Quelque chose me touche... Quelque chose me parle... Qu'est ce ? C'est lui ? Oui je le vois, il est juste à côté de moi... Mais nous sommes en pleine nuit. Alors je rêve ? Quel beau rêve... Pourtant, ces appels semblent si réels. Je sens vraiment un contact contre ma peau. Si je tentais d'ouvrir les yeux ? Non, ce serait casser un tel rêve. Que ce passe t-il ? Il disparaît ? Non, reviens... Oh et puis...
J'ouvris les yeux. Ces appels venaient en fait tout simplement de ma mère, qui est en train de me secouer comme un prunier. J'eus du mal à articuler:
« - Ma-maman ? »
Elle fronça les sourcils, elle avait l'air mécontente et soucieuse.
« - Ca fait deux minutes que j'essaye de te réveiller ! C'était pour te demander de veiller sur ta petite soeur aujourd'hui, elle est malade.
Ma-malade ?
Oui malade. Elle a vomit il y a quelques instants, j'ai tout nettoyé, mais je ne veux pas qu'elle reste toute seule à la maison aujourd'hui. Moi je pars au travail. »
Je réfléchis un instant, du moins j'essayais de mettre un sens sur les mots qu'elle me dictait. Ma soeur, malade. Ca c'était pas trop dur. Moi je devais... Rester avec elle. Ah mais non pas ça !
« - Non ! »
Ma mère me regarda, surprise.
« - Quoi ? »
Je ne voulais pas rester ici aujourd'hui, je voulais aller au lycée, je voulais le revoir...
« - Je ne peux pas.
Pourquoi ça ? Tu pourras quand même l'expliquer à tes professeurs...
Mais ce n'est pas ça...
Jun, fait moi plaisir et fait le. Je ne te demande pas grand chose. »
Comme je n'avais pas d'autres arguments, il me fallait apparemment accepter.
« - Je... d'accord...
merci. Merde, je dois partir, à ce soir mon ange. »
Elle déposa un baiser sur ma joue avant de partir. Dès que la porte claqua, je regarda mon réveil. 6H30... Il allait sonner dans 10 minutes. Comme j'étais maintenant parfaitement réveillé, Je décida d'éteindre l'alarme et d'aller me préparer directement. Je sauta de mon lit, et commença à préparer mon sac. Vous me direz, pourquoi préparer son sac alors qu'on ne va pas au lycée ? Eh bien j'allais tout simplement y aller. Je VEUX le revoir. Pas question que je loupe une journée que j'aurais pu passer avec la simple aura de sa présence. Je me dirigea vers le chambre de ma sœur une fois mon sac bouclé. Une légère odeur nauséabonde régnait encore dans la chambre. Elle était allongée sur son lit, le teint livide. Je ne voyais pas vraiment comment on pouvait tomber malade en une nuit comme ça. Elle entrouvrit légèrement les yeux, me remarqua.
« - Nee-san...
Ecoute Satsuki, je peux vraiment pas manquer le lycée aujourd'hui. Tu vas rester bien sagement dans ton lit et pas bouger ok ? Je vais te donner des médicaments au cas où tu te sentirais mal. »
Elle ouvrit de grands yeux apeurés.
« - Je-je vais rester toute seule...?
Oui. Si jamais ça va vraiment pas, appelle moi sur mon portable, d'accord ?
Mais... Nee-san...
Merci Satsuki. »
Je dois avouer que je me dégoutais moi même. C'était vraiment pas sympa ce que je venais de faire.
J'hésitai un instant à réellement fermer la porte derrière moi. Le regretterais-je ? Son visage me revint en tête, et finalement, je la claqua et dévala les escaliers. Je finis de me préparer en vitesse, attrapa mon sac et m'en alla. Ce n'était pas bien ce que je faisais, je le savais. Mais je voulais le revoir. Je vous bassine peut être avec ça, mais vous ne comprendrez jamais. Après environ 20 minutes de bus, j'arrivai devant le lycée. Il ventait ce jour là, il faisait bien froid. Il y avait du monde dans la cour, je reconnu parmi toutes ces personnes Reita. Je m'approcha et le salua. Comme je n'avais pas grand chose à lui dire, nous restâmes là, a greloter dans nos vêtements, gelés, jusqu'à que Ruki n'arrive. Le petit brun déposa un rapide baiser sur les lèvres de son amant et me serra la main. Sakito arriva ensuite, nous salua et nous questionna:
« - Vous savez où est Ruka ?
