Merci beaucoup pour ces reviews si gentilles, c'est toujours un peu stressant quand on publie les 1e chapitres d'une nouvelle fic ! Mais je suis rassurée grâce à vous !

Un grand merci aussi à ma bêta, la seule et unique Mockngjay, qui me souffle très souvent des idées qui donnent ensuite lieu à certains passages disons... sympathiques !

A très bientôt !


Après une énième nuit où trouver le sommeil est difficile, je décide aux premières lueurs de l'aube, à sortir du lit pour m'aérer un peu. J'essaie de m'extirper des bras de Gale qui a une nouvelle fois décider de m'étouffer avec ses tentacules, et me lève en silence. Je retiens mon souffle quelques secondes quand je le sens remuer derrière moi pour finalement se retourner dans un ronflement sonore. Soulagée de voir qu'il dort encore, je farfouille rapidement dans ma commode pour attraper ma tenue de sport – courir sur la plage me permettra de chasser mes soucis quelques minutes j'espère.

Je me dépêche d'enfiler mon débardeur, mon short et de lacer mes baskets, je sors ensuite à pas de loup de chez moi. Le silence qui règne dehors est apaisant. Les oiseaux commencent à peine à chanter, j'entends même les derniers hululements d'une chouette au loin. La chair de poule recouvre mes bras tandis que je commence à courir vers la plage en contre bas du chemin : un brise frisquette souffle encore à cette heure matinale, le soleil n'est pas complètement levé : le ciel commence à se teinter de rose pâle. Les arbres commencent à reverdir en ce début de printemps, je peux commencer à sentir la vie reprendre dans les bois qui bordent la plage et la maison. C'est vraiment un environnement que j'adore : c'est pour cette raison que je ne veux absolument pas le quitter !

Je secoue la tête pour chasser ses vilaines pensées et enfonce mes écouteurs dans mes oreilles pour, je l'espère, réussir à enfin penser à autre chose au moins une fois dans la journée. La musique des Fall Out Boys envahit mon esprit tandis que je m'efforce d'allonger mes foulées pour ne pas me fatiguer trop vite. L'air salé envahit mes poumons, j'inspire un grand coup pour continuer à me détendre. Je me concentre uniquement sur les battements de mon cœur et sur le rythme de la musique quand mon regard vagabonde vers la mer. Et là, en plissant les yeux, j'aperçois une silhouette dans l'eau. Je m'arrête malgré moi : qui peut bien se baigner dans la mer si tôt le matin en cette période de l'année ? Il doit faire à peine 12°C ce matin, et je n'imagine même pas la température de l'eau ! La silhouette se rapproche de la plage : je mets ma main en visière, ma curiosité piquée, pour essayer de la voir malgré le soleil qui commence à se lever en arrière plan. Je ne sais même pas pourquoi d'ailleurs cela m'intrigue tant. La silhouette commence à se faire plus nette : à la carrure je parierais sur un homme, assez bien bâti je dois le reconnaître, de loin ainsi, il paraît plutôt musclé. Il secoue la tête : des gouttes d'eau s'échappent de ses boucles blondes. Son visage est plutôt flou. Mes yeux descendent malgré moi vers ses épaules, puis son torse et sa ceinture abdominale quand je sens mes joues s'échauffaient sous la surprise, il est… totalement nu ! Mon Dieu, je hausse les sourcils de surprise et tourne vivement le visage en me remettant à courir, en espérant que l'inconnu n'ait pas remarqué que je l'observais ! Je plaque ma main sur ma bouche et accélère l'allure pour tenter de m'éloigner le plus rapidement possible, totalement déboussolée !

Je n'arrive pas à chasser le spectacle auquel je viens d'assister de mon esprit, et un sourire se dessine lentement mais sûrement sur mes lèvres. Je ne sais absolument pas pourquoi d'ailleurs. Finalement, alors que le soleil commence à s'élever dans le ciel, je reviens sur mes pas à un rythme plus tranquille, sur le bord de la route cette fois. Sur le bas côté, je remarque un jeune homme aux boucles blondes qui est en train de sortir une planche de surf de l'arrière de son pick up déglingué. Torse nu, un bermuda de bains tombant sur ses hanches, il m'observe arriver en souriant. Je lui jette un rapide coup d'œil courroucé – je déteste quand on me dévisage comme ça – quand je remarque qu'il s'adresse un moi. A contre cœur, je m'arrête à sa hauteur et enlève mes écouteurs.

