Fleur in love
" Quand tu n'es plus là tout me manque, ta présences m'éclaire et me conforte dans cette étrange idée… Il semblerait que je t'aime..."
Transperçant le silence de cette calme fin d'après midi on cogna vigoureusement à la porte. Fleur sursauta avant de se redresser pour jeter un oeil inquiet par dessus le dossier de son canapé. On frappa de nouveau.
Fleur se leva lentement et traina sa carcasse emmitouflée dans une couverture jusque à l'entré. Par le judas elle n'aperçut qu'un couloir vide. Avait-elle rêvé ? Ou la personne s'était-elle rapidement découragé ?
- Fleur, je sais que tu es là, lui parvint une voix familière depuis l'extérieur.
Son coeur fit un bond dans sa poitrine. Elle n'était pas du tout en tenue pour recevoir de la visite. La sienne encore moins. Fleur sut pourtant faire fit de son apparence et elle décrocheta la serrure à la hâte.
Lorsque la porte s'ouvrit enfin, l'ainé des Weasley posa sur la jeune femme un regard noir qui s'adoucit néanmoins quelque peu en constatant le piteux état dans lequel elle se trouvait. Les cheveux en bataille, la mine fatiguée, les yeux rouges, grelotante dans son pyjama et sa couverture, cette femme là était loin de la Fleur d'il y avait une semaine.
- Tu ne crois pas que tu en fais un peu trop, soupira le roux en se glissant à l'intérieur sans attendre qu'on l'y invite.
- Bill.., gémit-elle en dardant sur lui son regard éploré.
Mais il était trop occupé à observer la pièce principale, jonché de restes de casse-croutes en tout genre, de mouchoirs usagés, de magazines féminin et de vêtements sales. Fleur n'était pas bordélique mais elle s'était laissé aller ces derniers jours.
Au fond d'elle, elle était heureuse. Certes, il était certainement là dans le but de lui remonter les bretelle pour avoir séché presque une semaine de boulot mais ça n'avait pas tellement d'importance. Elle referma la porte et se planta au milieu du salon, un petit sourire timide au bord des lèvres.
- Je ne pensais pas que tu étais du genre à te cacher pour si peu, déclara Bill.
- Je ne pensais pas que tu étais du genre à te formaliser pour si peu, répliqua-t-elle brusquement dans un sursaut d'aplomb.
Fleur avait surement noirci le tableau, mais sa réaction avait été un peu trop brutale et inhabituelle pour qu'elle puisse l'analyser sereinement. Le sorcier resta interdit un instant, puis il fronça les sourcils comme il l'avait fait ce jour là. Espérant calmer l'irritation qu'elle sentait poindre en Bill, elle lui prit la main.
- Je suis désolée, dit-elle doucement. Je ne recommencerais plus, mais ne me vire pas…
C'était assez incroyable mais Fleur avait un ton presque suppliant et des yeux de chien battus. Tout ce qu'elle souhaitait pour l'instant, c'était pouvoir lui tenir la main et rester à ses cotés le plus longtemps possible.
- Ne t'inquiète pas pour ça, la rassura le roux en posant une main amicale sur ses cheveux.
Si elle avait était un chat on aurait pu l'entendre ronronner à des kilomètres à la ronde. A nouveau son visage irradiait d'un bonheur naïf et profondément sincère. La jeune femme fixait le visage de son supérieur avec une passion plus qu'évidence qui le mit presque mal à l'aise. Il retira vivement ses mains de tous contacts avec sa jolie secrétaire et déglutie bruyamment, apparemment gêné par l'intensité de ses iris d'un bleu quasi surnaturel qui le dévisageaient.
- Tu as faim ? Tu veux manger avec moi ? Demanda Fleur qui n'avait aucun envie de le roux s'en aille.
- Non, ne te dérange pas. On m'attends de toute façon, s'excusa-t-il.
- Allez, s'il te plait. je n'ai pas vu âme qui vive depuis une semaine.
- Ni manger un véritable repas, plaisanta Bill.
- Ni manger un véritable repas, répéta Fleur dans un petit rire.