Je crois l'avoir vu avec Hitsugi, répondit Reita.
Hi-Hitsugi ?
Oui, apparemment il est déterminé à savoir ce qu'il fait.
Comment ça ?
Hitsugi est mystérieux, il part toujours du lycée après tout le monde et personne ne sait où se trouve sa maison. Enfin bref. »
Sa maison... Je me demandais dans quel genre d'endroit Hitsugi vivait. Si j'ai le courage, je lui demanderais un jour. La sonnerie retentit dans la cour et tout les élèves se mirent à chercher leur salle de classe. Je jeta un regard vide vers la foule, me demandant vaguement où pouvait-il être.
POV Ruka.
Je m'avança vers lui d'un pas décidé. Il ne devait pas avoir l'habitude de voir quelqu'un l'approcher comme ça parce qu'il recula vivement. Je me planta devant lui et dis calmement.
«- Salut Hitsu.
Si c'est encore pour me poser des questions auxquelles tu n'auras pas de réponse, ça ne sert à rien, Ruka. »
Je soupira.
« - Je veux juste savoir ce que tu fais après les cours.
Je rentre chez moi, comme tout lycéens.
Mais tu n'es pas un lycéen comme les autres.
Ecoute, Ruka, c'est pas parce que j'ai couché avec toi une fois qu'il faut te croire tout permis. Ma vie ne te regarde pas. »
A ces paroles, je sentis mon cœur se serrer. Je considère cet homme comme un de mes plus chers amis... Pourquoi ? Je ne sais pas. Lui au moins, il a su faire quelque chose quand je me suis fais abusé de cette fille, il avait juste l'air de me comprendre... Quand j'essaye de l'aider, il m'envoie chier. C'est quoi, cette répartition des choses ?
« - Tu... Des fois, en cours, tu as du mal à marcher, en sport, je remarque des blessures sur ton corps que tu as de mal à dissimuler... Hitsugi, je sais que quelqu'un te fait du mal... mais comment ? Qui ?
Ta gueule !
Laisse moi t'aider comme moi tu m'as aidé !
C'est du passé ! Maintenant laisse moi !
Hitsugi ! »
Le son de la sonnerie couvrit ma voix. Hitsugi se détourna et se dirigea vers la salle de notre prochain cours. Je le suivis en silence. Je ne voulais pas qu'il aille mal...
POV Yomi.
La journée se passa tranquillement, Hitsugi a été présent à tout les cours, sauf celui de Français, car on m'avait prévenu de toute façon, qu'il le séchait tout le temps. Moi personnellement, je ne comprenais rien aux langues étrangères, même le cours de Japonais me paraissaient plus intéressants. Enfin bref, pourtant, bien qu'il ai été là, je ne lui ai pas parlé. Je ne trouve jamais le courage de m'avancer vers lui. A la sortie des cours, je le rejoint, à l'arrêt de bus. Étonnamment, quand il me vit arriver, un sourire illumina son visage. C'était le plus beau sourire que je n'ai jamais vu. C'est comme si, tout s'animait sur son faciès, comme si son corps se remplissait à nouveau de vie. A cette vue, je ne put m'empêcher de sourire à mon tour.
Je m'approcha doucement et dit simplement:
« - Salut. »
Et malheureusement, je rougis. Je crois que je ne m'y habituerais jamais.
« - Tu rougis après la pelle qu'on s'est roulée hier ? On dirais une vierge effarouchée.
Hey ! »
Je m'apprêtais à riposter, quand il me prit par la taille, et m'embrassa encore une fois, le moment que j'avais attendu tout au long de la journée... Et nous restâmes là, encore et encore, à glisser nos langues dans le palais de l'autre.