_ Quoi ?!, je lui demande un tantinet agressive.

Je tente de maîtriser mon souffle et sens la sueur faire coller mon débardeur sur mon dos et ma poitrine. Je pose mes poings sur mes hanches et le regarde durement tout en essayant de reprendre mon souffle.

_ Je te demandais si le spectacle t'avais plu ?, me répète-t-il avec un sourire jusqu'aux oreilles.

_ Quel spectacle ?, je m'énerve.

Son sourire s'élargit encore plus – je ne sais même pas comment c'est possible vu la largeur de ce dernier - et il me dévisage, goguenard. Je lui rends son regard, agacée -il possède un regard d'un bleu éblouissant, il faut bien l'avouer -quand je comprends soudain.

_ Bon, c'est vrai, là je suis habillé…, sous-entend-t-il.

Le sang afflûe de nouveau vers mon visage et je sens mes joues brûler. Il rigole alors franchement tandis que j'essaie de me justifier.

_ Nan je… hum… je… euh…, je balbutie piteusement.

Je n'ai jamais été aussi gênée de ma vie : l'homme nu que j'ai maté sur la plage se tient devant moi et se fout ouvertement de ma gueule.

_ Y a pas de honte si tu aimes mater les gens nus sur la plage !

Je ne sais plus où me mettre et mes yeux se focalisent de nouveau malgré moi, sur son entre jambe puis remontent le long de son ventre aux abdos bien dessinés où je peux deviner la naissance d'un tatouage sur son flanc. Je secoue la tête quand l'inconnu part dans un rire franc. Je suis piquée tout à coup et plante mon regard dans le sien.

_ En même temps quelle idée de se baigner à poil aussi, je m'agace. C'est une plage publique merde !

Il ne se démonte pas.

_ Le matin, d'habitude, je ne rencontre pas de perverse !

_ Va te faire foutre !, je lui lance avant de repartir vers ma maison au pas de course.

_ Hésites pas à revenir demain matin, je serais au rendez-vous si tu veux à nouveau profiter du spectacle, me lance-t-il dans mon dos.

Je me tourne vers lui en courant un peu en marche arrière et lui adresse mon plus beau majeur.

Quel pauvre type ! C'est de ma faute à moi s'il adore se montrer nu sur les plages ? C'est un exhibe, voilà tout ! J'essaie de la chasser de mes pensées mais malgré tout, des images très nettes de son corps mouillé traversent régulièrement mes pensées. Fais chier tiens..

.

Quand je rentre à la maison, Gale est déjà parti : je suis mitigée entre le soulagement de ne pas devoir ses remarques et la culpabilité de ne pas lui avoir vu ce matin. Je chasse vite cette sensation en m'engouffrant dans la douche. Je ne sais pas pourquoi mais cette interaction avec cet inconnu ne cesse de me revenir en mémoire. Il m'a vraiment contrarié ce crétin. Je me force à le chasser de mes pensées en me frottant énergiquement le cuir chevelu sous le jet d'eau brûlante. Après y être rester plus que de raison, je finis par sortir de la douche. En me séchant avec application, je croise mon regard dans le miroir envahit de condensation. Je me sens lasse tout à coup, plus je me regarde et plus je trouve ma vie minable et sans interêt. La pensée d'écouter Gale et son insistance pour vendre l'établissement commence de plus en plus à me paraître être la solution à tous mes problèmes. Je reste là à me contempler encore quelques secondes avant de me ressaisir. Je jette la serviette sur le bord de la baignoire et me décide à m'activer.

Après m'être habiller avec les premiers vêtements qui me passaient sous la main, je descends en me tressant rapidement mes cheveux encore humides. Saé n'est pas dans les cuisines ce matin, elle est partie chercher quelques courses en ville. Je passe donc directement dans la salle du restaurant pour aller saluer Madge qui est déjà bien affairée derrière le bar à inventorier notre stocks de boissons.

