lui pose une question de ce type le surprenait. Finch avait-il besoin de lui parce qu'il voulait sa présence ou parce qu'il voulait se sentir en sécurité pour se reposer paisiblement ? Reese secoua la tête.

Quelques heures plus tard, la hackeuse fit son entrée. Son regard se posa sur Reese puis sur Finch et elle rit, refermant la porte derrière elle.

-C'est l'heure de la sieste à ce que je vois.

Reese sursauta tandis que Finch émergeait doucement. Reese présenta ses excuses à son patron, peu ravi de s'être assoupi alors qu'il devait veiller sur lui.

-Mr Reese, nous ne sommes pas en mission, vous n'avez pas besoin d'être sur vos gardes. Vous avez le droit de vous reposer.

Reese fit une moue contrariée alors que Root posait un sac, visiblement rempli de vêtements sur la table à roulettes.

-Votre mission est terminée Mlle Groves ?

-Oui et en beauté. Enfin le gars aura besoin d'une bonne rééducation de l'épaule mais sinon tout roule.

-Root ! Gronda Finch.

-La prochaine fois j'essayerai de ne pas faire de blessé Harry.

-Hum. Fit Finch, suspicieux. Maintenant que vous êtes là, je peux vous présenter mes excuses.

-Vous voulez que je vous laisse ? Demanda Reese.

-Non Mr Reese, vous pouvez rester, elles sont pour vous aussi.

Reese fronça les sourcils. Pourquoi l'informaticien tenait-il à se faire pardonner ?

-Ecoutez… Commença Finch, se passant la langue sur les lèvres. J'ai bien conscience que j'ai eu de la chance hier. Mlle Groves, je vous remercie de m'avoir convaincu de m'emmener ici.

-Je n'allais pas vous laisser mourir. Répondit Root. Hors de question.

-Et Mr Reese, votre tirade de ce matin m'a fait réaliser … certaines choses. Je vous remercie pour avoir été sincère et honnête.

-De rien Finch.

-Cependant, j'ai compris que je vous ai blessé, tous les deux. Annonça Finch d'une voix mal assurée.

Root se rapprocha du lit et prit place sur le matelas, encourageant son ami à continuer. Reese se posta de l'autre côté du lit. A présent Finch était entouré de ses deux partenaires.

-Parfois j'oublie que j'ai d'excellents amis et que je devrais compter sur eux. Continua Harold. Si je vous ai réuni c'est pour que nous mettions en commun nos points forts, nos points faibles aussi. Parce que nous devons évoluer et chacun d'entre nous à besoin des autres pour avancer.

Finch attrapa la main de son amie et en fit de même avec John, le faisant écarquiller des yeux. Root remarqua le geste et l'expression sur le visage de son partenaire de terrain. Finch serra les mains pour leur prouver quelque chose.

-J'aurai dû vous raconter depuis le début ce que j'entreprenais de faire. Mais j'avais … cette crainte de vous mettre en danger. Puis j'ai réfléchi. Vous êtes meilleurs que moi quand il s'agit d'aller sur le terrain.

-Nous sommes fait pour ça Harry.

Reese ne dit rien, profitant de la chaleur de la main de Finch. Instinctivement, il resserra sa prise, voulant que cela ne se termine jamais.

Alors, je m'excuse, je sais que je vous ai causé du tort inutilement.

-C'est bon Harry, j'accepte vos excuses.

Finch lui offrit un mince sourire de reconnaissance et tourna la tête vers John. Ce qu'il lu sur le visage de son partenaire l'alarma.

-Mr Reese ? Tout va bien ?

-Hum. Oui, ne vous en faites pas Finch. Je suis sûr que vous n'allez pas recommencer. Taquina-t-il. Reese se mordit les lèvres et tenta de garder le contact de la main chaude de Finch. L'informaticien remarqua la force de sa prise et se trouva gêné.

-John ? Pouvez-vous me lâcher ?

Reese obéit à contrecœur. Il ressentit immédiatement un vide, réalisant qu'un simple geste l'avait bouleversé. Il voulait sentir à nouveaux les doigts de Finch entrelacés aux siens. Il se gifla mentalement et alla s'isoler dans la pièce d'eau, ressentant le besoin d'être seul. Il se cramponna au lavabo, soufflant longuement. Il ouvrit le robinet, et se passa de l'eau froide sur le visage.

Il fallait qu'il aille plus loin que ce matin, qu'il lui dise la vérité pure et simple. Ce qu'il portait sur son cœur depuis des mois commençait à lui faire mal. Depuis qu'ils avaient dû se séparer pour se protéger de la naissance de Samaritain, Reese avait réalisé à quel point la présence de Finch lui manquait. Cet homme l'avait marqué au plus profond de son être : sa droiture, ses gestes, sa manière de parler, sa voix, même sa démarche, il appréciait tout chez lui. Il ne voyait rien de négatif. Oui il nourrissait des sentiments pour Finch, encore plus depuis qu'ils avaient reformés l'équipe. Il avait supplié Finch de reprendre son rôle de patron, l'avait même manipulé en le mettant sur une mission sans le prévenir. Cela avait eu l'effet qu'il voulait.

Finch était revenu et en plus il leur avait fourni un nouveau repaire qu'il avait prit soin de remettre en état avant de le présenter. Reese avait été touché et aussi étonné. Comment cet homme avec ses limites physiques pouvait-il faire tous ces travaux de réparations ? Il se doutait que Finch mettait de côté ses contraintes car il voulait être comme tout le monde. Les mois qui avaient suivis avaient été révélateurs : des contacts comme une paire de menottes enfilées, des frôlements de doigts ou encore des frôlements de corps de plus en plus provocant alors qu'ils avaient pourtant de l'espace dans le métro.

Alors certes, il fréquentait cette femme, mais il ne l'aimait pas vraiment. Quelque chose le répugnait chez elle et il ne savait pas trop pourquoi. Peut être parce qu'il aimait Finch et avait l'impression de le tromper en étant avec elle ? Mais il s'en fichait maintenant car elle n'avait aucune importance. Finch était précieux à ses yeux et il avait failli le perdre hier. Il était temps de reprendre les choses en mains pour de bon.

Il sorti de ses pensées en entendant Root qui remuait et qui semblait aider Finch. Se séchant le visage précipitamment avec une serviette, il la reposa et revint dans la chambre. Il vit Finch assit sur le rebord du lit, Root à ses côtés, une main sur son épaule. Les fils qui devraient le relier à la machine avaient été retirés des patchs qui étaient disposés un peu partout sur la poitrine recouverte de Finch. En voyant Reese, Finch se leva, testa sa force et se stabilisa.

-Qu'est ce vous faites Finch ?

-Je dois réquisitionner la salle de bain un instant. Répondit Finch, boitant péniblement.

Reese s'écarta pour le laisser passer et alors qu'il passait juste devant lui, Finch trébucha. Reese réagit au quart de tour et le retint de toutes ses forces. Posant une main par inadvertance sur la hanche de Finch, il le redressa doucement.

-Hum, merci Mr Reese. Balbutia Finch.

Reese le relâcha une fois qu'il fut sûr que Finch n'allait pas une nouvelle fois perdre l'équilibre et le laissa prendre le chemin de la salle d'eau. Une fois que Finch eut fermé la porte, Reese pivota la tête avec une lenteur extrême pour croiser le sourire machiavélique de Root. Ce sourire qui n'augurait rien de bon et promettait des taquineries à n'en plus finir, au moins pour les prochains jours.

A suivre...