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Bobby : Vous faites toujours ça ?

La psy : Faire quoi ?

Bobby : Ne rien dire !

La psy : Si je ne parle pas, c'est que je n'ai rien à dire. Et vous ?

Il la fixa. Il connaissait cette méthode et il devait avouer qu'elle était plutôt douée.

Bobby : Je n'ai pas envie de parler.

Il s'adossa dans le fond de son fauteuil et évita le regard de la jeune médecin. Et comme il s'y attendait, un silence s'installa.

Bobby : Que voulez-vous que je vous dise ?

La psy : Qu'avez-vous envie de me dire ?

Bobby : Rien.

La jeune femme sourit.

La psy : Alors dites-moi ce que vous ressentez à cet instant.

Bobby : J'ai l'impression de perdre mon temps. J'ai d'autres choses plus intéressantes à faire.

La psy : C'est à dire ?

Bobby : Vous n'êtes pas sans savoir que je suis inspecteur à la section spéciale.

La psychologue regarde l'horloge de son bureau et se tourna de nouveau vers lui.

La psy : Vous n'êtes même pas en service.

Bobby : Les criminels n'ont pas d'heures !

La psy : Vous pensez tous pouvoir les arrêté ?

Bobby : Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dis ! Je trouve simplement que je serais plus utile ailleurs qu'ici, à parler de ce qui ne va pas.

La psy : Vous faites passer votre travail en premier n'est-ce pas ?

D'habitude c'était lui qui arrivait à rentrer dans la tête des gens. Et là, la facilité avec laquelle elle arrivait à lire en lui et à mettre le doigt sur le problème, le déconcertait.

Bobby : C'est tout ce que j'ai.

Ils se fixèrent un long moment. Elle aurait aimé qu'il continue mais il n'avait pas envie d'en dire plus. Il en avait déjà trop dit. Il se leva pour sortir du cabinet. Il ouvrit la porte et hésita à se retourner pour la saluer.

La psy : Bonne journée inspecteur !

Il marqua une pause puis sortit en fermant la porte derrière lui. La psychologue semblait satisfaite. Elle avait réussi à gagner quelques minutes supplémentaires. Ils étaient sur la bonne voie.