_ Je ne t'ai pas vue ce matin ?, me fait remarquer Madge après nous être saluée.

_ Ce matin, je me suis réveillée tôt alors je suis partie courir.

_ Ça t'arrive de plus en plus souvent.

Je hausse les épaules tandis qu'elle pose son carnet sur la bar. Elle me dévisage tandis que je dessine des ronds du bout du doigt sur le bois du bar.

_ Tu as passé l'annonce pour le cuisinier ?, je change rapidement de sujet.

_ Oui, j'ai eu une ou deux réponses. Je les reçois ce matin…

_ Je vais le faire, je la coupe. Je n'en peux plus de rester le nez dans les factures, ça me changera les idées.

_ Comme tu veux, me répond-t-elle en s'emparant de nouveau de son carnet. Le premier arrive à dix heures trente.

Je consulte ma montre : déjà dix heures et quart.

_ Okay, quand ils arrivent, envoie les moi au bureau, je conclus.

Madge hoche la tête et se replonge dans les stocks de bouteilles, son carnet à la main.

.

Les deux personnes qui viennent pour l'entretien d'embauche ne me convainquent qu'à moitié. Il y en a un qui ne semble pas supporter l'autorité et qui me laisse comprendre très clairement qu'être sous les ordres d'une femme ne lui sied encore moins. A plusieurs reprises, il a bien insisté pour savoir si j'étais vraiment la patronne de ce restaurant. J'observe son CV quelques secondes pour finalement le chiffonner en boule et le jeter vivement dans la corbeille. La deuxième personne, une femme d'à peu près mon âge, n'a pas sembler avoir de problèmes avec l'autorité certes, mais elle paraît un peu trop fragile pour supporter la pression. Je soupire en gardant néanmoins son CV sous le coude en le rangeant dans une chemise, j'en parlerais à Saé et la reverrais avec elle pour avoir son avis. Je lève les yeux vers la pendule : déjà midi moins le quart et je n'ai toujours pas été voir Saé pour la consulter sur le menu du jour. Même si je sais qu'elle sait très bien se débrouiller toute seule, ça me changera les idées d'aller la voir. Alors que je m'apprête à entrer dans la cuisine, je croise Delly devant la réserve.

_ Katniss, Peeta est là, m'informe-t-elle.

Je fronce les sourcils.

_ Peeta ?

_ Ben oui, le garçon dont je t'ai parlé hier.

Ça me revient tout à coup, son ami boulanger. Je l'avais complètement oublié celui-là.

_ Delly, le service du midi va commencer, je n'ai pas le temps de le recevoir, je m'emporte.

_ Mais… il est là, il t'attend, se lamente-t-elle en me désignant la salle.

_ Il est où ?, je soupire.

_ Dans la salle, au bar.

Je jette un coup d'œil à la porte qui mène à la salle avant de revenir vers elle.

_ Je vais voir Saé et j'arrive, je bougonne.

Delly semble aux anges tandis que je pénètre dans la cuisine où je trouve Saé en train de fouiller dans le frigo. Une délicieuse odeur me chatouille les narines et mon ventre gronde pour me rappeler que je n'ai pas manger depuis hier soir.

_ Salut Saé !

_Salut gamine, marmonne-t-elle en s'activant devant une planche à découper.

J'observe la cuisine, toujours aussi niquelle et propre, mais mon cœur se serre quand je m'aperçois qu'il n'y a qu'une casserole sur le feu.

_ Première commande ?, je lui demande en désignant la casserole et sa planche.

_ Non, ton repas.

Je souris malgré moi, même si ça me fais mal d'en déduire qu'il n'y a donc encore personne.

_ Merci Saé.

.

Après avoir engloutie mon déjeuner avec appétit, je décide d'aller jeter un coup d'œil dans la salle, qui, je me doute bien, sera vide. Je suis agréablement surprise en entrant : elle n'est pas pleine, certes, mais il y a plus de clients qu'hier, c'est déjà ça ! Cinq ou six tables sont occupées. Soudain, mon regard est attiré par un homme qui me dévisage sans vergogne… un homme blond aux yeux bleus perçants… ces même yeux que j'ai rencontré ce matin sur la plage… je sens une bouffée de chaleur me monter au visage et me dirige vers Madge qui s'affaire derrière le comptoir. Le blond me fixe toujours.

