Je n'ai aucune idée de si ma fic vous plaît, vu l'absence de reviews, je ne sais que penser. Sinon, voici le second chapitre. Je promet de faire une arène sanglante, même si les premiers chapitres sont un peu mous !

Une rose, rouge de notre sang

On me jette une éponge à la figure. Je me réveille dans une mare de vomi que je pense être le mien. Je lève les yeux vers Rachel, qui a une furieuse envie de me tuer. Pourquoi ? J'ai rien fait de mal ! Ma tête tourne, mes articulations sont douloureuses. Adam, pour me sortir de ma torpeur, me crie :

« Nettoie ça ! Et que ça saute ! Quand tu auras fini, t'iras ranger la cuisine !

Je regarde Aaron, plus frais que moi. Il commence à sortir de la pièce avec nos mentors quand je crie à mon tour :

- Et Aaron !? Lui aussi était bourré hier !

Enfin, je pense...

- Oui mais lui n'est pas venu nous réveiller en nous prenant pour des dragons et en nous disant qu'un sorcier a refermé la fenêtre !»

Rachel est au bord des nerfs. À contre cœur, je saisis l'éponge et commence à nettoyer les restes de ma soirée apparemment agitée. J'aurais dit à mes mentors qu'un sorcier a refermé la fenêtre ? Ils vont me prendre pour une folle ! Une fois mon travail terminé, je me glisse sous la douche. Je soupire de soulagement en sentant l'eau chaude couler sur ma peau crasseuse. Je reste pendant au moins une heure sous la douche, histoire d'être sûre d'être bien propre. C'est Carmen qui vient me sortir de force de la salle de bain pour que j'aille retrouver mes préparateurs. Je gratte quand même encore dix minutes pour me brosser les dents, sous le regard ébahît de Carmen, qui n'a jamais vu ça. Nous arrivons au centre de transformation. Je vais rejoindre mon équipe de préparation. Les couleurs vives de mes préparateurs me torturent les yeux. Du jaune, du vert, du bleu, de l'orange ! Comment peuvent-ils se supporter ?! Je ne sais pas et franchement, je ne veux pas le savoir. On m'arrache les poils de tout le corps, on camoufle l'énorme bleu que j'ai reçus hier. Mes préparateurs attachent mes cheveux en une sorte de queue de cheval ultra sophistiquée puis, me laissent à mon styliste. Celui-ci ne me salue pas mais ausculte mon corps. Il m'énerve, à trainer ses mains vertes sur mon anatomie. Je suis pourtant obligée de le laisser faire. Il regarde mes doigts au ongles argentés, grogne en voyant mes lèvres argentées aussi. Je jette un œil sur la bâche posée grossièrement sur une chaise.

« Je ne m'attendais pas à ça... J'espérais quelqu'un d'un peu plus beau. Pas que tu sois vilaine, au contraire ! Mais je voulais quelqu'un d'éblouissant !

Je fronce les sourcils. Oui, mes yeux sont marrons, comme les trois quarts de la population, mais leurs reflets quelques fois rouges sont magnifiques. Mes cheveux bouclés oscillent entre le blond, le châtain, le gris et le roux, mais ils me valent souvent des compliments, même de ceux qui ne m'aiment guère ! À quoi s'attendait-il ? À une pimbêche écervelée prête à coucher avec le premier venu ? Eh bah il va être déçu, très déçu. Je lui réponds calmement :

- Mon aspect ne vous plaît pas ? Vous savez, je peux défiler nue si vous ne me trouvez ma digne de vos créations.

Je commence à me lever pour sortir de la pièce quand il me retient par l'épaule, complètement affolé.

- Non ! Tu es très bien ! Pa-pardon ! »

Il m'enfile la robe faite de fils d'argent que je devrai porter pour le Grand Cirque. Je me regarde dans le miroir. Mes paupières argentées lancent des éclats de lumière à chaque mouvement tandis que ma peau scintille légèrement. Je ne me trouve pas à couper le souffle. Juste pas mal. Rien ne m'impressionne, de toute façon. Je fais mine d'être époustouflée ( je ne veux pas décevoir mon styliste, même après ce qu'il m'a dit). Rufus, c'est le nom de mon styliste, ébouriffe ses cheveux verts en me disant que je suis splendide. Nous rejoignons Carmen qui me complimente allègrement. J'ai même le droit à un " tu ressembles à un Déesse ". Aaron nous rejoint. Il a franchement l'air ridicule. Enfin, de mon point de vue, bien sûr. Des bouts de tissus argentés sont placés à des endroits stratégiques, laissant le reste de son corps musclé à découvert. Nous rejoignons le char sur lequel nous devons faire le tour du cirque. Je vois mon petit frère arriver accompagné d'Anna. Ils sont habillés comme nous. On dirait des enfants que l'on à obligé à grandir trop vite. Mais que dis-je... Ils ont grandit trop vite ! Mon regard se pose sur les autres enfants. Ils ont l'air si fragiles à côté de leur aînés... Tout ce qu'ils pourront faire en fait, c'est retarder leur mort imminente. Je monte sur le char qui s'ébranle et commence sa course autour du Grand Cirque. Sacha et Anna sont les premiers à passer. Ils sont applaudis par la foule. Arrivée à hauteur des habitants du Capitole, des roses se mettent à voler dans tous les sens. Je ramasse celles qui tombent à mes pieds et brandis le bouquet, un sourire hypocrite plaqué sur les lèvres. Soudain, des huées me sortent de mon rêve éveillé. Je me retourne et vois les tributs du douze complètement nus, une lampe de mineur sur la tête. Cette vision m'attriste et me fait rire intérieurement. Les pauvres, ça doit être horrible d'être détesté par des gens que l'on ne connaît pas parce qu'on est mal habillé. Je me dis que cela n'est pas mon cas et recommence à sourire niaisement. Les chars s'arrêtent, le président Shadow commence son discours. Il effeuille la rose noire placée devant lui. Elle possède vingt-quatre pétales. Vingt-trois sont arrachées par le président Shadow. La vingt-quatrième représente le vainqueur des jeux. Mais cette année, la rose possède quarante-huit pétales et quarante-sept tombent à terre. Son discours terminé, le président Shadow nous lance son éternel :