POV Hitsugi.
Je quitta ses lèvres une bonne fois pour toute. Je n'avais pas forcément envie d'arrêter ce long et doux baiser qui nous unissait, mais il le fallait. J'allais être en retard. Il plaqua sa main dans mes cheveux pour essayer de se re-aggriper à mes lèvres, mais je le repoussa à contre cœur. Ses yeux se remplirent soudainement de larmes. Oh non… je ne voulais pas le faire pleurer… Je ne veux pas le faire souffrir. Je veux qu'il garde le sourire, pour toujours, faire de son existence la plus heureuse des vies. Et je voulais aussi qu'il m'aime, je voulais l'aimer plus que tout et lui donner le plus d'amour possible et imaginable. Des larmes vinrent couler sur ses joues, que je sécha à coup de langue. Je le ré embrassa le plus langoureusement que je pu et le serra bien fort dans mes bras. Il me regarda avec de grands yeux pleins d'espoirs un instant puis me dis :
« - Il est 18h40. Seulement, tu ne veux pas rester encore un peu ? J'ai encore du temps.
J'ai quelque chose d'important à faire. Et je suis déjà en retard. Pardon Yomi. Je t'aime.»
Ca me faisait bizarre de dire Je t'aime à quelqu'un. Mais c'était la seule phrase qui convenait.
Je déposa un dernier et chaste baiser sur ses douces lèvres puis le desserra de mes bras et m'en alla en courant, le laissant là, seul, devant notre arrêt de bus préféré. Je me sentais énormément coupable de le laisser, mais je devais y aller. Je devais, comme chaque soir, aller me punir de mon existence, me punir de ne pas pouvoir le rendre plus heureux, me punir de tout mes anciens pêchés. Il était l'heure d'aller me salir.
Je couru pendant 10 bonnes minutes avant d'arriver devant le bâtiment que je retrouvais chaque soir après les cours. Mais au lieu d'entrer dans le bâtiment principal, je le contourna et m'enfonça dans les ténèbres d'une ruelle sombre. J'entra dans une espèce de petite maison, bien isolée. Une voix, cette voix, la voix que je haïssais tant m'y attendait, et retentit :
« -Tu es en retard, Hitsugi.
Pardonne moi, père.
Non. Tu sais très bien qu'à toi, je ne pardonne jamais rien. Il y a un client qui attend. Tâche de le satisfaire.
Oui, père. »
"Il" Me désigna une porte. Une porte que j'ouvrais tout les soirs, à la même heure, pour y faire la même chose. Quelle chose ? Salir mon corps entier en l'abandonnant, en me le faisant posséder par des êtres ignobles, par des gens que je ne connaissais pas, que je n'aimais pas. Jamais. Jamais je n'eus éprouvé le moindre plaisir à entrer dans cette pièce. Jamais je n'eus éprouvé le moindre plaisir en donnant mon être à ces personnes ou en les faisant monter au septième ciel. Jamais je n'eus éprouvé le moindre plaisir à les satisfaire sexuellement. Pourtant, je n'ai eu que ce que je méritais. Je ne fais qu'ici ma punition pour avoir l'avoir fais sombrer dans un cercueil pour l'éternité.
Avant lui, je n'étais qu'une coquille vide, un corps sans âme. J'étais un humain parmi les autres, une erreur parmi les autres. Je parcourais les couloirs de mon lycée ou les rues de ma ville comme les autres humains. Pourtant, je n'avais pas d'âme. Enfin, c'était comme ci. Mon regard était vide, n'exprimait rien. Je ne sais toujours pas d'ailleurs si il exprime quelque chose. Ma vie était comme un ciel sans étoile, comme une mer sans poissons. Lui, il a traversé mon ciel, il l'a illuminé de milliers de points brillants et rassurants. Lui, il a parcourut ma mer, il l'a remplie de vie. Grâce à lui, j'ai l'impression d'être un peu plus un humain. Je ne le connaissais depuis que peu de temps, et j'avais déjà l'impression de le connaître par cœur.