_ C'est qui lui ?, je demande doucement à Madge.

_ Qui ça ?

_ Le blond là, qui n'arrête pas de me fixer.

Je pique sa curiosité, je la vois observer la salle d'un œil vif avant de fixer son attention sur ledit blond.

_ Le beau gosse ? Pourquoi tu veux savoir ça ?, sourit-elle.

Je sens la chaleur sur mes joues s'accentuer. Madge s'apprête à me répondre au moment où Delly nous rejoint.

_ Katniss, me fait-elle doucement. Peeta t'attend depuis un petit moment…

Je me rends compte que j'ai complètement oublié son ami boulanger.

_ Okay, il est où ton boulanger?, je soupire.

_ Il est…, commence Delly.

_ Derrière vous, intervient une voix grave derrière moi, voix que j'ai déjà entendue.

Je me retourne vivement et tombe nez à nez avec mon inconnu de la plage, dont le sourire goguenard éclaire le visage, ce sourire qui m'agace prodigieusement.

_ Katniss – Peeta, Peeta – Katniss, nous présente Delly.

Delly s'éloigne, nous laissant en tête à tête. Le fameux Peeta ne me quitte pas des yeux, je ne sais plus où me mettre, plus mal à l'aise que jamais. Il m'attrape la main et la serre vivement. Je ressens des frissons qui remontent le long de ma colonne vértébrale. Je me rends compte que j'ai oublié de respirer pendant quelques secondes et me reprends vite, je ne sais pas ce qui me prends.

_ Et oui, je suis boulanger, continue-t-il sans me lâcher la main.

Sa main chaude finit par lâcher la mienne et j'ai froid tout à coup. Un frisson me parcourt l'échine.

_ Et hum…, j'essaie d'enchaîner, vous voulez…

_ Tu…, me coupe-t-il. Tu peux me tutoyer.

Il arrête jamais de sourire ? Ça me déstabilise à fond.

_ Vous… enfin tu…, je balbutie.

Putain mais reprends toi Katniss !

Je prends une grande inspiration pour poursuivre alors que son regard semble me pénétrer.

_ Pourquoi tu veux te lancer dans la restauration ?, j'arrive enfin à sortir.

Peeta se passe nonchalamment une main dans ses boucles avant de répondre.

_ La boulangerie j'en ai fait le tour… et puis j'ai besoin de changer d'environnement !

_ Tu as de l'expérience dans la cuisine ?

_ Faire à manger pour mes amis ça compte ?, plaisante-t-il.

Je me surprends à sourire malgré moi que je m'empresse d'effacer.

_ Pas vraiment…

Bon, j'ai l'impression que je perds mon temps avec lui, il n'a pas l'air super motivé et moi, j'ai besoin de quelqu'un au taquet. Je ne pousse pas plus loin l'entretien.

_ Je suis désolée mais je pense que ça va pas le faire, je décide.

Je vois une lueur de dépit voilée son regard quelques secondes avant de disparaître aussi sec. Je me sens un peu coupable.

_ Attends attends, s'exclame-t-il, tu n'as même pas goûté à mes talents !

_ Je sais mais en fait, j'ai déjà choisi quelqu'un, je mens.

Je lui tends à nouveau la main pour serrer la sienne.

_ J'espère que tu trouveras vite une place.

Il s'empare de ma main et, à nouveau, ces picotements qui me reprennent quand sa peau entre en contact avec la mienne.

_ Oh, ça je ne m'en fais pas, me rétorque-t-il, une lueur de malice dans les yeux.

Qu'est-ce qu'il veut dire par là ?

Je le salue avant de tourner les talons rapidement pour retourner à mon bureau. Vraiment étrange ce garçon…

.

Je sens une main qui me masse tendrement la nuque, ce qui me fait sursauter. Je me suis endormie sur mon bureau, j'ai une feuille collée sur la joue. Je me retourne vivement : Gale est dans le bureau, c'est lui qui vient de me réveiller.

_ Quelle heure est-il ?, j'aboie.