«Joyeux Hunger Games ! Et que le sort puisse vous être favorable !»

Quand je regarde l'état des gagnants des éditions passée, je me demande de quel sort il parle. La mort est sans doutes plus belle qu'une vie de cauchemars récurrents. Mais je reste quand même attachée à la vie, aussi noire soit-elle. Mon cœur tambourine dans ma poitrine lorsque nous entrons dans le centre d'entraînement, qui sera la dernière demeure de quarante-sept d'entre nous. Dans l'ascenseur, Carmen nous félicite et nous dit que nous avons été formidables. Sacha recommence de s'accrocher à mais je le laisse faire. Si il peut se rassurer comme ça... Je dois partager ma chambre avec Anna. Nous montons dans nos chambres pour nous changer. Je me change dans la salle de bain pour laisser un peu d'intimité à la petite. Je prendrai un bain après le dîner. Anna est morte de fatigue et je dois la porter pour qu'elle vienne manger. Je m'assois à table et vois un Sacha traumatisé arriver. Il se jette sur mes genoux et brandit un couteau en direction d'Aaron. J'arrache l'arme des mains de mon frère. Elle vient atterrir dans le mur, à quelques millimètres au dessus de la tête d'Aaron. Sacha pouffe de rire en voyant l'expression de colosse. Moi, je garde mon masque d'indifférence pour menacer Aaron :

« Touche à un de ses cheveux et tu mourras dans d'atroces souffrances.

- J'attendrai d'être dans l'arène pour vous tuer l'un après l'autre. Tu n'arriveras jamais ne serai-ce qu'a m'égratigner.»

Le regard noir de nos mentors nous calme légèrement, mais la haine continue à bouillir en moi. Je fais connaissance des mentors des petits. Ils sont moins compétents que les nôtres. Normal : les petits ne sont pas censés revenir. Je regarde avec mépris le verre de vin posé devant moi et le donne discrètement à Rachel, qui me considère comme une amie depuis ce moment là ( nos mentors ne sont pas autorisés à boire quand ils s'occupent des tributs, surtout si ils sont alcooliques, ce qui est le cas des nôtres). Je monte dans ma salle de bain. Anna me suit, apeurée par l'approche imminente des Jeux. Je commence à faire couler son bain. Je prendrais le mien après. Elle insiste pour que je reste avec elle dans la salle de bain. J'hésite. Je ne dois pas m'attacher à elle... Elle m'implore presque.

« S'il te plaît...

- Bon, d'accord.»

J'apporte un petit tabouret à côté de la baignoire et m'assois. La mousse arrive au menton d'Anna. Elle s'amuse à me la souffler dessus pendant une ou deux minutes, puis me confie :

« J'ai peur de tomber entre les mains de quelqu'un comme Aaron, de mourir dans une atroce agonie...

- Ne t'inquiète pas. Tu as autant de chances que quiconque de réussir. Il faut juste y croire.

Elle essuie de la mousse qu'elle a dans les yeux, puis me répond d'une petite voix aigüe :

- Tu peux refuser mais... Est-ce que tu acceptes de me protéger jusqu'à ce qu'il n'y ai plus que cinq tributs ? Après je partirai, je te le promet...»

Je ne sais pas quoi dire. La protéger ? Mais j'ai promis la victoire à mon frère ! Je ne peux pas refuser à une gamine de dix ans une espérance de vie plus longue... Je prends sa petite main dans la mienne. La lueur d'espoir qui animait son regard disparaît. Ce détail finit par me convaincre.

«J'accepte.

Elle jaillit hors de la baignoire et me prend dans ses bras.

- Merci !»

Je lui rends son étreinte. Un sourire aux lèvres, elle commence à chanter une chanson extrêmement triste. Ma voix se joint à la sienne. Pourquoi une chanson triste ? Pour chanter notre haine du Capitole sans se faire prendre par les caméras. Anna me regarde avec de l'inquiétude dans le regard, puis lance une bombe avec tout le calme dont elle est capable :

« J'ai entendu mes mentors discuter la nuit dernière. Les juges vont faire exploser quatre plateformes. Quatre plateformes des six-douze ans. »