De nouveau elle donna libre cours à son air suppliant, espérant qu'il ferait pencher la balance en sa faveur.
- Bon, d'accord, soupira l'aine des Weasley. Mais je ne pourrai pas rester longtemps.
Ca, ce n'était pas bien grave. Il avait dit oui, et c'était déjà suffisant pour la projeter dans un état d'euphorie. Et elle se précipita dans la cuisine pour préparer un petit quelque chose, rapide mais assez bon pour lui donner envie de revenir.
- Bill est là ? demanda la voix sifflante de Ramola Higgins .
Fleur leva les yeux de ses comptes pour fixer l'intruse, coincé dans l'encadrement de la porte, d'un regard passablement ennuyé.
- De toute évidence, non, répondit-elle avec un dédain à peine voilé.
- Et il revient quand ?
Sa collègue lui adressa un sourire des plus hypocrite qui ne fit qu'irriter d'avantage la française. Cette femme était une plaie, un véritable parasite. Il ne se passait pas une journée sans qu'elle ne vienne quémander de l'aide ou distraire Bill. Fleur appréciait de moins en moins d'avoir une rivale.
- Aucune idée !
Et quand bien même elle l'aurait su qu'elle serait restée aussi muette qu'une tombe.
- Ramola, qu'est-ce qui vous amènes encore ?
Bill venait de pousser la porte et bousculant un peu la sorcière il traversa la pièce pour poser quelques dossiers sur son bureau. Puis, il se retourna vers la visiteuse.
- Ce n'est pas grand chose, répondit la jeune femme d'une voix mielleuse qui donna immédiatement la nausée à Fleur. Je voulais juste savoir si tu étais au courant pour ce soir.
- Oui, nous étions au courant, déclara brusquement Fleur sans se départir de son air supérieur. Nous serons là. Tous les deux. Et maintenant, on a du travail. Je suppose que toi aussi…
- Evidement…
Les deux jeune femmes s'affrontèrent quelques longues secondes, se lançant des éclairs invisibles du regard. Puis, Ramola tourna finalement les talons.
- Bon après midi alors, glissa-t-elle dans un dernier battement de cil enjôleur à l'adresse du sorcier.
Des que la porte se fut refermée Fleur se détendit contre le dossier confortable de son fauteuil. Sur son visage planait désormais une mine satisfaite.
- Je vois que vous vous entendez de mieux en mieux, ironisa Bill en s'asseyant face à ses dossiers.
- Elle abuse de ta gentillesse, je trouve ça scandaleux.
Mais cela semblait plutôt faire rire Bill dont les yeux malicieux se moquaient gentiment de sa secrétaire par dessous quelques mèches rousses. Il sourit, clairement amusé mais ne dit rien, se contentant d'hocher la tête d'un air mystérieux.
- Je croyais que tu n'aimais pas les soirées entre collègues, glissa soudain Bill après de longues minutes de silence, sans pour autant quitter des yeux son ouvrage.
Fleur avait toujours refusé à chaque fois qu'on lui avait proposé. Passer une soirée dans une taverne bruyante et enfumée à boire des pintes de bierreaubeurres jusqu'à être saoul, c'était le genre de choses qu'elle trouvait vulgaire et désagréable. Plus par préjugé et par peur de l'inconnu contre chose cela dit.
- Puisque c'est pour le fêter le mariage de Peter, je me suis dit que c'était une bonne cause, expliqua-t-elle.
- Ce n'est pas aussi terrible que tu le crois. Si tu évites les mélanges et les mains baladeuses, tu devrais même t'amuser, plaisanta le roux sur un ton presque sérieux.
- Si tu cherches à me dissuader de venir en me faisant peur, tu n'y arriveras pas. J'ai participé au tournois des trois sorciers, je te rappelle.
Et surtout, il était impensable qu'elle laisse Ramola profiter de la situation pour prendre de l'avance. Rien que d'imaginer cette pimbêche suspendu au bras du roux lui donnait des aigreurs. Même si ça devait prendre 100 ans pour que Bill Weasley en prenne conscience, Fleur le savait, ils étaient fait l'un pour l'autre.