_ Bientôt vingt-heures, m'apprend-t-il, son visage se fermant à l'entente de mon ton.

Je soupire et pose ma tête contre son estomac pour essayer de me rattraper. Quelques secondes seulement, le temps pour lui de poser sa main dans mes cheveux, et je me relève aussi tôt.

_ Il faut que j'aille voir comment ça se passe en bas.

_ Non !

Je suis surprise par son ton et le dévisage.

_ Ce soir, tu ne vas pas aller voir ta salle vide, m'explique-t-il d'un ton sec. Ce soir, on sort !

Son ton se fait sans répliques, pourtant, je n'ai pas envie de plier.

_ Gale, je souffle. Tu sais très bien que…

_ Je ne sais rien du tout, ton resto ne fonctionne pas que tu sois là ou pas, alors ce soir je veux qu'on passe du temps ensemble !

Je reste bouche bée, il a l'air vraiment décidé. Ça pourrait me plaire comme idée, seulement, les mots employés ne me conviennent pas.

_ Tu es tellement encourageant, ça me touche et me donne tellement envie de te suivre !, je raille.

Il lève les yeux au ciel et me prend la main, tentant de se rattraper. Son ton se fait plus doux.

_ J'en ai parlé à Madge et à Saé, elles arriveront à se débrouiller sans toi, elles me l'ont assuré !

Je fronce les sourcils, cette soirée ne me tente pas, mais vraiment pas du tout. Je regarde Gale plus attentivement : il s'est ras de près, embaume mon parfum préféré et a revêtu une chemise propre et repassée au lieu de son sempiternel sweat. Je suis encore vexé de ce qu'il a dit mais daigne faire un effort.

_ Okay…, je lâche du bout des lèvres.

Son visage est radieux, il attire mon visage à lui.

_ Va te changer, j'ai réservé pour vingt et une heure, me chuchote-t-il.

Je soupire intérieurement quand ses lèvres se posent sur les miennes, je retiens mon souffle avant de me tortiller aussi vite pour m'échapper.

Je ne traîne pas pour me changer : je change de haut et troque mon haut contre une blouse fluide que je jette dans un coin de la chambre. Je garde mon jeans et change juste mes baskets contre une paire de boots confortable avant de détacher ma natte et laisser mes cheveux tomber sur mes épaules. Je ne les coiffe pas, je passe juste mes doigts dans ma tignasse pour les démêler en vitesse. Je me glisse dans la salle de bains et observe quelques minutes les quelques produits de maquillage que j'ai : un baume à lèvres goût cerise, un eye liner, un mascara et une crème hydratante teintée. Je n'ai même pas envie de me maquiller, je me contente de passer un peu de baume sur mes lèvres et de pincer un peu mes joues pour faire comme si je m'étais mise du fard à joues : je déteste me maquiller de toute façon – je sais, je n'aime pas grand-chose – et Gale le sait très bien, il ne m'en tiendra pas rigueur. Je me glisse ensuite dans le salon où je le trouve à zapper de chaînes en chaînes devant la télé.

_ Si tu veux regarder la télé, on peut rester ici, je propose.

Il se tourne vers moi, ses sourcils se froncent.

_ Tu es déjà prête ?

Il semble déçu. Je baisse la tête pour détailler ma tenue : je ne la trouve pas si horrible que ça pourtant. Il a réussi à me mettre mal à l'aise. Je tourne mon nez.

_ Qu'est-ce qu'elle a ma tenue ?

Il me détaille des pieds à la tête.

_ Tu aurais pu faire un effort quand même, lâche-t-il visiblement déçu.

_ Si tu me trouves si moche que ça, personne ne te forces à me sortir.

Il hausse les épaules en se levant pour me rejoindre.

_ Ne le prend pas comme ça Catnip, c'est juste que… bon… on sort rarement alors je pensais que…

Je me tends et place mes deux poings sur mes hanches.

_ Que quoi ?, je demande, acerbe.

Son visage répond pour lui. Il ne dit rien, se contentant d'attraper sa veste sur la chaise.

_ On y va ?, conclut-il.

Je n'ai pas envie d'y aller du tout et avec ce qu'il vient de me dire, encore moins !

_ Puisque si j'y suis obligée...