Aille. Un horrible machin venait de me pénétrer brusquement. Il aime bien m'envoyer des Sadomasochistes.
POV. Yomi
Pourquoi il part ? Pourquoi maintenant ? Il est si tôt ! Je laissais couler mes larmes égoïstes. Je le voulais, maintenant ! Il a dit qu'il était en retard ? Mais en retard où ? À quoi ? Ah, Hitsugi, tu es trop mystérieux !
J'ai pris une décision. J'allais le suivre. Pourquoi ? Car je voulais savoir qu'est ce qui me retirais ainsi l'homme que j'aimais. Je le suivis alors très discrètement, mais il courrait vite. Il s'arrêta devant un bâtiment. Il regarda partout autour de lui, miraculeusement, il ne me vit pas, et s'enfonça dans une ruelle sombre. Je le suivis. Arrivée devant la ruelle, je pris peur. Des hommes pas très nets trainaient autour. Comme je n'avais pas vraiment envie de me faire attaquer, je fis finalement volte face, mécontent de ne pas avoir pu voir où il était aller. N'empêche, c'était suspect. Que venait-il faire là ? Plusieurs questions me trottaient dans la tête.
Je revins lentement à l'arrêt de bus... où ma mère m'attendait. Aille, elle avait pas l'air contente. Elle me cria:
« - Monsieur. Jun. Chiba ! »
Je continua d'avancer, la tête baissée.
« - Pouvais tu me dire où était tu passer, très exactement ?!
Maman... Je...
Répond !
Je suis allé au lycée...
Tu m'as désobéi, Jun ! Qu'est ce qui te prend ? Ta pauvre sœur a vomit deux fois dans la journée, et personne n'était là pour nettoyer et lui apporter à manger ! Je te préviens, de tout le trajet, tu n'ouvre pas la bouche et tu es privé de sortie pour ce week end ! »
Aille. Ne pas ouvrir la bouche ne me gênait pas, mais j'aurais quand même aimer sortir ce week end. Je n'avais vraiment rien gagné. Mais je regretta pas le fait d'être allé au lycée, j'ai pu passer au moins 20 minutes dans ses bras, avec lui.
Comme prévus, de tout le trajet, personne ne parla. Sauf ma mère qui ouvrait la bouche de temps en temps pour dire des choses du genre: « Que vais-je faire de toi... » ou « Et merde... ».
Arrivé chez moi, je ne mangea pas, je suis allé m'excuser auprès de ma sœur sous l'ordre de ma mère, me suis allongé sur mon lit, et me suis endormi, repensant encore une fois à cette ruelle sombre et à la douceur de ses lèvres sur les miennes.
POV. Hitsugi.
Aille. Aille. Re-aille.
Je m'occupait de soigner toute mes blessures, et ce n'était pas gagné. J'avais également énormément mal aux fessiers, ce qui ne m'aidait pas. J'étais dans la petite pièce miteuse qui me servait de chambre, dans un coin de ce Sex Shop. Étrangement, je me sentais déjà bien mieux ici qu'ailleurs. J'alla me prendre une douche. J'entrai douloureusement dans la douche et laissa couler l'eau chaude sur ma peau meurtrie, ce qui me picota légèrement. Mais bon. Je méritais cette souffrance, alors je n'allais pas m'en plaindre. Mes muscles se détendaient peu à peu sous le jet d'eau, tandis que je poussai un soupir. Pourquoi cela faisait si mal ? Pourquoi mon cœur se déchirait peu à peu, à chaque coup qu'on m'infligeait ? Hitsugi, arrête de te plaindre, tu mérite cette souffrance !! Pourtant, les larmes coulaient belles et bien. Je coupa l'eau, me sécha en vitesse, m'allongea sur mon lit et m'endormis. Étrangement, je rêva de lui...
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Alors, ce chapitre vous a plut ? Je suis vraiment désolé pour l'attente en tout cas ! Le chapitre 3 ne viendra pas tout de suite, car j'ai beaucoup de fics en cours.
En tout cas, merci pour vos commentaires qui me font toujours très plaisir !!
Sakane.
